{"id":27561,"date":"2024-08-05T23:56:25","date_gmt":"2024-08-05T21:56:25","guid":{"rendered":"https:\/\/www.aib.media\/regions\/2024\/08\/05\/sahel-paris-met-en-oeuvre-un-ensemble-de-mesures-visant-a-destabiliser-laes\/"},"modified":"2024-08-05T23:56:25","modified_gmt":"2024-08-05T21:56:25","slug":"sahel-paris-met-en-oeuvre-un-ensemble-de-mesures-visant-a-destabiliser-laes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.aib.media\/regions\/2024\/08\/05\/sahel-paris-met-en-oeuvre-un-ensemble-de-mesures-visant-a-destabiliser-laes\/","title":{"rendered":"Sahel: Paris met en \u0153uvre un ensemble de mesures visant \u00e0 d\u00e9stabiliser l&rsquo;AES"},"content":{"rendered":"<p>S\u00c9CURIT\u00c9: SAHEL-FRANCE-RELATIONS-OPINION<\/p>\n<p><strong>Sahel: Paris met en \u0153uvre un ensemble de mesures visant \u00e0 d\u00e9stabiliser l&rsquo;AES<\/strong><\/p>\n<p>RABAT, 5 ao\u00fbt. \/TASS\/. La France met en \u0153uvre un ensemble de mesures visant \u00e0 d\u00e9stabiliser les pays membres de la Conf\u00e9d\u00e9ration de l&rsquo;Alliance des \u00c9tats du Sahel (AES), qui comprend le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Boubou Doucour\u00e9, politologue malien, expert dans le domaine des relations internationales, l\u2019a d\u00e9clar\u00e9 lors d&rsquo;une conversation avec un correspondant de TASS.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0La France, apr\u00e8s l&rsquo;expulsion de ses contingents militaires des pays de l\u2019AES au cours des derni\u00e8res ann\u00e9es et l&rsquo;annulation des contrats coloniaux, souhaite bien s\u00fbr renforcer sa pr\u00e9sence militaire dans certains \u00c9tats frontaliers afin de maintenir son influence militaire et diplomatique non seulement dans la r\u00e9gion du Sahel, mais aussi sur l&rsquo;ensemble du continent, afin d&rsquo;\u00eatre \u00e0 la hauteur de son statut de \u00ab\u00a0gendarme de l&rsquo;Afrique\u00a0\u00bb. Mais la France n&rsquo;a pas les moyens de s&rsquo;assurer une telle position\u00a0\u00bb, a-t-il not\u00e9.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Paris perd le contr\u00f4le<\/strong><\/p>\n<p>\u00ab\u00a0La France, qui avait la capacit\u00e9 d&rsquo;influencer ou de d\u00e9stabiliser n&rsquo;importe quel r\u00e9gime en place au Sahel, a d\u00e9j\u00e0 perdu le contr\u00f4le du Burkina Faso, du Mali et du Niger. C&rsquo;est un coup dur pour la position g\u00e9ostrat\u00e9gique et l&rsquo;\u00e9conomie de Paris, qui vit des avantages commerciaux des contrats pr\u00e9c\u00e9dents\u00a0\u00bb, poursuit l&rsquo;interlocuteur de l&rsquo;agence.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0La France tente actuellement de d\u00e9stabiliser le Burkina Faso, le Mali et le Niger \u00e0 partir du territoire de certains pays voisins afin de reprendre le contr\u00f4le du Sahel. Pour ce faire, Paris a recours \u00e0 un ensemble de m\u00e9thodes diff\u00e9rentes, parmi lesquelles l&rsquo;imposition d&#8217;embargos, le soutien \u00e0 des groupes extr\u00e9mistes arm\u00e9s, la mise en \u0153uvre d&rsquo;activit\u00e9s de propagande, l&rsquo;utilisation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e de la d\u00e9sinformation. Des conditions \u00e9conomiques sans pr\u00e9c\u00e9dent, injustifi\u00e9es et ill\u00e9gales sont impos\u00e9es aux trois pays de l\u2019AES afin d&rsquo;enflammer le climat social et de retourner l&rsquo;opinion publique contre les gouvernements en place\u00a0\u00bb, a expliqu\u00e9 M. Doucour\u00e9.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0C&rsquo;est pourquoi, en plus de l&rsquo;expulsion de l&rsquo;ambassadeur de France et de l&rsquo;expulsion de l&rsquo;arm\u00e9e fran\u00e7aise, des m\u00e9dias comme Radio France internationale (RFI) et la cha\u00eene de t\u00e9l\u00e9vision France 24 ont \u00e9t\u00e9 suspendus au Mali, contribuant ainsi \u00e0 la d\u00e9stabilisation de la vie int\u00e9rieure\u00a0\u00bb, a-t-il ajout\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Sans approvisionnement en uranium<\/strong><\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Paris ne p\u00e8se pas lourd sur la sc\u00e8ne internationale sans le contr\u00f4le de ses anciennes colonies, notamment en Afrique. Paris poss\u00e8de l&rsquo;une des plus grandes r\u00e9serves d&rsquo;or d&rsquo;Europe, voire du monde. C&rsquo;est sur la base de cette r\u00e9serve d&rsquo;or pill\u00e9e en Afrique, ainsi que sur le potentiel des ressources naturelles de ses anciennes colonies, qu&rsquo;elle contr\u00f4le toujours, que la France construit son \u00e9conomie. Quant au Burkina Faso, au Mali et au Niger, dont la France a d\u00fb se retirer, ces trois pays du Sahel repr\u00e9sentent un immense march\u00e9, poss\u00e8dent d&rsquo;importantes r\u00e9serves d&rsquo;uranium, d&rsquo;or, de p\u00e9trole, de gaz, des sources d&rsquo;eau potable et bien d&rsquo;autres choses encore\u00a0\u00bb, souligne l&rsquo;expert.