Burkina/Cultures maraîchères : Une technologie prolonge la conservation d’oignons et booste les revenus des producteurs

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Burkina/Cultures maraîchères : Une technologie prolonge la conservation d’oignons et booste les revenus des producteurs

Ouagadougou, 9 avr. 2026 (AIB)- Dr Boukaré Ouédraogo a présenté une technologie burkinabè de conservation des oignons, brevetée à l’OAPI en 2019 et validée en laboratoire. Adaptée aux conditions locales, elle prolonge la conservation à 7-8 mois, réduit les pertes et augmente les bénéfices des producteurs. Il appelle à l’appui des commerçants et des autorités pour sa vulgarisation et le renforcement de la sécurité alimentaire.

AIB : Parmi vos recherches, lesquelles sont directement applicables par les producteurs sur le terrain ?

B.O : Parmi nos recherches en conservation, nous avons étudié le séchage, utile aux producteurs, ainsi que la conservation post-récolte d’oignons et de pommes de terre, pour laquelle nous avons développé des dispositifs expérimentaux.

L’année dernière, nous avons également tenté la conservation de la mangue, plus complexe, et avons réussi à atteindre un mois, avec l’objectif futur de 45 jours, ce qui peut intéresser les producteurs.

AIB : En dehors des producteurs, y a-t-il d’autres acteurs de la chaine de l’oignon avec lesquels vous travaillez ?

B.O : En plus des producteurs, les commerçants jouent un rôle dans la conservation des produits. Bien que nous n’ayons pas encore travaillé directement avec eux, nous échangeons régulièrement pour comprendre leurs difficultés et les sensibiliser.

La conservation est essentielle à plusieurs niveaux, notamment pour le stockage et la vente sur plusieurs semaines, afin de maintenir la qualité des produits.

AIB : Quels bénéfices les producteurs peuvent-ils tirer de l’adoption de ces techniques de conservation ?

B.O : La technologie de conservation que nous avons développée offre d’importants bénéfices aux producteurs. Après des tests en laboratoire sur un prototype d’une tonne, nous avons implanté un dispositif à grande échelle de 10 tonnes.

Les résultats ont montré qu’à partir de la troisième saison, les dépenses étaient amorties et un bénéfice d’au moins 325 000 F CFA pouvait être réalisé, avec une durée de vie de plus de 25 ans, garantissant une rentabilité durable.

Pour le producteur, disposer d’un tel dispositif permet de vendre ses oignons à des périodes où les prix sont plus élevés, passant de 17-20 000 F CFA par sac à 65-70 000 F CFA en fin de saison, générant ainsi des économies et des gains de 200 à 300 %.

Comparée aux méthodes traditionnelles, où les pertes peuvent atteindre 30 à 100% et la conservation se limite à trois mois, cette technologie prolonge la durée de conservation jusqu’à 7-8 mois, permettant de doubler, tripler, voire quadrupler les bénéfices. Ainsi, elle offre à la fois une meilleure durée de conservation et des gains financiers significatifs.

AIB : Dans quelles conditions l’oignon doit-il se conserver ?

B.O : Pour mieux conserver leurs oignons, les producteurs doivent d’abord produire en pensant à la conservation, choisir une variété adaptée et suivre scrupuleusement l’itinéraire technique de production, de récolte et de stockage.
En cas de difficultés, ils doivent se rapprocher des chercheurs et spécialistes pour trouver des solutions adaptées.
L’oignon est un produit stratégique pour le Burkina Faso et la sous-région. Bien que la production en Afrique de l’Ouest soit dominée par le Nigéria, le Sénégal et le Niger, le Burkina se distingue en exportation grâce à une meilleure satisfaction du marché interne.
Avec une production pouvant atteindre 500 000 tonnes, l’optimisation de la conservation permettrait de réduire les pertes, d’augmenter les revenus des producteurs, de renforcer la sécurité alimentaire et de soutenir les familles, notamment pour la scolarisation des enfants.

AIB : Un appel à l’endroit des autorités

B.O : Un enseignant-chercheur a développé une technologie de conservation validée grâce à son doctorat encadré par le professeur Dieudonné Joseph Batiebo.

Cette technologie a été brevetée à l’OAPI en 2019 et fait l’objet de publications scientifiques attestant de sa fiabilité.
Aujourd’hui, l’auteur appelle les autorités à soutenir la vulgarisation de cette innovation pour le bénéfice des producteurs et du Burkina Faso, soulignant que cet accompagnement renforcerait à la fois la recherche et le développement national.

Agence d’information du Burkina
HB/BBP/OO

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