Gnagna : 40 enseignants formés sur la décolonisation des curricula à Manni et à Coalla

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Gnagna : 40 enseignants formés sur la décolonisation des curricula à Manni et à Coalla

Manni, 23 octobre 2026 (AIB) – Quarante enseignants des Circonscriptions d’éducation de base (CEB) de Manni et de Coalla ont pris part, jeudi 22 octobre 2026, à une formation sur la décolonisation et l’endogénéisation des curricula, organisée à l’école primaire privée catholique Saint Michel de Manni.

La session a été animée par les chefs des bureaux d’encadrement pédagogique des deux CEB, les inspecteurs Yonli Yemboani (Manni) et Salifou Dabourgou (Coalla). Le premier a posé les fondements de la réforme. Pour lui, il ne s’agit pas de rejeter les savoirs venus d’ailleurs, mais de dépasser les hiérarchies héritées de la colonisation pour établir un dialogue entre connaissances endogènes et savoirs universels.

Selon ses explications, l’objectif est de former des élèves capables de mieux comprendre leur environnement et de valoriser leur patrimoine culturel, sans se couper des connaissances nécessaires à leur épanouissement.

Salifou Dabourgou a ensuite détaillé les nouveaux contenus en histoire, en géographie et en éducation civique et morale. Il a cité le rééquilibrage du récit historique en faveur des contributions africaines, la prise en compte des résistances à l’invasion européenne, ainsi que la valorisation de techniques endogènes comme le zaï, les demi-lunes et les cordons pierreux.

En éducation civique, les nouveaux programmes accordent désormais une place plus large à la cohésion sociale, à la sécurité routière et à la participation communautaire. L’inspecteur a invité les enseignants à ne pas s’arrêter à un changement de terminologie, mais à transformer ces contenus en véritables situations d’apprentissage, où l’élève observe, enquête et expérimente.

Présents à la formation, les chefs de circonscription d’éducation de base de Manni et de Coalla, respectivement Dahani Marcellin Damolga et André Lankoandé, ont appelé à une appropriation sereine de la réforme. Pour l’un, cette évolution offre l’occasion de rapprocher l’école au vécu quotidien des élèves, à condition d’éviter toute précipitation et de s’appuyer sur les documents de référence.

Le CCEB de Coalla a, de son côté, insisté sur la nécessité de traduire ces orientations en pratiques de classe concrètes, en mutualisant les expériences et en exploitant les ressources disponibles dans l’environnement des élèves.

Les échanges ont également été nourris par les questions des enseignants, portant notamment sur la manière de distinguer un savoir endogène documenté d’une simple croyance, sur l’intégration des langues nationales dans les apprentissages, et sur l’équilibre à trouver entre réhabilitation des récits africains et exigence d’objectivité historique.

Au terme des travaux, les participants se sont engagés à faire des savoirs endogènes un véritable levier de leur pratique professionnelle, pour former des élèves patriotes et capables de contribuer au développement de leur communauté. Reste désormais, pour les acteurs éducatifs de Manni et de Coalla, de faire vivre ces orientations dans les salles de classe.

Agence d’Information du Burkina

GL/ayt/ata/zs

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