{"id":9396,"date":"2021-01-19T16:55:35","date_gmt":"2021-01-19T15:55:35","guid":{"rendered":"https:\/\/www.aib.media\/regions\/?p=9396"},"modified":"2021-01-19T16:55:35","modified_gmt":"2021-01-19T15:55:35","slug":"bobo-dioulasso-dans-lunivers-des-ferrailleurs","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.aib.media\/regions\/2021\/01\/19\/bobo-dioulasso-dans-lunivers-des-ferrailleurs\/","title":{"rendered":"Bobo-Dioulasso : Dans l\u2019univers des ferrailleurs"},"content":{"rendered":"<p>Bobo-Dioulasso<\/p>\n<p><strong>Dans l\u2019univers des ferrailleurs<\/strong><\/p>\n<p><strong>Ils transforment les barriques ou les t\u00f4les en ustensiles de cuisines, en cantines ou m\u00eame en jouets pour enfants. Eux ce sont les ferrailleurs. Pour mieux comprendre ce m\u00e9tier des ferrailleurs, le journal de tous les Burkinab\u00e8s a fait une incursion dans la matin\u00e9e du mardi 19 janvier 2021 dans leur univers. <\/strong><\/p>\n<p>Install\u00e9s le long du marigot Houet en face du boulevard de la r\u00e9volution, sous le cr\u00e9pitement des marteaux et des enclumes en longueur de journ\u00e9e, Adama Sanou et ses 40 employ\u00e9s, \u00e0 base de barriques r\u00e9cup\u00e9r\u00e9es fabriquent des po\u00eales, des cantines, des fourneaux, des louches, des sceaux, etc. Un m\u00e9tier que M. Sanou pratique depuis une quarantaine d\u2019ann\u00e9es.<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Cela fait 40 ans que je suis dans le m\u00e9tier. Nous transformons les barriques r\u00e9cup\u00e9r\u00e9es en ustensiles de cuisine et de cantines\u00a0\u00bb<\/em>, confie Adama Sanou. Pour la mati\u00e8re premi\u00e8re, les barriques notamment, le ferrailleur Sanou s\u2019approvisionne au Nig\u00e9ria et au B\u00e9nin. Mais avec l\u2019av\u00e8nement de la pand\u00e9mie \u00e0 coronavirus qui a amen\u00e9 les autorit\u00e9s \u00e0 fermer les fronti\u00e8res, c\u2019est la croix et la banni\u00e8re de s\u2019en procurer. <em>\u00ab\u00a0Nous importons les barriques depuis le Nig\u00e9ria, mais avec la fermeture des fronti\u00e8res pour cause de coronavirus, nous \u00e9prouvons les difficult\u00e9s pour en trouver. Les quelques barriques que nous arrivons \u00e0 avoir, c\u2019est \u00e0 des prix d\u2019or qu\u2019on nous les c\u00e8de. Ce qui se r\u00e9percute aussi sur les prix du produit final\u00a0\u00bb<\/em>, indique-t-il. Outre la difficult\u00e9 d\u2019approvisionnement de la mati\u00e8re premi\u00e8re, la raret\u00e9 du march\u00e9 est l\u2019autre goulot d\u2019\u00e9tranglement de ces ferrailleurs de la cit\u00e9 de Sya.<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0En plus des clients de l\u2019int\u00e9rieur, nous avions des expatri\u00e9s qui venaient payer avec nous pour aller vendre dans les pays c\u00f4tiers, et m\u00eame en Europe. Mais la fermeture des fronti\u00e8res a marqu\u00e9 un coup d\u2019arr\u00eat \u00e0 cette client\u00e8le de l\u2019ext\u00e9rieur\u00a0\u00bb<\/em>, d\u00e9plore Adama Sanou.\u00a0<em>\u00ab\u00a0L\u2019autre difficult\u00e9, c\u2019est le manque de mat\u00e9riels ad\u00e9quats. Si fait que nous travaillons manuellement sans protection avec tous les risques encourus\u00a0\u00bb<\/em>, rench\u00e9rit Boureima Millogo. Pour ce faire, cette frange des travailleurs de la ville de Bobo-Dioulasso sollicite le concours de l\u2019autorit\u00e9 afin de leur all\u00e9ger les imp\u00f4ts, et travailler \u00e0 ouvrir les fronti\u00e8res pour leur permettre d\u2019acc\u00e9der facilement \u00e0 la mati\u00e8re premi\u00e8re, et aussi reconqu\u00e9rir la client\u00e8le de l\u2019ext\u00e9rieur.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-9398\" src=\"https:\/\/www.aib.media\/regions\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2021\/01\/ferailleurs_01-300x256.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"256\" srcset=\"https:\/\/www.aib.media\/regions\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2021\/01\/ferailleurs_01-300x256.jpg 300w, https:\/\/www.aib.media\/regions\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2021\/01\/ferailleurs_01-768x655.jpg 768w, https:\/\/www.aib.media\/regions\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2021\/01\/ferailleurs_01-696x593.jpg 696w, https:\/\/www.aib.media\/regions\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2021\/01\/ferailleurs_01-493x420.jpg 493w, https:\/\/www.aib.media\/regions\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2021\/01\/ferailleurs_01.jpg 901w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-9399\" src=\"https:\/\/www.aib.media\/regions\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2021\/01\/ferraileurs_02-300x225.