37.1 C
Ouagadougou
jeudi, 5 mars 2026
spot_img

Ganzourgou : L’association Toum Nooma forme des jeunes filles mères au tissage et à la teinture à Zorgho

Burkina-Ganzourgou-Formation-Tissage-Teinture

Ganzourgou : L’association Toum Nooma forme des jeunes filles mères au tissage et à la teinture à Zorgho

Zorgho, Ganzourgou – L’association culturelle « Toum Nooma » a initié à Zorgho une formation en teinture et en tissage au profit de jeunes filles mères et de femmes vulnérables. L’activité vise la transmission du savoir-faire local autour du Faso Danfani et du Koko Dunda. Un tour sur le site de la formation le 26 février 2026 a permis de voir les femmes en activité.

Installée au secteur 2 de Zorgho, dans le quartier Tengsobdogo, l’association Toum Nooma – qui signifie en langue mooré « qu’il est bon de travailler » – forme actuellement une quinzaine de femmes et de jeunes filles mères aux techniques du tissage et de la teinture des pagnes traditionnels.

L’initiative accompagnée par le ministère en charge de la culture entend contribuer à la valorisation du patrimoine textile burkinabè tout en offrant des perspectives d’activité génératrice de revenus aux bénéficiaires, dont certaines sont des personnes déplacées internes (PDI).

La formation porte notamment sur l’association des couleurs primaires, la teinture des fils, la création de motifs, l’utilisation du métier à tisser, l’étalage des fils, le filage sur le niré et le peigne, ainsi que le tissage assisté. Les apprenantes s’initient également à la teinture des tissus selon la technique du Koko Dunda.

Selon la présidente de l’association, Mme Augustine Kaboré, cette activité s’inscrit dans la continuité des actions sociales menées par la structure depuis plusieurs années. « Dans notre association Toum Nooma, nous faisons du tissage, de la teinture, du soumbala. L’association compte plus de 40 membres », a-t-elle indiqué.

Mme Kaboré a confié avoir découvert le tissage très jeune après son retrait de l’école. « J’ai été vite déscolarisée et mon père m’a emmenée chez les sœurs religieuses où j’ai appris le tissage à l’âge d’environ 15 ans. Ce travail m’a été très bénéfique. Mon mari est décédé et c’est grâce au fruit de mon travail que j’ai pu payer la scolarité de mes enfants et prendre soin d’eux », a-t-elle témoigné.

Selon elle, c’est la première fois que l’association bénéficie d’un appui pour organiser une formation de ce type.
« Je remercie la direction provinciale en charge de la culture dont l’accompagnement nous a permis de bénéficier de cet appui financier », a-t-elle ajouté.

Mme Kaboré souligne que l’engouement autour de la formation dépasse les prévisions initiales. « Dans le cadre de ce projet, nous devrions former 15 personnes mais quand nous avons commencé, les femmes viennent massivement pour suivre », a-t-elle relevé.

Malgré cet intérêt, la responsable évoque certaines contraintes, notamment l’insuffisance de métiers à tisser et le manque de ressources pour la restauration et l’acquisition de matières premières.

« Nous avons besoin d’un accompagnement pour acquérir les métiers à tisser, les tissus, la teinture et les fils pour permettre aux apprenants de beaucoup manipuler », a-t-elle expliqué.
Pour les bénéficiaires, cette formation représente une opportunité d’apprentissage et d’autonomie.

Une apprenante, Mme Marie Sawadogo, a exprimé sa satisfaction de prendre part à la formation. « C’est un métier qui nourrit son homme », a-t-elle affirmé, saluant l’écoute et le professionnalisme de la formatrice.

Une autre participante, Mme Téné Natacha Kaboré, dit avoir choisi cette voie faute d’emploi. « J’ai quitté l’école mais je n’ai pas de travail. C’est pourquoi j’ai décidé d’apprendre à tisser et à faire la teinture pour subvenir à mes besoins », a-t-elle déclaré.
Elle a également plaidé pour un soutien en matériel afin de permettre aux apprenantes de s’installer à leur propre compte.
En visite dans l’atelier de formation, la directrice provinciale de la culture, des arts et du tourisme du Ganzourgou, Mme Sié Boro, s’est réjouie de l’initiative. Elle a salué l’engagement de la responsable de l’association ainsi que la mobilisation des apprenantes et les a invitées à s’investir pleinement afin de bien assimiler les modules dispensés.

Créée en 1984 sous l’appellation Namaneg-b-zanga, l’association a adopté en 2024 le nom de Toum Nooma en raison de la diversification de ses activités. La structure affirme avoir déjà accompagné environ 700 personnes, notamment des veuves, des orphelins et des femmes en situation de vulnérabilité dans la province du Ganzourgou.

À Zorgho, dans ce mois de mars consacré à la femme, les fils de coton et les bains de teinture racontent ainsi une histoire simple : apprendre un métier, transmettre un savoir et tenter de gagner sa vie par le travail.

Agence d’information du Burkina
MS-dnk

ARTICLES RECENTS

Articles Similaires