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France: Macron change de gouvernement pour un nouveau cap politique

PARIS, 3 2020 (AFP) – Le président français Emmanuel Macron s’est séparé vendredi de son populaire Premier ministre Edouard Philippe pour amorcer un virage politique pour la fin de son quinquennat, et a nommé un discret inconnu, issu de la droite comme M. Philippe, pour le remplacer.

 

Jean Castex, haut fonctionnaire, maire d’une petite ville, homme de dossier mais pas du tout une figure politique de premier plan, a été désigné à la mi-journée, quelques heures après la remise de la démission du gouvernement par M. Philippe.

 

Ex-collaborateur de Nicolas Sarkozy, Jean Castex, 55 ans, maire LR (Les Républicains) de Prades, dans le Sud Ouest, est depuis avril le délégué interministériel chargé du déconfinement.

 

« Il est un haut fonctionnaire complet et polyvalent qui aura à cœur de réformer l’Etat et de conduire un dialogue apaisé avec les territoires », a expliqué l’Elysée.

 

Cet homme au profil discret, peu exposé jusqu’ici, sera donc chargé de mettre en musique les orientations décidées par Emmanuel Macron jusqu’à la prochaine élection présidentielle en 2022, alors que le chef de l’Etat entend « se réinventer ».

 

Les leaders d’opposition ont critiqué ce choix comme étant celui d’un président qui veut avoir toutes les cartes en main pour poursuivre sa politique sans varier et préparer la présidentielle sans être gêné par un Premier ministre qui lui ferait de l’ombre.

 

« On pouvait attendre un virage politique, mais c’est technocratique » avec quelqu’un « retenu pour gérer les affaires courantes » a dénoncé le président de LR Christian Jacob.

 

Avec la nomination de Jean Castex, « le Président de la République confirme sans surprise son cap. Le jour d’après sera de droite comme le jour d’avant », pour le patron du Parti socialiste Olivier Faure.

 

En attendant d’être remplacé, le gouvernement sortant expédie les affaires courantes. La composition de la nouvelle équipe devrait être connue avant mercredi, date prévue du prochain conseil des ministres, selon l’entourage du président.

 

Ce nouveau gouvernement devra « mettre en œuvre la nouvelle étape du quinquennat, le projet de reconstruction sociale, économique, environnementale et locale », a fait savoir l’Élysée.

 

Après trois ans de pouvoir, après avoir conduit des réformes controversées comme celles de l’assurance chômage, traversé plusieurs crises, comme celle des manifestants Gilets jaunes ou la crise sanitaire du Covid-19, Emmanuel Macron avait annoncé un nouveau souffle, une nouvelle orientation, un besoin, selon ses mots de « se réinventer », alors qu’il n’est pas très populaire et que le pays se prépare à subir un fort contrecoup économique du fait de la pandémie.

 

« J’ai ma part de maladresse. J’ai parfois considéré qu’il fallait aller vite sur certaines réformes. Cela ne peut marcher que par le dialogue. J’ai beaucoup d’ambition pour notre pays. J’ai parfois donné le sentiment de vouloir faire les réformes contre les gens », a-t-il déclaré dans un entretien publié vendredi dans la presse régionale.

 

– « Nouveau chemin » –

Pour autant « le cap sur lequel je me suis engagé en 2017 reste vrai », a-t-il réaffirmé. Le prochain gouvernement sera chargé d’appliquer le « nouveau chemin » qu’Emmanuel Macron a commencé à dessiner, avec une priorité sur la politique de santé, le grand âge et un plan pour la jeunesse.

 

Même s’il s’en défend, ce remaniement permettra aussi à Emmanuel Macron de garder en ligne de mire et éventuellement se positionner pour la prochaine élection présidentielle en 2022.

 

Le changement d’équipe intervient dans la foulée du deuxième tour des élections municipales dimanche 28 juin, marqué par une forte abstention, un revers pour le parti présidentiel La République en marche et une poussée écologiste dans les centres urbains.

 

Pour ce « gouvernement de combat », « nous aurons peu de priorités : la relance de l’économie, la poursuite de la refondation de notre protection sociale et de l’environnement, le rétablissement d’un ordre républicain juste, la défense de la souveraineté européenne », a déclaré le président à la presse régionale, estimant qu’il fallait « de nouveaux visages », de « nouveaux talents », « des personnalités venues d’horizons différents ».

 

« Le choix des hommes et des femmes est important mais les ambitions pour le pays sont plus grandes que nous », a-t-il assuré.

(afp)

 

 

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