{"id":31039,"date":"2025-05-12T18:33:10","date_gmt":"2025-05-12T16:33:10","guid":{"rendered":"https:\/\/www.aib.media\/regions\/2025\/05\/12\/tuy-kari-la-terre-dunion-entre-peulhs-et-bwaba\/"},"modified":"2025-05-12T18:33:10","modified_gmt":"2025-05-12T16:33:10","slug":"tuy-kari-la-terre-dunion-entre-peulhs-et-bwaba","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.aib.media\/regions\/2025\/05\/12\/tuy-kari-la-terre-dunion-entre-peulhs-et-bwaba\/","title":{"rendered":"Tuy : Kari, \u201cLa terre\u201d d\u2019union entre Peulhs et Bwaba"},"content":{"rendered":"<p><strong>Tuy : Kari, \u201cLa terre\u201d d\u2019union entre Peulhs et Bwaba<\/strong><\/p>\n<p>Hound\u00e9, 11 mai. 2025 (AIB) \u2013 \u00c0 Kari, village de la commune de Hound\u00e9 dans la province du Tuy, vit une forte communaut\u00e9 peulh. Install\u00e9s pr\u00e9cis\u00e9ment dans le quartier Bonsan depuis plusieurs ann\u00e9es, ces Peulhs constituent un exemple remarquable d&rsquo;int\u00e9gration socio-culturelle dans ce village bwaba.<\/p>\n<p>Le soleil se l\u00e8ve en cette matin\u00e9e du jeudi 17 avril 2025 sur les collines de Kari, village situ\u00e9 \u00e0 une quinzaine de kilom\u00e8tres de Hound\u00e9, chef de lieu de la province du Tuy. Nous sommes au quartier Bonsan qui abrite une forte communaut\u00e9 peulh. Il est difficile de connaitre leur nombre exact. Cette communaut\u00e9 est principalement constitu\u00e9e des familles Barry, Diallo, ainsi que des Poueho, des Bwaba \u00ab\u00a0fulanis\u00e9s\u00a0\u00bb.<br \/>\nAssis en compagnie des siens sous les grands manguiers de la cour de la mosqu\u00e9e, le doyen de la communaut\u00e9 peulh de Bonsan, Ahmidou Barry, 80 ans, retrace l&rsquo;histoire de l&rsquo;installation des Peulhs \u00e0 Kari : \u00ab Je ne sais pas exactement la date d&rsquo;arriv\u00e9e des premiers Peulhs \u00e0 Bonsan, mais nous savons qu&rsquo;ils se sont install\u00e9s ici autour du XIX\u1d49 si\u00e8cle \u00bb, raconte-t-il. Selon les t\u00e9moignages, le premier Peulh \u00e0 s&rsquo;installer \u00e0 Bonsan, un certain Dje\u00efdi Barry, serait venu du Mali. \u00ab Il a eu une famille, et la communaut\u00e9 s&rsquo;est \u00e9largie. Par la suite, d&rsquo;autres Peulhs sont venus des provinces du Bam, du Sourou&#8230;\u00bb, explique Ahmidou Barry. Aujourd&rsquo;hui, la communaut\u00e9 peulh de Bonsan est reconnue pour sa remarquable int\u00e9gration socio-culturelle dans ce village bwaba, o\u00f9 plusieurs g\u00e9n\u00e9rations de ses membres sont n\u00e9es. \u00ab Entre nos propri\u00e9taires terriens et nous, il y a une tr\u00e8s bonne cohabitation. Nous prenons part \u00e0 leurs activit\u00e9s et ils font de m\u00eame \u00bb, affirme le doyen.<br \/>\n\u00c0 Kari, les liens sociaux entre Peulhs et Bwaba se renforcent \u00e0 travers des activit\u00e9s et c\u00e9r\u00e9monies collectives, marqu\u00e9es notamment par la parent\u00e9 \u00e0 plaisanterie. Travaux champ\u00eatres durant l&rsquo;hivernage, battues collectives pendant la saison s\u00e8che, ces activit\u00e9s traduisent des valeurs de solidarit\u00e9 et d&rsquo;entraide qui consolident la relation entre les deux communaut\u00e9s.<br \/>\nMariages et bapt\u00eames sont \u00e9galement des moments de communion, o\u00f9 les unions entre Peulhs et Bwaba ne sont pas rares. \u00ab Depuis que nous sommes ici, nous partageons pratiquement toutes nos activit\u00e9s \u00bb, insiste Ahmidou Barry.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 leurs diff\u00e9rences culturelles, Peulhs et Bwaba de Kari ont toujours su cultiver la tol\u00e9rance et le vivre-ensemble. \u00ab Les Bwaba ne nous contraignent pas \u00e0 suivre leur religion. Certes, nous ne sommes pas de la religion traditionnelle, mais lors des fun\u00e9railles ou de certaines c\u00e9r\u00e9monies religieuses, nous participons \u00bb, t\u00e9moigne Ahmidou Barry.