{"id":95761,"date":"2024-09-26T08:13:22","date_gmt":"2024-09-26T08:13:22","guid":{"rendered":"https:\/\/www.aib.media\/?p=95761"},"modified":"2024-09-26T08:13:22","modified_gmt":"2024-09-26T08:13:22","slug":"roger-baro-ministre-de-lenvironnement-de-leau-et-de-lassainissement","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.aib.media\/?p=95761","title":{"rendered":"Roger Baro, ministre de l\u2019Environnement, de l\u2019Eau et de l\u2019Assainissement"},"content":{"rendered":"<p><strong>Roger Baro, ministre de l\u2019Environnement, de l\u2019Eau et de l\u2019Assainissement<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00ab\u00a0Nous mettons un point d&rsquo;honneur pour que l&rsquo;eau ne soit pas un handicap\u00a0\u00e0 l\u2019Offensive agropastorale et halieutique \u00bb<\/strong><\/p>\n<p><strong>Titulaire d\u2019une Maitrise en G\u00e9ographie physique de l\u2019universit\u00e9 de Ouagadougou et inspecteur de l&rsquo;environnement, apr\u00e8s avoir valid\u00e9 un m\u00e9moire d&rsquo;ing\u00e9nieur \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 de Bobo-Dioulasso sur la vulgarisation agricole en 2015, Roger Baro est l\u2019actuel ministre de l\u2019Environnement, de l\u2019Eau et de l\u2019Assainissement. Re\u00e7u comme l\u2019invit\u00e9 de la r\u00e9daction de Sidwaya, mercredi 18 septembre 2024 \u00e0 Ouagadougou, il a fait un tour d\u2019horizon des questions de l\u2019heure en lien avec le changement climatique, l\u2019impact de l\u2019exploitation artisanale de l\u2019or sur l\u2019environnement, le reboisement, la d\u00e9gradation du couvert v\u00e9g\u00e9tal et la dissolution de l\u2019unit\u00e9 sp\u00e9ciale d\u2019intervention des eaux et for\u00eats. <\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Sidwaya (S.)\u00a0: <em>Quel a \u00e9t\u00e9 votre parcours professionnel avant votre nomination comme ministre en charge de l\u2019environnement\u00a0?<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong>Roger Baro (R.B.)\u00a0: <\/strong>Avant tout, permettez-nous de traduire notre gratitude au pr\u00e9sident du Faso, chef de l\u2019Etat et au Premier ministre pour l\u2019honneur qu\u2019ils nous ont fait en nous confiant les navires Environnement, Eau et Assainissement. Avec mon \u00e9quipe, nous travaillons d\u2019arrache-pied pour ex\u00e9cuter \u00e0 la lettre la politique du gouvernement en la mati\u00e8re.<\/p>\n<p>Pour en venir \u00e0 votre question, dans notre cheminement dans l\u2019Administration publique, nous avons eu la chance de 2016 \u00e0 2023 d&rsquo;occuper des postes de responsabilit\u00e9. D&rsquo;abord comme directeur de la promotion de l&rsquo;\u00e9ducation environnementale de 2016 \u00e0 2018, directeur de la pr\u00e9vention et la pollution des risques environnementaux de 2018 \u00e0 2022 et directeur g\u00e9n\u00e9ral de la pr\u00e9servation de l&rsquo;environnement de 2022 \u00e0 2023. Ce, avec des positions administratives telles que membre du conseil d&rsquo;administration de l&rsquo;ANEMAS. Etant \u00e0 ces positions au compte de l&rsquo;Etat, cela nous a donn\u00e9 l&rsquo;opportunit\u00e9 de repr\u00e9senter le pays \u00e0 des instances telles que les Conventions des partis (COP), notamment la Convention de Minamata sur le mercure, o\u00f9 j&rsquo;ai occup\u00e9 le poste de point focal de 2018 \u00e0 2023. Cela m&rsquo;a donn\u00e9 l&rsquo;opportunit\u00e9 de repr\u00e9senter l&rsquo;Afrique pour les quatri\u00e8me et cinqui\u00e8me conf\u00e9rences de partis sur Minamata, notamment la COP4 et la COP5, qui se sont tenues respectivement \u00e0 Bali en Indon\u00e9sie et \u00e0 Gen\u00e8ve en Suisse.<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>S\u00a0: <em>En tant que directeur de la promotion de l&rsquo;\u00e9ducation environnementale et de l&rsquo;\u00e9cocitoyennet\u00e9, quelles \u00e9taient vos principales missions ?<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong>R.B.\u00a0:<\/strong> Quand on entend \u00e9ducation environnementale, certains m&rsquo;avaient transform\u00e9 en enseignant. Quand je suis arriv\u00e9 \u00e0 ce poste, 60% du personnel venait du monde de l&rsquo;\u00e9ducation et mes deux chefs de service \u00e9taient des inspecteurs de l&rsquo;enseignement primaire et secondaire. Avec leurs contributions, nous avons travaill\u00e9 \u00e0 mettre en \u0153uvre la politique du d\u00e9partement en mati\u00e8re de promotion de l&rsquo;\u00e9cocitoyennet\u00e9. L\u2019\u00e9cocitoyennet\u00e9, c&rsquo;est travailler \u00e0 donner \u00e0 chaque citoyen le r\u00e9flexe \u00e9cologique. Notamment, ne pas jeter un sachet vite apr\u00e8s usage, ne pas jeter des d\u00e9chets \u00e0 terre, ne pas couper des arbres, prendre soin de son cadre de vie. On a travaill\u00e9 avec toute l&rsquo;\u00e9quipe et le minist\u00e8re en charge de l\u2019\u00e9ducation pour avoir un arr\u00eat\u00e9 portant mise en place et fonctionnement des clubs \u00e9cologiques dans les lyc\u00e9es et les coll\u00e8ges qui a \u00e9t\u00e9 sign\u00e9 en d\u00e9cembre 2017. Cela a \u00e9t\u00e9 une victoire parce que pour vous raconter l&rsquo;anecdote, c&rsquo;est un dossier qui \u00e9tait dans le tiroir, il y a longtemps. Selon un des anciens ministres qui disait que quand ils ont essay\u00e9 de faire aboutir le dossier, il s&rsquo;est trouv\u00e9 qu&rsquo;il y avait un ministre dans le gouvernement qui \u00e9tait du bord \u00e9cologique, mais qui n&rsquo;\u00e9tait pas de la mouvance.<\/p>\n<p>Nous avons \u00e9galement le point focal au niveau des changements climatiques, point focal, charg\u00e9 de l&rsquo;information et de la sensibilisation de la population \u00e0 la question. Dans ce sens, nous avons cr\u00e9\u00e9 un r\u00e9seau au niveau de l&rsquo;Afrique avec certains pays pour travailler sur la question d&rsquo;information et de sensibilisation pour changer la conscience des acteurs. Il y avait des guides pour les encadreurs pour l&rsquo;\u00e9ducation environnementale. Nous avons travaill\u00e9 \u00e0 les multiplier et \u00e0 les diffuser aupr\u00e8s des utilisateurs, notamment les minist\u00e8res de l&rsquo;\u00e9ducation. On a travaill\u00e9 \u00e9galement \u00e0 faire des sensibilisations dans toutes les 13 r\u00e9gions sur les questions d\u2019orpaillage et de la pollution plastique. Ainsi, nous avons form\u00e9 pr\u00e8s de 550 conseillers municipaux et r\u00e9gionaux sur cette th\u00e9matique.<\/p>\n<p>Pour terminer, nous avons, en collaboration avec les premiers responsables de la RTB, mis en place une \u00e9mission sur l&rsquo;environnement chaque mardi \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision nationale, dans \u00ab\u00a0RTB matin\u00a0\u00bb devenu \u00ab\u00a0F\u00f4f\u00f4\u00a0\u00bb. L\u2019\u00e9mission se poursuit jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>S\u00a0: <em>Vous avez \u00e9t\u00e9 vice-pr\u00e9sident des Conf\u00e9rences des parties \u00e0 la convention de Minamata sur le mercure. Pouvez-vous nous citer quelques r\u00e9sultats engrang\u00e9s au cours de votre mandat ?<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong>R.B.\u00a0:<\/strong> A ce poste, je repr\u00e9sentais l&rsquo;Afrique en compagnie du Botswana. Au lieu d\u2019un mandat, nous avons fait deux. Donc, nous avons fait les COP 4 et 5. Nous avons pu cr\u00e9er un r\u00e9seautage entre l&rsquo;Afrique et les autres parties. Parce que \u00e0 la COP, il y a plusieurs parties, donc il y a l&rsquo;Afrique, il y a les Etats-Unis, il y a l&rsquo;Am\u00e9rique, ainsi de suite. Nous avons ainsi organis\u00e9 et pr\u00e9par\u00e9 toutes les r\u00e9unions internationales, souvent avec des r\u00e9unions en ligne et la majeure partie du temps en anglais. Pour les n\u00e9gociations \u00e0 la COP 4 \u00e0 Bali, nous avons pu faire adopter une disposition qui r\u00e9glementait l&rsquo;utilisation de l&rsquo;amalgame dentaire chez les enfants de moins de 15 ans et les femmes allaitantes. Ce n&rsquo;\u00e9tait pas un acquis.<\/p>\n<p>Egalement sur les questions des dispositifs de l&rsquo;\u00e9clairage, nous avons convenu sur une p\u00e9riode pour retirer les lumi\u00e8res qui contiennent du mercure. Parce que le mercure, ce n&rsquo;est pas uniquement la question de l&rsquo;extraction de l&rsquo;or. Dans les ampoules, les thermom\u00e8tres et dans de nombreux dispositifs, il y a du mercure. Dans les pays d\u00e9velopp\u00e9s, ce sont des technologies obsol\u00e8tes qu&rsquo;ils ont abandonn\u00e9es. Mais le continent africain devient le continent refuge de ces technologies. Donc, nous profitons de ces conventions pour travailler \u00e0 mettre chaque partie du monde \u00e0 \u00e9quit\u00e9. Si on peut utiliser une telle technologie dans un autre continent, on peut le faire en Afrique aussi. Il ne faut surtout pas dire que c&rsquo;est trop cher parce que la sant\u00e9 n&rsquo;a pas de prix. En tous les cas, nous avons rendu fi\u00e8re l&rsquo;Afrique avec le mandat que nous avons tenu.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>S\u00a0: <em>Le Burkina Faso perd en moyenne, 243 450 ha de for\u00eat. Quelle r\u00e9ponse apporte votre d\u00e9partement \u00e0 cette situation\u00a0?<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong>R.B.\u00a0:<\/strong> Pour notre d\u00e9partement, c&rsquo;est vraiment une pr\u00e9occupation. M\u00eame sans statistiques, le constat sur le terrain est alarmant. Car la couverture foresti\u00e8re de notre pays est en nette r\u00e9gression. De 2000 \u00e0 2022, le pays a perdu presque deux millions d\u2019hectares de sa superficie foresti\u00e8re. Pour inverser cette tendance, mon d\u00e9partement travaille \u00e0 r\u00e9duire la pression sur les ressources foresti\u00e8res \u00e0 travers les sensibilisations, l\u2019organisation des acteurs de gestion des ressources foresti\u00e8res, l\u2019am\u00e9nagement de certaines for\u00eats mais aussi la r\u00e9pression des contrevenants. Aussi, le minist\u00e8re est d\u00e9concentr\u00e9 jusqu&rsquo;au niveau des d\u00e9partements o\u00f9 nous avons des r\u00e9pondants pour prendre en charge la th\u00e9matique de la protection et de la pr\u00e9servation de nos ressources foresti\u00e8res.