7e Forum médiatique Chine-Afrique : le Burkina Faso veut faire des contenus culturels un « pont » entre les peuples
Pékin, 20 août 2026 (AIB)- Le Burkina Faso a appelé jeudi à faire de l’innovation dans les contenus médiatiques et culturels un véritable levier de rapprochement entre les peuples chinois et africains, au 7e Forum sur la coopération des médias sino-africains prévu du 19 au 21 août 2026 à Pékin en Chine.
Placée sous le thème »Partager de nouvelles opportunités de développement, bâtir conjointement un nouvel avenir audiovisuel », il met en avant trois axes prioritaires : la radio, la télévision et l’audiovisuel au service des échanges humains, au renforcement du développement économique et commercial et à la stimulation des interactions entre les jeunes.
La session thématique à laquelle le ministre Ouédraogo a pris part est intitulée : »l’innovation en matière de contenus au service du rapprochement entre les peuples et de la coopération culturelle »
« Comment faire de nos contenus un véritable pont entre la Chine et l’Afrique ? », s’est interrogé le ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, dans son discours au sous-forum consacré à l’innovation de contenu stimulant la coopération culturelle et les échanges entre les peuples.
Pour le ministre, la révolution numérique a profondément transformé les modes de communication, de création et de diffusion culturelle. Une histoire racontée à Ouagadougou peut désormais être découverte à Beijing en quelques secondes, tandis qu’une œuvre musicale africaine peut toucher un public chinois.
Il a toutefois estimé que cette évolution technologique impose aux acteurs des médias et de la culture de produire davantage de contenus permettant aux peuples chinois et africains de mieux se connaître et de mieux se comprendre.
Le Burkina Faso souhaite notamment encourager les documentaires, films, séries, podcasts, créations musicales et productions numériques mettant en valeur les réalités quotidiennes, les identités et les expériences des peuples. Le ministre a également plaidé pour l’intégration des langues nationales africaines et du mandarin dans les productions, avec recours aux technologies de traduction et de sous-titrage.
M. Ouédraogo a surtout appelé au développement des coproductions sino-africaines afin que les Africains ne soient plus seulement consommateurs de contenus produits ailleurs, mais deviennent également producteurs de leurs propres récits.
Selon lui, le Burkina Faso dispose d’un patrimoine culturel important, d’une jeunesse talentueuse, d’un secteur audiovisuel en évolution et de plusieurs rendez-vous culturels de renommée internationale, notamment la Semaine nationale de la Culture (SNC), les Universités africaines de la Communication (UACO), le Salon international du tourisme et de l’hôtellerie de Ouagadougou (SITHO) et le FESPACO.
Le ministre a proposé de renforcer les échanges d’expertise, les formations conjointes, les résidences artistiques, les programmes universitaires, les incubateurs de projets et les laboratoires d’innovation afin de favoriser l’émergence d’une nouvelle génération de créateurs capables de s’imposer sur la scène internationale.
Il a également souligné les opportunités offertes par l’intelligence artificielle, notamment dans la traduction, le doublage, la production et la diffusion des contenus entre les différents espaces linguistiques.
« L’innovation ne doit pas uniformiser nos cultures ; elle doit permettre à chacune d’elles de mieux faire entendre sa voix », a-t-il insisté.
Pour le ministre burkinabè, l’innovation des contenus doit ainsi contribuer à déconstruire les préjugés et les représentations réductrices, tout en favorisant le dialogue entre les cultures.
« L’innovation des contenus est finalement une innovation du dialogue », a-t-il conclu, appelant à faire de chaque œuvre et de chaque histoire racontée un outil de rapprochement entre la Chine et l’Afrique, au service de la paix, de la compréhension mutuelle et de la prospérité commune.
Le forum se tient à Pékin, en marge du séminaire pour les leaders de médias africains, du 7 au 28 août 2026. Le Burkina Faso y est représenté par 23 responsables de médias et journalistes, aux côtés d’autres participants issus du Cameroun, de la Centrafrique, du Comore, de la Côte d’Ivoire, de la Mauritanie et du Sénégal.
Agence d’information du Burkina
Alban Kini depuis Beijing

