{"id":9440,"date":"2021-01-28T14:35:53","date_gmt":"2021-01-28T13:35:53","guid":{"rendered":"https:\/\/www.aib.media\/regions\/?p=9440"},"modified":"2021-01-28T14:35:53","modified_gmt":"2021-01-28T13:35:53","slug":"bobo-dioulasso-parcours-atypique-du-colonel-de-lart","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.aib.media\/regions\/2021\/01\/28\/bobo-dioulasso-parcours-atypique-du-colonel-de-lart\/","title":{"rendered":"Bobo-Dioulasso:  parcours atypique du colonel de l\u2019art"},"content":{"rendered":"<p>Bobo-Dioulasso<\/p>\n<p><strong>Parcours atypique du colonel de l\u2019art<\/strong><\/p>\n<p><strong>Handicap\u00e9 moteur depuis son bas \u00e2ge,\u00a0 Boubacar Kon\u00e9 \u00e0l\u2019\u00e9tat civil, artiste-peintre Colonel, \u00a0a transform\u00e9 son handicap \u00e0 son avantage. A <em>\u00ab\u00a0Handicap production\u00a0\u00bb<\/em>, il transmet son savoir-faire aux \u00e9tudiants et \u00e9l\u00e8ves.<\/strong><\/p>\n<p>Colonel, artiste peintre handicap moteur, Boubacar Kon\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9tat civil s\u2019int\u00e9resse \u00e0 l\u2019art depuis 20 ans. Son nom d\u2019artiste colonel le tient\u00a0 depuis sa tendre enfance. <em>\u00ab\u00a0Quand j\u2019\u00e9tais petit, pendant les jeux, j\u2019\u00e9tais toujours aux commandes,\u00a0 donc mes amis m\u2019appelais colonel\u00a0\u00bb,<\/em> explique-t-il. Une fois artiste, il a gard\u00e9 ce sobriquet. Le mardi 26 janvier 2021, il est 14h30 minutes.\u00a0 Assis dans son <em>\u00ab\u00a0modeste\u00a0\u00bb<\/em> atelier d\u00e9nomm\u00e9 <em>\u00ab\u00a0Handicap production\u00a0\u00bb<\/em> \u00e0\u00a0 Sikassosira au secteur 8 de Bobo-Dioulasso non loin du CHUSS<em>,<\/em> l\u2019artiste quadrag\u00e9naire a le c\u0153ur \u00e0 l\u2019ouvrage. Tableaux<strong>,<\/strong><strong> porte-cl\u00e9s, bracelets, et colliers sont, entre autres, les chefs-d\u2019\u0153uvres <\/strong>du Colonel de l\u2019art. D\u2019o\u00f9 viennent la passion et le talent de l\u2019artiste pour ce m\u00e9tier\u00a0?<\/p>\n<p>Tout a commenc\u00e9, selon lui,\u00a0 depuis sa tendre enfance. <em>\u00ab\u00a0Depuis tout petit j\u2019aimais dessiner, je faisais les dessins sur les cahiers de pr\u00e9sentation avec \u00e9galement de petites \u0153uvres \u00e0 la maison. A l\u2019\u00e9poque mon p\u00e8re m\u2019a inscrit \u00e0 l\u2019\u00e9cole mais j\u2019ai abandonn\u00e9 l\u2019\u00e9cole d\u00e8s la classe de CE1. J\u2019\u00e9tais au quartier \u00e0 ne rien faire\u00bb,<\/em> relate-t-il. Conscient que ce chemin ne m\u00e8ne pas \u00e0 Rome, Colonel d\u00e9cide d\u2019aller s\u2019inscrire dans un centre d\u2019apprentissage en 1996 o\u00f9 pendant trois ans, il apprend\u00a0 la soudure, la peinture et la menuiserie et bien d\u2019autres choses. A sa sortie du centre, il cherche \u00e0 s\u2019installer sous son propre compte.