{"id":31613,"date":"2025-07-11T14:07:18","date_gmt":"2025-07-11T12:07:18","guid":{"rendered":"https:\/\/www.aib.media\/regions\/2025\/07\/11\/ce-que-le-gouvernement-burkinabe-construit-en-silence-force-le-respect-ibrahima-maiga\/"},"modified":"2025-07-11T14:07:18","modified_gmt":"2025-07-11T12:07:18","slug":"ce-que-le-gouvernement-burkinabe-construit-en-silence-force-le-respect-ibrahima-maiga","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.aib.media\/regions\/2025\/07\/11\/ce-que-le-gouvernement-burkinabe-construit-en-silence-force-le-respect-ibrahima-maiga\/","title":{"rendered":"\u00abCe que le gouvernement burkinab\u00e8 construit en silence, force le respect \u00bb, Ibrahima Ma\u00efga"},"content":{"rendered":"<p><strong>\u00abCe que le gouvernement burkinab\u00e8 construit en silence, force le respect \u00bb, Ibrahima Ma\u00efga<\/strong><\/p>\n<p>Ouagadougou, 10 juil. 2025(AIB)- \u00abCe que le gouvernement burkinab\u00e8 construit en silence, pendant que d\u2019autres pays s\u2019enlisent dans les dettes et les illusions, force le respect \u00bb. C\u2019est ce que le militant panafricaniste Ibrahima Ma\u00efga a d\u00e9clar\u00e9 dans une interview accord\u00e9e \u00e0 l\u2019AIB, au cours de laquelle il a \u00e9galement \u00e9voqu\u00e9 son engagement militant et le combat pour la dignit\u00e9 et la souverainet\u00e9 port\u00e9 le Pr\u00e9sident du Faso, le Capitaine Ibrahim Traor\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Agence d\u2019information du Burkina (AIB) : Dans quel cadre avez-vous s\u00e9journez au Burkina Faso, o\u00f9 vous avez \u00e9t\u00e9 re\u00e7u par certaines autorit\u00e9s ?<\/strong><\/p>\n<p>Ibrahima Ma\u00efga (IM) : Je suis ici parce que je ne pouvais pas \u00eatre ailleurs. Quand un peuple d\u00e9cide de se battre pour sa dignit\u00e9, on ne reste pas \u00e0 distance. Je ne suis ni en mission ni en vill\u00e9giature. Je suis l\u00e0 parce que c\u2019est chez moi, parce que j\u2019ai des fr\u00e8res au front, parce que ce combat m\u2019appartient autant qu\u2019il appartient \u00e0 chaque Burkinab\u00e8. Les autorit\u00e9s m\u2019ont re\u00e7u non pas comme une c\u00e9l\u00e9brit\u00e9 mais comme un soldat de la cause, un fr\u00e8re parmi les siens.<\/p>\n<p><strong>AIB : Pourquoi avez-vous d\u00e9cid\u00e9 de prendre fait et cause pour le Chef de l\u2019\u00c9tat et son gouvernement depuis son accession au pouvoir en 2022 ?<\/strong><\/p>\n<p>IM : Parce qu\u2019il faut avoir perdu tout sens de l\u2019honneur pour rester neutre quand un homme jeune, sans fortune, sans clan, d\u00e9cide de livrer sa vie pour que son peuple revive. Ce n\u2019est pas un pr\u00e9sident, c\u2019est un insurg\u00e9, un veilleur, un fils qui a repris la machette l\u00e0 o\u00f9 les a\u00een\u00e9s l\u2019avaient laiss\u00e9e. J\u2019ai pris position parce que le silence aurait \u00e9t\u00e9 une trahison. Parce qu\u2019il repr\u00e9sente cette Afrique qu\u2019on croyait disparue : courageuse, incorruptible, enracin\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>AIB : Quels sont vos rapports avec d\u2019autres figures engag\u00e9es dans la m\u00eame dynamique que vous, notamment Nathalie Yamb, Kemi Seba, et d\u2019autres personnalit\u00e9s panafricanistes ?<\/strong><\/p>\n<p>IM : On ne se parle pas tous les jours, mais on sait qu\u2019on appartient \u00e0 la m\u00eame veine. Il y a du respect, de l\u2019\u00e9coute, parfois des d\u00e9saccords, et c\u2019est sain. Ce qui nous relie, c\u2019est la douleur de l\u2019Afrique et la col\u00e8re que cette douleur engendre. On ne cherche pas la lumi\u00e8re, on cherche \u00e0 rallumer le feu. Le reste n\u2019est que d\u00e9tail.<\/p>\n<p><strong>AIB : Vous consid\u00e9rez-vous comme un panafricaniste ou plut\u00f4t comme un d\u00e9fenseur de l\u2019Afrique et du Burkina Faso ?