<\/p>\n<p>Toutefois, vous conviendrez avec moi que le personnel forestier n&rsquo;est pas assez \u00e9toff\u00e9 pour prendre en charge tous les d\u00e9fis qui se pr\u00e9sentent. C\u2019est pourquoi, l\u2019Etat a autoris\u00e9 de recruter 4 000 assistants des eaux et for\u00eats, pour renforcer les op\u00e9rations de surveillance de nos massifs forestiers. On a d\u00e9j\u00e0 recrut\u00e9 1 950 agents, qui seront op\u00e9rationnel \u00e0 partir de mars 2025. Il y a 1 300 qui sont en cours de recrutement, pour la rentr\u00e9e prochaine. L\u00e0, on va compl\u00e9ter l&rsquo;effectif pour permettre de travailler, d&rsquo;abord \u00e0 avoir des techniciens capables de mener les campagnes de reforestation et ensuite pour la s\u00e9curisation des for\u00eats.<\/p>\n<p>Un autre pan de notre bataille est l\u2019immatriculation de nos for\u00eats. Nous avons de nombreuses for\u00eats, mais il y a le probl\u00e8me des statuts. Pour parler de for\u00eat, il faut qu&rsquo;elle soit immatricul\u00e9e. A ce niveau, on a des difficult\u00e9s, mais on travaille \u00e0 immatriculer nos for\u00eats, parce que sur les 76 aires class\u00e9es au Burkina Faso, seulement 15 sont immatricul\u00e9es, \u00e0 nos jours. Sur les quinze, neuf ont \u00e9t\u00e9 immatricul\u00e9s entre 2022 et 2024. L\u2019immatriculation de toutes nos for\u00eats class\u00e9es demeure donc un challenge qu\u2019il faudrait relever pour mieux s\u00e9curiser nos for\u00eats. Egalement pour les for\u00eats, il faut un plan d&rsquo;am\u00e9nagement forestier. Donc, on ne peut pas travailler \u00e0 p\u00e9renniser les for\u00eats qui n&rsquo;ont pas ce plan. Nous travaillons \u00e0 avoir des plans d&rsquo;am\u00e9nagement forestier dans toutes les for\u00eats. En 2024, au moins quatre plans d&rsquo;am\u00e9nagement forestier seront \u00e9labor\u00e9s.<\/p>\n<p>Nous avons aussi un projet tr\u00e8s important actuellement, le projet de gestion des paysages communaux, pour la REDD+, qui va intervenir dans 96 communes. On a commenc\u00e9 dans 30 communes o\u00f9 les zones d&rsquo;intervention prioritaires sont les espaces de conservation que sont les for\u00eats-villages. En d\u00e9but septembre, on \u00e9tait sur le terrain o\u00f9 on a pu voir comment ils sont en train de r\u00e9cup\u00e9rer certaines for\u00eats class\u00e9es, tr\u00e8s d\u00e9grad\u00e9es, pour que ce soit des zones de production et de conservation.<\/p>\n<p>Egalement, on continue de travailler sur la R\u00e9g\u00e9n\u00e9ration naturelle assist\u00e9e (RNA), parce qu&rsquo;il y a plusieurs technologies dont la RNA et les reboisements, pour permettre d&rsquo;avoir un couvert v\u00e9g\u00e9tal \u00e0 hauteur de nos ambitions. Il y a aussi des actions pour informer la population \u00e0 diminuer l&rsquo;utilisation du bois de chauffe. Parce que si vous ne mettez pas une politique d&rsquo;information et des alternatives, on va beau planter, cela va r\u00e9partir dans le bois de chauffe. Pour juguler tout cela, il faut mettre un cadre organique tr\u00e8s op\u00e9rant, avec des interventions qui peuvent se p\u00e9renniser. C&rsquo;est pourquoi, il a \u00e9t\u00e9 institu\u00e9 la Journ\u00e9e nationale de l&rsquo;arbre(JNA) depuis 2018, qui permet de mobiliser tous les acteurs sous le leadership du chef de l&rsquo;Etat pour que ces questions soient bien prises en charge. Avec la nouvelle dynamique, nous avons institu\u00e9 ce que nous appelons l&rsquo;initiative \u00ab Bataille pour le renforcement de la couverture v\u00e9g\u00e9tale (BARCOUVE) \u00bb. Parce qu\u2019il s\u2019agit de domaines classiques. On plante les arbres du temps de nos grands-parents, on va toujours planter, mais pour attirer les acteurs, il faut innover. C&rsquo;est pourquoi nous avons d\u00e9clench\u00e9 la BARCOUVE, une innovation qui va venir apr\u00e8s d&rsquo;autres innovations et apporter sa part de contribution.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>S\u00a0: <em>Sidwaya a r\u00e9cemment fait une enqu\u00eate dans le K\u00e9n\u00e9dougou o\u00f9 il y a un trafic de bois d\u2019\u0153uvre surtout dans les localit\u00e9s difficilement accessibles du fait de l\u2019ins\u00e9curit\u00e9. Qu\u2019est-ce qui est envisag\u00e9 pour y faire face\u00a0?<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong>R.B.\u00a0: <\/strong>Avant cet entretien, j&rsquo;ai lu votre reportage. Dans la zone de Koloko \u00e0 la fronti\u00e8re avec le Mali, notamment. Actuellement, avec l&rsquo;ins\u00e9curit\u00e9, il y a des abus qui sont constat\u00e9s sur le terrain, mais nous travaillons \u00e0 les minimiser. C&rsquo;est pourquoi, on vous a parl\u00e9 d&rsquo;un recrutement important d\u2019agents des eaux et for\u00eats pour faire face \u00e0 toutes ces situations. R\u00e9cemment, on \u00e9tait sur le terrain, au compte du gouvernement, pour sensibiliser la population, et on a pass\u00e9 le message suivant\u00a0: \u00ab\u00a0Oui \u00e0 la lutte contre le terrorisme, non \u00e0 la destruction de nos for\u00eats\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Aussi, le processus d\u2019apurement des for\u00eats lanc\u00e9 depuis quelques ann\u00e9es continue de faire ses preuves avec l\u2019apurement de cinq (05) for\u00eats en 2023 et une projection de 10 for\u00eats \u00e0 apurer cette ann\u00e9e 2024. Il faut cependant reconnaitre que la consolidation des acquis de ces apurements s\u2019av\u00e8re n\u00e9cessaire et c\u2019est ce \u00e0 quoi s\u2019att\u00e8lent les services d\u00e9concentr\u00e9s et les unit\u00e9s combattantes \u00e0 travers une surveillance accrue desdites for\u00eats.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>S\u00a0: <em>Dans la r\u00e9gion du Sud-Ouest, l&rsquo;une des causes principales de la disparition des for\u00eats est l&rsquo;orpaillage. A votre niveau, qu&rsquo;est-ce qui est fait ?<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong>R.B.\u00a0: <\/strong>L&rsquo;orpaillage est d\u00e9fini dans le nouveau Code minier comme l\u2019extraction artisanale de l&rsquo;or. Pour r\u00e9soudre ce probl\u00e8me, nous avons plusieurs \u00e9tapes \u00e0 franchir. La premi\u00e8re, au-del\u00e0 de la r\u00e9gion du Sud-Ouest, nous travaillons avec le minist\u00e8re en charge des mines pour extraire les for\u00eats class\u00e9es du cadastre minier. En terme simple, si vous voulez un permis d&rsquo;exploitation ou un permis de recherche mini\u00e8re, on ne peut plus vous donner une autorisation tant que votre permis est dans une for\u00eat class\u00e9e. Nous sommes donc en train de finaliser ce travail pour extraire les for\u00eats class\u00e9es du cadastre minier.<\/p>\n<p>La deuxi\u00e8me \u00e9tape c\u2019est qu\u2019il faut changer de paradigme. L&rsquo;orpaillage, dans son essence, c&rsquo;est ce qu&rsquo;on fait de mani\u00e8re discontinue sur un territoire donn\u00e9, \u00e0 la recherche de l&rsquo;or, par des moyens rudimentaires. Il faut qu&rsquo;on \u00e9l\u00e8ve le niveau pour que les gens se transforment en petites mines, en semi-m\u00e9canis\u00e9es, o\u00f9 ils ont un espace qui est d\u00e9fini et peuvent travailler selon la r\u00e9glementation qui existent. Pour aller dans ce sens, la Soci\u00e9t\u00e9 nationale des substances pr\u00e9cieuses (SONASP) est \u00e0 pied d\u2019\u0153uvre pour encadrer les acteurs. Il y a d\u00e9j\u00e0 des exemples d\u2019artisans miniers organis\u00e9s au Sud-Ouest avec l&rsquo;aide de la SONASP et de certains partenaires comme Artisanat Gold Council avec le projet Planet Gold, o\u00f9 sur un hectare, ils ont mis un syst\u00e8me de traitement de l&rsquo;or sans mercure. Il faut donc que les artisans miniers travaillent en coop\u00e9rative et non de mani\u00e8re individuelle pour pouvoir juguler le probl\u00e8me. L\u2019ambition c&rsquo;est donc d&rsquo;aller aux petites mines semi-m\u00e9canis\u00e9es, l&rsquo;extraction des for\u00eats class\u00e9es du cadastre minier pour faire un bond qualitatif dans la protection des for\u00eats.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>S\u00a0: <em>La for\u00eat de Kua \u00e9tait menac\u00e9e de destruction pour faire place \u00e0 l\u2019h\u00f4pital de r\u00e9f\u00e9rence en construction \u00e0 Bobo-Dioulasso. Y a-t-il des garanties que cette for\u00eat sera pr\u00e9serv\u00e9e, surtout qu\u2019elle fait d\u00e9sormais face \u00e0 l\u2019h\u00f4pital ?<\/em><\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>R.B.\u00a0: <\/strong>Nous remercierons tout d\u2019abord tous les acteurs qui de pr\u00e8s ou de loin ont \u0153uvr\u00e9 \u00e0 ce que nous puissions encore parler de cette for\u00eat. Pour revenir \u00e0 votre question, il faut dire que la for\u00eat de Kua (350 ha) a \u00e9t\u00e9 class\u00e9e en 1936 par le gouverneur g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019Afrique occidentale fran\u00e7aise au m\u00eame titre que les for\u00eats de Kuinima et de Dind\u00e9resso. Aujourd\u2019hui, ces trois for\u00eats, en plus de la FC du Kou, sont dites p\u00e9ri-urbaines de Bobo Dioulasso et jouent un r\u00f4le crucial quant \u00e0 la s\u00e9questration de carbone de la deuxi\u00e8me plus grande ville du pays. Elles constituent un \u00ab poumon vert \u00bb en plus de leur r\u00f4le \u00e9cologique et ne sauraient \u00eatre un frein au d\u00e9veloppement socio-\u00e9conomique de la r\u00e9gion des Hauts-Bassins. Cette conciliation nous permet de parler d\u2019ailleurs de d\u00e9veloppement durable.