{"id":27551,"date":"2024-08-05T15:10:46","date_gmt":"2024-08-05T13:10:46","guid":{"rendered":"https:\/\/www.aib.media\/regions\/2024\/08\/05\/retour-sur-le-processus-de-decolonisation-du-burkina-faso-de-1945-a-son-independance-en-1960\/"},"modified":"2024-08-05T15:10:46","modified_gmt":"2024-08-05T13:10:46","slug":"retour-sur-le-processus-de-decolonisation-du-burkina-faso-de-1945-a-son-independance-en-1960","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.aib.media\/regions\/2024\/08\/05\/retour-sur-le-processus-de-decolonisation-du-burkina-faso-de-1945-a-son-independance-en-1960\/","title":{"rendered":"Retour sur le processus de d\u00e9colonisation du Burkina Faso de 1945 \u00e0 son ind\u00e9pendance en 1960"},"content":{"rendered":"<p>Burkina-Ind\u00e9pendance-Comm\u00e9moration-Histoire-Rappel<\/p>\n<p><strong>Retour sur le processus de d\u00e9colonisation du Burkina Faso de 1945 \u00e0 son ind\u00e9pendance en 1960<\/strong><\/p>\n<p>Ouagadougou, 5 ao\u00fbt 2024 (AIB) &#8211; Le Burkina Faso ind\u00e9pendant c\u00e9l\u00e8bre ce lundi 5 ao\u00fbt 2024, ses 64 ans. Une ind\u00e9pendance proclam\u00e9e le 5 ao\u00fbt 1960 par Maurice Yam\u00e9ogo. La proclamation \u00e9tait l\u2019aboutissement d\u2019un processus de d\u00e9colonisation d\u00e9marr\u00e9 au lendemain de la seconde guerre mondiale en 1945 et marqu\u00e9 par la reconstitution de la colonie de Haute-Volta en 1947. L\u2019une des p\u00e9riodes d\u00e9terminantes de cette d\u00e9colonisation a \u00e9t\u00e9 la prise en main de la gestion du pays par les Volta\u00efques le 17 mai 1957 sous le leadership de Daniel Ou\u00e9zzin Coulibaly.<\/p>\n<p>La vie politique en Haute-Volta d\u00e9marre en 1945. Nous sommes \u00e0 la fin de la seconde guerre mondiale. Et la France affaiblie et d\u00e9mystifi\u00e9e sort gagnant de la guerre en partie gr\u00e2ce aux volta\u00efques et aux africains qui se sont battus \u00e0 ses c\u00f4tes et qui ont pay\u00e9 le prix de leurs vies.<\/p>\n<p>Pour Daniel Ou\u00e9zzin Coulibaly, enseignant et syndicaliste volta\u00efque, par le combat et le sang vers\u00e9 des africains, \u00abl\u2019Afrique a pay\u00e9 sa contribution \u00e0 la paix, elle a acquis le droit de vivre sur la base de l\u2019\u00e9galit\u00e9 des hommes, des races et des peuples\u00bb.<\/p>\n<p>Aussi, face \u00e0 la pression de l\u2019\u00e9lite africaine naissante, de la chefferie traditionnelle et coutumi\u00e8re ainsi que des populations africaines d\u00e9complex\u00e9es, la France octroie un poste de d\u00e9put\u00e9 au sein de son Assembl\u00e9e nationale \u00e1 chacune de ses colonies.<\/p>\n<p>Les volta\u00efques qui font partie en grande majorit\u00e9 de la colonie de la C\u00f4te d\u2019Ivoire avec Bobo-Dioulasso et Ouagadougou auront comme premier d\u00e9put\u00e9 Felix Houphou\u00ebt-Boigny soutenu par Daniel Ou\u00e9zzin Coulibaly.<\/p>\n<p>Au parlement fran\u00e7ais, Felix Houphou\u00ebt-Boigny et les autres d\u00e9put\u00e9s africains \u00e9lus r\u00e9clament et obtiennent pour les Volta\u00efques, et l\u2019ensemble des peuples noirs, plusieurs droits que ces derniers avaient perdu depuis le d\u00e9but de la colonisation comme la fin des travaux forc\u00e9s.