{"id":17324,"date":"2022-12-30T18:15:56","date_gmt":"2022-12-30T17:15:56","guid":{"rendered":"https:\/\/www.aib.media\/regions\/?p=17324"},"modified":"2022-12-30T18:15:56","modified_gmt":"2022-12-30T17:15:56","slug":"securite-routiere-a-bobo-dioulasso-les-accidents-de-circulation-un-probleme-de-sante-publique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.aib.media\/regions\/2022\/12\/30\/securite-routiere-a-bobo-dioulasso-les-accidents-de-circulation-un-probleme-de-sante-publique\/","title":{"rendered":"S\u00e9curit\u00e9 routi\u00e8re \u00e0 Bobo-Dioulasso: les accidents de circulation, \u00ab\u00a0un probl\u00e8me de sant\u00e9 publique\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"<p>S\u00e9curit\u00e9 routi\u00e8re \u00e0 Bobo-Dioulasso<\/p>\n<p><strong>Les accidents de circulation, \u00ab\u00a0<em>un probl\u00e8me de sant\u00e9 publique<\/em>\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p><strong>Les accidents de la circulation routi\u00e8re sont l\u00e9sion dans la ville de Bobo-Dioulasso comme dans la plupart des grands centres urbains. De 2019 au 18 novembre 2022, ce sont 10\u00a0349 cas d\u2019accidents de circulation qui ont \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9s, pour 9 963 bless\u00e9s et 219 d\u00e9c\u00e8s dans la capitale \u00e9conomique du Burkina Faso. L\u2019incivisme, l\u2019intol\u00e9rance, le manque de courtoisie, la v\u00e9tust\u00e9 des infrastructures routi\u00e8res ou des engins sont index\u00e9s comme les causes de cette h\u00e9catombe routi\u00e8re. <\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>Dimanche 9 octobre 2022. Il est 16 heures environ, en face de la r\u00e9sidence du gouverneur de la r\u00e9gion des Hauts-Bassins, sur l\u2019Avenue Carles De Gaule. Des \u00e9l\u00e9ments de la Compagnie r\u00e9publicaine de s\u00e9curit\u00e9 (CRS) r\u00e8glementent la circulation en d\u00e9viant les usagers qui sont pri\u00e9s de bifurquer vers l\u2019Institut fran\u00e7ais. La raison, un accident mortel. Un camion \u00ab\u00a0<em>10 tonnes<\/em>\u00a0\u00bb a mortellement percut\u00e9 une personne du troisi\u00e8me \u00e2ge. <em>\u00ab\u00a0C\u2019est en voulant \u00e9viter une dame qu\u2019il suivait que le vieux s\u2019est retrouv\u00e9 sur la route du v\u00e9hicule. Malgr\u00e9 les efforts, le conducteur n\u2019a pas pu \u00e9viter le pire\u00a0\u00bb<\/em>, narre un voisin du quartier du vieil homme, soutenant que c\u2019est tout joyeux que la victime les a salu\u00e9s avant de prendre ce chemin mortel pour la ville. Le lundi 17 octobre 2022, soit une semaine apr\u00e8s cet accident, c\u2019est une dame qui faisait les frais d\u2019un autre v\u00e9hicule \u00ab\u00a0<em>10 tonnes<\/em>\u00a0\u00bb aux alentours de la Maison de la culture Monseigneur Anselme Titianma Sanon, t\u00f4t le matin \u00e0 7 heures. Aux dires des t\u00e9moins de cet autre accident mortel, la victime \u00e9tait avec son enfant. <em>\u00ab\u00a0Heureusement que l\u2019enfant est sorti sain et sauf\u00a0\u00bb<\/em>, s\u2019exclame l\u2019un des t\u00e9moins visiblement soulag\u00e9s de voir le m\u00f4me en vie apr\u00e8s cet accident qui a \u00f4t\u00e9 la vie \u00e0 sa g\u00e9nitrice. Le samedi 29 octobre 2022, \u00e0 10 heures, une femme avec ses trois enfants sur sa motocyclette, tente un mauvais d\u00e9passement au feu tricolore de la Place Ti\u00e9fo Amoro. Malheureusement, elle percute un obstacle et se retrouve \u00e0 terre avec ses bambins dont l\u2019un (le plus \u00e2g\u00e9 de 7 ans aux dires des t\u00e9moins) sous le camion-remorque qu\u2019elle voulait d\u00e9passer. Le constat est implacable. L\u2019enfant est \u00e9cras\u00e9 par le gros porteur. Dans la nuit du samedi 12 au dimanche 13 novembre 2022, aux environs de 3 heures du matin, c\u2019est le corps sans vie d\u2019un automobiliste et une \u00e9pave que les agents de la section accident de la Police nationale ont retrouv\u00e9 sur la chauss\u00e9e du boulevard de l\u2019Ind\u00e9pendance. <em>\u00ab\u00a0Roulant \u00e0 tombeau ouvert, le conducteur, seul \u00e0 bord dans son v\u00e9hicule, a percut\u00e9 un arbre et y est rest\u00e9 sur le champ\u00a0\u00bb<\/em>, confie un t\u00e9moin.