BURKINA-TÜRKIYE-COOPERATION
Coopération : le Burkina Faso et la Türkiye explorent de nouvelles pistes dans l’éducation, la santé et l’économie
Ouagadougou, 22 oct. 2026 (AIB)-Une délégation burkinabè a mené, les 20 et 21 octobre 2026 à Ankara, des concertations avec plusieurs structures étatiques turques. Elle était conduite par le secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, Hermann Yirigouin Toé, et a rencontré ces structures en marge de la 1ʳᵉ session des consultations politiques entre le Burkina Faso et la République de Türkiye. Ces échanges visaient à renforcer la coopération entre les deux pays, notamment dans les secteurs de l’enseignement, de la santé et de l’économie.
La délégation a notamment échangé avec des responsables de la Fondation Maarif, de l’Agence turque de coopération et de coordination (TIKA), du Conseil de l’enseignement supérieur, du ministère turc de la Santé, du Conseil des relations économiques extérieures (DEIK) et du ministère de l’Éducation nationale.
Selon le ministère des Affaires étrangères, la délégation a d’abord été reçue à la Fondation Maarif, chargée notamment de la gestion d’établissements scolaires. Son responsable Afrique, Anet Bey, et ses collaborateurs ont discuté avec elle des perspectives de développement des activités de la fondation au Burkina Faso.
L’ambassadeur Hermann Yirigouin Toé s’est réjoui de la signature d’une convention d’établissement et de gestion avec la fondation, qui dispose déjà d’écoles à Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso.
Il a également salué l’octroi de bourses à des élèves burkinabè. Il a indiqué que la partie burkinabè avait sollicité une augmentation du nombre de ces bourses, ainsi qu’un appui dans l’enseignement et dans la formation professionnelle et technique. Selon la même source, la Fondation Maarif a donné son accord à ces demandes.
À la TIKA, le vice-président, Dr Yahya Coskun, a exprimé la disponibilité de son institution à réexaminer le projet de développement de la médecine d’urgence au Burkina Faso. L’agence avait auparavant accompagné ce projet avec le Service d’aide médicale urgente (SAMU).
Pour 2027, l’agence s’est engagée à apporter un appui au Burkina Faso dans le domaine de la formation professionnelle et technique, en cohérence avec les objectifs de développement endogène du pays. La délégation burkinabè a par ailleurs souhaité l’ouverture prochaine d’un bureau de la TIKA à Ouagadougou.
La coopération universitaire a constitué un autre axe majeur des discussions. Au Conseil de l’enseignement supérieur, les deux parties ont exprimé leur volonté de renouveler le protocole d’accord de 2024. Arrivé à échéance, ce texte encadrait leur coopération académique et universitaire.
Le Conseil s’est dit favorable à ce renouvellement et a annoncé une augmentation du nombre de bourses de master et de doctorat au profit des étudiants burkinabè.
Le Burkina Faso doit transmettre à la partie turque une liste hiérarchisée de ses besoins, afin de guider les échanges dans le cadre du nouvel accord. Les chercheurs burkinabè pourront également postuler aux projets des centres de recherche turcs.
Dans le domaine sanitaire, le vice-ministre turc de la Santé, le Pr Nurullah Okumus, a réaffirmé la volonté de son pays de poursuivre son soutien au Burkina Faso en matière de transplantation d’organes, notamment à travers la formation et la mise à niveau des formateurs.
Les échanges ont aussi porté sur la possibilité de faciliter la conclusion de conventions entre les hôpitaux publics turcs et le ministère burkinabè de la Santé. Le responsable turc a, par ailleurs, manifesté son intérêt pour le projet de technopôle pharmaceutique de Kokologho, susceptible d’offrir des possibilités d’investissement aux entreprises turques.
Sur le plan économique, les discussions avec le DEIK, qui regroupe environ quatre mille entreprises turques, ont débouché sur une proposition d’organiser au Burkina Faso un forum d’affaires et d’investissement entre les deux pays.
Selon les chiffres présentés lors des échanges, les exportations turques vers le Burkina Faso sont passées de 122,24 millions de dollars américains en 2023 à 177,84 millions en 2025.
L’ambassadeur Hermann Yirigouin Toé a encouragé le développement de partenariats durables entre les entreprises des deux pays, notamment dans l’agroalimentaire, la chaîne du froid, le textile, l’énergie solaire, les mines et la formation technique.
Il a également appelé le DEIK à s’impliquer davantage dans le règlement des litiges commerciaux entre opérateurs économiques turcs et burkinabè. De son côté, le représentant du DEIK pour l’Afrique de l’Ouest, Vahit Oguz Cetin a plaidé pour une facilitation des transactions bancaires et pour un accord de non double imposition.
Au ministère turc de l’Éducation nationale, les discussions ont porté sur les possibilités d’amélioration de la qualité de l’enseignement au Burkina Faso.
La partie turque s’est dite disposée à examiner des pistes de coopération dans plusieurs domaines : la formation des enseignants et des administrateurs du système éducatif, le partage d’expériences en matière de formation professionnelle et technique, les programmes scolaires et la création de nouvelles filières.
Elle a également proposé des jumelages entre établissements scolaires turcs et burkinabè, afin de favoriser les échanges entre les deux peuples.
En marge de ces concertations, la délégation burkinabè s’est rendue au mausolée de Mustafa Kemal Atatürk, fondateur de la République de Türkiye.
Agence d’information du Burkina
NAK/yos

