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mardi, 7 juillet 2026
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15 mai à Méguet : Naba Saaga sacrifie à la tradition pour la paix et l’abondance

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15 mai à Méguet : Naba Saaga sacrifie à la tradition pour la paix et l’abondance

Méguet, 15 mai 2026 (AIB) – A l’occasion de célébration de la Journée des coutumes et traditions édition 2026, Sa Majesté Naba Saaga de Méguet a fait un sacrifice à la terre et aux ancêtres, leur demandant la paix pour le pays et l’abondance pour sa communauté. Reportage sur cette cérémonie traditionnelle hautement solennelle.

Il est 7h15 ce vendredi matin dans la cour royale de Méguet, localité située à 25 km au nord de Zorgho, chef-lieu de la province du Ganzourgou. Le soleil, encore timide, éclaire les murs du palais de Sa Majesté Naba Saaga, autorité coutumière dont l’influence est marquée depuis les berges de la rive gauche du Nakambé (Kougri).

L’atmosphère est solennelle, mais empreinte d’une ferveur palpable. Sur son fauteuil royal, Naba Saaga trône, majestueux. Face à lui, plusieurs dizaines de courtisans prennent place à même le carrelage du palais, chacun sachant la place qui lui sied. Les notables, parés de leurs beaux boubous, investissent peu à peu la cour, le bonnet et les chaussures ôtés au loin.

Les offrandes, des poulets et un bélier destiné à l’immolation, sont présentés au chef et au sacrificateur. Une calebassée de dolo, (bière traditionnelle de mil) est déjà partagée.

Les fonctionnaires de la localité, conduits par le secrétaire général de la mairie, Yacouba Ouattara, représentant le président de la délégation spéciale communale, font leur entrée. Ils sont aussitôt introduits devant le chef, qui les accueille avec une chaleur non feinte. Les civilités échangées, les hôtes du jour souhaitent « bonne fête » au souverain. Ils sont exemptés des règles strictes de salutation et ont droit à des chaises. Le ton est donné : cette journée dédiée aux coutumes et traditions, instituée par le président du Faso, sera célébrée dans l’union.

Le samandé : le cœur du rituel
Lorsque tout est fin prêt, le cortège se déplace vers le milieu de la cour, le Samandé. En tête, le tingsoaba, sacrificateur du jour, suivi de sa suite. Naba Saaga et ses notables s’installent à quelques pas, derrière lui.

Les fonctionnaires et autres personnes étrangères observent la scène en retrait.
Au sol, pas de fétiche visible. Le sacrifice se fera sur le tin peelem, la terre nue. À côté, une grande calebasse de zom koom (eau de farine de mil) et un canari de dolo. Des enfants maintiennent fermement les poulets et le bélier à immoler.

Le silence se fait. Le tingsoaba entame les incantations. En mooré, dans un langage d’initiés, il invoque la terre mère et les ancêtres. À chaque incantation, il puise du zom koom ou du dolo à l’aide d’une petite calebasse et en asperge le sol. Il replace le sacrifice dans le contexte de la journée dédiée aux coutumes et à la tradition décidée par le président du Faso.

Il s’excuse auprès des ancêtres au cas où il commettrait des erreurs.

Puis, la voix grave, il formule les doléances : la santé pour la population ; la protection divine sur les dirigeants du pays ; l’échec de « tout mauvais plan ourdi contre le pays » ; la paix pour le Burkina Faso ; une saison pluvieuse féconde et des récoltes abondantes « sur toute l’étendue du territoire et particulièrement sur le territoire du Naba Saaga ».

Quand les poulets « parlent »
Un poulet blanc est immolé en premier. Son sang est rependu sur le sol puis l’oiseau est jeté. La cour retient son souffle. Le poulet, calme d’abord, commence d’un coup à se débattre. Le signe attendu survient : il se retourne vigoureusement sur le dos, pattes en l’air, et finit par croiser les ailes sur son ventre. Quand il eu fini de se débattre, il est ramené au sacrificateur. Celui-ci arrache quelques touffes de plumes et les colle sur le mélange de zom koom et de sang au sol, scellant ainsi l’offrande à la terre.

La foule exulte. « Le sacrifice est exaucé », murmure un notable.
Un poulet rouge, un bélier, et enfin un poulet au plumage noir-blanc sont ensuite immolés tour à tour. À chaque égorgement, le sang est répandu sur le sol. Les trois poulets ont « parlé le même langage ». C’est un présage heureux. Dans le strict respect de la hiérarchie, le reste du dolo et du zom koom est partagé.

Déjà, les enfants s’affairent au plumage des volailles. Les jeunes, eux, s’occupent du dépeçage du mouton. Le rituel est accompli.

La parole du Naba Saaga : un appel à la jeunesse
Visage serein, Sa Majesté Naba Saaga salue l’initiative des autorités : « Nous sommes contents des autorités du pays pour nous avoir offert cette journée. Nous avons demandé une saison hivernale avec une abondance en pluie, sans tonnerres ni vents violents. Que tout grain mis en terre soit béni ».

Il lance ensuite un appel : « Il appartient à la jeune génération de travailler pour que nos coutumes ne disparaissent pas. Si la jeune génération ne s’intéresse pas à nos coutumes, il sera difficile pour les vieux. Nous les vieux, nous sommes presque terminés. Il appartient aux enfants de la perpétuer ».

Pour Yacouba Ouattara, secrétaire général de la mairie de Méguet, la présence des autorités communales se justifie : « Il était de bon ton que nous puissions être là ce matin pour cette activité marquant la commémoration de nos coutumes et traditions, à l’image des autres confessions religieuses où l’autorité se déplace. »

Il ajoute : « Vu l’engouement, on se rend compte qu’on avait véritablement besoin de cet espace pour que certaines communautés puissent véritablement s’affirmer. Nous avons demandé aux traditionalistes de travailler pour le retour de la paix et pour plus de cohésion sociale au sein de la communauté et avec les autres confessions religieuses. »

À Méguet ce 15 mai, la tradition a parlé. Et les ancêtres, semble-t-il, ont répondu favorablement.

Agence d’information du Burkina
MS-dnk

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