Ganzourgou : le Cinéma numérique ambulant Burkina au plus près des populations
Zorgho, 16 janv. 2026(AIB)-Dans la nuit du 15 janvier 2026, la place publique du village de Tuiré, commune de Zorgho, s’est transformée en salle de cinéma à ciel ouvert. Les populations ont suivi la projection du film Femme de feu du réalisateur burkinabè Inoussa Kaboré. La séance s’inscrivait dans le cadre des activités décentralisées du Cinéma numérique ambulant (CNA) Burkina dans la province du Ganzourgou.
Depuis décembre 2025, les équipes du CNA Burkina sillonnent plusieurs communes et villages de la province. Six localités ont déjà accueilli les projections. Chaque soir, un programme différent est proposé : longs métrages africains, courts métrages d’élèves et productions du CNA.
Au total, plus de 2 500 personnes ont pris part aux séances.
L’animatrice et coordonnatrice terrain du CNA Burkina, Mme Valérie Agathe Ouédraogo, a indiqué que les résultats sont jugés satisfaisants.
« Malgré le contexte sécuritaire, la mobilisation a été forte. Nous ne nous attendions pas à un tel engouement », a-t-elle déclaré.
Elle a précisé que les projections se sont déroulées sur cinq jours par localité.
« Les populations participent et donnent aussi leur avis sur les films. Cela nous aide à améliorer les programmations, notamment sur la question des langues », a-t-elle expliqué.
Les projections ont été accompagnées d’échanges avec les publics. Les thèmes abordés ont porté sur la citoyenneté, la paix, l’environnement, le vivre-ensemble et les valeurs culturelles. Les séances ont réuni jeunes, adultes et personnes âgées autour d’un même écran.
« Les films projetés ont été très bénéfiques pour nous. Nous souhaiterions que cela s’étale au moins sur dix jours », a confié un habitant du village, Donatien Kaboré, qui a remercié le CNA Burkina pour cette initiative.
La directrice provinciale de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme du Ganzourgou, Mme Sié Boro, a salué l’initiative.
« Les projections ont connu un succès culturel et social. Elles ont suscité un fort engouement, surtout chez les jeunes », a-t-elle affirmé.
Selon elle, les séances ont servi de cadres d’échanges intergénérationnels et ont contribué au renforcement de la cohésion sociale.
« Ces actions doivent être multipliées et élargies à d’autres villages pour donner le goût du cinéma à la jeune génération », a-t-elle ajouté.
Au-delà du divertissement, les activités du CNA s’inscrivent dans une démarche plus large.
Créé en 2008 et basé à Ouagadougou, le Cinéma numérique ambulant Afrique est un réseau associatif présent dans dix pays. Il œuvre pour la diffusion du cinéma africain auprès des populations rurales et des quartiers périphériques, souvent éloignés des salles de cinéma.
Le CNA organise des projections en plein air, suivies de débats et d’actions de sensibilisation.
Agence d’information du Burkina
MS/ata



