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mercredi, 18 mars 2026
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Mouhoun/Religion : La communauté karaga perpétue un héritage avec ferveur

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Mouhoun/Religion : La communauté karaga perpétue un héritage avec ferveur

Douroula, 17 mars 2026 (AIB)-Dans la nuit du 16 au 17 mars 2026, la communauté karaga, originaire du Mali et établie dans la commune de Douroula depuis plus de 4 siècles, ont, à l’instar des années précédentes, répondu à l’appel des garants de la tradition pour une célébration rituelle dédiée à Allah, au prophète Mahomet ainsi qu’aux ancêtres. Cette célébration avec ferveur est un héritage ancestral où s’entrelacent harmonieusement pratiques traditionnelles et foi musulmane.

La communauté karaga de Douroula a une nouvelle fois réaffirmé son attachement à ses valeurs spirituelles et culturelles en perpétuant un rituel séculaire mêlant étroitement foi musulmane et traditions ancestrales, symbole vivant de son identité et de sa continuité historique.

Observée annuellement entre la 26e nuit et le 27e jour du mois de jeûne musulman, cette cérémonie revêt un caractère obligatoire pour les membres de la communauté.

Sa légitimité s’appuie également sur un témoignage ancien selon lequel l’un de leurs aïeux, lors d’un séjour à La Mecque, aurait confirmé la continuité de cette tradition en retrouvant un ressortissant de leur localité d’origine.

La cérémonie a débuté par une procession marquée par des invocations autour des différentes mosquées du village, avant de s’achever sur un site sacré, haut lieu d’expression de la spiritualité communautaire.

Selon le porte-parole de la communauté, Siaka Sankoma, cette pratique, transmise de génération en génération, est antérieure à l’installation des Karaga à Douroula.

«Nous l’avons héritée de nos parents, eux-mêmes dépositaires de l’enseignement de leurs ascendants », a-t-il confié, mettant en exergue la profondeur historique de ce rite.

Le rituel se fait avec des flambeaux confectionnés à base d’un mélange de poudre de graine de coton et de beurre de karité, fixés sur des barres de fer.

Les participants effectuent à trois reprises le tour des mosquées, en psalmodiant des louanges à Allah et au prophète Mahomet.

Les différentes séquences se déroulent à partir de 19 h dans les mosquées du village, puis à minuit à la grande mosquée, afin de préserver le recueillement lié à la Nuit du Destin et enfin à l’aube du 27e jour.

La dernière étape conduit les fidèles vers le site sacré, où les cendres des flambeaux sont déposées, s’ensuit un moment symbolique au cours duquel, sans se retourner, les participants se dirigent vers la demeure de l’ancêtre maternelle située à l’ouest du village.

Là, ils saisissent la poutre principale de la concession pour implorer protection et bénédictions.

La cérémonie s’achève par une brève réjouissance collective, suivie d’une quête au profit des griots ayant accompagné le rituel.

La participation à cette pratique demeure strictement encadrée réservée aux membres de la communauté karaga ainsi qu’aux filles issues de leurs lignées maternelles.

Sankoma Siaka, a expliqué que ce rituel ne saurait être assimilé à du fétichisme, mais constitue plutôt une expression spécifique de la foi musulmane, indissociable de l’identité culturelle de la communauté et de la célébration de la Nuit du Destin.

« Toute profanation du site sacré est gravement répréhensible. A l’issue de la cérémonie, les barres de fer utilisées sont conservées dans la maison de l’ancêtre maternelle jusqu’à l’année suivante, traduisant ainsi la continuité du rite », a-t-il dit.

Adou Koéta, a retracé l’histoire de l’implantation de la communauté à Douroula qui remonte à plus de quatre siècles, lorsque leurs ancêtres furent accueillis dans le quartier Sélégué.

Reconnaissant leur appartenance à l’islam, les populations locales les confièrent à l’imam du village.

Ils édifièrent d’abord une mosquée en paille avant de construire l’une des premières mosquées durables de la localité, vieille aujourd’hui de plus de trois siècles.

Il a souligné que la construction du lieu de culte primait sur toute autre considération avec une grande mobilisation et détermination des fidèles en signe de leur attachement à l’islam, hérité de leur origine malinké.

Le site de la cérémonie se trouvant actuellement au centre du village, les garants de la tradition ont exprimé leur souhait de voir leur site sacré clôturé afin de le préserver des dégradations et des risques liés à son emplacement actuel.

Ils lancent un cri de cœur auprès des autorités compétentes pour la relance du projet déjà amorcé avant le déplacement des populations consécutif à l’insécurité.

Agence d’information du Burkina

TFT/SB/HB/OO

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