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vendredi, 20 mars 2026
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Sissili / Religion : Les communautés musulmanes célèbrent l’Aïd-el-Fitr dans l’unité après 26 ans de division

Sissili / Religion : Les communautés musulmanes célèbrent l’Aïd-el-Fitr dans l’unité après 26 ans de division

Léo, 20 mars 2026 (AIB) – La communauté musulmane de Léo a célébré, ce vendredi 20 mars 2026, l’Aïd-el-Fitr marquant la fin du mois de Ramadan. Cette célébration a revêtu un caractère historique avec le retour à une prière unique à la Place de la Nation, mettant fin à plus d’un quart de siècle de dissensions internes.

Après 26 ans de séparation, les fidèles musulmans de Léo ont de nouveau prié à l’unisson. Depuis l’an 2000, des divergences avaient conduit les différentes tendances de la ville à organiser des prières séparées dans des mosquées différentes – Blanche, Rouge et autres. Ce retour à l’unité est le fruit d’une médiation impliquant les organisations de jeunesse ainsi que les autorités administratives, religieuses et coutumières.

L’événement s’est déroulé en présence du Préfet, Président de la Délégation Spéciale (PDS) de Léo, représentant le Haut-Commissaire de la Sissili, Téwendé Isaac Sia, ainsi que d’une délégation de la communauté catholique venue témoigner sa fraternité.

L’Imam de Léo, Aboubacar Biyen, qui a dirigé l’office, a rappelé que l’Aïd-el-Fitr est une institution divine marquant la rupture après 30 jours de pénitence. Dans son sermon, il a exhorté les fidèles à la persévérance : « On ne se purifie pas pour se souiller à nouveau. Le véritable musulman doit rester constant dans sa foi et son comportement durant toute l’année », a-t-il déclaré.

L’autorité religieuse a également insisté sur la cohésion nationale : « Nous sommes avant tout des Burkinabè. Il faut dépasser les clivages entre musulmans, catholiques, protestants ou non-croyants. Nous appelons la population à accompagner notre Président, Ibrahim Traoré, dans sa mission pour le salut du pays. »

Pour le Président de la Délégation Spéciale (PDS) de Léo, Kassoum Koalaga, ce rassemblement est une étape décisive : « Nous sommes aujourd’hui les témoins privilégiés d’un événement historique : la fin d’une division qui touchait la communauté musulmane de Léo depuis plus de vingt ans », s’est-il réjoui.

Il a rappelé l’engagement du gouvernement, à travers un récent avant-projet de loi, pour mieux réguler les libertés religieuses tout en garantissant le vivre-ensemble.

De son côté, Sa Majesté Lio-Pio Dan-Zwè, Chef de Canton de Léo, a qualifié ce jour d’extraordinaire : « Cette unité retrouvée est un signe extrêmement favorable pour la paix. La religion est venue compléter nos coutumes. Ce qui est proscrit par nos traditions l’est également dans la foi religieuse. »

Témoignant de la vitalité du dialogue interreligieux dans la Sissili, le président du Conseil paroissial des laïcs de Léo, Rigobert Dala, est venu adresser un message de fraternité aux musulmans : « Bien que nous soyons issus d’ethnies diverses, notre but spirituel reste le même : prier le Dieu unique », a-t-il affirmé, appelant à un « devoir sacré » de travail en commun pour la paix.

Chez les fidèles, le sentiment de soulagement prédominait. Adja Abibata Salia/Ido s’est dite « comblée » par cette ferveur retrouvée qu’elle n’avait plus vue depuis l’an 2000. Pour Zakaria Napon, malgré les difficultés liées à la forte chaleur durant le mois de jeûne, cette union est un cadeau inestimable : « Voir aujourd’hui les fidèles, jeunes et vieux, se mobiliser ainsi pour réaliser cette union après plus de 20 ans de division nous va droit au cœur. »

Tous ont conclu par des vœux de stabilité pour le Burkina Faso, formulant l’espoir que cette unité retrouvée à Léo soit le prélude d’une paix durable sur l’ensemble du territoire national.

Agence d’information du Burkina
BAN/ata

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