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Energie solaire : Le Pr Issa Zerbo explique le rôle des semi-conducteurs et les défis du photovoltaïque

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Energie solaire : Le Pr Issa Zerbo explique le rôle des semi-conducteurs et les défis du photovoltaïque

Ouagadougou, 27 avr. 2026 (AIB)-Le professeur titulaire en physique des semi-conducteurs et spécialiste de l’énergie solaire photovoltaïque, Issa Zerbo, a expliqué lors d’un entretien accordé à l’AIB, les principes de fonctionnement des semi-conducteurs et leur importance dans la production d’électricité solaire, tout en évoquant les défis liés à leur utilisation dans le contexte sahélien.

Selon le Pr Issa Zerbo, les semi-conducteurs occupent une position intermédiaire entre les conducteurs, tels que les métaux comme le cuivre, et les isolants comme le plastique.
« Ce sont des matériaux capables de se comporter soit comme des conducteurs, soit comme des isolants selon les conditions », a-t-il indiqué.

Il a précisé que la production d’électricité à partir de ces matériaux repose sur un procédé appelé dopage, qui consiste à introduire des atomes étrangers dans le matériau.

Selon lui, ce processus permet d’obtenir des semi-conducteurs de type N, riches en électrons, et de type P, caractérisés par un déficit d’électrons.

« Lorsque ces deux types sont associés, ils forment une jonction PN au niveau de laquelle apparaît un champ électrique. Sous l’effet du rayonnement solaire, les électrons sont libérés et circulent dans le matériau, générant ainsi un courant électrique », a-t-il expliqué.

Le chercheur a souligné que le silicium demeure le matériau de référence dans la fabrication des panneaux photovoltaïques, en raison de son abondance dans la nature et de la maîtrise de sa technologie.

« Il est issu de la silice présente dans le sable et représente environ 25 % de la croûte terrestre », a-t-il rappelé, ajoutant que le germanium, utilisé par le passé, a été abandonné en raison de sa rareté.
Pr Issa Zerbo, a également distingué deux types de panneaux solaires disponibles sur le marché comme le silicium monocristallin, plus performant mais plus coûteux, et le silicium polycristallin, moins cher mais avec un rendement inférieur.

Pour lui, le choix entre ces technologies dépend des conditions climatiques locales, notamment de la température et de l’ensoleillement.

Abordant les innovations, il a évoqué les nouvelles générations de cellules photovoltaïques, notamment les cellules à pérovskite, CIGS, tandem et multijonctions, qui offrent de meilleurs rendements en laboratoire. Toutefois, leur industrialisation reste limitée en raison des contraintes économiques.
Il a ajouté que dans les zones chaudes comme le Burkina Faso, il a mis en garde contre l’impact des températures élevées sur les performances des panneaux.

« Contrairement aux idées reçues, la chaleur excessive réduit le rendement des panneaux. La température idéale de fonctionnement des semi-conducteurs est d’environ 27 °C », a-t-il souligné, précisant que des températures élevées entraînent une baisse de la tension, de la puissance et de la durée de vie des équipements.

« La poussière constitue également un facteur défavorable, en limitant l’absorption du rayonnement solaire, d’où la nécessité d’un nettoyage régulier des panneaux », a-t-il dit.
Le Pr Zerbo a en outre mis en avant le rôle des nanotechnologies et de l’intelligence artificielle dans l’amélioration des performances des systèmes photovoltaïques.
Il a expliqué que la modélisation et la simulation permettent d’anticiper le comportement des installations et de réduire les besoins en expérimentations physiques.

Spécialisée dans la modélisation, son équipe de recherche travaille notamment sur l’impact des champs magnétiques et des ondes électromagnétiques sur les installations photovoltaïques, avant de valider les résultats par des expérimentations.

Enfin, Pr Issa Zerbo a appelé à un renforcement des investissements dans la formation et la recherche en Afrique.
« Il est essentiel de développer à la fois la recherche fondamentale et la recherche appliquée, qui sont complémentaires pour relever les défis énergétiques du continent », a-t-il conclu.

Agence d’information du Burkina
HB/BBP/OO

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