Manni : le bas-fond qui nourrit l’espoir de tout un village
Manni, 6 août 2026 (AIB)-Au cœur de la commune de Manni, dans la province de la Gnagna, un bas-fond aménagé de 14 hectares, exploité depuis 1978, continue de faire vivre et d’entretenir l’espoir de dizaines de familles. Situé au côté est du pont de Manni, à la sortie nord en direction de Taparko, entre le marché et le quartier Tiamgnalgou, ce périmètre irrigué accueille chaque jour près d’une centaine de producteurs qui s’y activent malgré un début de saison agricole marqué par une pluviométrie tardive et irrégulière, convaincus que la terre demeure l’un des meilleurs remparts contre la faim, la pauvreté et la précarité.
Sur les parcelles verdoyantes, les jeunes plants de riz, actuellement au stade du tallage, offrent un spectacle rassurant et laissent entrevoir une campagne prometteuse, à condition que les conditions climatiques restent favorables jusqu’à la récolte.
Avant l’installation de cette culture, les exploitants avaient mis à profit la contre-saison pour produire principalement du maïs et de la patate douce, avant de préparer les pépinières puis de procéder au repiquage des jeunes plants de riz, en fonction des besoins de chaque exploitation et des opportunités du marché.
Véritable moteur de développement local, ce bas-fond dépasse largement sa vocation agricole. Il constitue un important levier économique et social pour la commune de Manni, en assurant une disponibilité régulière de produits vivriers, en générant des revenus pour les ménages et en renforçant la résilience des populations face aux effets conjugués des changements climatiques et de l’insécurité.
Rencontré sur le site, le président du périmètre irrigué, Emmanuel Lankoandé, s’est réjoui de la forte mobilisation des producteurs.
« Ce bas-fond nourrit de nombreuses familles. Pour plusieurs exploitants, il représente la principale source de revenus. Il permet de produire, de vendre les récoltes, de couvrir les dépenses familiales et de répondre aux besoins essentiels », a-t-il expliqué.
Il a salué les efforts du gouvernement burkinabè en faveur du monde rural, notamment à travers la mise à disposition de semences améliorées, d’intrants agricoles ainsi que l’accompagnement à la commercialisation des productions.
Il a également exprimé sa reconnaissance envers les organisations non gouvernementales dont l’appui en équipements, notamment l’acquisition d’un motoculteur, facilite considérablement les travaux agricoles tout en réduisant la pénibilité du labour.
Le président du périmètre a aussi rendu hommage au technicien agricole qui accompagne les producteurs tout au long de la campagne.
Ses conseils, allant du choix des variétés à la gestion de l’eau d’irrigation, en passant par la fertilisation des sols et la lutte contre les maladies et les ravageurs, contribuent significativement à l’amélioration des rendements.
Malgré ces acquis, Emmanuel Lankoandé nourrit une ambition majeure : le désensablement du barrage qui alimente le périmètre irrigué.
Selon lui, cette opération permettrait d’accroître la capacité de rétention d’eau, d’étendre les superficies aménagées et d’offrir des parcelles à un plus grand nombre de producteurs.
Parmi les exploitants figure Haro Talata, venu de Boungou-Folgou.
Reconnaissant envers les propriétaires terriens qui lui ont cédé une portion de terre, il mesure l’importance de cet élan de solidarité.
« Sans cette solidarité, je n’aurais pas pu produire ici. Aujourd’hui, je nourris l’espoir de réaliser une bonne récolte », a-t-il confié avec optimisme.
Même satisfaction chez Bourgou Moussa, qui fréquente le site depuis une vingtaine d’années. « Grâce à cette exploitation, j’arrive à nourrir ma famille, à assurer les dépenses du ménage et à scolariser mes enfants », a-t-il témoigné, soulignant l’impact durable du périmètre sur les conditions de vie de nombreux ménages.
En dépit d’une installation tardive et irrégulière des pluies cette année, les producteurs poursuivent avec détermination les travaux d’entretien des parcelles, convaincus que leurs efforts seront récompensés.
Leur engagement s’inscrit dans l’appel lancé par le président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, à produire et consommer local afin de renforcer la souveraineté alimentaire du Burkina Faso.
Dans cette partie de la Gnagna, où les défis sécuritaires et climatiques demeurent, le bas-fond de Manni apparaît comme bien plus qu’un simple espace de production.
Il est le symbole d’une agriculture résiliente, portée par le courage des producteurs, la solidarité communautaire et l’espoir d’un avenir meilleur.
Chaque campagne agricole y rappelle que, malgré les difficultés, la terre continue d’offrir des perspectives à ceux qui la cultivent avec persévérance.
Agence d’information du Burkina
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