Nakambé : 1 320 bâtons explosifs et 24 860 bidons de boissons saisis, deux réseaux démantelés
Tenkodogo, 5 nov. 2026 (AIB) – Le Service régional de la police judiciaire du Nakambé (SRPJ-NKB) a démantelé deux présumés réseaux de contrebande transfrontalière opérant entre le Burkina Faso, le Ghana et le Togo. Le bilan des opérations, présenté à la presse ce jeudi 5 novembre 2026 à Tenkodogo, fait état de 1 320 bâtons explosifs, de produits pharmaceutiques et de 24 860 bidons de boissons saisis, pour une valeur globale estimée à 11 millions de F CFA.
Ces opérations, menées du 25 octobre au 5 novembre 2026, s’inscrivent dans le cadre de l’exécution de la lettre de mission du directeur régional de la Police nationale du Nakambé et de la lutte contre le grand banditisme et la criminalité organisée. Elles ont été déclenchées sur la base de renseignements fournis par des citoyens.
Les interventions ont notamment ciblé l’axe Tenkodogo-Koupéla et la ville de Bittou, localité frontalière particulièrement exposée à la contrebande.
1 320 bâtons explosifs destinés à l’orpaillage artisanal
Selon le chef du SRPJ-NKB, le capitaine de police Fidèle Kiendrébéogo, la première opération est intervenue le dimanche 25 octobre 2026, aux environs de 9 heures, au carrefour de Dialgaye, sur l’axe Tenkodogo-Koupéla.
Deux présumés trafiquants y ont été interpellés. Le premier, Y.S., employé de commerce domicilié au secteur 6 de Tenkodogo, transportait à bord d’un vélomoteur de marque Haojue deux sacs contenant 660 bâtons explosifs.
Le second, O.I., électricien domicilié au secteur 1 de Koupéla, circulait sur un vélomoteur de marque KTM avec 108 cartons de Komix gel et 50 000 comprimés d’oxytétracycline.
La poursuite des investigations a conduit les enquêteurs à Bittou, dans la nuit du 27 au 28 octobre 2026. Un troisième individu, S.M., commerçant domicilié dans la localité, y a été interpellé en possession de deux autres sacs contenant 660 bâtons explosifs.
D’après les déclarations des mis en cause, S.M. s’approvisionnerait à Kumasi, au Ghana, en transitant par Bawku. La marchandise serait ensuite acheminée de nuit, à bord de tricycles, vers Cinkansé ou Bittou, où elle serait entreposée dans un domicile situé hors lotissement avant d’être distribuée à la clientèle.
Les clients seraient des acteurs de l’orpaillage artisanal opérant notamment sur les sites de Mogm-Nooré, Nouhao et Ghana Lass, dans la commune de Bittou, ainsi que de Wayalghin, dans la commune de Dialgaye.
Le chef du SRPJ-NKB a précisé que les mis en cause dans ce trafic d’explosifs n’étaient pas connus des fichiers de la police. Il les a qualifiés d’opportunistes.
Le second volet porte sur un présumé trafic de produits pharmaceutiques. Selon les enquêteurs, O.I. ne serait qu’un simple transporteur agissant pour le compte de son oncle maternel, S.I., commerçant domicilié à Koupéla et actuellement en fuite.
Ce dernier entretiendrait des relations d’affaires avec un individu prénommé Bassirou, basé à la frontière entre le Togo et le Burkina Faso, qui lui ferait parvenir des colis récupérés par ses intermédiaires à Bittou ou à la sortie de Tenkodogo, sur la route de Loanga.
Par ailleurs, le Service régional de la circulation et de la sécurité routière du Nakambé (SRCSR-NKB), dirigé par le capitaine de police Domouno Walia, a procédé à une autre saisie dans la nuit du 4 au 5 novembre 2026 à Tenkodogo.
Lors d’un contrôle routier portant notamment sur le défaut d’éclairage, les policiers ont intercepté quatre tricycles transportant 24 860 bidons de boissons d’origine douteuse.
Le lot se compose de 14 700 bidons de 350 ml étiquetés Malta, de 4 800 bidons de 50 cl étiquetés Fanta et de 5 360 bidons de 350 ml étiquetés Bigoo Lemon. La valeur marchande est estimée à 3 542 500 F CFA.
Selon les déclarations du propriétaire présumé, N.I., les boissons proviendraient du Ghana et seraient destinées à la commercialisation dans les villages.
Un mode opératoire bien rodé
Selon les responsables policiers, le mode opératoire des trafiquants consistait à charger les marchandises à la tombée de la nuit et à traverser nuitamment, tous feux éteints et dans le silence le plus total, pour échapper aux contrôles.
C’est grâce au contrôle systématique du défaut d’éclairage et du non-respect des feux que les équipes de police sont parvenues à mettre la main sur les contrebandiers.
Au total, les saisies portent sur 1 320 bâtons explosifs, 108 cartons de Komix gel, 50 000 comprimés d’oxytétracycline, deux vélomoteurs, quatre tricycles et 24 860 bidons de boissons, pour une valeur globale estimée à 11 millions de F CFA.
Les personnes interpellées seront présentées au procureur du Faso près le Tribunal de grande instance de Tenkodogo pour la suite de la procédure judiciaire.
La police entend poursuivre les investigations jusqu’au dernier destinataire afin de mettre fin à ces trafics illicites.
Le capitaine Fidèle Kiendrébéogo a salué la collaboration des populations et les a invitées à poursuivre la dénonciation de tout comportement suspect, en rappelant les numéros verts : le 17 pour la Police nationale, le 16 pour la Gendarmerie nationale et le 1010 pour le Centre national de veille et d’alerte (CNVA).
Agence d’Information du Burkina
SM/ata

