Boulgou : Le recensement des pistes à bétail pour prévenir les conflits agriculteurs-éleveurs

Boulgou : Le recensement des pistes à bétail pour prévenir les conflits agriculteurs-éleveurs

Tenkodogo, 5 nov. 2026 (AIB) – Le Haut-commissaire de la province du Boulgou, Domègbèguiéré Constantin Dabiré, a annoncé le recensement des pistes à bétail et des couloirs de transhumance, afin d’identifier les causes de leur obstruction et prévenir les conflits entre agriculteurs et éleveurs.

Cette annonce constitue la principale recommandation de la deuxième session ordinaire du Cadre de concertation provincial (CCP), tenue le mercredi 4 novembre 2026 à Bittou, avec l’appui du Centre pour le dialogue humanitaire (HD).

Consacrée à la gestion des conflits communautaires, notamment ceux opposant agriculteurs et éleveurs, la rencontre a permis d’examiner les facteurs qui fragilisent la cohésion sociale dans la province.

Selon le Haut-commissaire, l’obstruction des pistes à bétail et des couloirs de mobilité constitue l’un des principaux facteurs déclencheurs de tensions.

« Nous allons procéder au recensement des pistes à bétail et des couloirs de transhumance et relever toutes les difficultés liées à leur obstruction, en vue d’actions futures », a déclaré M. Dabiré.

Il a précisé que ces conflits sont observés dans plusieurs départements, particulièrement à l’approche et durant la saison pluvieuse, en raison de la divagation des animaux et du non-respect des couloirs de passage.

Le Haut-commissaire a ajouté que le CCP se veut un cadre d’échanges entre les services techniques, les autorités administratives et les partenaires au développement, en vue d’examiner les préoccupations des populations et de renforcer la cohésion sociale.

Présent dans le Boulgou depuis 2024, le Centre pour le dialogue humanitaire (HD) accompagne des réseaux de médiateurs agropastoraux chargés de la prévention et de la gestion des conflits communautaires.

Selon sa conseillère en médiation, Safiatou Ouattara, ce dispositif a permis de résoudre une soixantaine de conflits dans la province. Un choix justifié, selon elle, par la récurrence des tensions entre agriculteurs et éleveurs et leurs conséquences sur le vivre-ensemble.

A Bittou, le médiateur Mahamadou Bebane a expliqué que son travail consiste à recueillir les informations sur les différends, à rencontrer séparément les protagonistes, puis à organiser une rencontre conjointe en vue de solutions consensuelles. Un plan d’action est ensuite élaboré pour le suivi des engagements.

Il a relevé une baisse des conflits dans les villages disposant de médiateurs, grâce notamment aux sensibilisations à travers les radios locales et les animations grand public.

Toutefois, M. Bebane a déploré les conditions d’exercice de leur mission bénévole. Les médiateurs, a-t-il dit, mobilisent leurs propres moyens, notamment motos, téléphones et ressources financières. Il a également évoqué l’ingérence de certains acteurs extérieurs qui complique le règlement de certains différends, ainsi que le manque de moyens matériels et financiers pour le fonctionnement des réseaux.

A travers cette deuxième session ordinaire, les autorités provinciales et leurs partenaires entendent renforcer les mécanismes locaux de prévention et de règlement pacifique des conflits, indispensables à la préservation de la cohésion sociale et au développement de la province.

Agence d’Information du Burkina
SM/ata

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