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Des chiffres effroyables<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>Ces exemples macabres, sont la preuve que la \u00ab\u00a0<em>route tue<\/em>\u00a0\u00bb \u00e0 Bobo-Dioulasso, comme dans la plupart des grands centres urbains du Burkina Faso, en plus de handicaper et de marquer \u00e0 jamais de nombreuses personnes. Les routes nationale n\u00b01 (Bobo-Dioulasso-Ouagadougou), Bobo-Dioulasso-D\u00e9dougou, Bobo-Dioulasso-Banfora et celles menant \u00e0 Nasso et Bama, sont entre autres axes identifi\u00e9s par le commandant de la 2<sup>e<\/sup> compagnie de la Brigade nationale des sapeurs-pompiers (BNSP), Mamadou Go, comme accidentog\u00e8nes de la cit\u00e9 de Sya. Selon les chiffres de la section accident de la Police nationale du commissariat centrale de Bobo-Dioulasso, de 2019 \u00e0 2021, ce sont 8\u00a0104 cas d\u2019accidents de la route qui ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9pertori\u00e9s pour 7\u00a0737 bless\u00e9s et 175 d\u00e9c\u00e8s. Pour la seule ann\u00e9e 2022, (\u00e0 la date du vendredi 18 novembre 2022), ce sont 2 245 cas d\u2019accident de circulation qui ont \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9s pour 2 226 bless\u00e9s et 44 d\u00e9c\u00e8s. De janvier \u00e0 novembre 2022, les services de la 2<sup>e<\/sup> compagnie de la BNSP sont intervenus sur 3008 cas d\u2019accidents de circulation qui ont co\u00fbt\u00e9 la vie \u00e0 158 personnes. Les cas les plus fr\u00e9quents, aux dires du commandant de la 2<sup>e<\/sup> compagnie de la BNSP, Mamadou Go, mettent en cause les engins \u00e0 deux-roues et les tricycles. <em>\u00ab\u00a0Ces statistiques d\u00e9montrent \u00e0 souhait que les accidents de circulation sont un probl\u00e8me de sant\u00e9 publique qui causent beaucoup de pertes en vies humaines autant que les grandes pand\u00e9mies comme le Sida ou le paludisme\u00a0\u00bb<\/em>, soutient avec tristesse le chef de la section des accidents de la ville de Bobo-Dioulasso, le lieutenant de police Salomon Kafando.<\/p>\n<p>En vue de pr\u00e9venir les accidents, la Police municipale de la ville de Bobo-Dioulasso, \u00e0 moins d\u2019un mois de la fin de l\u2019ann\u00e9e 2022, a saisi plus de 10 000 engins \u00e0 deux roues pour non-respect des r\u00e8gles de la circulation. Preuve que les r\u00e8gles de la circulation sont foul\u00e9es au pied, aux dires du directeur de la police municipale de Bobo-Dioulasso, l\u2019inspecteur de police Seydou Coulibaly. Plusieurs op\u00e9rations, poursuit-il, ont \u00e9t\u00e9 men\u00e9es au cours de l\u2019ann\u00e9e en cours dans le cadre du d\u00e9sencombrement des voies d&rsquo;acc\u00e8s.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>L\u2019incivisme, principale cause <\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>Trois facteurs, selon le lieutenant de police Kafando, sont les v\u00e9ritables sources de ces drames de la circulation de la route. Ce sont les facteurs li\u00e9s \u00e0 l\u2019homme, aux engins et \u00e0 l\u2019environnement. L\u2019incivisme routier, d\u00e9plore-t-il, est la principale cause des accidents de la circulation routi\u00e8re dans la capitale \u00e9conomique du Burkina Faso. Il se manifeste, d\u00e9taille-t-il, par l\u2019usage du t\u00e9l\u00e9phone au volant, le non-respect ou la m\u00e9connaissance du code de la route, l\u2019intol\u00e9rance, l\u2019imprudence, la circulation frontale, le transport illicite des passagers, le d\u00e9passement ou le stationnement d\u00e9fectueux ainsi que l\u2019encombrement de la voie, la fatigue au volant et les acrobaties sur la voie publique. <em>\u00ab\u00a0En plus de communiquer au volant, certains usagers se permettent d\u2019\u00e9changer des SMS en plaine circulation\u00a0\u00bb<\/em>, regrette le lieutenant Salomon Kafando. L\u2019\u00e9tat du r\u00e9seau routier, l\u2019\u00e9troitesse et le mauvais \u00e9tat des voies publiques, l\u2019absence ou le manque de panneaux de signalisation ou de marquage, les dangers