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Burkina/Littérature : « Les oubliés de l’Odyssée », un plaidoyer pour l’accès aux soins maternels et néonatals
Ouagadougou, 10 août 2026 (AIB)- L’ouvrage intitulé « Les oubliés de l’Odyssée, chronique d’une maternité périlleuse », de l’auteur Idrissa Ilboudo, dédicacé vendredi à Ouagadougou, se veut un plaidoyer pour l’amélioration de l’accès aux soins maternels et néonatals ainsi que la réduction des décès et des handicaps liés aux complications de l’accouchement.
À travers cette œuvre, l’auteur Idrissa Ilboudo entend attirer l’attention sur les drames vécus par des femmes et des nouveau-nés confrontés à des complications obstétricales, souvent accompagnées de conséquences irréversibles.
« Les oubliés de l’Odyssée, chronique d’une maternité périlleuse » est présenté comme un récit inspiré d’histoires vraies, notamment à travers le personnage de Rénise, dont le parcours retrace les difficultés liées à la grossesse, à l’accouchement, au séjour hospitalier et au combat contre la fistule obstétricale.
« Cette cause est la lutte contre les décès maternels et néonatals et la prévention des handicaps consécutifs à l’accouchement », a indiqué vendredi l’auteur Idrissa Ilboudo, lors de la cérémonie de dédicace organisée au Centre hospitalier universitaire pédiatrique Charles-de-Gaulle.
Selon lui, chaque décès d’une mère ou d’un nouveau-né constitue un drame évitable qui affecte non seulement les familles, mais également l’ensemble de la communauté. Il a appelé à une responsabilité collective impliquant les institutions, les professionnels de santé, les familles et les communautés.
L’écrivain a également souligné que son ouvrage se veut « une œuvre de plaidoyer contre le silence et contre l’oubli », appelant à ce que les décès maternels et néonatals ainsi que les handicaps consécutifs aux accouchements difficiles ne soient plus considérés comme une fatalité.
Le Pr Charlemagne Ouédraogo, parrain de la cérémonie et président de la Société des gynécologues et obstétriciens du Burkina Faso (SOGOB), représenté par Dr Jacques Gilbert Kafando, a salué une œuvre qui met en lumière les difficultés auxquelles sont confrontées de nombreuses femmes enceintes.
« Pour trop de femmes burkinabè, donner la vie est encore une odyssée dont l’issue reste dramatiquement incertaine », a-t-il déclaré.
Il a également évoqué plusieurs défis, notamment la disponibilité de produits sanguins sécurisés.
Dr Kafando a également insisté sur les « trois retards » qui contribuent aux décès maternels et néonatals : le retard dans la décision de consulter, le retard dans l’évacuation et le retard dans la prise en charge adéquate dans les structures sanitaires.
Selon lui, l’ouvrage constitue une interpellation des professionnels de santé afin d’améliorer leurs pratiques, notamment en matière de triage des urgences obstétricales et de qualité de l’accueil et de l’écoute des patientes.
Il a invité les médecins, sages-femmes, infirmiers et étudiants en médecine à s’approprier l’œuvre afin d’alimenter leurs réflexions sur la qualité des soins obstétricaux et néonatals.
« Les oubliés de l’Odyssée » compte neuf chapitres et aborde, outre les drames liés à la maternité, des thématiques relatives à la vie familiale, au parcours de soins et à la reconstruction après les complications obstétricales.
L’auteur a appelé à faire de la santé des mères et des nouveau-nés une responsabilité collective et à œuvrer pour que les personnes victimes de complications liées à l’accouchement ne soient plus oubliées.
La représentante du ministre de la Santé, Antoinette Valian/Tougma, a, pour sa part, salué l’œuvre de l’auteur Idrissa Ilboudo, estimant qu’elle contribuera à améliorer le système de santé au Burkina Faso.
Pour Mme Valian/Tougma, le gouvernement a déployé à nos jours d’importants moyens financiers pour rapprocher les soins de santé des populations, à travers, entre autres, les cliniques mobiles, l’équipement des structures sanitaires en matériel adéquat et le renforcement des plateaux techniques dans les hôpitaux. Toute chose qui répond à certaines préoccupations exprimées dans l’œuvre.
Agence d’information du Burkina
NO/yos