<\/p>\n<p>Nous pouvons donc affirmer que la cohabitation spatiale avec l\u2019h\u00f4pital ne saurait \u00eatre un danger pour la FC de Kua du fait de l\u2019existence d\u2019un cadre juridique r\u00e8glementaire, mais aussi et surtout des multiples campagnes de sensibilisation des populations en amont de la mise en \u0153uvre du projet de construction de l\u2019\u00e9difice.<\/p>\n<p>Aussi, il est pr\u00e9vu l\u2019\u00e9laboration et la mise en \u0153uvre d\u2019un Plan d\u2019am\u00e9nagement de la For\u00eat qui pr\u00e9voit son \u00e9rection en parc urbain et la r\u00e9alisation d\u2019un mur sur tout le p\u00e9rim\u00e8tre de la for\u00eat \u00e0 travers le projet d\u2019Appui \u00e0 la Gestion Durable des Ressources Foresti\u00e8res (AGREF). Ainsi il y aura des espaces r\u00e9cr\u00e9atifs, de jeux, d\u2019\u00e9ducation environnementale, etc. Les investissements pr\u00e9vus sont \u00e9valu\u00e9s \u00e0 plus de 1,7 milliard FCFA.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>S\u00a0: <em>La Journ\u00e9e nationale de l\u2019arbre (JNA) est une des activit\u00e9s phares de votre minist\u00e8re. Apr\u00e8s 5 \u00e9ditions est-ce qu\u2019il y a des motifs de satisfaction\u00a0?<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong>R.B.\u00a0: <\/strong>Il y a des motifs de satisfaction et d&rsquo;aller plus loin. Parce que chaque \u00e9dition est plac\u00e9e sous le tr\u00e8s haut patronage du chef de l&rsquo;Etat. Pour la question de l&rsquo;arbre, la plus haute autorit\u00e9 se mobilise. Donc, c&rsquo;est d\u00e9j\u00e0 un motif de satisfaction. Dans la satisfaction aussi, il y a des chiffres. Parce que pour les 5 derni\u00e8res ann\u00e9es, on a plant\u00e9 chaque ann\u00e9e au moins 6 millions de plants. Quand on dit 6 millions de plants, dans la JNA, il y a deux composantes\u00a0: la JNA elle-m\u00eame et la campagne nationale de reforestation. La Journ\u00e9e nationale de l&rsquo;arbre, c&rsquo;est pour faire une fixation en un jour sur des espaces que l&rsquo;Etat m\u00eame a d\u00e9finis, s\u00e9curis\u00e9s et plant\u00e9s. Quand on fait nos points, on s&rsquo;attarde plus sur les sites JNA qui sont tous cl\u00f4tur\u00e9s, qui ont un point d&rsquo;eau et qui sont entretenus avec un taux de r\u00e9ussite des plants tr\u00e8s fort appr\u00e9ciable. Egalement, on profite de ces JNA pour remercier et f\u00e9liciter les acteurs. Pour les 5 ans, c&rsquo;est pr\u00e8s de 60 millions F CFA qui ont \u00e9t\u00e9 remis \u00e0 nos laur\u00e9ats. On met les r\u00e9gions en comp\u00e9tition, on met les communes en comp\u00e9tition, les associations, pour voir ceux qui ont fait des activit\u00e9s de reboisement qui ont le plus r\u00e9ussi. En plus, on a la reconnaissance de la nation \u00e0 l\u2019endroit de 85 acteurs qui \u0153uvrent dans la pr\u00e9servation de l\u2019environnement \u00e0 travers des distinctions honorifiques.<\/p>\n<p>Pour cette ann\u00e9e 2024, on a apport\u00e9 encore des innovations avec ce que nous avons appel\u00e9 \u00ab Three Nights \u00bb, la nuit de l&rsquo;arbre ou de l&rsquo;engagement, o\u00f9 des acteurs sont venus s&rsquo;engager pour le reboisement. A l\u2019occasion, nous avons not\u00e9 211 engagements qui sont en train d&rsquo;\u00eatre mis en \u0153uvre. Au 31 d\u00e9cembre, nous allons faire le point.<\/p>\n<p>Dans cette dynamique des innovations en 2024, on a lanc\u00e9 des concepts comme \u00ab\u00a0Mon institution, mon entreprise, mon bosquet\u00a0\u00bb, qui ont pris dans l&rsquo;opinion par rapport \u00e0 ce que nous voyons dans l&rsquo;actualit\u00e9. On a m\u00eame une effigie avec le chef de l&rsquo;Etat qui dit \u00ab Mon institution, mon bosquet \u00bb. On a une autre effigie avec le parrain de cette \u00e9dition qui dit\u00a0: \u00ab Mon entreprise, mon bosquet \u00bb. La population a adh\u00e9r\u00e9 \u00e0 ces initiatives et nous sommes est en train de faire le point pour voir ce qui a chang\u00e9 avec ces innovations et comment on peut aller \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle en 2025.<\/p>\n<p>Il faut noter aussi l\u2019institutionnalisation du Prix Yacouba Sawadogo pour la reforestation qui reconnait les m\u00e9rites des acteurs, que ce soit des personnes physiques ou morales chaque ann\u00e9e, sur leurs actions en faveur de l&rsquo;environnement.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>S\u00a0: <em>Habituellement la JNA est fix\u00e9e au mois d\u2019ao\u00fbt. Pour la pr\u00e9sente \u00e9dition, elle a \u00e9t\u00e9 c\u00e9l\u00e9br\u00e9e le 22 juin pass\u00e9. Quelles explications donnez-vous \u00e0 ce changement de p\u00e9riode\u00a0?<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong>R.B.\u00a0: <\/strong>La VI<sup>e<\/sup> \u00e9dition de la JNA qui a consacr\u00e9 \u00e9galement le lancement officiel de la campagne de reforestation 2024 a \u00e9t\u00e9 fix\u00e9e, le 22 juin 2024, pour tenir compte de l\u2019installation pr\u00e9coce de la saison des pluies dans certaines zones du pays. Cela permettra aux plants mis en terre de b\u00e9n\u00e9ficier du maximum de pluies pour une meilleure reprise. Cela a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9 pour que les plans soient autonomes, qu&rsquo;on n&rsquo;ait pas besoin de faire des arrosages apr\u00e8s la saison de pluie. Nous sommes aussi en train d&rsquo;engager ce qu&rsquo;on appelle le reboisement hors saison. On va commencer en octobre pour compl\u00e9ter nos statistiques sur la voie de contournement.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>S\u00a0: <em>Avec le contexte s\u00e9curitaire, certaines for\u00eats sont devenues un lieu de refuge pour des terroristes. Quel point pouvez-vous faire de la situation dans ces zones ?<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong>R.B.\u00a0:<\/strong> Merci bien pour l\u2019int\u00e9r\u00eat que vous portez \u00e0 la sauvegarde des aires class\u00e9es du pays. Votre constat est juste. Aujourd\u2019hui, de nombreuses for\u00eats servent de refuge aux terroristes et d\u2019autres de corridor de trafic de tout genre. C\u2019est au regard de ce constat, que nous avons entrepris le processus de r\u00e9organisation du dispositif du Cadre paramilitaire des Eaux et For\u00eats courant 2023 afin de r\u00e9pondre efficacement aux imp\u00e9ratifs de la sauvegarde des ressources naturelles, mais aussi et surtout, de la s\u00e9curisation du territoire national. Cette r\u00e9organisation commence d\u00e9j\u00e0 \u00e0 produire des r\u00e9sultats satisfaisants au nombre desquels nous avons l\u2019apurement progressif des for\u00eats des zones d\u2019intervention des unit\u00e9s d\u00e9ploy\u00e9es.<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>S\u00a0: <em>Nous avons assist\u00e9 \u00e0 la dissolution de l\u2019unit\u00e9 sp\u00e9ciale des Eaux et for\u00eats. Qu\u2019elle en est la raison\u00a0?<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong>R.B.\u00a0: <\/strong>Effectivement, le 28 f\u00e9vrier dernier, le Conseil des ministres a prononc\u00e9 la dissolution de l&rsquo;unit\u00e9 sp\u00e9ciale d&rsquo;intervention des eaux et for\u00eats. Il faut dire que ce n&rsquo;est pas une d\u00e9cision isol\u00e9e. Elle est la cons\u00e9quence de ce que nous avons appel\u00e9 de l&rsquo;insubordination caract\u00e9ris\u00e9e telle que d\u00e9finie par le Code de r\u00e8glement des disciplines g\u00e9n\u00e9rales et de d\u00e9ontologie des Eaux et For\u00eats qui organise les activit\u00e9s du corps.<\/p>\n<p>Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;il s&rsquo;est pass\u00e9 ? En fait, l&rsquo;unit\u00e9 sp\u00e9ciale qui a \u00e9t\u00e9 mise en place a \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9e en mission de s\u00e9curisation dans une zone du pays. Elle a d\u00e9sob\u00e9i \u00e0 l&rsquo;instruction de sa hi\u00e9rarchie pour conduire la mission. Donc, elle a regagn\u00e9 Ouagadougou et a pris en otage le directeur g\u00e9n\u00e9ral chef de corps au sein de la Direction g\u00e9n\u00e9rale et emp\u00eachant tout mouvement hors du service. Ce n&rsquo;est pas tol\u00e9rable. Ce n&rsquo;est pas nous qui le disons, c&rsquo;est le Code de discipline qui le dit. Et les articles sont tr\u00e8s pr\u00e9cis \u00e0 ce niveau. Donc, on a demand\u00e9 un compte rendu de la hi\u00e9rarchie qui a fait le point. Le compte-rendu a \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9 au Conseil des ministres qui a estim\u00e9 qu\u2019il n&rsquo;y a aucune raison qui puisse justifier cette prise d&rsquo;armes et la s\u00e9questration du chef de corps. Apr\u00e8s la dissolution, des \u00e9l\u00e9ments ont \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9s comme des meneurs. Ce n&rsquo;est pas toute l&rsquo;unit\u00e9 sp\u00e9ciale qui compte 260 \u00e9l\u00e9ments. C\u2019est plut\u00f4t une section. Ils ont \u00e9t\u00e9 traduits en conseil de disciplines et il y aura des sanctions individuelles.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>S\u00a0: <em>Ont-ils \u00e9t\u00e9 radi\u00e9s ?<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong>R.B.\u00a0: <\/strong>Pour cette question, les infractions sont tr\u00e8s bien notifi\u00e9es dans le Code. Conform\u00e9ment aux dispositions du r\u00e8glement des disciplines g\u00e9n\u00e9rales et de d\u00e9ontologie du corps paramilitaire des eaux et for\u00eats, il pourrait y avoir des sanctions dont des bl\u00e2mes, des abaissements d\u2019\u00e9chelon, des mises en demeure, des radiations.