<br \/>\nAminata Poueho, mari\u00e9e \u00e0 un Peulh et m\u00e8re de trois enfants, est d&rsquo;origine bwaba. \u00ab Je me sens tr\u00e8s bien int\u00e9gr\u00e9e dans la communaut\u00e9 de mon \u00e9poux \u00bb, d\u00e9clare-t-elle en souriant. Son mariage n&rsquo;a en rien alt\u00e9r\u00e9 ses relations avec les autres femmes du village. \u00ab Je collabore bien avec elles. Nous appartenons aux m\u00eames groupements et nous nous retrouvons lors des mariages et bapt\u00eames \u00bb, pr\u00e9cise-t-elle.<br \/>\n\u00c0 Kari, beaucoup de Peulhs parlent couramment le bwamou, la langue des Bwaba. C\u2019est le cas d\u2019Ibrahim Barry, agriculteur-\u00e9leveur peulh r\u00e9sidant \u00e0 Bonsan. Mari\u00e9 \u00e0 une femme bwaba et p\u00e8re d\u2019une dizaine d\u2019enfants, il s\u2019exclame : \u00ab Je parle le bwamou \u00e0 tel point qu&rsquo;on dirait que je ne suis pas Peulh ! \u00bb<br \/>\nCertes, la cohabitation n&rsquo;est pas exempte de quelques remous, mais selon les habitants, il n&rsquo;y a jamais eu de stigmatisation ni de menaces graves.<br \/>\n\u00ab Nous ne nous sommes jamais sentis menac\u00e9s au point de vouloir quitter le village \u00bb, rassure Ahmidou Barry.<br \/>\nLe pr\u00e9sident du Conseil villageois de d\u00e9veloppement (CVD) de Kari, Issouf Coulibaly, un sexag\u00e9naire fils du village, salue cette bonne cohabitation historique. \u00ab Nous sommes n\u00e9s et avons trouv\u00e9 que nos parents vivaient ensemble avec les Peulhs \u00bb, souligne-t-il.<\/p>\n<p>\u00ab Nous faisons tout ensemble. Ils sont m\u00eame pr\u00e9sents dans le bureau du CVD \u00bb, confie M. Coulibaly, tout en invitant Peulhs et Bwaba \u00e0 continuer de cultiver la paix pour pr\u00e9server l&rsquo;harmonie du village.<br \/>\nAgence d&rsquo;information du Burkina<\/p>\n<p>Message du doyen Ahmidou Barry: \u00ab Nous vivons en paix depuis notre installation \u00e0 Kari\u00bb<br \/>\n\u00ab Nous vivons en paix, depuis notre installation \u00e0 Kari. Que le Tout-Puissant b\u00e9nisse notre pays, le Burkina Faso, et notre pr\u00e9sident, le capitaine Ibrahim Traor\u00e9, afin que la tranquillit\u00e9 et la paix reviennent \u00bb<\/p>\n<p>Message de l\u2019imam Ahmadou Barry: \u00ab En tant que guide religieux, nous n&rsquo;avons aucun probl\u00e8me de cohabitation avec les communaut\u00e9s animistes\u00bb<br \/>\n\u00ab En tant que guide religieux, nous n&rsquo;avons aucun probl\u00e8me de cohabitation avec les communaut\u00e9s animistes. Elles ne nous d\u00e9rangent pas, et nous non plus. Nous refusons d&rsquo;utiliser la religion pour nuire au pays, car notre islam pr\u00f4ne la paix. Je formule des pri\u00e8res pour que le pays retrouve la paix et que le pr\u00e9sident du Faso, le capitaine Ibrahim Traor\u00e9, r\u00e9ussisse sa mission de reconqu\u00eate et de s\u00e9curisation du territoire national \u00bb<\/p>\n<p>Agence d&rsquo; Infornation du Burkina<\/p>\n<p>BEB\/ATA<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Tuy : Kari, \u201cLa terre\u201d d\u2019union entre Peulhs et Bwaba Hound\u00e9, 11 mai. 2025 (AIB) \u2013 \u00c0 Kari, village de la commune de Hound\u00e9 dans la province du Tuy, vit une forte communaut\u00e9 peulh. Install\u00e9s pr\u00e9cis\u00e9ment dans le quartier Bonsan depuis plusieurs ann\u00e9es, ces Peulhs constituent un exemple remarquable d&rsquo;int\u00e9gration socio-culturelle dans ce village bwaba. 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