Burkina : l’ex-députée Viviane Compaoré assassinée par un proche revanchard (Procureur)
Ouagadougou, 19 janv. 2026 (AIB)-L’ex-députée Viviane Compaoré a été assassinée par un jeune homme de 26 ans, membre de sa famille élargie, qui lui reprochait d’être à la base de son licenciement en tant qu’apprenti chauffeur, ainsi que d’une longue liste de calomnies étalées sur plusieurs années, selon les aveux du suspect rapportés lundi par le Procureur du Faso près le Tribunal de grande instance (TGI) de Ouaga II Prosper Thiombiano.
Selon la déclaration liminaire du procureur, l’assassin présumé de l’ex-députée Viviane Compaoré est son neveu, Bougma Wendpanga Yannick. Au moment de son interpellation à la gare STAF de Gounghin, le mis en cause se trouvait sous l’emprise manifeste de stupéfiants. Après dégrisement, il s’est montré hésitant avant de passer aux aveux.
Il a déclaré aux enquêteurs s’être rendu au domicile de la victime le samedi 10 janvier 2026, aux environs de 3 heures du matin, après avoir escaladé le mur de la concession. Il s’est ensuite dissimulé à l’intérieur pour attendre l’arrivée de la fille de ménage et l’ouverture des portes afin de s’introduire dans le bâtiment.
Il affirme avoir attendu le départ de la fille de ménage et le retour de la victime après la prière du matin pour commettre son forfait.
Poursuivant sa narration, le Procureur a indiqué avoir surpris la victime dans sa chambre et l’avoir maîtrisée à l’aide d’une clé d’étranglement, qu’il qualifie de « cadenas », l’empêchant ainsi d’alerter le voisinage.
L’agresseur dit s’être adressé à la victime en ces termes alors qu’il l’étranglait : « Tu es à la base de ma misère et de ma souffrance. Aujourd’hui, c’est la fin d’une longue époque qui a gâché ma vie par tes mensonges ayant occasionné mon licenciement ».
Il soutient s’être retiré des lieux avant de revenir pour s’assurer du décès de la victime, en utilisant un petit couteau trouvé dans les toilettes attenantes à la chambre. Il l’aurait d’abord poignardée au cou avant de l’égorger afin de s’assurer que la mort était effective.
Bougma Wendpanga Yannick a également déclaré qu’après son forfait, il s’est rendu dans la chambre du fils de la victime pour se changer, utilisant des vêtements appartenant à ce dernier, notamment un survêtement complet à manches courtes de couleur verte, afin de quitter les lieux.
Dans la précipitation, il a oublié sa propre chemise dans ladite chambre, mais a pu emporter son pantalon.
De retour à la gare STAF, il s’est à nouveau changé, abandonnant les habits qu’il avait pris sur le lieu du crime. Il a aussi reconnu avoir emporté trois téléphones portables, une tablette, une somme de 50 000 francs CFA ainsi qu’un sac à main de couleur bleue appartenant à la victime.
S’agissant du mobile du crime, Bougma Wendpanga Yannick a expliqué que la victime serait à l’origine de son congédiement alors qu’il était employé comme apprenti chauffeur dans une société de transport, quelques mois auparavant.
Il convient de noter que le père de Bougma Wendpanga Yannick est le neveu de la victime, la grand-mère paternelle du suspect étant sa sœur utérine.
Le mis en cause affirme également avoir subi à plusieurs reprises des dénigrements et des calomnies de la part de la victime. Il dit avoir été traumatisé par des menaces et des accusations de vol et de délinquance formulées à son encontre par cette dernière.
Par ailleurs, il a déclaré être en conflit avec la famille de la défunte depuis son enfance.
Pour corroborer les mobiles de son crime, il a cité notamment son interpellation et sa détention par un groupe d’auto-défense communément appelé Koglweogo de Goudrin, à Ouagadougou, pour des accusations de vol et de délinquance dans la cour de la victime en 2023, affirmant y avoir été détenu pendant plusieurs jours sous l’influence de cette dernière.
Il a également évoqué son interpellation et sa détention à la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou pour des accusations de vol à la gare d’une société de transport, indiquant avoir été acquitté par le Tribunal de grande instance de Ouagadougou en 2022.
Il a enfin mentionné la convocation de son père, Bougma Pierre, depuis Kongoussi par la victime, pour des faits qu’il qualifie de calomnies et de dénigrements ayant terni l’image de ce dernier.
À ce stade de l’enquête, les objets suivants ont été saisis en possession de Bougma Wendpanga Yannick lors de son interpellation et constituent autant d’indices corroborant ses aveux : un téléphone Android de marque Motorola, deux téléphones Android de marque Samsung, une tablette de marque ONN et un sac à main de couleur bleue. Tous ces objets appartiennent à la victime.
Par ailleurs, le vêtement du mis en cause de couleur noir et blanc, abandonné sur les lieux dans la chambre du fils de la défunte au moment des faits, a été identifié et retrouvé grâce aux indications fournies par celui-ci.
Le Procureur du Faso près le Tribunal de grande instance Ouaga II, Lafama Prosper Thiombiano, a salué l’engagement et la détermination des enquêteurs à faire toute la lumière sur cet assassinat odieux. Il a également félicité la franche collaboration des populations, qui œuvrent inlassablement aux côtés de la Police nationale pour combattre l’insécurité urbaine sous toutes ses formes.
Agence d’Information du Burkina
NAK/yos