<\/strong><\/p>\n<p>IM : Je n\u2019ai jamais mis d\u2019\u00e9tiquette sur mon front. Je suis n\u00e9 dans le sable entre Gao et Falagountou, j\u2019ai grandi entre des peuples qui n\u2019avaient pas besoin de fronti\u00e8res pour se sentir unis. Alors si \u00eatre panafricaniste, c\u2019est refuser que le sang de Bamako vaille moins que celui d\u2019Abidjan, alors oui, je le suis. Mais mes actes parleront toujours plus que les mots.<\/p>\n<p><strong>AIB : Quel est le sens de votre engagement depuis que vous avez \u00e9t\u00e9 r\u00e9v\u00e9l\u00e9 au grand public burkinab\u00e8, notamment \u00e0 partir de 2015, \u00e0 travers vos prises de position d\u00e9non\u00e7ant les mauvaises pratiques au sommet de l\u2019\u00c9tat et alertant sur les menaces terroristes ?<\/strong><\/p>\n<p>IM : C\u2019est un cri que je porte depuis longtemps. Un cri contre la trahison des \u00e9lites, contre l\u2019aveuglement volontaire, contre l\u2019oubli. En 2015, beaucoup faisaient encore semblant de ne pas voir venir le feu. J\u2019ai cri\u00e9. On m\u2019a ri au nez. Aujourd\u2019hui, les m\u00eames cherchent des extincteurs. Ce combat, je l\u2019ai engag\u00e9 par instinct, par loyaut\u00e9 \u00e0 la terre qui m\u2019a \u00e9lev\u00e9, et je le poursuivrai tant qu\u2019elle ne sera pas libre.<\/p>\n<p><strong>AIB : Comment appr\u00e9ciez-vous l\u2019\u00e9volution de la lutte que vous menez aux c\u00f4t\u00e9s des forces de transformation sociale et politique en Afrique ?<\/strong><\/p>\n<p>IM : Elle avance, avec des pas lourds mais d\u00e9termin\u00e9s. Ce n\u2019est pas une r\u00e9volution de salons, c\u2019est une reconqu\u00eate qui co\u00fbte des vies. Mais chaque paysan qui refuse de fuir, chaque \u00e9l\u00e8ve qui comprend pourquoi il faut rester, chaque militaire qui tombe sans vendre sa cause, me dit que cette lutte n\u2019est pas vaine. Elle change les c\u0153urs avant de changer les lois.<\/p>\n<p><strong>AIB : Selon vous, qu\u2019est-ce qui peut expliquer que certains Burkinab\u00e8 se dressent contre leur propre pays en soutenant les terroristes, alors que l\u2019unit\u00e9 nationale devrait primer en cette p\u00e9riode critique ?<\/strong><\/p>\n<p>IM : Le vide. Le vide cr\u00e9\u00e9 par l\u2019abandon, par l\u2019humiliation, par le m\u00e9pris. Quand un jeune ne se sent ni \u00e9cout\u00e9 ni utile, il devient vuln\u00e9rable \u00e0 la haine. Ce n\u2019est pas une excuse, mais c\u2019est une explication. Certains ont \u00e9t\u00e9 vendus par leurs propres fr\u00e8res bien avant d\u2019\u00eatre enr\u00f4l\u00e9s par l\u2019ennemi. Il faudra du temps pour r\u00e9parer cela. Mais il faut commencer par dire la v\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>AIB : En dehors de la contribution au Fonds de soutien patriotique, quelles actions concr\u00e8tes les citoyens burkinab\u00e8 devraient-ils entreprendre pour soutenir l\u2019\u00c9tat et contribuer \u00e0 la r\u00e9silience nationale ?<\/strong><\/p>\n<p>IM : Ne pas voler. Ne pas mentir. Ne pas trahir. Prot\u00e9ger ce qui nous appartient. Tenir sa parole. Respecter ceux qui se battent. Transmettre l\u2019histoire. Refuser la compromission. \u00c7a para\u00eet simple, mais c\u2019est immense. Chaque Burkinab\u00e8 peut \u00eatre une digue ou une faille. Le choix est personnel, mais les cons\u00e9quences sont collectives.<\/p>\n<p><strong>AIB : Quelle lecture faites-vous de la situation actuelle du pays, notamment apr\u00e8s la derni\u00e8re d\u00e9claration du Pr\u00e9sident du Faso appelant les Burkinab\u00e8 \u00e0 accompagner l\u2019\u00c9tat \u00e0 travers des valeurs sociales de r\u00e9f\u00e9rence telles que l\u2019int\u00e9grit\u00e9, le respect du bien public, la solidarit\u00e9, etc. ?