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"225\" srcset=\"https:\/\/www.aib.media\/regions\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2021\/01\/ferraileurs_02-300x225.jpg 300w, https:\/\/www.aib.media\/regions\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2021\/01\/ferraileurs_02-1024x768.jpg 1024w, https:\/\/www.aib.media\/regions\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2021\/01\/ferraileurs_02-768x576.jpg 768w, https:\/\/www.aib.media\/regions\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2021\/01\/ferraileurs_02-1536x1152.jpg 1536w, https:\/\/www.aib.media\/regions\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2021\/01\/ferraileurs_02-2048x1536.jpg 2048w, https:\/\/www.aib.media\/regions\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2021\/01\/ferraileurs_02-696x522.jpg 696w, https:\/\/www.aib.media\/regions\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2021\/01\/ferraileurs_02-1068x801.jpg 1068w, https:\/\/www.aib.media\/regions\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2021\/01\/ferraileurs_02-560x420.jpg 560w, https:\/\/www.aib.media\/regions\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2021\/01\/ferraileurs_02-80x60.jpg 80w, https:\/\/www.aib.media\/regions\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2021\/01\/ferraileurs_02-265x198.jpg 265w, https:\/\/www.aib.media\/regions\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2021\/01\/ferraileurs_02-1320x990.jpg 1320w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Avec toute les difficult\u00e9s que nous connaissons dans l\u2019exercice de ce m\u00e9tier depuis l\u2019apparition du COVID-19, l\u2019on aurait aim\u00e9 qu\u2019on nous all\u00e8ge les taxes et autres pour nous permettre de survivre. Par an par exemple on peut nous taxer jusqu\u2019en 120\u00a0000 FCFA pendant ce temps nous n\u2019avons pas de march\u00e9\u00a0\u00bb<\/em>, dit M. Millogo tout d\u00e9concert\u00e9. <em>\u00ab\u00a0Quand on parle d\u2019aide, ce n\u2019est pas forc\u00e9ment de venir nous donner des enveloppes financi\u00e8res. Mais, si on prend des mesures en notre faveur, comme l\u2019ouverture des fronti\u00e8res, on peut librement aller chercher les barriques et faciliter l\u2019acc\u00e8s des clients des pays c\u00f4tiers qui venaient acheter en grande quantit\u00e9 nos produits\u00a0\u00bb<\/em>, soutient \u00e0 son tour l\u2019employer Moussa Demb\u00e9l\u00e9 qui confie gagner 4\u00a0000 \u00e0 5\u00a0000 FCFA par jour avec son patron du moment o\u00f9 le march\u00e9 tournait \u00e0 plein temps. Mais avec le chapelet de difficult\u00e9s \u00e9grain\u00e9, eux les employ\u00e9s, poursuit-il, gagnent \u00e0 peine 3\u00a0000 FCFA le jour.<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Du moment o\u00f9, il y la m\u00e9vente, il va de soi que le patron ne puisse pas \u00e0 tout moment honorer ses engagements en vers nous. Donc nous souhaitons qu\u2019on nous aide \u00e0 r\u00e9soudre ces probl\u00e8mes pour nous permettre de nous \u00e9panouir dans ce m\u00e9tier qui nous permet de gagner notre vie\u00a0\u00bb<\/em>, dit Moussa Demb\u00e9l\u00e9. Emerveill\u00e9e par le travail de ces ferrailleurs, Abibata Ou\u00e9draogo n\u2019a pas pu r\u00e9sister \u00e0 marquer un arr\u00eat pour admirer le savoir-faire de ces forgerons modernes. Elle a fait escale pour admirer, dit-elle, les produits, et profiter voir ce qu\u2019elle peut payer.<\/p>\n<p>Malheureusement, d\u00e9plore Mme Ou\u00e9draogo, l\u2019argent qu\u2019elle d\u00e9tenait par devers elle ne lui a pas permis de se procurer il ne reste qu\u2019une cantine, question de les encourager. <em>\u00ab\u00a0Mais, ce n\u2019est que partie remise, je reviens bient\u00f4t voir ce que je pourrai acheter\u00a0\u00bb<\/em>, promet-elle. Qu\u2019\u00e0 cela ne tienne, Adama Sanou, parvient \u00e0 tirer son \u00e9pingle du jeu. C\u2019est avec ce m\u00e9tier qu\u2019il dit avoir financ\u00e9 les \u00e9tudes d\u2019un de ses enfants qui aujourd\u2019hui \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur. <em>\u00ab\u00a0En plus de payer les quarante employ\u00e9s, j\u2019arrive \u00e0 prendre en charge ma famille et la scolarisation de mes enfants. Un de mes fils est aujourd\u2019hui \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur, et c\u2019est avec l\u2019argent de ce m\u00e9tier que j\u2019ai pu financer ses \u00e9tudes\u00a0\u00bb<\/em>, se r\u00e9jouit-il.<\/p>\n<p><strong>Kam\u00e9l\u00e9 FAYAMA<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Bobo-Dioulasso Dans l\u2019univers des ferrailleurs Ils transforment les barriques ou les t\u00f4les en ustensiles de cuisines, en cantines ou m\u00eame en jouets pour enfants. Eux ce sont les ferrailleurs. 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