<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>S\u00a0: <em>Des esp\u00e8ces prot\u00e9g\u00e9es, surtout les \u00e9l\u00e9phants, causent de nombreux d\u00e9g\u00e2ts dans des champs et ce n\u2019est pas nouveau. Comment votre d\u00e9partement arrive \u00e0 apaiser les c\u0153urs de ces agriculteurs et assurer en m\u00eame temps la protection de ces animaux ?<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong>R.B.\u00a0:<\/strong> La mise en \u0153uvre du d\u00e9cret portant conditions et modalit\u00e9s de r\u00e9paration des dommages caus\u00e9s par certaines esp\u00e8ces animales sauvages au Burkina Faso permet \u00e0 mon d\u00e9partement d\u2019assister les producteurs victimes et assurer en m\u00eame temps la protection de ces animaux.<\/p>\n<p>Ce d\u00e9cret a pr\u00e9vu des r\u00e9parations qui consistent \u00e0 verser en esp\u00e8ces, une indemnisation compensatrice des pertes subies par la victime, sur la base d\u2019une \u00e9valuation faite par la commission de r\u00e9paration mise en place par le chef de circonscription administrative le plus proche. Depuis l\u2019entr\u00e9e en vigueur de ce d\u00e9cret, l\u2019Etat parvient \u00e0 respecter ses engagements ce qui soulage les diff\u00e9rentes victimes des dommages caus\u00e9s par certaines esp\u00e8ces de faune. A titre illustratif, 1 140 victimes ont \u00e9t\u00e9 indemnis\u00e9es \u00e0 hauteur de plus de 423 millions FCFA depuis 2017.<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>S\u00a0: <em>Du fait du terrorisme, certaines zones cyn\u00e9g\u00e9tiques tendent \u00e0 perdre leurs lustres d\u2019antan. Que pr\u00e9voit votre d\u00e9partement pour restaurer ces sites\u00a0?<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong>R.B.\u00a0: <\/strong>Pour ces questions, le premier lundi du mois de juillet, on a annonc\u00e9 avec les collaborateurs que le deuxi\u00e8me semestre de l\u2019ann\u00e9e, sera le semestre de la faune. Parce qu&rsquo;on a senti qu&rsquo;il y avait une certaine latence dans ce domaine. Les services comp\u00e9tents viennent de me transmettre les plans d&rsquo;action pour booster nos r\u00e9serves fauniques. Le domaine va encore exister parce qu&rsquo;on a des projets qu&rsquo;on est en train de m\u00fbrir avec des partenaires sur le complexe W, parc d\u2019Arly, parc de Pendjari (WAP), qui est frontalier avec le B\u00e9nin et le Niger. Avec les propositions, des actions seront examin\u00e9es et mises en \u0153uvre pour donner espoir. On a aussi commenc\u00e9 \u00e0 \u00e9laborer une fiche de projet pour la restauration de ces zones apr\u00e8s la crise, pour travailler \u00e0 redorer l&rsquo;\u00e9conomie nationale \u00e0 ce niveau.<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>S\u00a0: <\/strong><strong><em>Il est pr\u00e9vu dans la p\u00e9riode de 2016 \u00e0 2027, la cr\u00e9ation de 2 000 \u00e9co-villages au Burkina Faso. A ce jour o\u00f9 en est-on avec le projet\u00a0?<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong>R.B.\u00a0: <\/strong>Pour les \u00e9co-villages, ce n&rsquo;est pas facile. Effectivement mon d\u00e9partement abrite la coordination de l\u2019initiative de cr\u00e9ation de 2 000 \u00e9co-villages. Ces 2 000 villages \u00e0 transformer en \u00e9co-villages ont \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9s depuis 2017 dans les 13 r\u00e9gions \u00e0 travers un processus participatif et inclusif. A ce jour, le processus suit son cours. Nous sommes \u00e0 73 villages en transformation qui ont un niveau de transformation plus ou moins avanc\u00e9. Il faut dire qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un long processus qui n\u00e9cessite beaucoup d\u2019efforts de financement. Le gouvernement y contribue \u00e0 travers le financement d\u2019un projet de transformation de 45 villages dont un village par province. D\u2019autres projets sont en cours de conception pour soutenir la mise en \u0153uvre de l\u2019initiative qui est l\u2019affaire de tous, chacun devant contribuer selon ses moyens et ses attributions pour le mieux-\u00eatre des m\u00e9nages ruraux.<\/p>\n<p>On a quelques exemples de villages en transformation\u00a0en \u00e9co-villages notamment Tanlarghin dans la commune de Saaba\u00a0; B\u00e9ta dans la commune de Ziniar\u00e9\u00a0; Basgana dans la commune de Manga. A ce jour, le budget investi dans la mise en \u0153uvre de l\u2019initiative 2 000 \u00e9co-villages est d\u2019environ deux milliards FCFA. Le budget n\u00e9cessaire pour la transformation d\u2019un village en \u00e9co-village est de 800 millions de franc CFA au minimum. On a donn\u00e9 des orientations pour qu&rsquo;on change l&rsquo;angle d&rsquo;approche avec des mod\u00e8les de villages autonomes sur plusieurs plans. L\u2019objectif c\u2019est la maitrise de la question \u00e9nerg\u00e9tique, la question de l&rsquo;eau, la gestion des d\u00e9chets, de la pollution.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>S\u00a0: <\/strong><strong><em>La mise en place de ces \u00e9co-villages n\u00e9cessite un changement de comportement de la population. Comment ont-elles accueilli ce projet dans les villages dits pilotes\u00a0?<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong>R.B.\u00a0: <\/strong>Il y a eu beaucoup d&rsquo;engouement. Et cela s\u2019est ressenti dans le processus d\u2019identification des villages. Les populations participent aux activit\u00e9s de transformations de leur village. Ce sont elles m\u00eames qui choisissent les types d\u2019investissements et m\u00e8nent certaines activit\u00e9s comme la construction de pistes rurales, la construction d\u2019infrastructures sous forme de haute intensit\u00e9 de mains d\u2019\u0153uvre.<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>S\u00a0: <em>L&rsquo;une des missions de votre d\u00e9partement, c&rsquo;est d&rsquo;assurer la transition du pays vers une \u00e9conomie verte et inclusive. De quoi exactement s&rsquo;agit-il ?<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong>R.B.\u00a0: <\/strong>L&rsquo;\u00e9conomie verte est un concept, un mod\u00e8le de d\u00e9veloppement qui tient compte de l&rsquo;environnement et qui le consid\u00e8re comme une opportunit\u00e9. A titre d\u2019exemple, en mati\u00e8re d&rsquo;\u00e9conomie verte, les d\u00e9chets ne doivent pas devenir un probl\u00e8me. Ils sont des opportunit\u00e9s avec la fili\u00e8re d\u00e9chets. De la collecte \u00e0 la valorisation, on cr\u00e9e des emplois tout en pr\u00e9servant l\u2019environnement.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>S\u00a0: <em>La question de l\u2019interdiction des sachets plastiques continue d\u2019animer les d\u00e9bats. Quelle est la position de votre d\u00e9partement concernant ce sujet\u00a0?<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong>R.B.\u00a0:<\/strong> La probl\u00e9matique des sachets plastiques est une question d\u2019int\u00e9r\u00eat national. Elle concerne aussi bien l\u2019am\u00e9lioration du cadre de vie des populations que la protection de la sant\u00e9 et de l\u2019hygi\u00e8ne publique.<\/p>\n<p>En rappel, le 20 mai 2014, notre pays a adopt\u00e9 la Loi N\u00b0 017 portant interdiction de la production, de l\u2019importation, de la commercialisation et de la distribution des emballages et sachets plastiques non biod\u00e9gradables et certains textes d\u2019application. A cet effet, des actions ont \u00e9t\u00e9 entreprises pour l\u2019application de cette loi. Malgr\u00e9 des efforts d\u00e9ploy\u00e9s \u00e7\u00e0 et l\u00e0, force est de constater que l\u2019\u00e9tat du cadre de vie dans nos villes et campagnes reste pr\u00e9occupant du fait de la propagation continue des d\u00e9chets d\u2019emballages en plastique.<\/p>\n<p>Cela s\u2019explique par exemple par\u00a0le caract\u00e8re partiel de l\u2019interdiction, la longue dur\u00e9e de vie des emballages biod\u00e9gradables soit au moins 5 ans dans la nature, l\u2019impossibilit\u00e9 pour les citoyens et m\u00eame pour les techniciens de distinguer avec certitude les emballages et sachets biod\u00e9gradables de ceux qui ne le sont pas sans recours \u00e0 des appareils sp\u00e9cifiques. Face \u00e0 cette situation, il est normal que la question continue d\u2019animer les d\u00e9bats. Alors, ce qu\u2019il convient de faire, c\u2019est d\u2019aller \u00e0 la relecture de la pr\u00e9sente loi 017. Et, c\u2019est ce \u00e0 quoi mon d\u00e9partement s\u2019attelle pr\u00e9sentement. D\u2019ores et d\u00e9j\u00e0, je pr\u00e9cise que c\u2019est un processus qui a commenc\u00e9 depuis 2019 et se poursuit.<\/p>\n<p>Dans le processus de relecture de la loi, nous sommes rest\u00e9s en contact avec les acteurs du plastique. Nous avons tenu des concertations avec ces acteurs pour recueillir leurs avis et pr\u00e9occupations. Ces concertations ont abouti \u00e0 la validation de l\u2019avant-projet de loi et son examen par le COTEVAL, le 23 aout 2024. Il reste sa soumission en Conseil des ministres pour la suite de la proc\u00e9dure.<\/p>\n<p>Nous tenons \u00e0 rassurer les acteurs que seuls les emballages et sachets plastiques les plus probl\u00e9matiques sont vis\u00e9s pour interdiction principalement ceux \u00e0 usage unique ou jetables. Des d\u00e9rogations permettront \u00e0 certains acteurs de poursuivre les activit\u00e9s conform\u00e9ment \u00e0 la r\u00e8glementation.<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>S\u00a0: <em>En attendant, les sachets plastiques se retrouvent partout. Que faut-il faire\u00a0?<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong>R.B.