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Burkina/Santé publique : Le Pr Smaila Ouédraogo éclaire le rôle stratégique de l’épidémiologie

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Burkina/Santé publique : Le Pr Smaila Ouédraogo éclaire le rôle stratégique de l’épidémiologie

Ouagadougou, 11 fév. 2026 (AIB)-L’épidémiologie joue un rôle central dans la prévention et la lutte contre les maladies au Burkina Faso. Dans cet entretien accordé à l’AIB, le spécialiste en épidémiologie, Pr Smaila Ouédraogo, explique l’importance de cette discipline pour la santé des populations, analyse les principales menaces sanitaires actuelles et évoque l’évolution des maladies observée ces dernières années dans le pays.

Agence d’information du Burkina (AIB) : Qu’est-ce que l’épidémiologie et à quoi sert-elle pour la santé des populations ?
Pr Smaila Ouédraogo : L’épidémiologie est la science qui permet de comprendre pourquoi, où, quand et comment les personnes tombent malades.
Elle aide les décideurs à anticiper les épidémies, à identifier les personnes les plus à risque de certaines maladies, à proposer des solutions adaptées, à les mettre en œuvre et à évaluer leur efficacité.

Ainsi, elle constitue un outil essentiel pour la prévention des maladies et la promotion de la santé.
AIB : Pourquoi ce domaine est-il particulièrement important pour un pays comme le Burkina Faso ?

Pr Smaila Ouédraogo : Au Burkina Faso, l’épidémiologie est indispensable, comme dans de nombreux pays. Elle permet de comprendre pourquoi les gens tombent malades, qui est touché, où et comment les maladies apparaissent, afin d’apporter des réponses adaptées.
Dans un contexte marqué par de grands défis et des ressources limitées, elle aide à prioriser les problèmes de santé les plus importants, notamment ceux qui affectent le plus les populations et le développement.

Elle permet aussi de proposer des solutions, de les mettre en œuvre et de les évaluer pour identifier les plus efficaces.
En résumé, l’épidémiologie aide à obtenir le maximum de résultats dans la lutte contre les maladies et la promotion de la santé, avec le minimum de ressources.
AIB : Quelles sont aujourd’hui les principales maladies ou menaces sanitaires dans le pays ?
Pr Smaila Ouédraogo : Les maladies peuvent être classées en deux grands groupes : Les maladies infectieuses ou transmissibles qui sont des maladies qui se transmettent d’une personne à une autre, ou d’un animal à l’homme. Elles restent encore très présentes dans nos pays. Exemples : paludisme, dengue, méningite, tuberculose, VIH.
Les maladies non transmissibles, autrefois appelées maladies chroniques : Elles connaissent une forte augmentation qui incluent par exemple l’hypertension, le diabète, les maladies cardiovasculaires, le cancer ou certaines maladies rénales.
Autrefois considérées comme touchant surtout les personnes âgées avec d’autres problèmes de santé, elles apparaissent maintenant aussi chez des populations plus jeunes, montrant un changement important sur le plan épidémiologique.

AIB : Avez-vous constaté des changements dans les types de maladies ces dernières années ?
Pr Smaila Ouédraogo : Il y a actuellement des changements importants dans le profil des maladies, tant pour les maladies infectieuses que non transmissibles.

Pour les maladies infectieuses, on observe la réémergence de maladies anciennes et l’apparition de nouvelles, comme le Covid-19.
Les contacts croissants entre l’homme et la nature favorisent l’émergence de nouveaux germes. Même pour des maladies connues, comme la dengue, des épidémies récentes (2016, 2023) ont montré une forte gravité et une mortalité élevée.

Pour les maladies non transmissibles, on constate que des maladies auparavant rares chez les jeunes deviennent plus fréquentes.
Par exemple, des AVC, des cancers ou des insuffisances rénales chroniques touchent désormais des personnes beaucoup plus jeunes que ce qui était attendu selon les connaissances classiques.

Ces changements impliquent de revoir les paradigmes de prévention et de prise en charge, car la rapidité d’intervention est essentielle, notamment pour des maladies comme les AVC, où l’âge ne doit plus être considéré comme seul facteur de risque.

Agence d’information du Burkina
HB/BBP/OO

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