{"id":20886,"date":"2023-08-07T15:41:17","date_gmt":"2023-08-07T13:41:17","guid":{"rendered":"https:\/\/www.aib.media\/regions\/?p=20886"},"modified":"2023-08-07T15:41:17","modified_gmt":"2023-08-07T13:41:17","slug":"le-tapis-dhonneur-de-la-rtb-radio-fatogoma-berthe-le-maitre-qui-a-dompte-ses-esclaves-de-gaoua","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.aib.media\/regions\/2023\/08\/07\/le-tapis-dhonneur-de-la-rtb-radio-fatogoma-berthe-le-maitre-qui-a-dompte-ses-esclaves-de-gaoua\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Le Tapis d\u2019honneur\u00a0\u00bb de la RTB\/Radio :Fatogoma Berth\u00e9, le \u00ab\u00a0maitre\u00a0\u00bb qui a dompt\u00e9 ses \u00ab\u00a0esclaves\u00a0\u00bb de Gaoua"},"content":{"rendered":"<p><strong>\u00ab\u00a0<\/strong><em>Le Tapis d\u2019honneur<strong>\u00a0<\/strong><\/em><strong>\u00bb de la RTB\/Radio<\/strong><\/p>\n<p><strong>Fatogoma Berth\u00e9, le \u00ab\u00a0maitre\u00a0\u00bb qui a dompt\u00e9 ses \u00ab\u00a0esclaves\u00a0\u00bb de Gaoua <\/strong><\/p>\n<p><strong>Enseignant \u00e0 la retraite et t\u00e9moin de l\u2019accession du Burkina Faso \u00e0 l\u2019ind\u00e9pendance, El Hadj Fatogoma Berth\u00e9, \u00e9tait l\u2019invit\u00e9 de l\u2019\u00e9mission \u00ab<em>\u00a0<\/em><\/strong><em><strong>Le Tapis d\u2019honneur\u00a0<\/strong><\/em><strong>\u00bb de la RTB\/Radio, le samedi 5 ao\u00fbt 2023, \u00e0 Gaoua. Pendant pr\u00e8s de deux heures, l\u2019octog\u00e9naire a pass\u00e9 en revue sa carri\u00e8re d\u2019enseignant, ses <\/strong><strong>souvenirs du 5 ao\u00fbt 1960, du 4 ao\u00fbt 1983 et des guerres contre le Mali en 1974 et 1985. <\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>N\u00e9e vers 1940 \u00e0 Samoroguan dans le K\u00e9n\u00e9dougou, enseignant \u00e0 la retraite et t\u00e9moin de l\u2019accession \u00e0 l\u2019ind\u00e9pendance de la Haute Volta, aujourd\u2019hui Burkina Faso, El Hadj Fatogoma Berth\u00e9,<\/strong> \u00e9tait\u00a0en direct\u00a0sur les antennes de la RTB\/Radio depuis Gaoua \u00e0 l\u2019\u00e9mission \u00ab\u00a0Tapis\u00a0d\u2019honneur\u00a0\u00bb, le samedi 5 ao\u00fbt 2023, jour anniversaire de la f\u00eate de l\u2019ind\u00e9pendance du pays. Apr\u00e8s avoir \u00e9cout\u00e9 son portrait diffus\u00e9 sur la radio nationale, <strong>Fatogoma Berth\u00e9<\/strong> a \u00e9t\u00e9 invit\u00e9 \u00e0 ex\u00e9cuter une vieille r\u00e9citation \u00ab\u00a0Ma main\u00a0\u00bb qu\u2019il a apprise il y a 75 ans, avant de se pr\u00eater aux questions des journalistes, Sibili Charles Simpor\u00e9 et Jean-Baptiste Bouda. Durant pr\u00e8s de deux heures, l\u2019instituteur principal \u00e0 la retraite est revenu son parcours.<\/p>\n<p>De l\u2019\u00e9cole primaire publique de sa localit\u00e9 o\u00f9 il obtint le Certificat d\u2019\u00e9tude primaire (CEP), il d\u00e9posa ses valises au Cours normal de Koudougou o\u00f9 il d\u00e9crocha le brevet \u00e9l\u00e9mentaire. Il va servir ensuite dans plusieurs localit\u00e9s du pays comme Douroula et Boromo (Boucle du Mouhoun), puis Gaoua en 1967. \u00ab\u00a0Lorsque j\u2019ai \u00e9t\u00e9 affect\u00e9 \u00e0 Boromo, je voulais y rester pour construire et fonder ma famille, mais on m\u2019a impos\u00e9 une permutation \u00bb, a soutenu l\u2019enseignant \u00e0 la retraite. A l\u2019\u00e9poque, dit le vieux Berth\u00e9, il y avait des pr\u00e9jug\u00e9s et st\u00e9r\u00e9otypes sur les habitants de Gaoua. \u00ab\u00a0<em>On me disait qu\u2019ils \u00e9taient\u00a0sauvages<\/em>\u00a0\u00bb, raconte-t-il. Finalement, le \u00ab\u00a0maitre\u00a0\u00bb des lobi-dagara a accept\u00e9 son affectation dans le seul but de dompter ses \u00ab\u00a0esclaves\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Tout au long de l\u2019\u00e9mission, il d\u00e9clare sa flamme \u00e0 la ville de ses parents \u00e0 plaisanterie qui lui a tout donn\u00e9, tout en affirmant les avoir \u00ab\u00a0<em>dompt\u00e9s<\/em>\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0<em>Ces gens-l\u00e0 ne construisaient pas \u00e0 l\u2019\u00e9poque. Quand je suis arriv\u00e9, j\u2019ai construit une maison