\u00a0: <\/strong>Il y a un peu d&rsquo;incivisme qui amplifie la probl\u00e9matique. Les r\u00e9sidus des sachets plastiques doivent \u00eatre dans les d\u00e9charges officielles et pas partout dans les quartiers. Si chaque citoyen, apr\u00e8s avoir utilis\u00e9 un emballage plastique, le mettait dans une poubelle, il va \u00eatre retrouv\u00e9 dans une d\u00e9charge officielle. Les dispositions sont prises pour que tout r\u00e9sidu ne soit pas nocif \u00e0 son environnement. C&rsquo;est d\u2019ailleurs pour cela qu&rsquo;on veut retirer ces sachets non biod\u00e9gradables de la circulation au profit des emballages qui ne posent pas de probl\u00e8me \u00e0 la sant\u00e9 et \u00e0 l&rsquo;environnement.<\/p>\n<p>Je profite de l\u2019occasion pour attirer l\u2019attention sur les kits blancs. En g\u00e9n\u00e9ral, ces kits sont faits en polystyr\u00e8ne. C&rsquo;est du plastique. Le styr\u00e8ne c&rsquo;est un gaz. Dans la chimie, le polystyr\u00e8ne, c&rsquo;est plusieurs mol\u00e9cules de styr\u00e8ne. Quand vous mettez du repas chaud dans un emballage en polystyr\u00e8ne, il d\u00e9gage le styr\u00e8ne. Au contact de la chaleur le styr\u00e8ne devient comme du sel pour votre repas et va dans votre organisme. A la limite, on peut mettre des repas froids. Ailleurs, ces kits ne sont pas utilis\u00e9s. Mais quand on va interdire ces kits, on va vous demander comment vont faire les gens ? Mais quand vous devez calculez le co\u00fbt de l&rsquo;inaction, vous vous rendrez compte qu&rsquo;il faut interdire. De plus, ces kits ne sont pas r\u00e9utilisables et ne se d\u00e9gradent pas. Ailleurs, on va vous servir dans les emballages en papier. Avec le papier, ce n\u2019est plus forc\u00e9ment les arbres qu\u2019on abat parce que les acteurs ont chang\u00e9 de paradigme. C&rsquo;est le syst\u00e8me de recyclage.<\/p>\n<p>Pour juguler tous ces probl\u00e8mes, avec le Fonds d&rsquo;intervention pour l&rsquo;environnement, nous avons lanc\u00e9 des appels \u00e0 projets \u00e0 hauteur de 750 millions F CFA comme des subventions pour des associations qui vont faire la valorisation des d\u00e9chets et qui vont proposer des alternatives au plastique. D&rsquo;ici l\u00e0, ils vont diffuser la liste et le processus doit continuer pour que ce soit p\u00e9renne.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>S\u00a0: <em>Face \u00e0 cette question de plastique qui est vraiment pr\u00e9occupante, quel est le choix r\u00e9el du gouvernement. Est-il interdit ou pas ?<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong>R.B.\u00a0: <\/strong>Le Conseil des ministres va se prononcer. Le minist\u00e8re de l&rsquo;Environnement, apr\u00e8s avoir consult\u00e9 tous les acteurs, a introduit le dossier en Conseil des ministres. A la sortie du Conseil des ministres, vous allez conna\u00eetre la position du gouvernement.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>S\u00a0: <em>Le Burkina Faso, pays vuln\u00e9rable aux effets des changements climatiques, a ratifi\u00e9 des conventions internationales (Convention-Cadre des Nations unies sur les changements climatiques, le Protocole de Kyoto\u2026) en vue de la r\u00e9duction des gaz \u00e0 effet de serre. Comment votre d\u00e9partement ex\u00e9cute cette politique sur le terrain\u00a0?<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong>R.B.\u00a0: <\/strong>Nous pr\u00e9parons m\u00eame les trois Conf\u00e9rences des partis (COP), celles sur la biodiversit\u00e9 en octobre prochain, sur le changement climatique en novembre et sur la d\u00e9sertification en d\u00e9cembre.<\/p>\n<p>Le Burkina Faso \u00e0 l\u2019instar des autres pays vuln\u00e9rables contribue \u00e0 l\u2019effort mondial de r\u00e9duction des \u00e9missions \u00e0 travers des actions inscrites dans leur Contribution d\u00e9termin\u00e9e au niveau national (CDN). En effet, le Burkina Faso a soumis sa CDN r\u00e9vis\u00e9e en 2021 avec une ambition de r\u00e9duction de ses Gaz \u00e0 effet de serres de 15,87% en 2025 et 29,42% \u00e0 l\u2019horizon 2030. Par ailleurs, le pays a \u00e9labor\u00e9 en 2021 sa strat\u00e9gie de d\u00e9veloppement \u00e0 faible \u00e9mission de carbone et r\u00e9silient au climat.<\/p>\n<p>Concr\u00e8tement, la participation du Burkina Faso \u00e0 ces conventions a permis entre autres de\u00a02016 \u00e0 nos jours de cr\u00e9er ou renforcer des partenariats bilat\u00e9raux et multilat\u00e9raux, d\u2019adh\u00e9rer \u00e0 des initiatives pour la pr\u00e9servation de l\u2019environnement et pour le D\u00e9veloppement durable\u00a0; de mobiliser des ressources financi\u00e8res estim\u00e9es \u00e0 plus de deux cents (200) milliards FCFA pour le financement de 25 projets et programmes et des initiatives de d\u00e9veloppement durable dans le domaine des changements climatiques ; de mobiliser plus de 42\u202fmilliards FCFA \u00e0 travers le Fonds pour l\u2019environnement mondial (FEM) en faveur de la diversit\u00e9 biologique. Pour ce m\u00eame fonds, nous venons de mobiliser des fonds pour les plastiques appel\u00e9 IP plastique (Initiatives pour \u00e9liminer l&rsquo;utilisation de plastique dans la cha\u00eene agroalimentaire) \u00e0 la suite d\u2019un appel \u00e0 projet. Le Burkina qui a postul\u00e9 a \u00e9t\u00e9 retenu avec 15 autres pays. Et le projet commence en janvier 2025 avec 3 milliards F CFA de subvention.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>S\u00a0: <em>Dans le cadre de la Convention cadre des Nations unies pour les changements climatiques, des puissances comme les USA boudent par exemple, l\u2019accord de Paris. Cela ne sape-t-il pas les efforts de la communaut\u00e9 internationale sur les changements climatiques\u00a0?<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong>R.B.\u00a0: <\/strong>On parle maintenant de diplomatie environnementale. Cela veut dire que c\u2019est tr\u00e8s politique. Donc, chacun doit s&rsquo;armer pour aller se d\u00e9fendre. Chaque pays est vraiment souverain pour d\u00e9fendre ses points de vue. Le Burkina fait partie des pays les moins avanc\u00e9s et le groupe de 77 plus la Chine. Donc, nous partons en n\u00e9gociation en groupe, parce que nous sommes victimes. Certains pays ont leur vision et nous travaillons \u00e0 chaque COP pour leur faire changer de vision, les aligner sur les objectifs que toute la communaut\u00e9 a arr\u00eat\u00e9s. Mais malgr\u00e9 tout, les m\u00e9canismes avancent. Certains pays ne ratifient pas certaines dispositions, mais ils participent \u00e0 toutes les r\u00e9unions. Cela veut dire que c&rsquo;est important. Mais, ce sont des questions \u00e9conomiques, politiques. Sauf que pour la question des changements climatiques tout le monde est d&rsquo;accord que c&rsquo;est une r\u00e9alit\u00e9 et qu&rsquo;on peut travailler \u00e0 diminuer les impacts.<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>S\u00a0: <em>Vous avez dit que le Burkina et les autres pays vont en groupe parce qu\u2019ils se ressemblent. Quelle exp\u00e9rience alliez-vous partagez \u00e0 la prochaine COP\u00a0?<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong>R.B.\u00a0: <\/strong>Le Burkina Faso participera \u00e0 la 29<sup>e<\/sup> Conf\u00e9rence des parties \u00e0 la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP 29), qui se tiendra, du 11 au 22 novembre 2024 \u00e0 Bakou, en Azerba\u00efdjan. Pour les travaux techniques, 12 th\u00e9matiques cl\u00e9s et d\u2019int\u00e9r\u00eat ont \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9es pour notre pays que sont entre autres : la Finance, l\u2019Adaptation, l\u2019Att\u00e9nuation, la Transition juste, le Bilan mondial, le D\u00e9veloppement et le Technologie, le Renforcement des capacit\u00e9s, la Transparence, l\u2019Article 6 de l\u2019Accord de Paris relatif au march\u00e9 du carbone, les Pertes et Pr\u00e9judices li\u00e9s aux impacts n\u00e9fastes des changements climatiques, le genre et l\u2019agriculture. Des experts travaillent sur ces th\u00e9matiques pour que les pr\u00e9occupations de notre pays soient prises en compte dans les diff\u00e9rentes instances de d\u00e9cisions.<\/p>\n<p>Cette COP-29 qui s\u2019inscrit dans la dynamique d\u2019une ambition plus accrue pour un monde d\u00e9carbon\u00e9, est essentielle pour le Burkina Faso. Les exp\u00e9riences et bonnes pratiques d\u00e9velopp\u00e9es au Burkina Faso en mati\u00e8re d\u2019adaptation et d\u2019att\u00e9nuation seront mises en exergue. La COP-29 \u00e9galement sera mise \u00e0 profit pour le d\u00e9veloppement de partenariats pour l\u2019atteinte des objectifs de la Transition comme l\u2019Offensive agricole du Burkina Faso, le d\u00e9veloppement de march\u00e9 carbone pour faciliter le financement des projets et technologies sobres en carbone et r\u00e9silient au climat, le partenariat pour la recherche scientifique.<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>S\u00a0: <em>La gouvernance environnementale et le d\u00e9veloppement durable sont aussi un cheval de bataille de votre d\u00e9partement. Comment se traduisent-ils de fa\u00e7on concr\u00e8te\u00a0?<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong>R.B.\u00a0: <\/strong>Nous partageons la question du d\u00e9veloppement durable avec d&rsquo;autres d\u00e9partements tels que le minist\u00e8re de l&rsquo;Economie et des Finances qui a une direction g\u00e9n\u00e9rale de l&rsquo;\u00e9conomie et de la planification. Parce qu\u2019\u00e0 la fin, ce sont des questions \u00e9conomiques. Nous nous occupons des questions qui ont un lien avec l&rsquo;environnement et les modes de consommation et de production durable. De mani\u00e8re op\u00e9rationnelle, plusieurs actions sont men\u00e9es comme le renforcement des capacit\u00e9s des cellules environnementales qui sont institu\u00e9es dans les minist\u00e8res, les structures priv\u00e9es et les collectivit\u00e9s comme garant de la prise en compte des questions d&rsquo;environnement et de d\u00e9veloppement durable. Ces cellules ont \u00e9t\u00e9 institu\u00e9es par un d\u00e9cret de 2007, mais il est en relecture.