33.1 C
Ouagadougou
dimanche, 1 mars 2026
spot_img

African Cancer Genome Registries : Dr Abdou Azaque Zouré plaide pour réduire la disparité génomique en Afrique

BURKINA-SANTE-RECHERCHE-ENTRETIEN

African Cancer Genome Registries : Dr Abdou Azaque Zouré plaide pour réduire la disparité génomique en Afrique

Ouagadougou, 1er mars 2026 (AIB)- Dans un entretien accordé à l’AIB, le maître de recherche en génétique, biologie moléculaire et génomique à l’Institut de recherche en santé du CNRST, Dr Abdou Azaque Zouré, met en lumière les objectifs du projet African Cancer Genome Registries (ACGR) et insiste sur l’importance du diagnostic précoce, de la médecine personnalisée et d’un soutien financier renforcé pour améliorer la lutte contre le cancer sur le continent.

Agence d’information du Burkina (AIB) : Quels sont les principaux objectifs du projet African Cancer Genome Registries (ACGR)?

Dr Abdou Azaque Zouré : Le projet ACGR vise à réduire la disparité des données génomiques entre les populations noires et les autres populations mondiales. Il inclut des populations d’Afrique subsaharienne, des Caraïbes et d’Amérique, avec la participation du Burkina Faso. Je salue le travail collectif de l’équipe, composée de cliniciens, oncologues, urologues et anatomopathologistes, qui contribue à collecter des données représentatives de nos populations.

Ce projet permet de réduire les écarts dans les traitements entre populations noires et autres populations et de renforcer les capacités locales pour répondre aux besoins spécifiques de nos populations.

AIB : Comment vos recherches peuvent-elles aider à détecter plus tôt le cancer au Burkina ?

Dr Abdou Azaque Zouré : Le principal défi reste la détection précoce du cancer. Nos travaux permettent d’obtenir des données génomiques réelles pour proposer des tests de diagnostic adaptés. Par exemple, le gêne BRCA peut être séquencé dans d’autres populations pour identifier des pathologies potentielles. Nous avons encore du retard à ce niveau, mais nos recherches permettront de fournir à la population des outils de diagnostic précoce et de prévention.

Récemment, nous avons mené une étude sur le cancer de la prostate utilisant les miRNA circulant dans le sang, une méthode non invasive prometteuse qui pourrait remplacer certaines techniques actuellement utilisées.

AIB : Qu’est-ce que le gêne BRCA ?
Dr Abdou Azaque Zouré : Le gêne BRCA fait partie du génome humain et est impliqué dans le cancer du sein.
Lorsqu’il est intact, il protège la cellule contre les modifications, c’est un gène suppresseur. Lorsqu’il est altéré, la cellule se divise de manière anarchique et peut développer un cancer.

Certaines femmes porteuses de cette mutation ont une probabilité de développer la maladie et de la transmettre à leur descendance. Ces mécanismes peuvent être mieux compris grâce à nos recherches.

AIB : La génomique peut-elle proposer des traitements personnalisés ?
Dr Abdou Azaque Zouré : Oui. La génomique permet de connaître le profil génétique de chaque individu et de proposer des traitements adaptés à chaque patient.

Chaque cancer est spécifique au génome de la personne. Nos données peuvent aider les cliniciens à personnaliser la prise en charge. Dès que nos données seront disponibles, elles permettront d’adapter ces traitements à nos populations.

AIB : Quels sont les obstacles à la recherche en génomique en Afrique?
Dr Abdou Azaque Zouré : Les obstacles incluent le coût élevé des analyses et la vision limitée de la recherche scientifique.
Par exemple, la thèse sur le gène BRCA est réalisable, mais reste coûteuse. Nos travaux sont possibles grâce aux collaborations internationales et à la formation de personnel qualifié, renforcée après la période COVID. Le plateau technique s’est amélioré et nous espérons produire davantage de données génomiques.

AIB : Pourquoi former des chercheurs africains et développer des laboratoires locaux ?

Dr Abdou Azaque Zouré : Il est essentiel de disposer de nos propres données pour prendre des décisions de manière autonome et assurer la souveraineté scientifique.

Cela nécessite des chercheurs formés et un plateau technique performant. Ces bases de données permettront de développer des tests de diagnostic précoce, des outils de pronostic et des traitements adaptés à nos populations, notamment dans l’industrie pharmaceutique.

AIB : Quel message aux autorités et partenaires ?

Dr Abdou Azaque Zouré : Il est crucial de soutenir la recherche génomique à travers un financement accru et des infrastructures adaptées pour améliorer la prise en charge des cancers en Afrique et garantir une souveraineté scientifique effective.

Agence d’information du Burkina
HB/BBP/OO

ARTICLES RECENTS

Articles Similaires