Burkina : Le biodigesteur, un levier de souveraineté alimentaire et de restauration des sols

Burkina : Le biodigesteur, un levier de souveraineté alimentaire et de restauration des sols

Ouagadougou, 5 novembre 2026 (AIB)-Le représentant du secrétaire général du ministère de l’Agriculture, Issiaka Zouri, a officiellement ouvert, jeudi à Ouagadougou, un atelier de capitalisation et de perspectives sur le développement du marché du biodigesteur au Burkina Faso. Il a appelé à renforcer l’intégration de cette technologie dans les politiques agricoles pour soutenir la souveraineté alimentaire et la restauration des sols.

Selon Issiaka Zouri, le biodigesteur permet de valoriser les déjections animales et autres matières organiques en produisant du biogaz et du digestat, utilisable comme fertilisant. Cette technologie favorise ainsi la complémentarité entre agriculture et élevage, améliore la fertilité des sols et contribue à la création d’emplois en milieu rural. Il a souligné sa pertinence au regard de l’Offensive agropastorale, hydraulique et halieutique 2026-2028, avant d’inviter les acteurs à assurer la continuité des acquis du programme ABC-Sahel, qui prend fin en décembre 2026.

La cheffe de la coopération à l’ambassade des Pays-Bas, Jennie Van de Weerd, a rappelé que son pays accompagne le développement du biodigesteur au Burkina Faso depuis 2009, à travers le Programme africain de partenariat pour le biogaz. Ce soutien a contribué au renforcement des capacités institutionnelles, techniques et entrepreneuriales. Elle a également évoqué la participation du Burkina Faso à la création, en 2017-2018, de l’Alliance pour le biodigesteur en Afrique de l’Ouest et du Centre. « La fin d’un programme ne signifie pas la fin d’un partenariat », a-t-elle affirmé, plaidant pour un marché autonome et durable.

La directrice pays adjointe de SNV, Nadine Koné, a indiqué que le programme ABC-Sahel, lancé en 2022, a notamment contribué à l’élaboration de cinq référentiels de formation professionnelle liés aux métiers du biodigesteur. Elle a également rappelé que SNV coordonne, depuis 2014, le projet carbone du programme national de biodigesteurs. Entre 2014 et 2025, ce mécanisme a permis de valoriser plus de 284 000 tonnes d’équivalent CO₂ et de mobiliser plus de trois millions de dollars de recettes de crédits carbone auprès de la Banque Mondiale. SNV entend poursuivre les synergies avec d’autres initiatives, notamment Pro-ARIDES et Soil Values.

Le responsable de l’équipe ABC-Sahel au Burkina Faso, Guel Zila Issouf, a fait état d’environ 17 000 biodigesteurs construits et ou consolidés dans le pays, dont près de 90 % sont fonctionnels. Il a toutefois relevé des défis liés à la demande, aux capacités des entreprises de construction, au financement et à la maintenance. Des études estiment à environ 1,8 million le nombre de Burkinabè susceptibles d’utiliser cette technologie. Les échanges avec les entrepreneurs agricoles ont également fait ressortir des besoins estimés à 10 000 tonnes de compost.

Pour Aminata Ouédraogo, promotrice de NAMANGDO SARL, une entreprise de commercialisation de compost basée à Tenkodogo, le biodigesteur facilite la production de fertilisants organiques et permet aux ménages de disposer de biogaz. Elle a salué l’accompagnement financier de SNV et l’appui technique du Programme national des biodigesteurs, qui ont contribué à accroître sa production et à créer des emplois directs au sein de son entreprise et ailleurs. Elle estime que cette technologie constitue aussi une réponse à la dégradation des sols.

Au fil des années, SNV et ses partenaires ont travaillé à faire évoluer le biodigesteur d’une solution principalement destinée à la cuisson domestique vers une technologie productive, capable de contribuer à plusieurs dimensions du développement rural. Le biodigesteur, ce n’est plus seulement du gaz pour cuisiner. C’est aussi la possibilité, pour un éleveur, de valoriser les déjections animales ; pour un agriculteur, de disposer d’un fertilisant organique ; pour un entrepreneur, de développer une activité économique ; et pour un ménage, de réduire certaines dépenses tout en améliorant ses conditions de vie.

L’atelier vise à capitaliser les acquis du programme ABC-Sahel et à identifier les mécanismes permettant de pérenniser le marché national du biodigesteur, notamment à travers l’accès au financement, la qualité des équipements, la maintenance, la normalisation du compost et le renforcement des partenariats entre les acteurs.

Agence d’information du Burkina 

GIP/ata

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