Bamako : le Burkina Faso partage son expérience en matière de soutien à la presse privée
Bamako, 5 juin 2026 (AIB)-Le Burkina Faso a partagé vendredi à Bamako au Mali, son expérience dans le domaine de l’aide aux médias, au cours d’une table ronde organisée en marge de la première édition du Forum panafricain des médias (FOPAME), a constaté l’AIB.
Le chargé de mission du ministre en charge de la Communication au Burkina Faso, Pascal Yemboini Thiombiano, a été l’un des animateurs du sous-thème de la table ronde intitulé : « Fonds d’aide aux médias : mécanismes efficaces ». Sa communication a porté sur le Fonds d’appui à la presse privée (FAPP), mis en place depuis 1997.
Selon le communicateur, le FAPP est un établissement public de l’État burkinabè, classé parmi les fonds nationaux. Il a pour mission d’octroyer des subventions de l’État aux entreprises de presse. Il est également chargé de financer et de cofinancer des projets des entreprises de presse, ainsi que d’assurer des formations pour le développement de la presse privée.
Le Fonds a connu une augmentation significative de son aide publique, passant de 50 millions de FCFA en 1997 à 400 millions de FCFA entre 2016 et 2023. En 2025, le montant s’élevait à 320 millions de FCFA de subventions, au regard du contexte lié à la crise sécuritaire qui sévit dans le pays depuis près d’une décennie.
Le FAPP propose plusieurs types de prestations aux entreprises de presse éligibles. Il y a la subvention publique non remboursable accordée aux médias privés. Il existe également des crédits destinés à financer des projets individuels et collectifs. Enfin, le Fonds contribue au renforcement des capacités à travers des études et un appui-conseil au profit des médias.
Selon le communicateur Thiombiano, pour bénéficier de ces appuis, les médias doivent respecter certaines conditions, notamment assurer un fonctionnement continu du 1er janvier au 31 décembre de l’année, remplir leurs obligations fiscales, ne pas être bénéficiaires d’une autre subvention publique et ne pas avoir fait l’objet de sanctions administratives ou pénales.
« Les fonds reçus doivent être justifiés rigoureusement. Le non-respect de cette obligation entraîne des sanctions, notamment la suspension du bénéfice de la subvention », a précisé le chargé de mission.
Celui-ci a cependant indiqué que le FAPP fait face à plusieurs défis, dont la justification des fonds par les bénéficiaires. « De nombreux médias peinent à justifier les montants alloués », a confié M. Thiombiano.
À cela s’ajoute la faiblesse de l’enveloppe budgétaire. « Bien que l’objectif soit d’augmenter le soutien financier, le contexte économique rend cela difficile », a-t-il déclaré.
En termes de perspectives, le porte-parole du Burkina Faso à cette tribune a souligné la nécessité de mettre en place un mécanisme de financement des projets structurants afin de préserver une information professionnelle et crédible au Burkina Faso.
Cette table ronde se tenait dans le cadre du Forum panafricain des médias (FOPAME), organisé par la Maison de la presse du Mali du 3 au 6 juin 2026. Le FOPAME connaît la participation de responsables de médias, de journalistes, d’universitaires et d’experts issus d’une vingtaine de pays africains. Le Burkina Faso y participe à travers des responsables du ministère en charge de la Communication et du Centre national de presse Norbert Zongo (CNP-NZ).
Agence d’information du Burkina
NEK/ata

