Burkina: Les demandes d’agréments et de conventions au ministère de la Santé désormais sur « e-Agrément »
Ouagadougou, 7 août 2026 (AIB)- Le ministre de la Santé a officiellement lancé, vendredi à Ouagadougou, la plateforme « e-Agrément », destinée à simplifier et à accélérer les procédures de demande d’ouverture et d’exploitation des établissements privés de santé et les demandes de convention avec le ministère.
Accessible à l’adresse https://e-agrement.minsante.bf/, la plateforme permet aux usagers de créer un compte, de choisir la procédure souhaitée, de renseigner le formulaire et de téléverser les pièces justificatives directement en ligne.
Selon le directeur du Système d’information du ministère de la Santé, Dimitri Ouattara la plateforme est opérationnelle depuis fin avril 2026. Elle avait déjà enregistré, à la date du lancement officiel, 247 demandes, dont 39 ont abouti à une autorisation.
« Avant, on avait une procédure en plus de 16 étapes », a-t-il expliqué, soulignant que la dématérialisation permet désormais aux usagers de suivre l’évolution de leurs dossiers en temps réel, sans avoir à effectuer de multiples déplacements.
Le système permet également aux différents services habilités du ministère d’examiner les dossiers et de formuler leurs recommandations sur une même plateforme. Cette organisation devrait améliorer la traçabilité des dossiers et réduire les risques de perte de documents, tout en contribuant à raccourcir les délais de traitement, a ajouté le DSI.
Le ministre de la Santé, Dr Robert Lucien Jean-Claude Kargougou, a présenté « e-Agrément » comme une première étape vers la création d’un « guichet unique de la santé » pour les procédures administratives qui seront progressivement dématérialisées.
Il a rappelé qu’avant la mise en place de la plateforme, l’obtention d’une autorisation d’ouverture d’une formation sanitaire privée nécessitait 16 étapes et l’intervention de 11 intermédiaires.
« Avec cette plateforme l’accès aux services devient beaucoup plus allégé, il y a beaucoup plus de transparence, beaucoup plus de simplification et beaucoup plus de traçabilité », a déclaré le ministre, invitant les professionnels de santé, les organisations de la société civile et les partenaires techniques et financiers à s’approprier la plateforme.
La ministre en charge de la Transition digitale Aminata Zerbo/Sabane a, pour sa part, indiqué que ce lancement s’inscrit dans la dynamique gouvernementale d’accélération de la dématérialisation des services et procédures de l’administration publique.
Elle a salué l’engagement du ministère de la Santé, qui mène également d’autres chantiers de transformation numérique, notamment la dématérialisation des licences d’affaires et la mise en place du système d’information hospitalier.
« Ce sont des plateformes qui permettront en tout cas d’améliorer la qualité des services rendus à ces populations », a-t-elle affirmé, estimant que ces outils contribueront également à rendre l’administration sanitaire plus efficace.
Parmi les premiers bénéficiaires de la plateforme figure l’ONG Jibayo, qui a obtenu une convention d’appui avec le ministère de la Santé. Son directeur pays, le Dr Jérémy Zoulana, a indiqué que la procédure, entamée en mai, a été finalisée en moins de trois mois.
Il a expliqué que son organisation a pu créer son compte, renseigner les informations demandées et transmettre les pièces justificatives en ligne, tout en recevant régulièrement des informations sur l’état d’avancement du dossier.
Selon lui, cette expérience contraste avec les procédures antérieures effectuées sur support papier, qui pouvaient prendre « autour d’une année », notamment en raison des risques de perte ou d’erreur dans les documents.
Le Dr Zoulana a toutefois relevé que les difficultés rencontrées étaient principalement liées à la connexion internet et non au fonctionnement de la plateforme, ajoutant que son organisation a bénéficié d’une assistance des responsables du ministère tout au long de la procédure.
À travers « e-Agrément », le ministère de la Santé entend ainsi poursuivre la modernisation de ses procédures administratives et faciliter l’accès des usagers à ses services.
Agence d’information du Burkina
YOS/ata