<\/p>\n<p>Nous organisons aussi la Conf\u00e9rence nationale du d\u00e9veloppement durable qui se tient de mani\u00e8re r\u00e9guli\u00e8re sous la pr\u00e9sidence du Premier ministre. La 5<sup>e<\/sup> session va se tenir cette ann\u00e9e, du 28 au 29 novembre, pour faire le point. Cette instance se tient chaque 2 ans. Mais, il y a eu des difficult\u00e9s avec les p\u00e9rip\u00e9ties que nous avons travers\u00e9es. Nous voulons partir d&rsquo;un bon pied \u00e0 partir de novembre 2024.<\/p>\n<p>Il y a \u00e9galement la c\u00e9l\u00e9bration des Journ\u00e9es mondiales en faveur du d\u00e9veloppement durable\u00a0, la Journ\u00e9e mondiale de l&rsquo;environnement, la Journ\u00e9e de la biodiversit\u00e9, la Journ\u00e9e de la d\u00e9sertification, la Journ\u00e9e ozone, la Journ\u00e9e sur les zones humides. Ce sont autant de journ\u00e9es qui sont c\u00e9l\u00e9br\u00e9es dans le continuum du d\u00e9veloppement durable. Il y a \u00e9galement la production des rapports sur l&rsquo;\u00e9tat de l&rsquo;environnement de mani\u00e8re p\u00e9riodique et \u00e0 ce jour, nous avons \u00e9labor\u00e9 quatre rapports. Ces rapports font le diagnostic sur l&rsquo;\u00e9tat de l&rsquo;environnement au niveau national et les perspectives pour l\u2019am\u00e9liorer.<\/p>\n<p>Au compte de ces accords multilat\u00e9raux en mati\u00e8re d&rsquo;environnement, depuis les 5 derni\u00e8res ann\u00e9es, de mani\u00e8re globale, nous avons pu mobiliser pr\u00e8s de 42,1 milliards F CFA pour injecter directement dans la question du d\u00e9veloppement. M\u00eame dans les attributions des membres du gouvernement qui ont \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9es, le 2 septembre 2024, au niveau de certains minist\u00e8res comme le minist\u00e8re des finances, nous avons not\u00e9 la mobilisation de la finance climatique \u00e0 laquelle nous sommes charg\u00e9s de contribuer.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>S\u00a0: <em>Depuis votre arriv\u00e9e \u00e0 la t\u00eate du d\u00e9partement la Ceinture verte de Ouagadougou connait un certain nombre de transformations.\u00a0 Quel va \u00eatre d\u00e9sormais le statut de cet espace\u00a0?<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong>R.B.<\/strong>\u00a0: Dans notre pays, le projet Ceinture verte de Ouagadougou (CVO) a \u00e9t\u00e9 initi\u00e9 en 1974 par le gouvernement burkinab\u00e8 et sa mise en place a commenc\u00e9 en 1976. Une ceinture verte, par d\u00e9finition, est un espace occup\u00e9 par des formations v\u00e9g\u00e9tales naturelles ou artificielles, situ\u00e9es \u00e0 la p\u00e9riph\u00e9rie des villes et poursuivant des objectifs de pr\u00e9servation de l\u2019environnement, de d\u00e9limitation et d\u2019approvisionnement en produits forestiers ligneux. La Ceinture verte est soumise au r\u00e9gime juridique des for\u00eats. Elle doit faire l\u2019objet d\u2019un classement au nom de l\u2019Etat ou des collectivit\u00e9s d\u00e9centralis\u00e9es. Un plan d\u2019am\u00e9nagement est en cours d\u2019\u00e9laboration par mon d\u00e9partement avec l\u2019implication de tous les acteurs concern\u00e9s. Il d\u00e9finira une vision et des modalit\u00e9s d\u2019am\u00e9nagement et de gestion de cette ceinture verte dans le contexte actuel. La CVO est actuellement sous une tr\u00e8s grande pression anthropique. En effet, une \u00e9tude r\u00e9alis\u00e9e en 2017 et actualis\u00e9e en 2022 donne plus de 1 344 sites d\u2019occupation repartis entre 34 types avec un taux d\u2019occupation de 31,29% mais si nous consid\u00e9rons les sites maraichers comme une occupation, le taux passe \u00e0 42,62% sur une superficie, selon la BNDT 2012 de 2 559,73 ha.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>S\u00a0: <em>Quelle est la limite de cette Ceinture verte, car jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent, des populations disent qu&rsquo;elles ne savent m\u00eame pas qu\u2019elles sont install\u00e9es sur cette Ceinture\u00a0?<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong>R.B.\u00a0: <\/strong>C&rsquo;est pourquoi, il y a un plan d&rsquo;am\u00e9nagement en cours. D\u00e8s que le plan va finir, on va proc\u00e9der au bornage. Cette ceinture fait le tour de la ville, de Polesgo, \u00e0 partir de la zone industrielle, entre la zone industrielle et la mairie de l&rsquo;arrondissement 4. Elle passe \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du s\u00e9minaire de Kossoghin pour continuer \u00e0 Pissy, au quartier Zongo qui va faire le tour vers la pr\u00e9sidence Kossyam. La ceinture verte est anthropis\u00e9e. Lorsqu\u2019 on va faire le plan d&rsquo;am\u00e9nagement, nous allons faire le point pour savoir quels sont les types d\u2019anthropisation et leurs retomb\u00e9es pour le pays.<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>S\u00a0: <em>Il est de plus en plus question de nucl\u00e9aire au Burkina Faso. Votre minist\u00e8re est-il impliqu\u00e9 dans les diff\u00e9rents projets\u00a0?<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong>R.B.\u00a0: <\/strong>La question du nucl\u00e9aire, depuis longtemps, \u00e9tait un peu r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 une \u00e9lite qui n&rsquo;arrive pas \u00e0 se convaincre elle-m\u00eame souvent parce que c&rsquo;est gard\u00e9 entre eux. Pour la question du nucl\u00e9aire, certains pays sont verrouill\u00e9s sur le syst\u00e8me diplomatique. Pourtant, c&rsquo;est une technologie qu&rsquo;il faut dompter, tout simplement. Le Burkina est en avance parce que nous avons l&rsquo;Autorit\u00e9 de radioprotection et de s\u00e9curit\u00e9 nucl\u00e9aire qui a travaill\u00e9 et il y a une loi qui existe depuis 2012 pour g\u00e9rer ces questions. Il n&rsquo;y a pas longtemps, le Conseil des ministres a adopt\u00e9 un rapport sur l&rsquo;exposition des acteurs pour certains types de rayonnements.<\/p>\n<p>C\u2019est dire que sur la question, notre d\u00e9partement est bien impliqu\u00e9. C&rsquo;est d&rsquo;abord, avec les orientations du chef de l&rsquo;Etat, qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 l&rsquo;Agence de l&rsquo;\u00e9nergie atomique qui est rattach\u00e9e \u00e0 la Pr\u00e9sidence, qui va travailler \u00e0 nous apporter assez d&rsquo;\u00e9nergie pour nos activit\u00e9s.<\/p>\n<p>La protection de l\u2019environnement et la protection radiologique de la population sont de grands d\u00e9fis dans toutes les \u00e9tapes du projet. La contribution du minist\u00e8re dans le pr\u00e9sent projet se fait \u00e0 deux niveaux. La r\u00e9glementation des activit\u00e9s du projet \u00e0 travers l\u2019Autorit\u00e9 nationale de radioprotection et de s\u00fbret\u00e9 nucl\u00e9aire (ARSN) et les aspects environnementaux du projet, notamment le choix du site \u00e0 travers les aspects environnementaux qui doivent \u00eatre pris en compte et une \u00e9tude d\u2019impact environnemental doit \u00eatre faite. La construction \u00e0 travers un suivi environnemental qui doit \u00eatre fait pendant toute la phase de construction et l\u2019exploitation. Pendant la phase d\u2019exploitation, les aspects environnementaux existent \u00e9galement : gestions des d\u00e9chets produits par la centrale, la surveillance radiologique de l\u2019environnement.<\/p>\n<p>Il y a des rapports annuels qui sont transmis au niveau international. Pour le moment, il n&rsquo;y a pas de probl\u00e8me. Et avec l&rsquo;Agence internationale de l&rsquo;\u00e9nergie atomique ainsi que nos partenaires, nous travaillons pour avancer sur ce dossier.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>S\u00a0: <em>Depuis 2018, le Burkina Faso n\u2019importe plus le mercure du fait de son impact n\u00e9gatif sur l\u2019environnement. Malheureusement, les sites d\u2019orpaillage sont inond\u00e9s de cette substance. Est-ce une incapacit\u00e9 \u00e0 emp\u00eacher l\u2019entr\u00e9e de cette substance sur le territoire national\u00a0?<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong>R.B.\u00a0: <\/strong>Officiellement, je n\u2019ai pas connaissance d\u2019une quelconque autorisation ou avis d\u00e9livr\u00e9 dans le cadre de la proc\u00e9dure d\u2019importation du mercure. A cet effet, le mercure utilis\u00e9 sur les sites d\u2019orpaillage rentre de mani\u00e8re illicite du fait certainement de la porosit\u00e9 de nos fronti\u00e8res.<\/p>\n<p>Il faut donc s\u2019attaquer au commerce illicite de mercure. Des dispositions sont prises et d\u2019autres en cours en vue de lutter contre ce trafic illicite, il s\u2019agit notamment\u00a0des s\u00e9ances de renforcement des capacit\u00e9s des acteurs de contr\u00f4les sur les techniques de d\u00e9tection et de contr\u00f4le du mercure et des produits contenant du mercure ajout\u00e9\u00a0et de la promotion de technologie de traitement de l\u2019or sans mercure \u00e0 travers le projet PlanetGold.<\/p>\n<p>C&rsquo;est pourquoi on travaille \u00e0 proposer des alternatives au traitement de l&rsquo;or. Le mercure est utilis\u00e9 pour le traitement individuel de l\u2019or. Si on passe aux semi-m\u00e9canis\u00e9s, aux petites mines et aux coop\u00e9ratives, on va trouver d&rsquo;autres substances chimiques autoris\u00e9es avec des techniciens form\u00e9s.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>S\u00a0: <em>Les grandes villes du pays sont confront\u00e9es \u00e0 des probl\u00e8mes d\u2019assainissement avec leurs lots de maladies comme la dengue et le paludisme. Que fait votre d\u00e9partement pour r\u00e9sorber le probl\u00e8me\u00a0?<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong>R.B.