Burkina/Bittou-Agriculture
Zékézé : Un producteur défie les idées reçues et mise sur le palmier à huile
Bittou, 24 fév. 2026 (AIB) – À Zékézé, village riverain du fleuve Nakambé dans la commune de Bittou, province du Boulgou, un producteur expérimenté a entrepris une culture peu commune au Burkina Faso : le palmier à huile, une spéculation souvent jugée inadaptée aux conditions climatiques du pays.
Maraîcher et arboriculteur, Emmanuel D’Ambre a déjà mis en terre une cinquantaine de pieds de palmiers à huile sur une portion de son champ, où il cultive également le piment et d’autres cultures vivrières. Installé à Zékézé depuis plusieurs décennies, il affirme s’être lancé dans l’arboriculture dès 1994.
Son parcours agricole a été marqué par l’ouverture des vannes du barrage de Bagré, qui avait détruit les champs de bananiers du village. Bien qu’il n’ait pas été directement touché, M. D’Ambre décide alors de se rendre en Côte d’Ivoire afin de renforcer ses connaissances en arboriculture.
« C’est là-bas que je me suis formé sur les techniques de culture, notamment du palmier à huile », a-t-il indiqué.
Fort de cette expérience acquise dans un pays reconnu pour sa production de palmier à huile, le producteur a choisi d’expérimenter cette culture sur ses terres bordant le Nakambé. Selon lui, les résultats sont encourageants.
« Le palmier à huile est rentable. Même les feuilles sont utilisées pour le balayage. Je récolte environ une tonne par an », a-t-il confié.
Pour l’instant, la production est essentiellement destinée à la consommation familiale et au partage avec les voisins, en attendant un accroissement des capacités de production. Le producteur précise que le palmier à huile commence à produire au bout de trois ans, un délai qu’il juge acceptable au regard du rendement obtenu.
Malgré les difficultés liées au manque de moyens financiers pour étendre sa plantation, Emmanuel D’Ambre poursuit son projet avec détermination. Convaincu du potentiel de cette culture, il invite les autorités à s’y intéresser davantage et exhorte les autres producteurs à lui emboîter le pas.
« Si nous nous engageons, le Burkina Faso peut devenir un pays producteur de palmier à huile », a-t-il soutenu, se disant résolu à transformer ce pari audacieux en opportunité pour sa commune et pour le pays.
Agence d’information du Burkina
SK-dnk