<br \/>\nCependant dans les faits, l\u2019administration coloniale continuait \u00e0 exploiter les populations comme le rapporte Daniel Ou\u00e9zzin Coulibaly.<\/p>\n<p>\u00abLe 10 novembre 1946, je passais par Kaya pour me rendre \u00e0 Dori. Sur le parcours Ouagadougou-Dori, je rencontrais des foules d&rsquo;hommes qui creusaient le sol et transportaient sur leur t\u00eate les traditionnels paniers de terre. (\u2026) Comme je leur disais que le travail forc\u00e9 avait \u00e9t\u00e9 supprim\u00e9, ils me dirent que dans leur village \u00ab\u00a0rien n&rsquo;avait \u00e9t\u00e9 chang\u00e9\u2019\u2019\u00bb.<\/p>\n<p>En 1946, de nouvelles \u00e9lections au parlement fran\u00e7ais octroient trois postes de d\u00e9put\u00e9s \u00e0 la Haute et \u00e0 la Basse C\u00f4te d\u2019Ivoire. A l\u2019issue de ces \u00e9lections, Felix Houphou\u00ebt-Boigny est r\u00e9\u00e9lu avec les deux premiers d\u00e9put\u00e9s volta\u00efques, Daniel Ou\u00e9zzin Coulibaly et Philippe Zinda Kabor\u00e9.<\/p>\n<p>Les trois d\u00e9put\u00e9s \u00e9lus, en accord avec les autres \u00e9lus africains dans les autres colonies fran\u00e7aises vont se battre pour l\u2019application des lois qui garantissent les droits des africains notamment celui sur la fin des travaux forc\u00e9s.<\/p>\n<p>L\u2019ann\u00e9e 1946, c\u2019est aussi l\u2019ann\u00e9e de la cr\u00e9ation des premiers partis politiques dans les colonies fran\u00e7aises d\u2019Afrique noire.<\/p>\n<p>Le Mogho Naba Sagha II cr\u00e9e l\u2019Union Volta\u00efque (UV) en juin 1946 \u00e0 Ouagadougou et Daniel Ou\u00e9zzin Coulibaly cr\u00e9\u00e9 le Parti d\u00e9mocratique volta\u00efque (PDV), section du Rassemblement d\u00e9mocratique Africain (RDA) le 20 d\u00e9cembre 1947, \u00e0 Bobo-Dioulasso.<\/p>\n<p>Daniel Ou\u00e9zzin Coulibaly est le secr\u00e9taire politique du RDA cr\u00e9\u00e9 le 21 octobre 194 6 \u00e0 Bamako. A ce titre, il sillonne toute l\u2019Afrique noire pour installer les sections du RDA : au Soudan (actuel Mali), en Guin\u00e9e, au Niger, au Congo, au S\u00e9n\u00e9gal, au Dahomey (actuel Benin), au Cameroun, etc. Le RDA s\u2019apparente au parti communiste Fran\u00e7ais.<\/p>\n<p>De 1947 \u00e0 1954 ce sont ces deux partis qui vont animer la vie politique en Haute Volta et batailler pour occuper les postes dans les Institutions politiques nouvellement cr\u00e9es avec la reconstitution du territoire.<\/p>\n<p>Le pr\u00e9sident de la r\u00e9publique fran\u00e7aise Vincent Auriol promulgue le 4 septembre 1947 la loi adopt\u00e9e par l\u2019Assembl\u00e9e nationale fran\u00e7aise qui r\u00e9tablit la colonie de la Haute Volta.<\/p>\n<p>Le r\u00e9tablissement de la Haute Volta r\u00e9clam\u00e9 par la chefferie coutumi\u00e8re et traditionnelle depuis plus d\u2019une d\u00e9cennie ainsi que l\u2019\u00e9lite politique naissante et r\u00e9alis\u00e9 en 1947 par le colon fran\u00e7ais, ne vise pas \u00e0 r\u00e9compenser les volta\u00efques.