\u00a0: <\/strong>Ce sont des difficult\u00e9s r\u00e9elles. Mais souvent, on fait un transfert syst\u00e9matique \u00e0 l&rsquo;Etat. Il faut que tous les acteurs s&rsquo;impliquent parce qu\u2019en mati\u00e8re d&rsquo;assainissement, il y a un minimum. Pour les cas des latrines, il n&rsquo;est pas indiqu\u00e9 que l&rsquo;Etat vienne faire des latrines pour quelqu&rsquo;un qui a construit sa cour. Il faut que les latrines soient dans les plans de construction. Normalement, l&rsquo;Etat et les collectivit\u00e9s ne doivent intervenir que pour les latrines publiques. Du reste, on a travaill\u00e9 d\u00e9j\u00e0 \u00e0 mettre en place 29 167 latrines familiales homologu\u00e9es et plus de 6 000 puisards domestiques en 2023. On a des programmes comme le Programme d&rsquo;approvisionnement en eau et assainissement (PAEA), l&rsquo;ONEA et la direction g\u00e9n\u00e9rale en charge de l&rsquo;assainissement qui travaillent pour appuyer la population \u00e0 la disponibilit\u00e9 des latrines, surtout en milieu rural. On a essay\u00e9 de r\u00e9glementer le secteur en 2023 avec un d\u00e9cret sur l&rsquo;assainissement autonome des eaux us\u00e9es et excr\u00e9tas. Cela veut dire, vous ne devez pas jeter votre eau us\u00e9e devant votre cour ou dans la rue. On doit vous amender parce que les eaux us\u00e9es doivent aller dans un syst\u00e8me de collecte \u00e0 domicile dans des puisards. Nous sommes donc en train de mettre en \u0153uvre cette loi. Mais la loi doit travailler en amont avec ceux qui font les constructions pour que, par exemple, pour que dans chaque cit\u00e9, il y ait \u00ab\u00a0une villa, un syst\u00e8me d&rsquo;assainissement\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Il y a aussi l&rsquo;offensive z\u00e9ro d\u00e9charge qui consiste \u00e0 \u00e9liminer les d\u00e9charges non contr\u00f4l\u00e9es dans les villes de Bobo-Dioulasso et Ouagadougou pour baliser ces sites et travailler \u00e0 ce qu\u2019ils ne soient pas reconstitu\u00e9s. On doit donc mettre en place un syst\u00e8me de veille permanente pour que ces d\u00e9charges ne se reconstituent pas. D\u00e9j\u00e0, le chef de l\u2019Etat, a aussi lanc\u00e9 l&rsquo;Initiative pr\u00e9sentielle pour le d\u00e9veloppement communautaire qui a des composantes li\u00e9es \u00e0 cela. Nous menons actuellement des actions en synergie avec l&rsquo;Initiative pr\u00e9sidentielle, le minist\u00e8re de la Sant\u00e9, le minist\u00e8re de l&rsquo;Administration territoriale et les collectivit\u00e9s. On est en train de faire une r\u00e9organisation institutionnelle pour qu\u2019en 2025 ce soit des situations que l&rsquo;on puisse bien g\u00e9rer.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>S\u00a0: <em>Le chef de l\u2019Etat a lanc\u00e9 l\u2019Offensive agropastorale 2023-2025. Quel est l\u2019Etat de mise en \u0153uvre des activit\u00e9s concernant la mobilisation des ressources en eau\u00a0?<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong>R.B.\u00a0: <\/strong>Pour l\u2019Offensive, plusieurs acteurs doivent intervenir. L\u2019un des acteurs cl\u00e9, c&rsquo;est le d\u00e9partement en charge de l&rsquo;eau que nous conduisons. A ce niveau, nous mettons un point d&rsquo;honneur pour que, pour les activit\u00e9s agricole, halieutique et pastorale, l&rsquo;eau ne soit pas un handicap. D\u00e9j\u00e0, cette ann\u00e9e, on note l&rsquo;ach\u00e8vement du barrage de Daw\u00e9lgu\u00e9 d\u2019une capacit\u00e9 de 829 000 m<sup>3<\/sup> dans la r\u00e9gion du Centre-Sud qui contribue \u00e0 l\u2019am\u00e9lioration de notre capacit\u00e9 de stockage en eau de surface ainsi que la poursuite des travaux de r\u00e9habilitation des barrages de Lelex\u00e9 et Zoungou dans la r\u00e9gion du Plateau central et celui de Boussouma dans le Centre-Nord dont les taux de r\u00e9alisation sont assez satisfaisants \u00e0 ce jour. Le barrage de Samandeni b\u00e9n\u00e9ficiera d\u2019am\u00e9nagements de p\u00e9rim\u00e8tres irrigu\u00e9s.<\/p>\n<p>En termes de perspectives, un certain nombre de projets structurants sont en d\u00e9marrage ou en cours de maturit\u00e9. Il s\u2019agit du Projet s\u00e9curit\u00e9 de l\u2019eau (PSE) qui permettra de r\u00e9habiliter une quarantaine de barrages, du Programme de d\u00e9veloppement int\u00e9gr\u00e9 de la vall\u00e9e de Ouessa, du Programme de d\u00e9veloppement int\u00e9gr\u00e9 de la vall\u00e9e de la Bougouriba\u00a0et du Projet de r\u00e9alisation et de r\u00e9habilitation de barrages et d\u2019am\u00e9nagement de p\u00e9rim\u00e8tres irrigu\u00e9s.<\/p>\n<p>A terme, cela contribuera \u00e0 l\u2019atteinte des objectifs de l\u2019Offensive avec le d\u00e9veloppement des activit\u00e9s de production agricole et halieutique autour des ouvrages construits ou r\u00e9habilit\u00e9s.<\/p>\n<p>Mais il faut noter que les questions de mobilisation des eaux de surface, ce sont de grands projets. Et les \u00e9tudes sont un pr\u00e9alable. Si vous n&rsquo;avez pas d&rsquo;\u00e9tudes, m\u00eame si vous voulez l&rsquo;eau, on ne peut pas vous en donner. Nous travaillons \u00e9galement \u00e0 avoir beaucoup d&rsquo;\u00e9tudes dans plusieurs r\u00e9gions pour ensuite intervenir par priorit\u00e9.<\/p>\n<p>Aussi, il y a eu la cr\u00e9ation de l&rsquo;Office national des barrages et des am\u00e9nagements hydrauliques (ONBAH), qui va permettre d&rsquo;acc\u00e9l\u00e9rer la r\u00e9alisation des infrastructures de mobilisation des ressources en eau.<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>S\u00a0: <em>Quelle assurance peut-on avoir que cet office va pouvoir relever les d\u00e9fis, en ce qui concerne les am\u00e9nagements hydrauliques\u00a0? Par exemple, le barrage de Gogo dans le Centre-Sud est pratiquement transform\u00e9 en champ aujourd\u2019hui apr\u00e8s que sa digue ait c\u00e9d\u00e9.<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong>R.B.\u00a0:<\/strong> Il faut faire confiance aux structures et aux hommes qui les animent. Tout ce que l&rsquo;ONBAH va faire se fera conform\u00e9ment aux normes et \u00e0 la r\u00e9glementation internationale en la mati\u00e8re. Et la question des barrages, c&rsquo;est sensible. Nous n\u2019allons pas construire des digues pour les construire, ce sera conforme \u00e0 la r\u00e9glementation, pour que ce soit des ouvrages s\u00e9curis\u00e9s pour la production et d\u2019autres activit\u00e9s de d\u00e9veloppement. L&rsquo;ONBAH va construire les barrages comme les entreprises, et m\u00eame mieux, parce que c&rsquo;est une soci\u00e9t\u00e9 d&rsquo;Etat.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>S\u00a0: <em>Qu\u2019en est-il exactement de l\u2019avancement des travaux du barrage de Niou\u00a0?<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong>R.B.\u00a0: <\/strong>Nous avons visit\u00e9 le barrage en saison hors hivernage. Ils avaient fini le lit pour le plan d&rsquo;eau avec les digues. Ils \u00e9taient en train de pr\u00e9parer les p\u00e9rim\u00e8tres mara\u00eechers. Ils avaient fini le bassin pour la pisciculture. Certes que des difficult\u00e9s subsistent sur ce chantier, mais nous allons faire un suivi rapproch\u00e9 des travaux pour que des infrastructures aux normes puissent \u00eatre livr\u00e9es \u00e0 la fin des travaux aux populations.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>S\u00a0: <em>Une bonne partie des retenus d\u2019eau connaissent un probl\u00e8me d\u2019ensablement d\u00fb aux activit\u00e9s humaines. A l\u2019\u00e9chelle nationale, quelles sont les dispositions prises pour y faire face\u00a0?<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong>R.B.\u00a0:<\/strong> L\u2019ensablement est un ph\u00e9nom\u00e8ne naturel. Lorsqu\u2019il y a de l&rsquo;eau, il y a le ruissellement. Les s\u00e9diments sont charri\u00e9s d&rsquo;un point haut \u00e0 un point bas, qui se trouve \u00eatre les plans d&rsquo;eau. Le ph\u00e9nom\u00e8ne s&rsquo;est amplifi\u00e9 par les actions anthropiques. Pour y faire face, il faut respecter les bandes de servitude, une distance minimale \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de laquelle toute activit\u00e9 est interdite. Il faut faire du reboisement pour fixer le sol et les s\u00e9diments seront bloqu\u00e9s, lorsqu\u2019il y\u2019a\u00a0 ruissellement. Pour le barrage de Ziga, nous avons travaill\u00e9 avec le minist\u00e8re de la S\u00e9curit\u00e9 pour que la population quitte la bande de servitude. Elles cultivent hors de la bande de servitude qui est de 100 m\u00e8tres.<\/p>\n<p>R\u00e9cemment en Conseil des ministres, le ministre en charge de l&rsquo;habitat a fait passer un d\u00e9cret qui fixe, \u00e0 Ouagadougou, les limites pour les grands canaux de part et d&rsquo;autre. Le canal du Mogho Naaba vers le pont Kadiogo est bien propre. Si vous laissez tomber une pi\u00e8ce d&rsquo;argent, vous voyez la pi\u00e8ce. Pourquoi dans le m\u00eame canal, \u00e0 la cit\u00e9 An 3, derri\u00e8re la maternit\u00e9 Pogbi, la m\u00eame pi\u00e8ce d&rsquo;argent est bouff\u00e9e dans la boue. Nous travaillons avec la mairie de Ouagadougou pour y mettre fin. Nous sommes en train de signer une convention avec la mairie pour l\u2019appuyer financi\u00e8rement, \u00e0 engager des actions \u00e0 partir du mois d\u2019octobre 2024, pour mettre un syst\u00e8me de veille. C\u2019est un travail de dualit\u00e9, mais on va y arriver. D\u00e9j\u00e0 pour les barrages 1, 2 et 3, nous avons fait le tour. Les gens sont dans le lit. Nous allons attendre la fin de la saison des pluies avant d\u2019engager des concertations.