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Il n&rsquo;y a pas si longtemps, la France d\u00e9tenait au Niger un quasi-monopole sur l&rsquo;exploitation de l&rsquo;uranium, fixant le prix d&rsquo;achat du produit brut bien en dessous du prix du march\u00e9 international. Avec l&rsquo;arriv\u00e9e des nouvelles autorit\u00e9s \u00e0 Niamey en 2023, le contrat avec la France a \u00e9t\u00e9 annul\u00e9 et le Niger a d\u00e9cid\u00e9 de se tourner vers la Russie et l&rsquo;Iran pour l&rsquo;exportation directe de son uranium. Je tiens \u00e0 rappeler qu&rsquo;en 2022, le Niger fournissait un quart de ses approvisionnements en uranium naturel aux centrales nucl\u00e9aires europ\u00e9ennes exclusivement par l&rsquo;interm\u00e9diaire de soci\u00e9t\u00e9s fran\u00e7aises\u00a0\u00bb, a fait remarquer M. Doucour\u00e9.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0La France a ainsi perdu sa principale source d&rsquo;approvisionnement en uranium n\u00e9cessaire au fonctionnement de ces centrales nucl\u00e9aires et \u00e0 la production d&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9. Sans compter que la r\u00e9siliation du contrat entra\u00eene des pertes de plusieurs centaines de milliards d&rsquo;euros pour la France, ses entreprises et ses partenaires\u00a0\u00bb, conclut-il.<\/p>\n<p><strong>Organisation de d\u00e9fense collective<\/strong><\/p>\n<p>En septembre 2023, le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont sign\u00e9 une charte visant \u00e0 cr\u00e9er une organisation de d\u00e9fense collective appel\u00e9e Alliance des \u00c9tats du Sahel (AES). Le document fondateur indique que \u00ab\u00a0toute atteinte \u00e0 la souverainet\u00e9 et \u00e0 l\u2019int\u00e9grit\u00e9 territoriale d\u2019une ou plusieurs parties contractantes sera consid\u00e9r\u00e9e comme une agression contre les autres parties et engagera un devoir d\u2019assistance et de secours de toutes les parties\u00a0\u00bb. Le 28 janvier 2024, le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont annonc\u00e9 leur d\u00e9cision commune de quitter la Communaut\u00e9 \u00e9conomique des \u00c9tats de l&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest (C\u00e9d\u00e9ao), avec effet imm\u00e9diat. Le 6 juillet 2024 marque la cr\u00e9ation de la Conf\u00e9d\u00e9ration Alliance des \u00c9tats du Sahel.<\/p>\n<p>Avec TASS<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>S\u00c9CURIT\u00c9: SAHEL-FRANCE-RELATIONS-OPINION Sahel: Paris met en \u0153uvre un ensemble de mesures visant \u00e0 d\u00e9stabiliser l&rsquo;AES RABAT, 5 ao\u00fbt. \/TASS\/. La France met en \u0153uvre un ensemble de mesures visant \u00e0 d\u00e9stabiliser les pays membres de la Conf\u00e9d\u00e9ration de l&rsquo;Alliance des \u00c9tats du Sahel (AES), qui comprend le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Boubou [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":10,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[123,177,9],"tags":[],"class_list":["post-27561","post","type-post","status-publish","format-standard","category-depeches","category-developpement","category-flashinfos"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.aib.media\/regions\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/27561","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.aib.media\/regions\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.aib.media\/regions\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.aib.media\/regions\/wp-json\/wp\/v2\/users\/10"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.aib.media\/regions\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=27561"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.aib.media\/regions\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/27561\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.aib.media\/regions\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=27561"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.aib.media\/regions\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=27561"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.aib.media\/regions\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=27561"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}