<\/strong><\/p>\n<p>IM : Il a tout dit. Ce pays a \u00e9t\u00e9 d\u00e9truit plus par la trahison que par les balles. On ne peut pas reconstruire avec des c\u0153urs corrompus. Ce que le Pr\u00e9sident a demand\u00e9, c\u2019est un retour \u00e0 l\u2019essentiel. Pas \u00e0 la morale, mais \u00e0 l\u2019\u00e9thique. On n\u2019a pas besoin d\u2019universit\u00e9s pour comprendre que voler son pays, c\u2019est se tuer soi-m\u00eame. On n\u2019a plus le luxe de faire semblant.<\/p>\n<p><strong>AIB : Quelle est votre appr\u00e9ciation des efforts de d\u00e9veloppement entrepris par le gouvernement, en d\u00e9pit des d\u00e9fis s\u00e9curitaires et \u00e9conomiques ?<\/strong><\/p>\n<p>Il y a une volont\u00e9 de faire, et surtout de faire autrement. Le Burkina ne qu\u00e9mande plus, il cr\u00e9e. Il ne copie plus, il invente. Ce n\u2019est pas parfait, rien ne l\u2019est. Mais dans la nuit, m\u00eame une lampe artisanale est un miracle. Ce que le gouvernement construit en silence, pendant que d\u2019autres pays s\u2019enlisent dans les dettes et les illusions, force le respect.<\/p>\n<p><strong>AIB : Malgr\u00e9 les obstacles, l\u2019Alliance des \u00c9tats du Sahel (AES) poursuit sa structuration. Selon vous, quel devrait \u00eatre le socle ou le ciment de cette conf\u00e9d\u00e9ration ?<\/strong><\/p>\n<p>IM : La confiance entre les peuples. Pas entre les ministres, mais entre les enfants des march\u00e9s, des casernes, des \u00e9coles. Si on b\u00e2tit cette alliance sur la v\u00e9rit\u00e9, sur les douleurs partag\u00e9es, sur les r\u00eaves assum\u00e9s, elle tiendra. Il ne faut pas en faire un syndicat d\u2019\u00c9tats, mais une alliance de peuples. Et \u00e7a commence par l\u2019\u00e9coute, par le respect mutuel, par la parole donn\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>AIB : Quelle est votre position concernant la rupture diplomatique avec la France, la sortie de la CEDEAO, et le rapprochement strat\u00e9gique avec de nouveaux partenaires comme la Russie, la Chine, et d\u2019autres puissances \u00e9mergentes ?<\/strong><\/p>\n<p>IM : Ce n\u2019est pas une rupture, c\u2019est un retour \u00e0 soi. On a trop longtemps march\u00e9 avec des cha\u00eenes en croyant que c\u2019\u00e9tait des colliers. La France s\u2019est d\u00e9cr\u00e9dibilis\u00e9e toute seule. La CEDEAO s\u2019est vendue. Il fallait couper. Et chercher ailleurs ce qu\u2019on ne trouvait plus ici. Pas par fascination pour Moscou ou P\u00e9kin, mais parce qu\u2019il fallait respirer. Et choisir ses partenaires avec lucidit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>AIB : L\u2019orientation politique actuelle du Burkina Faso, notamment \u00e0 travers la R\u00e9volution populaire et progressiste, vous semble-t-elle \u00eatre une r\u00e9ponse ad\u00e9quate aux d\u00e9fis du terrorisme et de l\u2019imp\u00e9rialisme ?<\/strong><\/p>\n<p>IM : C\u2019est une r\u00e9ponse de dignit\u00e9. Et dans un monde o\u00f9 tout s\u2019ach\u00e8te, la dignit\u00e9 est la premi\u00e8re arme. Cette r\u00e9volution n\u2019est pas un slogan, c\u2019est une tentative de ressusciter un peuple. On ne lutte pas contre l\u2019ombre avec des lampes d\u2019emprunt. Il faut allumer son propre feu. Ce que fait le Burkina aujourd\u2019hui, c\u2019est allumer ce feu. Et tant que ce feu br\u00fblera, l\u2019Afrique aura une chance.<\/p>\n<p>Agence d\u2019information du Burkin<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00abCe que le gouvernement burkinab\u00e8 construit en silence, force le respect \u00bb, Ibrahima Ma\u00efga Ouagadougou, 10 juil. 2025(AIB)- \u00abCe que le gouvernement burkinab\u00e8 construit en silence, pendant que d\u2019autres pays s\u2019enlisent dans les dettes et les illusions, force le respect \u00bb. 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