Burkina : Des professionnels de santé échangent pour une meilleure prise en charge des maladies du foie

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Burkina : Des professionnels de santé échangent pour une meilleure prise en charge des maladies du foie

Ouagadougou, 5 nov. 2026 (AIB)- La Société burkinabè d’hépato-gastroentérologie et d’endoscopie digestive (SOBUHGEED) a ouvert, hier mercredi, son 4e congrès pour réfléchir sur une meilleure prise en charge des maladies du foie au Burkina Faso, à travers des échanges scientifiques entre spécialistes nationaux et étrangers.

Placée sous le thème « Maladies du foie : actualités et perspectives », la rencontre réunit des professionnels de santé, des chercheurs, des enseignants et des experts venus notamment du Bénin, du Cameroun, du Niger et du Mali, autour des défis liés à la prévention, au diagnostic et au traitement des pathologies hépatiques.

Selon le président national du comité d’organisation (PCO), Pr Sosthène Somda et chef du service d’hépato-gastroentérologie du Centre hospitalier universitaire (CHU) de Bogodogo, les hépatites virales B et C constituent un véritable fardeau pour les systèmes de santé des pays en développement, en raison notamment de leur évolution souvent silencieuse.

« Ce sont des maladies qui touchent le foie et évoluent à bas bruit, avec des complications dramatiques comme la cirrhose ou le cancer du foie », a-t-il expliqué.

Pr Somda a indiqué que les travaux du congrès portent également sur les maladies hépatiques liées aux habitudes alimentaires et à la consommation d’alcool. Il a notamment attiré l’attention sur les conséquences du surpoids et de l’obésité, qui favorisent l’accumulation de graisse dans le foie et peuvent entraîner des lésions hépatiques graves.

Il a invité les populations à adopter une alimentation équilibrée, en limitant les repas trop gras, trop salés et trop sucrés, ainsi que la consommation abusive d’alcool.

Pour le président de la SOBUHGEED, Dr Léonce Ilboudo, ce rendez-vous scientifique constitue un cadre de formation postuniversitaire destiné à actualiser les connaissances des spécialistes et à renforcer leurs compétences dans les différentes branches de la discipline, notamment l’hépatologie, la gastroentérologie et l’endoscopie digestive.

Dr Ilboudo relevé que les maladies du foie occupent une place importante dans les consultations spécialisées, estimant que 70 à 80 % des cas reçus sont liés aux hépatopathies, principalement d’origine virale.
Le ministre de la Santé, Dr Robert Lucien Jean-Claude Kargougou et parrain de la cérémonie, a souligné que les maladies du foie constituent un enjeu majeur de santé publique, particulièrement en Afrique subsaharienne, en raison de leur morbidité et de leur mortalité importantes.

Il a rappelé que les données nationales de référence disponibles faisaient état de prévalences estimées à 9,1 % pour l’hépatite B et à 3,6 % pour l’hépatite C en population générale, sur la base d’études antérieures.

Le ministre a également annoncé que l’enquête sur les indicateurs du paludisme et des hépatites B et C, engagée en 2026, permettra de disposer de données actualisées et représentatives pour mieux orienter les interventions sanitaires.

Il a, par ailleurs, rappelé que le Burkina Faso s’est doté, en octobre 2018, d’un cadre programmatique national de lutte contre les hépatites virales, destiné à renforcer la prévention, le dépistage, le diagnostic, le traitement et la surveillance épidémiologique.

Dr Kargougou a invité les acteurs de la santé à renforcer la coordination de leurs interventions et à promouvoir la recherche clinique et opérationnelle, la formation des jeunes spécialistes ainsi que la collaboration entre les disciplines médicales.

Il a également salué la contribution de la SOBUHGEED à la formation des ressources humaines en santé, notamment dans le cadre du plan 1 000 x 5, qui compte une centaine d’étudiants et de résidents en formation dans le domaine.

Le ministre a souhaité que les trois jours de travaux débouchent sur des recommandations opérationnelles susceptibles de contribuer à l’amélioration des politiques et des programmes nationaux de santé.

Agence d’information du Burkina
NO/yos

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