<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0J\u2019ai d\u00e9pos\u00e9 des demandes d\u2019aide dans des services afin d\u2019obtenir des financements\u00a0 pour ouvrir mon atelier sans un \u00e9cho favorable\u00a0\u00bb,<\/em> confie-t-il. Apr\u00e8s une ann\u00e9e et demie o\u00f9 toutes les portes lui \u00e9taient ferm\u00e9es, l\u2019artiste d\u00e9cide de se lancer dans de petits commerces, en vendant des colas, des papiers de ciment. Pour r\u00e9aliser son r\u00eave, Colonel \u00e9conomise petit \u00e0 petit son argent pour acheter la peinture, le bois et \u00e0 faire les \u0153uvres \u00e0 domicile. <em>\u00ab\u00a0Les bobolais ont commenc\u00e9 \u00e0 s\u2019y int\u00e9resser et d\u2019autres me demandaient o\u00f9 ils pouvaient me trouver s\u2019ils avaient besoin de moi\u00a0\u00bb,<\/em> raconte colonel. Petit \u00e0 petit, il a construit son atelier en 2000. L\u2019artiste peintre se d\u00e9crit comme un artiste polyvalent. <em>\u00ab\u00a0Je travaille sur le bois avec le bois, les tissus, les calebasses aussi. Je fais des boucles d\u2019oreilles, des portes clefs, tableaux et plein de choses\u00a0\u00bb<\/em>.<\/p>\n<p><strong>Environ 1250 \u0153uvres d\u00e9j\u00e0 confectionn\u00e9s<\/strong><\/p>\n<p>Colonel tire son inspiration partout.\u00a0 <em>\u00ab\u00a0Dans mon sommeil, j\u2019ai souvent de l\u2019inspiration. Pendant mon sommeil, quand j\u2019ai l\u2019inspiration, je me l\u00e8ve pour tracer sur une feuille et le matin je commence \u00e0 faire des \u0153uvres l\u00e0-dessus.\u00a0 Il y a d\u2019autres inspirations qui viennent lorsque je suis en promenade ou dans un endroit\u00a0\u00bb<\/em>, fait-il comprendre. Dans son atelier et \u00e0 la maison, environ 1250 \u0153uvres sont d\u00e9j\u00e0 confectionn\u00e9es mais le probl\u00e8me d\u2019\u00e9coulement se pose avec acuit\u00e9.<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Avant nous\u00a0 exposions \u00e0 l\u2019institut fran\u00e7ais de Bobo-Dioulasso, o\u00f9 il y avait des touristes et nous arrivions \u00e0 avoir notre pitance quotidienne\u00a0\u00bb,<\/em>se confie l\u2019artiste peintre. Mais avec l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 et l\u2019apparition de la maladie \u00e0 coronavirus, les clients se font rares, poursuit-il.\u00a0 Colonel d\u00e9plore le fait que les burkinab\u00e8 n\u2019accordent pas de l\u2019importance \u00e0 l\u2019art. <em>\u00ab\u00a0L\u2019Etat\u00a0 \u00e0 laisser les artisans comme nous, mais on fait de notre mieux pour s\u2019en sortir mais il y a toujours des difficult\u00e9s pour aller de l\u2019avant\u00a0\u00bb<\/em>, rench\u00e9rit-il.<\/p>\n<p><strong><em>\u00ab\u00a0Handicap production\u00a0\u00bb<\/em><\/strong><strong>, une \u00e9cole pour les \u00e9l\u00e8ves et \u00e9tudiants<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019atelier <em>\u00ab\u00a0Handicap production\u00a0<\/em>\u00bb du colonel de l\u2019art\u00a0 accueille des stagiaires du Burkina Faso et de l\u2019ext\u00e9rieur. Etudiants, et europ\u00e9ens viennent chez colonel pour un stage de perfectionnement. Pendant les vacances, l\u2019artiste accueille des \u00e9l\u00e8ves du primaire. <em>\u00ab\u00a0Pour sauvegarder nos cultures, nous devons enseigner \u00e0 nos enfants l\u2019art plastique, c\u2019est vraiment important.<\/em><\/p>\n<p><em>\u00a0C\u2019est important d\u2019\u00eatre \u00e0 l\u2019\u00e9cole et d\u2019apprendre en m\u00eame temps un m\u00e9tier\u00bb,<\/em> soutient-il, ajoutant que son ambition est de transmettre son savoir-faire. <em>\u00ab\u00a0Je suis pr\u00eat \u00e0 accueillir tout le monde. Cependant, pour apprendre avec moi, il faut aimer l\u2019art. Sans amour rien ne peut marcher\u00a0\u00bb,<\/em> souligne-t-il. Aujourd\u2019hui, ils sont\u00a0 trois stagiaires \u00e0 \u00eatre \u00e0 l\u2019\u00e9cole de celui-l\u00e0 qu\u2019il surnomme le <em>\u00ab\u00a0Prof\u00a0\u00bb<\/em>.