<\/p>\n<p>Il vise \u00e0 affaiblir le RDA dont les principaux bastions se trouvent entre la C\u00f4te d\u2019Ivoire et l\u2019Ouest de la Haute Volta qui ont pour leader le pr\u00e9sident du RDA Felix Houphou\u00ebt-Boigny et le lion du RDA, Daniel Ou\u00e9zzin Coulibaly. Apr\u00e8s le r\u00e9tablissement, Daniel Ou\u00e9zzin Coulibaly reste d\u00e9put\u00e9 de la C\u00f4te d\u2019Ivoire car pour lui son combat reste panafricain.<\/p>\n<p>Le r\u00e9tablissement a pour avantage la cr\u00e9ation d\u2019un Conseil g\u00e9n\u00e9ral (anc\u00eatre de l\u2019Assembl\u00e9e nationale burkinab\u00e8) en 1948 et l\u2019\u00e9lection de ses membres. C\u2019est un organe consultatif sans r\u00e9el pouvoir.<\/p>\n<p>Sous le poids de la r\u00e9pression de l\u2019administration coloniale, les \u00e9lus du RDA au parlement fran\u00e7ais annoncent, le 18 octobre 1950 qu\u2019ils se d\u00e9sapparentent du groupe parlementaire du Parti communiste fran\u00e7ais (PCF).<\/p>\n<p>En juillet 1951, Daniel Ou\u00e9zzin Coulibaly condamne devant le parlement fran\u00e7ais, les fraudes \u00e9lectorales en Haute-Volta et en C\u00f4te d\u2019Ivoire. Les gouverneurs P\u00e9choux et Mouragues maintiennent contre lui en C\u00f4te d\u2019Ivoire et en Haute-Volta, une dizaine d\u2019inculpations assorties de poursuites judiciaires l\u2019obligeant \u00e0 se r\u00e9fugier en France.<\/p>\n<p>A partir de 1954, l\u2019Union Volta\u00efque s\u2019\u00e9clate : Nazi Boni cr\u00e9e le Mouvement populaire d\u2019\u00e9volution africaine (MPEA) qui deviendra le Mouvement populaire africain (MPA). Joseph Conombo et Henri Guissou forment le Parti social pour l&rsquo;\u00e9mancipation des masses africaines (PSEMA) en janvier 1955. En juillet 1956, le colonel Michel Dorange cr\u00e9e le Mouvement d\u00e9mocratique volta\u00efque (MDV) avec Gerard Kango Ou\u00e9draogo. Dans ce nouveau parti adh\u00e8re Maurice Yam\u00e9ogo qui occupe le poste de contr\u00f4leur financier.<\/p>\n<p>En octobre 1954, le train arrive pour la premi\u00e8re fois \u00e0 Ouagadougou avec \u00e0 son bord Daniel Ou\u00e9zzin Coulibaly et Felix Houphou\u00ebt-Boigny qui l\u2019inaugurent.<\/p>\n<p>En France, il y a un changement de gouvernement en fin 1955 qui sera favorable au RDA avec l\u2019entr\u00e9e de son pr\u00e9sident Felix Houphou\u00ebt-Boigny dans le nouveau gouvernement en tant que ministre d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 \u00e0 la pr\u00e9sidence du Conseil.<\/p>\n<p>Le RDA qui a \u00e9t\u00e9 combattu depuis sa cr\u00e9ation en 1946 par l\u2019administration coloniale devient \u00e0 partir de 1956, un alli\u00e9 du gouvernement fran\u00e7ais. Le mouvement va donc en profiter pour demander de nouvelles r\u00e9formes pour les colonies africaines.<\/p>\n<p>L\u2019une des r\u00e9formes majeures sera l\u2019adoption le 23 juin 1956 de la loi-cadre propos\u00e9e par le ministre fran\u00e7ais d&rsquo;outre-mer Gaston Defferre et le ministre F\u00e9lix Houphou\u00ebt-Boigny. La loi cadre autorise la mise en place dans les territoires africains, des Conseils de gouvernement \u00e9lus, ce qui permet au pouvoir ex\u00e9cutif local d&rsquo;\u00eatre plus autonome vis-\u00e0-vis de la France.