en banco. Ils ne plantaient pas. Gr\u00e2ce \u00e0 moi, ils plantent des arbres\u00a0<\/em>\u00bb, se moque-t-il. Cet enseignant infatigable participera \u00e0 la formation de plusieurs cadres dont la d\u00e9put\u00e9e \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e l\u00e9gislative de la transition (ALT), Ini Damien qui a \u00e9t\u00e9 son \u00e9l\u00e8ve puis sa coll\u00e8gue. Sur la d\u00e9perdition du niveau, de la discipline, de la comp\u00e9tence et de la conscience professionnelle \u00e0 l\u2019\u00e9cole, le vieux a rejet\u00e9 la faute sur tout le monde \u00e0 savoir les parents, l\u2019Etat, les enseignants, la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p><strong>\u00ab\u00a0Monsieur 100%\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p>Surnomm\u00e9 \u00ab\u00a0<em>Monsieur 100%<\/em>\u00a0\u00bb pour ses r\u00e9sultats chaque ann\u00e9e au CEP, l\u2019octog\u00e9naire a soulign\u00e9 que la cl\u00e9 de cette r\u00e9ussite est l\u2019amour du m\u00e9tier, l\u2019entente et la coh\u00e9sion au sein du corps enseignant. A l\u2019\u00e9poque, alors que les enseignants, en plus de la craie, s\u2019adonnaient au sport et la musique, le doyen Berth\u00e9 s\u2019est laiss\u00e9 s\u00e9duire par le th\u00e9\u00e2tre. \u00ab\u00a0<em>J\u2019ai fait le choix du th\u00e9\u00e2tre car il est \u00e9ducatif. Nous avons jou\u00e9 plusieurs fois \u00e0 Ouagadougou et m\u00eame en C\u00f4te d\u2019Ivoire<\/em>\u00a0\u00bb, a-t-il soutenu. L\u2019homme de culture a vu naitre la Semaine nationale de la culture (SNC) et a contribu\u00e9, tout comme ses coll\u00e8gues enseignants, \u00e0 sa p\u00e9rennisation.<\/p>\n<p>Il s\u2019est f\u00e9licit\u00e9 de l\u2019organisation de la biennale de la culture malgr\u00e9 le terrorisme, car selon lui, la culture est ce qui reste quand on a tout perdu. Interrog\u00e9 sur ses souvenirs du 5 ao\u00fbt 1960, du 4 ao\u00fbt 1983 et des guerres contre le Mali en 1974 et 1985, <strong>El Hadj Fatogoma Berth\u00e9<\/strong>, s\u2019est l\u00e2ch\u00e9 \u00ab\u00a0<em>Rien qu\u2019\u00e0 entendre le mot ind\u00e9pendance, nous \u00e9tions un peu soulag\u00e9s. Un peu soulag\u00e9 car l\u2019ind\u00e9pendance n\u2019\u00e9tait pas totale. Certains \u00e9taient exag\u00e9r\u00e9ment contents comme si on avait d\u00e9tach\u00e9 un animal longtemps attach\u00e9<\/em>\u00a0\u00bb, a-t-il dit. Sur l\u2019av\u00e8nement de la r\u00e9volution en 1983, il se rappelle que c\u2019est en mission \u00e0 Bobo-Dioulasso, qu\u2019il a appris la nouvelle.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0<em>Quand on a prononc\u00e9 le mot r\u00e9volution, nous avions tous peur. Nous nous posions la question, qu\u2019est-ce qui allait se passer\u00a0?\u00a0<\/em>\u00bb, a laiss\u00e9 entendre l\u2019invit\u00e9 de \u00ab\u00a0<em>Tapis d\u2019honneur\u00a0<\/em>\u00bb. Malheureusement, cette r\u00e9volution s\u2019est termin\u00e9e de fa\u00e7on dramatique avec la mort du capitaine Thomas Sankara le 15 octobre 1987, a-t-il regrett\u00e9.\u00a0 Sur les guerres Mali-Burkina Faso en 1974 et 1985, le vieux trouve que c\u2019\u00e9tait regrettable car ce sont deux pays fr\u00e8res. \u00ab\u00a0<em>Dieu merci on a r\u00e9ussi \u00e0 imposer la paix\u00a0<\/em>\u00bb, s\u2019est-il r\u00e9joui. Egalement, l\u2019\u00e9mission a abord\u00e9 des sujets d\u2019actualit\u00e9, notamment la s\u00e9curit\u00e9, la question des personnes d\u00e9plac\u00e9es internes (PDI), la coh\u00e9sion sociale et le foncier.<\/p>\n<p><strong>Boudayinga J-M THIENON<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0Le Tapis d\u2019honneur\u00a0\u00bb de la RTB\/Radio Fatogoma Berth\u00e9, le \u00ab\u00a0maitre\u00a0\u00bb qui a dompt\u00e9 ses \u00ab\u00a0esclaves\u00a0\u00bb de Gaoua Enseignant \u00e0 la retraite et t\u00e9moin de l\u2019accession du Burkina Faso \u00e0 l\u2019ind\u00e9pendance, El Hadj Fatogoma Berth\u00e9, \u00e9tait l\u2019invit\u00e9 de l\u2019\u00e9mission \u00ab\u00a0Le Tapis d\u2019honneur\u00a0\u00bb de la RTB\/Radio, le samedi 5 ao\u00fbt 2023, \u00e0 Gaoua. 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