Froid et climatisation : Les professionnels africains réclament des politiques adaptées aux réalités du continent

Froid et climatisation : Les professionnels africains réclament des politiques adaptées aux réalités du continent

Ouagadougou, 03 nov. 2026 (AIB)-Des professionnels du froid et de la climatisation venus de plusieurs pays africains ont demandé à être davantage associés aux décisions qui orientent leur secteur. Selon eux, les choix technologiques et les politiques publiques doivent tenir compte des conditions locales et des besoins des pays du continent. Cet appel a été lancé à Kigali, au Rwanda, le 30 octobre 2026, lors de la deuxième journée de la 6ᵉ Assemblée générale ordinaire de l’Union des associations des Associations Africaines des Acteurs de la Réfrigération et de la climatisation (U-3ARC), rapporte le site rwandais Rwanda Inspirer.

Le président de U-3ARC, Madi SAKANDÉ, a critiqué la manière dont les décisions internationales sur le froid ont été prises jusque-là. Selon lui, les techniciens ont souvent été tenus à l’écart des discussions qui concernent directement leur métier, puis sommés d’utiliser de nouveaux fluides frigorigènes et de nouvelles technologies sans préparation suffisante.

Il a averti que l’introduction de technologies sans formation adéquate peut exposer les techniciens et les populations à des risques. Il a plaidé pour que les pays africains choisissent eux-mêmes les solutions efficaces pour leur contexte. « L’Afrique n’est pas un terrain d’essai pour les technologies », a-t-il martelé.

Madi SAKANDÉ a également souligné le poids des politiques nationales, notamment la fiscalité et les cadres énergétiques, sur le développement de la filière.

Des représentants du Cameroun, de la Tunisie, du Sénégal, du Rwanda et de la République démocratique du Congo ont partagé leurs expériences. Leurs difficultés vont de la formation technique à la disponibilité des fluides frigorigènes, en passant par la certification professionnelle et le dialogue avec les pouvoirs publics.

La représentante du Sénégal, Mme Sokhna Fall a notamment évoqué le coût et la difficulté d’accès aux fluides adaptés au froid industriel, ainsi que l’absence d’un système complet de certification des techniciens.

Pour le Rwanda, le directeur technique du Centre africain d’excellence pour le refroidissement durable et la chaîne du froid (ACES), Basile Seburikoko, a présenté les efforts de son pays pour former les techniciens et structurer une filière longtemps dominée par l’informel.

Il a toutefois prévenu qu’installer des chambres froides en milieu rural ne suffit pas à en garantir la durabilité, faute de modèles économiques viables intégrés aux activités locales.
Les participants ont aussi réfléchi aux moyens de financer durablement les associations nationales : cotisations des membres, formations payantes et partenariats avec les entreprises, plutôt que la seule dépendance aux dons.

Fondée en 2020 à Ouagadougou, U-3ARC regroupe plus de quarante-cinq associations nationales et plus de dix mille techniciens enregistrés.
Son assemblée générale s’est tenue en prélude à la 38ᵉ Réunion des Parties au Protocole de Montréal (MOP38), prévue du 2 au 6 novembre 2026 à Kigali.

Agence d’information du Burkina

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