<\/p>\n<p>En 1956, Daniel Ou\u00e9zzin Coulibaly est alors la plus grande figure politique de la Haute Volta et c\u2019est son mouvement, le RDA, qui a \u0153uvr\u00e9 pour l\u2019adoption de la loi-cadre qui offre aux Africains une autonomie relative, un pas vers l\u2019ind\u00e9pendance. Il est donc incontournable dans la formation du premier gouvernement de la Haute Volta.<\/p>\n<p>Aussi, des leaders politiques volta\u00efques vont \u0153uvrer pour s\u2019allier avec lui afin de jouer un r\u00f4le dans la nouvelle Haute Volta autonome et ind\u00e9pendante qui \u00e9tait en train de se dessiner. Deux personnalit\u00e9s politiques, Joseph Issoufou Conombo et G\u00e9rard Kango Ou\u00e9draogo se disputent la paternit\u00e9 du retour sur la sc\u00e8ne politique volta\u00efque de Ou\u00e9zzin Coulibaly qui \u00e9tait toujours d\u00e9put\u00e9 de la C\u00f4te d\u2019Ivoire.<\/p>\n<p>Pour la formation du premier gouvernement autonome de l\u2019histoire de la Haute Volta, Daniel Ou\u00e9zzin Coulibaly pr\u00f4ne le compromis et l\u2019unit\u00e9 de la famille politique. Il fusionne le 23 septembre 1956 \u00e0 Ouagadougou avec Joseph Conombo, le Parti d\u00e9mocratique volta\u00efque (PDV), section territoriale du RDA et le PSEMA pour donner naissance au Parti d\u00e9mocratique unifi\u00e9 (PDU).<\/p>\n<p>Tr\u00e8s optimiste, Daniel Ou\u00e9zzin Coulibaly \u00e9crit que \u00abla colossale Haute-Volta a pris le d\u00e9part et s\u2019est \u00e9lanc\u00e9e dans l\u2019ar\u00e8ne. Souhaitons-lui bonne route et bonne chance. Nous sommes avec elle\u00bb.<\/p>\n<p>L\u2019application effective de la loi cadre intervient en 1957 avec l\u2019adoption le 2 F\u00e9vrier, des d\u00e9crets d\u2019application et l\u2019organisation d\u2019\u00e9lections l\u00e9gislatives en Haute Volta le 31 mars 1957.<\/p>\n<p>Ces \u00e9lections sont remport\u00e9es par le PDU de Daniel Ou\u00e9zzin Coulibaly et Joseph Issoufou Conombo avec 37 si\u00e8ges. Le MDV du colonel Michel Dorange et G\u00e9rard Kango Ou\u00e9draogo remporte 26 si\u00e8ges, l\u2019un des \u00e9lus de ce parti est Maurice Yam\u00e9ogo. Le MPEA de Nazi Boni remporte 5 si\u00e8ges et les Ind\u00e9pendants 2 si\u00e8ges, soit 70 si\u00e8ges en tout. Bien que vainqueur du scrutin, Daniel Ou\u00e9zzin Coulibaly scelle une alliance avec le parti politique arriv\u00e9 deuxi\u00e8me le MDV pour la formation du gouvernement.<\/p>\n<p>Le premier gouvernement de l\u2019histoire de la Haute-Volta est form\u00e9 le 17 mai 1957 \u00e0 Ouagadougou, dot\u00e9 de pouvoirs ex\u00e9cutifs \u00e9tendus. Daniel Ou\u00e9zzin Coulibaly est vice-pr\u00e9sident du conseil de gouvernement, ministre des Affaires inter-territoriales et ministre de l\u2019Information. Le gouverneur fran\u00e7ais Yvon Bourges est le pr\u00e9sident du conseil mais il n\u2019a d\u00e9sormais qu\u2019un r\u00f4le symbolique.<\/p>\n<p>Le num\u00e9ro 2 du gouvernement est le patron du MDV, colonel Michel Dorange qui occupe le poste de ministre de l\u2019int\u00e9rieur. Au 10\u00e8 rang minist\u00e9riel, on trouve Maurice Yam\u00e9ogo qui est ministre de l\u2019Economie agricole.<\/p>\n<p>D\u00e8s la mise en place du gouvernement, Daniel Ou\u00e9zzin Coulibaly interpelle \u00abNi la politique, ni le mandat ne sont une fin en soi. Ce sont des moyens dont on ne doit user que dans l\u2019int\u00e9r\u00eat public et de l\u2019acc\u00e9l\u00e9ration du progr\u00e8s social\u00bb.