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Koosin/Doumbala : Le battage traditionnel du fonio perpétue l’identité culturelle « Bwa » à Babakuy
Doumbala, 24 oct. 2026 (AIB)-Les habitants du quartier Babakuy, dans le village de Konkuy-Boho, commune de Doumbala ont organisé le samedi 24 octobre 2026, une séance collective de battage du fonio, une pratique traditionnelle qui contribue à la préservation de l’identité culturelle, à la solidarité et à la cohésion sociale.
Alignés en cercle presque fermé, des jeunes, des enfants et des adultes, munis de bâtons spécialement conçus pour l’occasion, ont battu plusieurs tas de fonio au rythme des tam-tams.
La séance s’est déroulée dans une ambiance festive, ponctuée d’applaudissements nourris et de youyous des femmes et des jeunes filles.
Au-delà du travail agricole, cette activité constitue un moment de transmission des valeurs culturelles aux nouvelles générations.
Selon Emmanuelle Traoré, cette méthode de travail est profondément ancrée dans les traditions locales.
« Certains peuvent considérer cette pratique comme archaïque, puisqu’il existe aujourd’hui des moyens modernes, plus simples et moins fatigants. Mais le battage à la main relève de notre culture. Nous continuons de le pratiquer afin de le perpétuer et de le transmettre aux nouvelles générations », a-t-il expliqué.
Pour Kalifa Sanou, griot et orateur du village, le battage collectif du fonio favorise l’entraide et l’amour du prochain, tout en renforçant les liens entre les habitants.
« Cette pratique cultive l’entraide et l’amour du prochain. Elle constitue donc un facteur fondamental de cohésion sociale, dont nous avons véritablement besoin aujourd’hui », a-t-il souligné.
Il a ajouté que ces rassemblements offrent également aux griots l’occasion de rappeler des généalogies et d’évoquer les actes de bravoure de certaines personnes. Ces récits permettent ainsi aux jeunes générations de mieux connaître leur histoire et les actions marquantes de leurs devanciers.
Pour Georges Traoré, un jeune du quartier, cette période de battage représente un moment privilégié où le travail s’accomplit rapidement, avec moins de dépenses et de fatigue, grâce à la solidarité des participants.
Il estime également que ces rencontres contribuent à la résolution de certains conflits entre les habitants.
« Nous ne voyons pas seulement un travail à accomplir, mais aussi une occasion d’éducation. Je ne saurais dire à quel moment cette pratique a commencé, mais elle doit impérativement être perpétuée, quelle que soit l’évolution de la modernité », a-t-il affirmé.
A Babakuy, le battage traditionnel du fonio demeure ainsi bien plus qu’une activité agricole.
Il constitue un cadre de transmission des savoirs, de valorisation de l’histoire locale et de renforcement du vivre-ensemble.
Agence d’information du Burkina
LD/AC/HB/OO

