Le Carême c’est se rapprocher de Dieu et de son prochain et non uniquement perdre des kilos, Abbé Odilon Kabré
Ouagadougou, 25 févr. 2026 (AIB)-Le vicaire de la Cathédrale de l’Immaculée Conception de Ouagadougou, l’abbé Odilon Kabré, a expliqué, lors d’une interview accordée à l’Agence d’information du Burkina, le sens, les pratiques et l’importance spirituelle du Carême dans la vie chrétienne. Il a souligné que ce temps est un moment de conversion intérieure pour le chrétien et qu’il doit, vécu parallèlement au Ramadan musulman, contribuer au renforcement de la cohésion sociale et de la paix au Burkina Faso.
Selon l’abbé Kabré, le Carême est une période de 40 jours de préparation spirituelle, de pénitence, de prière et de charité, afin de se convertir et de revenir au Seigneur en abandonnant le péché.
De ses explications, cette période trouve son fondement dans la Bible et renvoie aux 40 jours passés par Jésus au désert avant le début de son ministère public.
L’abbé Odilon Kabré a ajouté que dans les Écritures, le chiffre 40 symbolise l’épreuve, la purification et la préparation, à l’image des 40 années passées au désert par le peuple d’Israël avant d’entrer dans la terre promise, des 40 jours de Moïse au mont Sinaï pour recevoir les Tables de la Loi ou encore des 40 jours du Déluge, considéré comme une nouvelle récréation.
À la suite du Christ, dit-il l’Église célèbre ce temps symbolique comme un moment de dépouillement intérieur, permettant au chrétien de se libérer de ce qui l’éloigne de Dieu et de se préparer à célébrer Pâques avec un cœur purifié.
« Le maître mot du Carême, c’est la conversion », a-t-il affirmé l’abbé Kabré. Pour le prêtre, il ne s’agit pas d’accomplir des pratiques extérieures sans changement intérieur, mais de se dépouiller de tout ce qui éloigne de Dieu afin de se rapprocher davantage de Lui.
Le chrétien est ainsi appelé à examiner sa vie, à abandonner le péché et à renforcer sa relation avec le Seigneur et avec son prochain.
L’abbé Odilon Kabré a indiqué que cette conversion repose sur les trois piliers ou « trois P » que l’Église recommande notamment la prière, la pénitence et le partage.
La prière, a-t-il précisé, ne se limite pas à la récitation de formules, mais constitue une relation d’intimité avec le Seigneur capable de transformer l’être intérieur.
La pénitence peut se traduire par le jeûne, l’abstinence ou le renoncement à certains plaisirs, permettant de sortir de sa zone de confort et de grandir spirituellement, selon le Vicaire.
Pour lui, le partage ou l’aumône invite à poser des gestes concrets de solidarité envers les personnes vulnérables en mettant au service des autres les efforts consentis à travers les privations.
Selon l’abbé Kabré, le véritable fruit du Carême se mesure à la qualité de la relation avec Dieu et avec autrui. « À la fin du Carême, ce qui compte pour le chrétien, ce n’est pas de dire, j’ai perdu tant de kilos, mais plutôt, j’ai grandi dans ma relation avec le Seigneur et avec mon prochain », a-t-il affirmé. Bien vécu, ce temps conduit à un renouveau intérieur et prépare le chrétien à célébrer Pâques dans la joie de la résurrection, a précisé l’abbé Odilon Kabré.
Dans le contexte burkinabè marqué par une crise sécuritaire, le prêtre a estimé que cette conversion personnelle peut avoir un impact collectif et favoriser la paix.
« Si nous voyons les autres comme des frères et sœurs et non comme des adversaires, les tensions diminueront », a-t-il soutenu, appelant à devenir des artisans de paix dans les familles et les communautés.
Évoquant la concomitance du Carême et du Ramadan, l’abbé Kabré a indiqué que ces deux communautés, catholique et musulmane poursuivent un même objectif à savoir se rapprocher de Dieu et traduire la foi en actes concrets d’amour et de miséricorde.
Il a expliqué que Mohamed a enseigné l’amour et la soumission à Allah. Celui qui est soumis à Allah respecte ses lois, lesquelles appellent à vivre en frère avec autrui. Allah est miséricordieux, et le fidèle musulman est appelé à marcher dans cette miséricorde. Cette bienveillance ne s’applique pas seulement à ses frères et sœurs musulmans, mais à toutes les personnes.
De la même manière, dans la foi catholique, le prochain n’est pas seulement le frère catholique, mais toute personne rencontrée, a-t-il précisé.
Le prêtre a ainsi soutenu que les deux communautés, en vivant pleinement leur foi et en mettant en pratique l’amour et la miséricorde, peuvent renforcer la cohésion sociale et le vivre ensemble au Burkina Faso.
L’abbé Odilon Kabré a encouragé chacun à profiter de ce temps pour être transformé intérieurement et contribuer à bâtir des communautés harmonieuses.
Il a également souhaité un bon Carême aux catholiques et un bon Ramadan aux musulmans, soulignant que ces efforts rapprochent chacun de Dieu et du prochain, pour vivre pleinement en fraternité et œuvrer à un monde meilleur.
Agence d’information du Burkina
BAK/ata