<\/p>\n<p>Dans le gouvernement form\u00e9, Joseph Issoufou Conombo et Gerard Kango Ou\u00e9draogo n\u2019y figurent pas. Ils se d\u00e9solidarisent et profiteront d\u2019un certain nombre d\u2019incidents pour constituer fin 1957, \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e territoriale volta\u00efque, un groupe hostile au gouvernement. Ils s\u2019allient \u00e0 l\u2019autre leader de l\u2019opposition Nazi Boni et votent une motion de d\u00e9fiance exigeant la d\u00e9mission du pr\u00e9sident Ou\u00e9zzin Coulibaly avec son gouvernement. La Haute Volta est en crise et des tractations sont engag\u00e9es.<\/p>\n<p>Le 12 janvier 1958, le pr\u00e9sident Daniel Ou\u00e9zzin Coulibaly b\u00e9n\u00e9ficie du ralliement du ministre de l\u2019Economie agricole Maurice Yam\u00e9ogo avec d\u2019autres membres. Il forme le 6 f\u00e9vrier 1958, un nouveau gouvernement dans lequel Maurice Yam\u00e9ogo est propuls\u00e9 num\u00e9ro 2 au poste de ministre de l\u2019Int\u00e9rieur.<\/p>\n<p>Le 20 mai 1958, Daniel Ou\u00e9zzin Coulibaly prononce \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e territoriale, son m\u00e9morable et historique discours-programme qui pr\u00e9sente de grandes ambitions pour son pays.<\/p>\n<p>\u00abLes colossales pyramides d\u2019Egypte, la grande muraille de Chine, les cath\u00e9drales gothiques de l\u2019Europe occidentale ne doivent rien aux techniques industrielles modernes. Ces monuments \u00e9lev\u00e9s par le travail et la foi des hommes sont l\u2019\u0153uvre des soci\u00e9t\u00e9s dont le d\u00e9nuement mat\u00e9riel \u00e9tait \u00e9gal au n\u00f4tre. M\u00e9ditons leur le\u00e7on, sachons que rien n\u2019est impossible \u00e0 l\u2019homme de volont\u00e9 anim\u00e9 d\u2019un grand courage\u00bb.<\/p>\n<p>En juillet 1958, Daniel Ou\u00e9zzin Coulibaly devient pr\u00e9sident du conseil de gouvernement et chef du territoire de la Haute Volta. Malade depuis quelques temps, il se rend en fin juillet 1958 \u00e0 Paris pour y subir des examens m\u00e9dicaux. Il d\u00e9signe Maurice Yam\u00e9ogo pour assurer l\u2019int\u00e9rim du pouvoir.<\/p>\n<p>L\u2019int\u00e9rimaire Maurice Yam\u00e9ogo rend visite le 2 septembre 1958 au pr\u00e9sident tde gouvernement Daniel Ou\u00e9zzin Coulibaly qui lui demande de faire le point de l\u2019\u00e9tat d\u2019avancement de la construction de l&rsquo;h\u00f4pital de Ouagadougou, de la radiodiffusion de la Haute-Volta, etc.<\/p>\n<p>Daniel Ou\u00e9zzin Coulibaly, meurt le dimanche 7 septembre 1958 \u00e0 7 heures 30 minutes \u00e0 l\u2019h\u00f4pital saint Antoine de Paris d\u2019un mal non d\u00e9termin\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 ce jour. Ce d\u00e9c\u00e8s est un s\u00e9isme dans toute l\u2019Afrique noire et en France.<\/p>\n<p>Le lendemain de son d\u00e9c\u00e8s, le pr\u00e9sident guin\u00e9en S\u00e9kou Tour\u00e9, l\u2019un de ses prot\u00e9g\u00e9s, lui rend hommage en d\u00e9cr\u00e9tant le 9 septembre 1958, une journ\u00e9e de recueillement et de pri\u00e8re de la part des populations guin\u00e9enne.