États-Unis: Meta va renforcer les restrictions sur Instagram et Facebook pour les adolescents américains de 13 à 17 ans

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États-Unis: Meta va renforcer les restrictions sur Instagram et Facebook pour les adolescents américains de 13 à 17 ans

Ouagadougou, 27 août 2026 (AIB)- Meta a conclu mercredi un accord avec 51 Etats et territoires américains qui l’accusaient d’avoir conçu Facebook et Instagram pour rendre les enfants dépendants. Sous réserve de la validation d’une juge fédérale, l’accord imposera de nouvelles restrictions aux adolescents américains de 13 à 17 ans dans les juridictions concernées.

Dans les six mois, les comptes des adolescents de 13 à 17 ans seront, par défaut, bloqués de minuit à 06H00, heure locale, sauf pour la messagerie. Les notifications seront désactivées de 22H00 à 07H00 ainsi que pendant les heures de classe.

Le temps passé sur Instagram et Facebook sera limité à deux heures par jour au total. La messagerie et les vidéos longues, d’au moins 22 minutes, ne seront pas comptabilisées.

D’autres mesures sont prévues. Le nombre de « likes » sera masqué par défaut, les filtres reproduisant des effets de chirurgie esthétique seront interdits et un fil d’actualité non personnalisé par l’algorithme devra être proposé dans les quatre mois.

Selon Meta, les adolescents américains passent actuellement environ une heure par jour sur Instagram.

Ces restrictions pourront être renforcées si Snap, TikTok et YouTube acceptent des obligations comparables, par accord ou par une loi Etat par Etat. Le couvre-feu passerait alors de 22H00 à 07H00 et la limite de temps tomberait à une heure par application. Ces règles renforcées s’appliqueraient pendant dix ans, contre cinq ans dans le dispositif initial.

L’accord prévoit également un système de vérification de l’âge que Meta devra déployer dans un délai d’un an. Les outils utilisés ne devront pas classer comme adultes plus de 3% des 13-15 ans et 10% des 16-17 ans. Tout nouveau compte dont l’âge n’aura pas été vérifié après 14 jours sera considéré comme celui d’un adolescent.

Pour les moins de 13 ans, interdits de ces plateformes par la loi fédérale, Meta devra considérer qu’un compte signalé appartient à un enfant, sauf preuve contraire, et développer dans l’année un modèle de détection. L’accord ne tranche toutefois pas la question de savoir si Meta a violé cette loi.

Les parents pourront assouplir le couvre-feu ou les limites de temps, à condition que leur compte soit relié à celui de leur adolescent. Ils recevront chaque jour des informations sur le temps passé par leur enfant et pourront modifier les heures de classe.

La vérification du statut de parent reste cependant un point faible. Aucun acte de naissance ni carte bancaire n’est exigé à ce stade. Meta reconnaît un « défi très difficile », sans disposer encore d’une solution précise.

Meta versera un peu plus de 12 milliards de dollars garantis, 11,7 milliards en dix annuités jusqu’en 2035 et 459 millions pour régler d’anciennes réclamations liées au scandale Cambridge Analytica. Cinq milliards supplémentaires pourraient être dus si Snap, TikTok et YouTube acceptent des règles et paiements comparables.

L’argent doit financer la santé mentale des jeunes et la prévention, mais les parlements des Etats décideront de son affectation finale.

Un auditeur indépendant, payé par Meta, contrôlera l’application de l’accord pendant dix ans. Celui-ci interdit aussi à Meta de faire des déclarations trompeuses sur la sécurité des adolescents.

L’accord ne concerne que les Etats-Unis. Il ne règle pas les plaintes de familles et de districts scolaires, ni les procédures toujours en cours au Nouveau-Mexique et en Floride.

Selon Vincent Joralemon, de l’université de Berkeley, une loi imposant de telles limites à Meta pourrait se heurter au Premier amendement protégeant la liberté d’expression. En revanche, une entreprise privée peut choisir de s’imposer elle-même ces règles.

Agence d’information du Burkina
Photos d’illustration

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