non signal\u00e9s (ponts, virages\u2026) tout comme l\u2019insuffisance ou la quasi inexistence d\u2019\u00e9clairage public, l\u2019occupation anarchique des bordures des routes et la divagation des animaux sont les autres facteurs li\u00e9s \u00e0 l\u2019environnement et sources des accidents de circulation \u00e0 Bobo-Dioulasso, explique-t-il. Quant aux facteurs li\u00e9s au engins, le chef de la section accident de la Police nationale fait cas du dysfonctionnement des syst\u00e8mes de s\u00e9curit\u00e9 des v\u00e9hicules, de la v\u00e9tust\u00e9 des moyens de transport, du non-respect des d\u00e9lais de la visite technique, du mauvais \u00e9tat du pneumatique et de l\u2019absence de feux de gabarits, triangle de signalisation.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Respecter le Code de la route <\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Dans les centres de sant\u00e9, les accident\u00e9s sont conduits par dizaines chaque jour. <em>\u00ab\u00a0<\/em><em>Il y a des jours o\u00f9 on re\u00e7oit une trentaine de patients. Tout est en fonction de la p\u00e9riode. Vers la fin de l&rsquo;ann\u00e9e qui correspond \u00e0 la p\u00e9riode de festivit\u00e9 ou pendant l\u2019ann\u00e9e scolaire, surtout aux heures de pointes les matins de 7 heures \u00e0 8 heures, et les heures de descente, il y a un manque de prudence sur les voies et cela cr\u00e9e des accidents\u00a0\u00bb<\/em>, pr\u00e9cise le chirurgien orthop\u00e9diste traumatologue au Centre hospitalier universitaire Souro Sanon (CHUSS) de Bobo-Dioulasso, Dr Herv\u00e9 Ouattara. Du 1<sup>er<\/sup> janvier au 28 novembre 2022, les services de chirurgie du CHUSS ont enregistr\u00e9 5\u00a0540 patients. Les cas les plus fr\u00e9quemment re\u00e7us, selon le chirurgien orthop\u00e9diste traumatologue, sont les traumatismes cr\u00e2niens et du membre pelvien, notamment les fractures des jambes. <em>\u00ab Lorsque le patient arrive \u00e0 temps, dans un moment minime au traumatisme, nous parvenons \u00e0 le sauver.\u00a0Mais dans le cas o\u00f9 le patient arrive de fa\u00e7on grabataire, dans une situation de polytraumatisme, c&rsquo;est \u00e0 dire un patient qui pr\u00e9sente au moins deux l\u00e9sions dont une des l\u00e9sions peut l&#8217;emporter, comme le cas d\u2019un traumatisme du bassin, dans ce cas, c&rsquo;est difficile de le sauver\u00a0\u00bb<\/em>, regrette Dr Ouattara. Toujours est-il que, poursuit Dr Ouattara, le patient, s\u2019il est sauv\u00e9, s\u2019en tire avec des s\u00e9quelles souvent graves en fonction du choc subi. <em>\u00ab\u00a0Dans les cas o\u00f9 ce ne sont pas des l\u00e9sions grabataires, nous travaillons \u00e0 faire en sorte qu&rsquo;il puisse r\u00e9cup\u00e9rer ses membres\u00a0\u00bb<\/em>, soutient-il.<\/p>\n<p>Pour freiner l\u2019h\u00e9morragie des accidents de la route, le lieutenant de police Salomom Kafando invite les usagers de la route au respect du Code de la route, \u00e0 int\u00e9grer le port de casques dans leurs habitudes, \u00e0 nouer la ceinture de s\u00e9curit\u00e9 pour les automobilistes et \u00e0 se d\u00e9marquer des actes inciviques. Le directeur de la police municipale de Bobo-Dioulasso, Seydou Coulibaly, quant \u00e0 lui, il lance un appel aux acteurs de l\u2019\u00e9ducation \u00e0 int\u00e9grer l\u2019enseignement du Code de la route dans les curricula scolaires afin de sensibiliser les \u00e9l\u00e8ves d\u00e8s le bas \u00e2ge sur les r\u00e8gles de la circulation. Pour sa part, le chirurgien orthop\u00e9diste traumatologue au CHUSS de Bobo-Dioulasso, Dr Herv\u00e9 Ouattara, invite les autorit\u00e9s \u00e0 user de la sensibilisation pour r\u00e9duire les accidents.<\/p>\n<p><strong>Kam\u00e9l\u00e9 FAYAMA<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>S\u00e9curit\u00e9 routi\u00e8re \u00e0 Bobo-Dioulasso Les accidents de circulation, \u00ab\u00a0un probl\u00e8me de sant\u00e9 publique\u00a0\u00bb Les accidents de la circulation routi\u00e8re sont l\u00e9sion dans la ville de Bobo-Dioulasso comme dans la plupart des grands centres urbains. 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