<\/p>\n<p>Modibo K\u00e9ita du Mali \u00e9crit : \u00abMon cher ma\u00eetre, mon tr\u00e8s regrett\u00e9 guide, mon ain\u00e9 et fr\u00e8re de lutte, d\u00e9sormais entr\u00e9 dans la l\u00e9gende, notre fr\u00e8re des jours sombres et des jours de gloire, adieu, dors en paix\u00bb.<\/p>\n<p>Felix Houphou\u00ebt-Boigny affirme \u00abLe camarade, l\u2019ami, le compagnon, le fr\u00e8re de lutte, le pr\u00e9sident du RDA, atteint dans ce qu\u2019il a de plus cher, car avec toi, cher Ou\u00e9zzin, c\u2019est beaucoup de lui-m\u00eame qui s\u2019en va\u00bb.<\/p>\n<p>Daniel Ou\u00e9zzin Coulibaly re\u00e7oit des hommages et des honneurs \u00e0 Paris et \u00e0 Abidjan. Sa d\u00e9pouille mortelle est ramen\u00e9e ensuite en Haute Volta o\u00f9 il re\u00e7oit des fun\u00e9railles nationales \u00e0 Ouagadougou et Bobo-Dioulasso, les 14 et 15 septembre 1958.<\/p>\n<p>Pour son successeur Maurice Yam\u00e9ogo, Daniel Ou\u00e9zzin Coulibaly, \u00ab\u00e9tait la boussole qui montre le chemin des int\u00e9r\u00eats volta\u00efques, le chef indiscutable qui savait concilier les divergences de vues au cours de nos d\u00e9bats, le g\u00e9ant de la pens\u00e9e et de l\u2019action\u00bb.<\/p>\n<p>Son adversaire politique G\u00e9rard Kango Ou\u00e9draogo affirme : \u00abLa Haute Volta et avec elle l\u2019Afrique enti\u00e8re, pleure le meilleur de ses fils, (\u2026) la fiert\u00e9 des Volta\u00efques, leur gloire, leur flambeau\u00bb.<\/p>\n<p>Deux semaines apr\u00e8s ces fun\u00e9railles, les Volta\u00efques approuvent \u00e0 plus de 98 %, la Constitution sur la Communaut\u00e9 franco-africaine. Une fois les fun\u00e9railles termin\u00e9es, les tractations sont engag\u00e9es au niveau des acteurs politiques pour la succession du pr\u00e9sident Daniel Ou\u00e9zzin Coulibaly.<\/p>\n<p>Maurice Yam\u00e9ogo veut se faire confirmer par le Parlement mais les anciens adversaires du pr\u00e9sident Daniel Ou\u00e9zzin Coulibaly \u00e0 savoir Nazi Boni, Joseph Issoufou Conombo et Gerard Kango Ou\u00e9draogo, estiment que le poste leur revient.<\/p>\n<p>A leur grande surprise, un acteur inattendu entre en sc\u00e8ne : le Mogho Naba Kougri, roi de Ouagadougou. Le jeune monarque avait succ\u00e9d\u00e9 en d\u00e9cembre 1957 \u00e0 son p\u00e8re Mogho Naba Saga II, d\u00e9c\u00e9d\u00e9.<\/p>\n<p>Le 17 octobre 1958, le Mogho Naba Kougri se pr\u00e9sente devant le palais de l\u2019Assembl\u00e9e Territoriale avec ses partisans pour faire pression sur les d\u00e9put\u00e9s volta\u00efques pour l\u2019instauration d\u2019une monarchie constitutionnelle.<\/p>\n<p>A la demande du pr\u00e9sident int\u00e9rimaire Maurice Yam\u00e9ogo, la Police coloniale et la Garde r\u00e9publicaine interviennent, tirent en l\u2019air et dispersent la foule et les partisans du souverain mossi.<\/p>\n<p>Cet \u00e9v\u00e9nement rapproche la classe politique (opposition et majorit\u00e9) et les parlementaires confirment Maurice Yam\u00e9ogo, \u00e0 la t\u00eate du pays le 20 octobre 1958 mettant d\u00e9finitivement en \u00e9chec la tentative de coup d\u2019\u00e9tat du souverain des mossis.