<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0C\u2019est le Burkinab\u00e8 qui ne donne pas de l\u2019importance \u00e0 l\u2019art sinon nous avons form\u00e9 des stagiaires qui sont \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur et qui donnent des cours de beaux-arts dans des universit\u00e9s\u00a0\u00bb<\/em>, confie-t-il, l\u2019air attrist\u00e9.<em>\u00ab\u00a0 Mais si gr\u00e2ce \u00e0 moi Colonel, quelqu\u2019un\u00a0 r\u00e9ussi, c\u2019est une grande fiert\u00e9 pour moi\u00a0\u00bb,<\/em> se r\u00e9jouit-il. Victor Sami Valero Sabbour, hispano-marocain fait partie des \u00e9l\u00e8ves de Colonel. En s\u00e9jour de rupture et de remobilisation \u00e9ducative, il apprend\u00a0 la peinture, les tableaux et bien d\u2019autres choses comme les boucles d\u2019oreilles, les portes clefs depuis cinq mois \u00e0 <em>\u00ab\u00a0Handicap production\u00a0\u00bb<\/em>. Gr\u00e2ce \u00e0 son apprentissage aupr\u00e8s du son maitre, \u00a0il dit avoir\u00a0 appris \u00e0 ouvrir son\u00a0 esprit cr\u00e9atif. \u00a0<em>\u00ab\u00a0Avec rien je fais tout\u00a0\u00bb,<\/em> affirme-t-il.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Colonel, il est dur, il est tr\u00e8s dur\u00a0\u00bb, ironise le jeune stagiaire. <em>\u00ab\u00a0Je l\u2019aime beaucoup Colonel. C\u2019est quelqu\u2019un qui n\u2019a pas voulu abandonn\u00e9. (\u2026).Colonel ne se d\u00e9courage jamais, il invente encore et encore\u00a0\u00bb<\/em>, t\u00e9moigne le stagiaire.\u00a0 Pour la stagiaire, Sanou Florence, \u00e9tudiante en finance comptabilit\u00e9 et audit, Colonel est passionn\u00e9 de son art. Lorsqu\u2019il nous rend visite, il a toujours sur lui\u00a0 de quoi travailler. \u00a0<em>\u00ab\u00a0Que Dieu lui accorde une longue vie afin qu\u2019il puisse former plus de jeunes comme nous\u00a0\u00bb,<\/em> souhaite-t-elle \u00e0 son maitre. Sur son handicap, colonel n\u2019est pas fataliste.\u00a0 <em>\u00ab\u00a0Mon handicap a \u00e9t\u00e9 caus\u00e9 par la polio. Par la gr\u00e2ce de Dieu, de nos jours il y a la vaccination\u00a0\u00bb,<\/em> indique-t-il.\u00a0 Pour moi le handicap n\u2019est pas une fatalit\u00e9.<em>\u00ab\u00a0Si Dieu\u00a0 a fait que tu n\u2019as pas de jambes, tu as les bras et la t\u00eate pour r\u00e9fl\u00e9chir, tu peux apporter ta contribution dans la construction du pays\u00a0\u00bb<\/em>,conclu le colonel de l\u2019art.<\/p>\n<p><strong>Boudayinga J-M THIENON <\/strong><\/p>\n<p><strong>L\u00e9on Millogo<\/strong><\/p>\n<p><em>(Stagiaire)<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Bobo-Dioulasso Parcours atypique du colonel de l\u2019art Handicap\u00e9 moteur depuis son bas \u00e2ge,\u00a0 Boubacar Kon\u00e9 \u00e0l\u2019\u00e9tat civil, artiste-peintre Colonel, \u00a0a transform\u00e9 son handicap \u00e0 son avantage. A \u00ab\u00a0Handicap production\u00a0\u00bb, il transmet son savoir-faire aux \u00e9tudiants et \u00e9l\u00e8ves. 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