Sandbondtenga/Ramadan et Carême 2026: un exemple de tolérance religieuse et de fraternité à Kaya
Kaya, 24 mars 2026 (AIB) – La coïncidence cette année du jeûne musulman et du Carême chrétien a offert, à Kaya, un exemple de tolérance religieuse, de respect mutuel et de coexistence pacifique, dans un contexte national marqué par la quête de paix et de cohésion sociale.
Le vendredi 20 mars 2026, les fidèles musulmans ont célébré l’Aïd El-Fitr, marquant la fin de 30 jours de jeûne, tandis que les fidèles catholiques poursuivent leur Carême vers Pâques.
Cette fête musulmane est intervenue un vendredi, jour particulier pour les catholiques en Carême, pour lesquels la consommation de viande est proscrite, certains observant même un jeûne total.
À Kaya, plusieurs fidèles musulmans disent avoir pris des dispositions particulières pour permettre à leurs voisins, amis et connaissances catholiques de partager ce moment dans le respect de leurs principes religieux.
« Nous avons pris des dispositions afin de vivre en symbiose avec les membres de cette communauté sœur », a confié Issa Ouédraogo, fidèle musulman.
Il a expliqué avoir demandé à sa famille de préparer, en plus de la viande, du poisson pour les catholiques, tout en privilégiant les repas en soirée pour tenir compte de ceux qui jeûnaient intégralement.
Dans la même dynamique, Adja Rasmata Soré, fidèle musulmane, a indiqué avoir préparé des plats avec du poisson spécialement pour ses voisins catholiques. Elle estime qu’il s’agit d’une manière de fêter avec eux dans le respect de leurs principes religieux.
Pour Binta Sawadogo/Sawadogo, cette attitude procède de l’esprit du vivre-ensemble et de la tolérance religieuse. Selon elle, le choix de préparer du poisson visait à communier avec les catholiques et à leur exprimer solidarité et considération.
Du côté catholique, ces gestes ont été globalement appréciés. Clémentine Ouédraogo a affirmé que beaucoup de familles musulmanes ont tenu compte des catholiques qui ne mangent pas de viande les vendredis de Carême.
Dame Ouédraogo estime que cette attention est favorable à la fraternité, même si, dans certaines familles visitées, elle a dû refuser des plats à base de viande.
« J’apprécie globalement la prise en compte des principes catholiques au profit de la fraternité et de la cohésion sociale », a-t-elle déclaré, tout en souhaitant davantage d’efforts pour renforcer la tolérance religieuse et la vie en symbiose.
Même constat chez Benoît Ouédraogo, responsable de la communauté laïque catholique. Il dit avoir participé, au sein d’une délégation de l’Église catholique, à la grande prière de fin du Ramadan, sur invitation de la communauté musulmane.
Après cette prière, il s’est rendu dans des familles musulmanes pour leur souhaiter bonne fête, sans toutefois pouvoir manger, en raison de son jeûne lié au vendredi de Carême. « La coïncidence n’a pas trop gêné, car nos frères musulmans nous ont compris », a-t-il témoigné.
À travers ces gestes de considération réciproque, les populations de Kaya montrent que, malgré les différences de croyance, la fraternité, le respect des convictions d’autrui et la solidarité demeurent des valeurs vivantes.
Dans un contexte de crise sociale, cette expérience apparaît comme un signal d’espérance en faveur du vivre-ensemble et de la paix au Burkina Faso.
Agence d’Information du Burkina
AIO/bak
Crédit Photo: illustration générée par l’IA


