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vendredi, 20 mars 2026
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Sanguié : le lycée provincial de Réo célèbre la journée des métiers pour booster l’entrepreneuriat des jeunes

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Sanguié : La direction provinciale célèbre la journée des métiers pour booster l’entrepreneuriat des jeunes

Réo, 2 mars 2026 (AIB) – Le lycée provincial de Réo a abrité, le samedi 28 février, la journée des métiers de la province du Sanguié pour booster l’entrepreneuriat des jeunes, a constaté l’AIB.

Placée sous l’égide du ministère de l’Enseignement secondaire, de la Formation professionnelle et technique, cette manifestation vise à concrétiser la vision du président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, en alliant théorie académique et compétences pratiques pour l’insertion professionnelle des jeunes.

La cuvette du lycée provincial de Réo a refusé du monde ce samedi 28 février 2026. Autorités administratives, acteurs du monde éducatif, parents d’élèves et apprenants se sont mobilisés pour la « Journée des métiers », une initiative qui s’inscrit dans la dynamique de transformation du système éducatif burkinabè.

Représentant le ministre de tutelle, le Pr Moumouni Zoungrana, le conseiller technique Barthelémy Badiel, a rappelé que cette activité répond scrupuleusement aux orientations du chef de l’État. Selon lui, l’école ne doit plus seulement produire des diplômés, mais des citoyens capables de transformer leur environnement par le savoir-faire.

« Il s’agit de travailler à ce que le système éducatif évolue, afin que les élèves, en plus d’obtenir des diplômes, puissent acquérir des compétences pratiques », a-t-il déclaré.

Cette approche, initiée officiellement à Dédougou en 2025, se généralise désormais dans toutes les provinces du pays. Elle consiste à introduire progressivement les élèves aux réalités professionnelles. Pour M. Badiel, il est impératif de briser la barrière entre l’enseignement général et les métiers manuels : « il faut leur faire comprendre qu’au-delà des cours, il est indispensable d’apprendre un métier ».

Dans la province du Sanguié, cette vision est portée par la directrice provinciale de l’enseignement secondaire, Mme Grâce Guingané. Elle a insisté sur la nécessité d’une prise de conscience collective, incluant les parents. « Comme l’a dit notre président, chaque élève qui quitte le système éducatif doit pouvoir apprendre et pratiquer un métier », a-t-elle martelé, précisant que cette journée est une vitrine de sensibilisation grandeur nature.

Le public a pu toucher du doigt le génie créateur des élèves à travers une exposition riche et variée. Des stands présentaient du savon liquide et en poudre, des pagnes tissés, du miel, ainsi que des produits issus de l’élevage, de l’agriculture hors-sol et des démonstrations en techniques de construction.

L’un des moments forts a été la démonstration de Drabo Aina Faizatou, élève au CEG de Réo, sur la fabrication du « Kokodonda », un pagne traditionnel très prisé. Avec une maîtrise déconcertante, elle a expliqué le processus : mouillage du pagne, pliage, application du « gommi », dosage des couleurs et temps de séchage. « Après le séchage, nous avons notre kokodonda », a-t-elle lancé sous les applaudissements.

Pour galvaniser cette jeunesse, le parrain de la cérémonie, Désiré Marie Yameogo, a partagé son parcours inspirant. Ancien enseignant, il a quitté la craie pour l’apiculture. Aujourd’hui, son entreprise emploie 103 personnes et encadre près de 7 000 apiculteurs. « Avec l’intellect, il faut savoir utiliser ses dix doigts », a-t-il conseillé, invitant les élèves à croire en leur potentiel productif.

Toutefois, le chemin vers l’émergence comporte des défis. Le directeur technique du centre de formation aux métiers, M. Balibié Théodore Bado, a profité de l’occasion pour soulever des contraintes structurelles. Il a notamment évoqué des curriculums parfois incomplets et les barrières d’accès pour les professionnels n’ayant pas le niveau CM2. « Nous avons interpellé le ministère pour que ces préoccupations soient prises en compte afin de valoriser tous les talents », a-t-il souligné.

Le message final du ministre, porté par le Haut-Commissaire du Sanguié, Mme Talari Germaine Ouoba, a réaffirmé que la formation technique est le cœur du développement socio-économique du « Burkina Nouveau ». Le gouvernement ambitionne, par ce levier, de réduire drastiquement le chômage et d’atteindre l’autosuffisance nationale.

En clôturant les travaux, Barthélémy Badiel a exhorté chaque établissement de la province à pérenniser cette dynamique pour que l’école burkinabè devienne, enfin, le moteur d’un développement humain intégral.

Agence d’Information du Burkina
FGB/AS/ATA

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