<\/p>\n<p>Maurice Yam\u00e9ogo forme le 10 d\u00e9cembre 1958, un gouvernement d\u2019union et le lendemain 11 d\u00e9cembre 1958, la R\u00e9publique est proclam\u00e9e et l\u2019Assembl\u00e9e territoriale devient Assembl\u00e9e l\u00e9gislative et constituante.<\/p>\n<p>La nouvelle Assembl\u00e9e l\u00e9gislative opte pour la f\u00e9d\u00e9ration du Mali mais dans le cadre de la communaut\u00e9. L\u2019unanimit\u00e9 se d\u00e9gage au niveau de tous les partis volta\u00efques de l\u2019\u00e9poque ; ils sont f\u00e9d\u00e9ralistes.<\/p>\n<p>Mais Maurice Yam\u00e9ogo abandonne la f\u00e9d\u00e9ration et cr\u00e9e le 29 mai 1959, le conseil de l\u2019entente avec le Dahomey (actuel Benin) de Hubert Maga, la C\u00f4te d\u2019Ivoire de F\u00e9lix Houphou\u00ebt-Boigny et le Niger de Hamani Diori.<\/p>\n<p>Maurice Yam\u00e9ogo pr\u00e9side le 25 octobre 1959 \u00e0 Bobo-Dioulasso, la c\u00e9r\u00e9monie de transfert de la d\u00e9pouille mortelle de Daniel Ou\u00e9zzin Coulibaly dans le caveau familial.<\/p>\n<p>Une lettre ouverte critiquant l\u2019action gouvernementale est sign\u00e9e, le 28 juin 1960, par Nazi Boni, Joseph Ou\u00e9draogo, Diongolo Traor\u00e9, Edouard Ou\u00e9draogo, Gabriel Ou\u00e9draogo et Paul Nikiema dans le but d\u2019obtenir la tenue d\u2019une table ronde. En r\u00e9ponse \u00e0 cette demande, Maurice Yam\u00e9ogo les fait tous interner le 2 juillet 1960 \u00e0 Gorom-Gorom, sauf Nazi Boni d\u00e9j\u00e0 parti en exil.<\/p>\n<p>Nazi Boni trouve asile \u00e0 Bamako chez Modibo Ke\u00efta. A la veille du 5 ao\u00fbt 1960, \u00e0 20 heures 15 mn, Nazi Boni s\u2019adresse \u00e0 travers Radio Mali, au peuple volta\u00efque qui s\u2019appr\u00eate \u00e0 \u00eatre ind\u00e9pendant.<\/p>\n<p>\u00abL\u2019ind\u00e9pendance impos\u00e9e au gouvernement par le peuple (et) par l\u2019opposition et litt\u00e9ralement offerte par la France sera proclam\u00e9e par ceux qui en sont les ennemis les plus acharn\u00e9s qui, aujourd\u2019hui comme demain, sont pr\u00eats \u00e0 la saboter.<\/p>\n<p>C\u2019est le paradoxe de la vie. C\u2019est la com\u00e9die humaine. Mais, quel que soit la forme rev\u00eatue par notre accession \u00e0 la souverainet\u00e9 internationale, celle-ci constitue un fait positif dont nous devons nous r\u00e9jouir\u2026\u00bb, affirme Nazi Boni.<\/p>\n<p>Le 5 ao\u00fbt 1960, Maurice Yam\u00e9ogo proclame l\u2019ind\u00e9pendance. \u00abAujourd\u2019hui, 5 ao\u00fbt 1960, \u00e0 z\u00e9ro heure, au nom du droit naturel de l\u2019homme \u00e0 la libert\u00e9, \u00e0 l\u2019\u00e9galit\u00e9, \u00e0 la fraternit\u00e9, je proclame solennellement l\u2019ind\u00e9pendance de la R\u00e9publique de Haute-Volta \u00bb.<\/p>\n<p>Agence d\u2019Information du Burkina<br \/>\nInformations rassembl\u00e9es par<br \/>\nWUROT\u00c8DA Ibrahima SANOU<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Burkina-Ind\u00e9pendance-Comm\u00e9moration-Histoire-Rappel Retour sur le processus de d\u00e9colonisation du Burkina Faso de 1945 \u00e0 son ind\u00e9pendance en 1960 Ouagadougou, 5 ao\u00fbt 2024 (AIB) &#8211; Le Burkina Faso ind\u00e9pendant c\u00e9l\u00e8bre ce lundi 5 ao\u00fbt 2024, ses 64 ans. 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