34.1 C
Ouagadougou
samedi, 7 mars 2026
spot_img

Kourittenga/Mois de la femme : Des femmes déplacées internes luttent pour nourrir leurs familles

BURKINA-KOURITTENGA-MOIS-FEMME

Kourittenga/Mois de la femme : Des femmes déplacées internes luttent pour nourrir leurs familles

Koupéla, 07 mars 2026 (AIB)-Dans la province du Kourittenga, les femmes déplacées internes nourrissent leur famille à la sueur de leur front. Venues de différents villages des régions du Goulmou, du Nakambé et bien d’autres, elles sont au nombre de 45 à avoir fait du jardinage hors sol leur pain quotidien. A l’occasion de la commémoration de la Journée internationale de la femme, nous sommes allés à leur rencontre.

Cette activité est exercée dans la cour de la présidente de l’Association des Femmes du Kourittenga, Marie Thérèse Sandwidi, et par ailleurs coordinatrice provinciale, basée à Koupéla, au secteur 3.

Nous apercevons un groupe de femmes déplacées internes en pleine activité. Certaines, des arrosoirs en main, sont en train d’arroser leur jardin de culture hors sol tandis que d’autres s’occupent des semis.

Quelques minutes plus tard, un autre groupe arrive avec une charrette transportant deux barriques remplies d’eau.

Adjiara Sorgho, fait partie de l’équipe du jour venue pour l’arrosage et pour elle, chaque jour, “nous partons chercher quatre fûts d’eau pour arroser notre jardin et cela coûte 500 F CFA”.

«Notre équipe va revenir dans quatre jours. C’est Mama Thérèse qui nous donne l’argent pour l’eau. Dans notre groupe, nous sommes au moins 15 personnes. Dans notre jardin, on trouve des feuilles telles que le lisambo, l’oseille et les oignons. Nous avons déjà récolté ce qui était prêt pour vendre au moins trois fois », a-t-elle dit.

Pour elle, les feuilles sont vendues avec les femmes du marché de Koupéla.

“Nous partons vendre nos feuilles avec les femmes qui vendent les légumes au marché, avec les sacs de ciment. L’unité peut coûter 3000 francs, parfois 3 250 voir 3 500 F CFA”, a ajouté Mme Sorgho.

Elle a poursuivi récolter au moins deux sacs et s’il reste quelque chose, elles vendent entre elles.

Pour Denise Kyélem, femme déplacée interne venue de Boungou et mère de plusieurs enfants, ce travail fait vivre toute sa famille.

“En toute sincérité, je suis ici avec mes enfants et le jardinage hors sol est mon unique activité. Nos enfants mangent à leur faim. Grâce à ce travail, tout se passe bien”, a-t-elle précisé.

Elle a indiqué que les enfants mangent à leur faim et partent à l’école. En plus, ils ne manquent pas de savon pour faire la lessive ni de cahiers pour étudier.

Pour la déplacée interne, la principale difficulté reste l’accès à l’eau pour arroser le jardin.

“Durant ces trois années, nous n’avons pas eu de tricycle pour aller chercher de l’eau afin d’arroser notre jardin. Pourtant, il y a des personnes âgées parmi nous. Mais nous rendons grâce à Dieu car le jardinage donne de bons résultats. L’année passée et celle d’avant, nous n’avons pas eu de problème. C’est seulement au début de cette année qu’une femme qui travaillait avec nous est décédée en moins de deux semaines de maladie. Cela a ralenti notre travail”, a poursuivi Mme Kyelem.

Elle a expliqué que quand elles ont repris, ce n’était pas simple, mais aujourd’hui elles rendent grâce à Dieu.

“Nous avons besoin d’aide, même si c’est seulement un tricycle pour aller chercher de l’eau. Moi-même, je suis prête à conduire le tricycle si nous en obtenons”, a-t-il ajouté.

 

Pour Marie Thérèse Sandwidi, à travers le jardinage hors sol, l’argent économisé grâce à la vente des feuilles a permis d’acheter des vivres qui ont ensuite été partagés entre les femmes.

“J’avais voulu qu’à la fin de chaque culture, elles se partagent ce qu’elles ont récolté, mais elles ont refusé. Elles ont dit qu’elles préféraient garder l’argent et voir ce qu’elles pourraient en faire plus tard”, a dit Mme Sandwidi.

Pour elle, à la deuxième année, elles ont encore récolté quelque chose. Pendant l’hivernage 2025, il y avait beaucoup de difficultés et elles n’avaient pas de quoi nourrir leurs familles.

Elles ont donc utilisé cet argent et a plaidé auprès de certaines personnes.

“Nous avons obtenu l’aide d’une bonne volonté qui nous a donné la somme de 200 000 F CFA. Elles ont ajouté cela à ce qu’elles avaient déjà et elles ont pu acheter neuf sacs de maïs de 100 kg qu’elles se sont ensuite partagés”, a-t-il conclu.

Dans le but d’accompagner ces femmes déplacées internes vers plus d’autonomie, la présidente de l’Association des Femmes Délwendé du Kourittenga, a jugé nécessaire de les organiser en coopérative.

Le processus de finalisation est en cours au profit d’une centaine de femmes déplacées internes engagées dans diverses activités génératrices de revenus, notamment le jardinage hors sol, le tissage des pagnes traditionnels, la fabrication du savon, la transformation du maïs en couscous, la préparation du soumbala.

Agence d’information du Burkina

AWS/HB/OO

ARTICLES RECENTS

Articles Similaires