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Burkina : Le théâtre, un levier de cohésion sociale et de relance socio-économique face à la crise sécuritaire, selon un expert
Ouagadougou, 24 mars 2026 (AIB) – Le théâtre burkinabè, fort de plus de 600 000 acteurs, peut jouer un rôle déterminant dans la résolution de la crise sécuritaire et humanitaire que traverse le pays, tout en constituant un puissant moteur de développement socio-économique à travers la création d’emplois et de richesses, a affirmé mardi à Ouagadougou, l’expert en études théâtrales, Dr Pingdewindé Issiaka Tiendrébéogo.
Le maître de conférences en études théâtrales à l’Université Joseph KI-ZERBO, Dr Tiendrébéogo Pingdewindé Issiaka, a insisté sur la dimension profondément humaine et fédératrice du théâtre. Selon lui, au-delà des approches militaires de la crise sécuritaire, une solution durable passera inévitablement par le dialogue et la reconstruction du tissu social.
« Les hommes sont des êtres de raison. Et le théâtre, en tant qu’expression des humanités, permet de toucher les consciences et les cœurs », a-t-il expliqué. À l’en croire, les représentations théâtrales, notamment dans les zones affectées par l’insécurité, peuvent servir d’outils de sensibilisation, de réconciliation et de restauration de la confiance entre les communautés.
Dr Tiendrébéogo s’exprimait mardi à l’Université Joseph KI-ZERBO à l’occasion des deuxièmes Journées scientifiques des études théâtrales en Afrique, organisées par l’équipe de recherche Théâtre, Signes, Sociétés et Scènes (T3S).
Pour l’expert, le théâtre contribue ainsi à renforcer l’unité nationale en véhiculant des messages de paix, de tolérance et de vivre-ensemble. « Une fois que vous touchez le cœur d’une personne, vous l’avez avec vous », a-t-il souligné, plaidant pour une intégration stratégique du théâtre dans les politiques publiques de gestion de crise et de promotion du civisme.
Au-delà de son rôle social, le théâtre apparaît également comme un secteur économique à fort potentiel. Dr Tiendrébéogo a indiqué que des centaines de milliers de Burkinabè vivent directement ou indirectement des métiers liés aux arts de la scène, notamment en tant que comédiens, metteurs en scène, scénographes ou techniciens. « Le théâtre contribue naturellement au Produit intérieur brut et constitue une source importante de revenus pour de nombreuses familles », a-t-il affirmé.
Dans cette dynamique, il a appelé les autorités à considérer les études théâtrales comme un levier stratégique de développement, à l’image de certains pays où la culture représente un pilier majeur de financement de l’économie.
Il a notamment suggéré le renforcement de la formation et de la professionnalisation des acteurs du secteur, afin de favoriser leur employabilité et leur capacité à créer de la valeur.
Le parrain de la cérémonie, Kiswendsida Gérard Koala, a abondé dans le même sens, en soulignant que le théâtre est « une revue corrigée de nos vies », capable de refléter les réalités sociales et d’orienter les comportements vers une société plus harmonieuse. Il a insisté sur son rôle en tant qu’outil de transformation sociale, de transmission des valeurs et de construction identitaire.
Dans un contexte national marqué par de multiples défis, M. Koala, a relevé la nécessité de soutenir davantage la recherche, la formation et l’innovation dans le domaine des arts dramatiques.
Les deuxièmes Journées scientifiques des études théâtrales en Afrique se tiennent du 24 au 25 mars 2026 sous le thème : « Études théâtrales en Afrique : enjeux, défis et perspectives ».
Ce rendez-vous scientifique, à travers ateliers, formations en management culturel et tables rondes, offrent un cadre d’échanges entre chercheurs, praticiens et étudiants, en vue de renforcer les capacités du secteur.
Malgré le dynamisme des acteurs, le théâtre burkinabè reste confronté à des insuffisances en matière d’accompagnement institutionnel et financier.
Le promoteur culturel, Kiswendsida Gerard Koala, a plaidé pour un engagement accru des pouvoirs publics et des partenaires afin de permettre au secteur de jouer pleinement son rôle dans la consolidation de la paix et la relance économique.
« Investir dans le théâtre, c’est investir dans la paix, la cohésion sociale et le développement durable », a-t-il conclu, appelant à une synergie d’actions pour faire de la culture un pilier du renouveau national.
Agence d’information du Burkina
DNK-yos


