𝐙𝐢𝐧𝐢𝐚𝐫𝐞́ : 𝐐𝐮𝐚𝐧𝐝 𝐥𝐚 𝐩𝐫𝐞́𝐯𝐞𝐧𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐩𝐫𝐞́𝐜𝐞̀𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐬𝐚𝐧𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧 : 𝐢𝐦𝐦𝐞𝐫𝐬𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐮𝐧𝐞 𝐬𝐞𝐧𝐬𝐢𝐛𝐢𝐥𝐢𝐬𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐚𝐮 𝐩𝐨𝐫𝐭 𝐝𝐮 𝐜𝐚𝐬𝐪𝐮𝐞 (𝐑𝐞𝐩𝐨𝐫𝐭𝐚𝐠𝐞)
𝑷𝒂𝒓 𝑨𝒍𝒂𝒔𝒔𝒂𝒏𝒆 𝑶𝑼𝑬𝑫𝑹𝑨𝑶𝑮𝑶
Ziniaré, 19 janvier 2026 (AIB)-Lundi aux feux tricolores de Zagbega, à Ziniaré, la police nationale a troqué le sifflet de la sanction contre la pédagogie. Le temps d’une matinée, des motocyclistes ont été interpellés non pour payer des amendes, mais pour être sensibilisés à une réalité implacable : sans casque, le trajet le plus court peut devenir un drame. Immersion dans une opération où pour l’instant prévenir vaut mieux que sévir.
Le soleil commence déjà à chauffer le goudron. Aux feux tricolores de Zagbega, à l’entrée sud de Ziniaré, les motos passent en continu, les moteurs vrombissent et la poussière flotte dans l’air. Il est 9 h 25mn ce lundi 19 janvier 2026, lorsqu’un pick-up de la police nationale se gare sur le bas-côté de la RN3.
Des policiers et des Volontaires adjoints de sécurité (VADS) descendent rapidement du véhicule. Ils ajustent leurs gilets et prennent position. Pendant ce temps, l’un d’eux installe les carnets sur le capot du pick-up. L’opération de contrôle et de sensibilisation au port du casque peut commencer.

De part et d’autre de l’axe, les policiers se positionnent. Au milieu de la chaussée, certains arrêtent les motocyclistes, tandis que d’autres leur indiquent calmement où se garer.
Les motos s’alignent peu à peu, formant une longue file. Les agents se montrent concentrés et respectueux : pas de cris, pas de menaces. Les consignes sont claires : interpeller, enregistrer et sensibiliser.

Le soleil poursuit sa lente ascension, baignant les usagers d’une forte luminosité. Les carnets se remplissent de noms et d’informations, tandis que la file des personnes interpellées s’allonge. Sur les visages se lisent l’inquiétude, l’étonnement, mais aussi la patience.
Beaucoup d’usagers ne s’attendaient pas à ce contrôle. Certains avancent des excuses : oubli, précipitation, casque prêté à quelqu’un.
L’un des interpellés, Tenwendé Consimbo, lance : « Si je porte le casque, ça me fait somnoler. »
À cette réponse, l’agent en face sourit, évitant toute polémique. Visiblement, c’est le mot d’ordre donné.

Hermann Djimido, aide-maçon à Ziniaré, possédait un casque mais ne le portait pas. Au début, il discute longuement mais fini par accepter difficilement l’interpellation.
À quelques mètres, Moustapha Zoungrana enlève sa casquette en signe de respect. Les mains jointes, il explique d’un ton humble :
« Mon frère a eu un accident et il est à l’hôpital. Dans la précipitation, j’ai oublié mon casque. Aidez-moi, s’il vous plaît. »
Ibrahim, quant à lui, donne une autre explication : « Quelqu’un avait emprunté ma moto et a laissé le casque sous la selle. Pressé d’aller à l’hôpital, je n’y ai plus pensé. »
Autour d’eux, la file continue de s’allonger. Certains usagers croisent les bras et observent les agents. On ressent un mélange de stress, de résignation et parfois de compréhension.
𝐔𝐧𝐞 𝐬𝐞́𝐚𝐧𝐜𝐞 𝐝𝐞 𝐬𝐞𝐧𝐬𝐢𝐛𝐢𝐥𝐢𝐬𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐛𝐢𝐞𝐧 𝐬𝐮𝐢𝐯𝐢𝐞
À 10 h 50 mn, l’opération prend fin. Plus d’une centaine de motocyclistes ont été interpellés. Tous sont rassemblés autour du lieutenant de police Norbert Kambou pour une séance de sensibilisation.
Face à la foule, il explique que cette opération répond aux instructions du ministère de la Sécurité.
Pour toucher les consciences, il avance des chiffres inquiétants : en 2025, plus de 375 accidents ont été enregistrés par le commissariat de Ziniaré, faisant 341 blessés, dont 173 cas graves et 13 décès.
« Ces décès sont principalement causés par des traumatismes crâniens », précise-t-il.
Des photos d’accidents graves sont alors montrées à l’assistance. Certains détournent le regard, d’autres restent silencieux. L’émotion est palpable, le message passe.

Après la sensibilisation, les motos sont restituées à leurs propriétaires. Toutefois, le lieutenant Kambou avertit : après cette phase de pédagogie, la police passera à la répression pour les récidivistes.
Dans la foule, les réactions évoluent. Ibrahim Zoungrana reconnaît :
« La police a fait un bon travail. Le casque doit être porté, pas laissé ailleurs. »
Hermann Djimido ajoute : « Le casque est très important. »
Plus qu’un simple contrôle, cette opération rappelle que derrière chaque casque se cache une vie à protéger, une famille à préserver et un Burkina Faso à construire.
𝐀𝐠𝐞𝐧𝐜𝐞 𝐝’𝐈𝐧𝐟𝐨𝐫𝐦𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐮 𝐁𝐮𝐫𝐤𝐢𝐧𝐚
𝐋𝐂/𝐚𝐭𝐚



