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Réo : le musée Dado, une initiative culturelle de l’Abbé Modérat Kinda pour valoriser le patrimoine local
Réo, 18 mars 2026 (AIB) – Situé à une quinzaine de kilomètres de Koudougou, le musée Dado s’impose progressivement comme un espace de conservation et de valorisation du patrimoine culturel dans la province du Sanguié. L’Abbé Modérat Kinda que nous avons rencontré mardi, nous en parle.
Cette initiative est portée par l’Abbé Modérat Kinda, prêtre du diocèse de Koudougou admis à la retraite, animé par la volonté de préserver les richesses culturelles locales.
Selon le promoteur, l’idée de créer ce musée est née à la suite de ses voyages en Europe, où il a été marqué par l’intérêt accordé au patrimoine culturel. « J’ai visité plusieurs musées et constaté combien les Européens sont attachés à leur histoire. Cela m’a interpellé, d’autant plus que de nombreux objets africains s’y retrouvent, alors que peu d’Africains ont l’occasion de les voir », a-t-il expliqué.
Face à l’absence d’un musée dans la région de Nando (ex-Centre-Ouest), l’Abbé Kinda a entrepris, dès les années 2000, de collecter des objets traditionnels auprès des populations. Cette démarche visait à sauvegarder les vestiges encore disponibles et à transmettre les valeurs culturelles aux générations futures.
En 2004, il a également initié le Festival des révélations culturelles et artistiques du Lyolo pour susciter l’intérêt des populations pour leur patrimoine.
Cependant, la mise en place du musée n’a pas été sans difficultés. Le promoteur évoque notamment les contraintes liées à l’identification des détenteurs d’objets, les efforts de sensibilisation nécessaires pour obtenir leur adhésion, ainsi que les moyens financiers requis pour l’acquisition et la conservation des pièces.
« Il faut beaucoup de tact pour convaincre, et même lorsque les détenteurs acceptent, il est souvent nécessaire de les dédommager », a-t-il souligné.
Malgré ces défis, le musée Dado accueille des visiteurs nationaux et internationaux, notamment des élèves, des familles et des groupes organisés.
Toutefois, la fréquentation reste irrégulière, en raison notamment du contexte sécuritaire et des priorités économiques des populations.
L’Abbé Kinda lance ainsi un appel aux détenteurs de biens culturels à confier leurs objets au musée pour assurer leur pérennisation. Il invite également les populations à s’approprier cet espace, qu’il considère comme un « bien commun » contribuant à la sauvegarde de l’identité culturelle et à la transmission des valeurs.
Aux autorités locales et aux partenaires, le promoteur plaide pour un accompagnement accru afin de doter le musée d’infrastructures adéquates, notamment une salle d’exposition et des équipements de conservation. Il estime que le musée peut constituer un levier de développement local, en attirant des visiteurs et en générant des retombées économiques.
Au-delà du musée Dado, la province du Sanguié regorge d’autres potentialités touristiques. Les visiteurs peuvent notamment découvrir les maisons traditionnelles Gourounsi, la grotte du secteur 7 de Réo ainsi que le mont Sandié, autant de sites qui témoignent de la richesse culturelle et naturelle de la localité.
Par cette initiative, l’Abbé Modérat Kinda entend inscrire durablement le patrimoine culturel du Sanguié dans une dynamique de valorisation et de transmission, au bénéfice des générations présentes et futures.
Agence d’information du Burkina
FGB/AS/ATA