<\/p>\n<p>Avec la direction g\u00e9n\u00e9rale des infrastructures hydrauliques, nous travaillons \u00e0 avoir un syst\u00e8me qui va permettre d&rsquo;anticiper sur l&rsquo;envasement et d&rsquo;aller curer et draguer, l\u00e0 o\u00f9 c\u2019est possible. Des partenaires sont venus nous pr\u00e9senter des technologies, mais nous nous sommes rendus rendu compte que c&rsquo;est assez cher. Nous avons fait un inventaire. Suivant l&rsquo;inventaire, en 2023, les bandes de servitude de 97 retenues d&rsquo;eau, dont 90 barrages sont mat\u00e9rialis\u00e9s. Nous travaillons \u00e0 emp\u00eacher qu&rsquo;ils soient occup\u00e9s. Nous allons continuer avec le PAEA qui a effectu\u00e9 des \u00e9tudes d\u2019ensablement de 75 barrages pour travailler dans ce sens.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>S\u00a0: <em>Cela ne pose-t-il pas un probl\u00e8me d&rsquo;efficacit\u00e9 des polices de l&rsquo;eau\u00a0?<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong>R.B.\u00a0: <\/strong>La police de l&rsquo;eau travaille beaucoup. Nous allons continuer \u00e0 les renforcer. Au-del\u00e0 de la police de l&rsquo;eau, il y a les Comit\u00e9s d\u2019usagers de l\u2019eau (CUE), les Comit\u00e9s locaux de l\u2019eau (CLE). Nous allons tous les renforcer pour am\u00e9liorer leur efficacit\u00e9 sur le terrain. Il y a d&rsquo;autres polices qui vont s&rsquo;associer. Il y a la police foresti\u00e8re, la police de l&rsquo;environnement, la Police nationale et la gendarmerie qui appuient pour faire des actions de terrains. Mais les gens sont r\u00e9ticents. Pour le barrage de Ziga, des populations estiment qu&rsquo;elles n&rsquo;ont pas \u00e9t\u00e9 d\u00e9dommag\u00e9es. Pourtant lorsqu\u2019on d\u00e9dommageait, certains n&rsquo;\u00e9taient pas n\u00e9s. Mais, nous travaillons pour que l\u00e0 o\u00f9 les bandes de servitude sont d\u00e9finies, qu\u2019elles soient respect\u00e9es.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>S\u00a0: <em>Le Burkina, le Mali et le Niger ont cr\u00e9\u00e9 r\u00e9cemment l&rsquo;AES. Quelle est la place des questions environnementales dans cet espace ?<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong>R.B.\u00a0:<\/strong> J&rsquo;ai eu la chance de faire une mission au Mali en 2023, sur la s\u00e9curit\u00e9 climatique. Nous avons \u00e9chang\u00e9 pour \u00e9laborer un plan de s\u00e9curit\u00e9 climatique. Avec les trois ministres en charge de l&rsquo;environnement de l&rsquo;AES, nous \u00e9tions \u00e0 Niamey, le 2 ao\u00fbt 2024, pour participer \u00e0 la premi\u00e8re \u00e9dition de la Journ\u00e9e nationale de l&rsquo;arbre, pour partager nos exp\u00e9riences. Nous sommes en bonne synergie. Pour les r\u00e9unions internationales comme la COP, nous travaillons \u00e0 avoir des pavillons contigus. Si ce n&rsquo;est pas le cas, nous auront des \u00e9v\u00e9nements comme les Journ\u00e9es du Burkina, du Mali et du Niger auxquels les trois vont participer ensemble. Pour les d\u00e9clarations officielles, nous travaillons pour que ces questions ressortent, parce qu&rsquo;en juillet dernier, au 1<sup>er<\/sup> sommet des chefs d\u2019Etat de l\u2019AES \u00e0 Niamey, lorsqu\u2019on a adopt\u00e9 les textes, dans les priorit\u00e9s, la question d&rsquo;environnement et de l\u2019eau ont \u00e9t\u00e9 cit\u00e9es. Il nous appartient de transformer cela en actions terrain.<\/p>\n<p>Aussi, l\u2019AES regorge d\u2019une grosse r\u00e9serve d\u2019eau souterraine et m\u00eame de surface, de ressources min\u00e9rales, foresti\u00e8res et fauniques partag\u00e9es dont une politique commune de gestion permettra la mutualisation des ressources et des comp\u00e9tences pour renforcer la r\u00e9silience des populations de cet espace. Par cons\u00e9quent, les questions environnementales y occupent une place tr\u00e8s importante car l\u2019ind\u00e9pendance \u00e9conomique est fond\u00e9e dans une large mesure sur l\u2019exploitation optimale des ressources naturelles d\u2019autant plus que les revenus des populations de l\u2019espace proviennent majoritairement de ces ressources.<\/p>\n<p>A titre d\u2019exemple et dans le domaine des aires prot\u00e9g\u00e9es, le Niger et le Burkina Faso partagent un important r\u00e9seau d\u2019aires prot\u00e9g\u00e9es, le WAP (complexe parc W, parc d\u2019Arly et Parc de la Pendjari) qui constitue avec le B\u00e9nin le plus grand continuum d\u2019\u00e9cosyst\u00e8mes terrestres de la ceinture des savanes ouest-africaines et le territoire le plus important en Afrique de l\u2019Ouest. Il constitue le refuge naturel le plus viable pour la grande faune menac\u00e9e du B\u00e9nin, du Burkina Faso et du Niger (\u00e9l\u00e9phants, lions, l\u00e9opards, gu\u00e9pards, etc.).<\/p>\n<p>Ce complexe \u00e9cologique, class\u00e9 R\u00e9serve de biosph\u00e8re transfrontali\u00e8re, est connu internationalement pour sa grande importance en termes de biodiversit\u00e9. La r\u00e9publique du Niger abrite environ 834 801 hectares de ce complexe et le Burkina Faso environ 1\u00a0076\u00a0869 hectares.<\/p>\n<p>Les concertations seront renforc\u00e9es afin de prendre en charge ces questions de ressources foresti\u00e8res et fauniques dans notre espace.<\/p>\n<p>Nous allons travailler \u00e0 mat\u00e9rialiser des actions concr\u00e8tes avec les diff\u00e9rents d\u00e9partements. Au Burkina, nous sommes en train de faire un m\u00e9mo qu&rsquo;on va partager afin que les trois ministres puissent se retrouver pour travailler sur des actions concert\u00e9es.<\/p>\n<p>Sur la question du trafic du bois d\u2019\u0153uvre par exemple \u00e0 Koloko, \u00e0 la fronti\u00e8re avec le Mali, quand on va harmoniser nos actions, lorsque vous faites le trafic du bois \u00e0 la fronti\u00e8re avec le Mali, on va mettre un dispositif des deux c\u00f4t\u00e9s de la fronti\u00e8re pour vous appr\u00e9hender.<\/p>\n<p><strong>Entretien r\u00e9alis\u00e9 par <\/strong><\/p>\n<p><strong>La R\u00e9daction<\/strong><\/p>\n<p><strong>L\u00e9gendes (Ph\u00a0: Edith BAKALA)<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li><strong>Le ministre de l\u2019Environnement, de l\u2019Eau et de l\u2019Assainissement, Roger Baro\u00a0: \u00ab\u00a0on a fait une \u00e9tude entre l&rsquo;an 2000 et l&rsquo;an 2022 et s&rsquo;est rendu compte que les superficies foresti\u00e8res ont r\u00e9gress\u00e9 de plus de 9,6 millions d\u2019hectares, \u00e0 7 millions d\u2019hectares\u00a0\u00bb.<\/strong><\/li>\n<li><strong>Le ministre Baro\u00a0a \u00e9chang\u00e9 durant plus de 1h30 avec les journalistes de Sidwaya.<\/strong><\/li>\n<li><strong>Roger Baro\u00a0: \u00ab\u00a0nous travaillons \u00e0 avoir des plans d&rsquo;am\u00e9nagement forestier pour toutes les for\u00eats\u00a0\u00bb.<\/strong><\/li>\n<li><strong>Le chef du d\u00e9partement en charge de l\u2019environnement\u00a0: \u00ab\u00a0r\u00e9cemment, on \u00e9tait sur le terrain, au compte du gouvernement, pour sensibiliser la population et on a pass\u00e9 le message suivant\u00a0:\u00a0oui \u00e0 la lutte contre le terrorisme, non \u00e0 la destruction de la for\u00eat\u00a0\u00bb.<\/strong><\/li>\n<li><strong>Pour le ministre charg\u00e9 de l\u2019environnement, l\u2019ambition c&rsquo;est d&rsquo;amener les artisans miniers vers les petites mines semi-m\u00e9canis\u00e9es et l&rsquo;extraction des for\u00eats class\u00e9es des cadastres miniers pour faire un bond qualitatif dans la protection des for\u00eats.<\/strong><\/li>\n<li><strong>Roger Baro\u00a0: \u00ab\u00a0il y a des investissements en cours qui vont permettre de cl\u00f4turer la for\u00eat class\u00e9e de Kua et d&rsquo;\u00e9laborer un plan d&rsquo;am\u00e9nagement\u00a0\u00bb.<\/strong><\/li>\n<li><strong>L\u2019Invit\u00e9 de la r\u00e9daction a salu\u00e9 le professionnalisme de Sidwaya dans le traitement de l\u2019information.<\/strong><\/li>\n<li><strong>Le ministre Baro a visit\u00e9 quelques services des Editions Sidwaya, dont l\u2019imprimerie.<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Roger Baro, ministre de l\u2019Environnement, de l\u2019Eau et de l\u2019Assainissement \u00ab\u00a0Nous mettons un point d&rsquo;honneur pour que l&rsquo;eau ne soit pas un handicap\u00a0\u00e0 l\u2019Offensive agropastorale et halieutique \u00bb Titulaire d\u2019une Maitrise en G\u00e9ographie physique de l\u2019universit\u00e9 de Ouagadougou et inspecteur de l&rsquo;environnement, apr\u00e8s avoir valid\u00e9 un m\u00e9moire d&rsquo;ing\u00e9nieur \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 de Bobo-Dioulasso sur la vulgarisation [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":10,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"advanced_seo_description":"","jetpack_seo_html_title":"","jetpack_seo_noindex":false,"jetpack_seo_schema_type":"","footnotes":"","jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[80],"tags":[],"class_list":["post-95761","post","type-post","status-publish","format-standard","category-dossiers"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/pavbHe-oUx","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.aib.media\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/95761","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.aib.media\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.aib.media\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.aib.media\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/10"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.aib.media\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=95761"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.aib.media\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/95761\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.aib.media\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=95761"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.aib.media\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=95761"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.aib.media\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=95761"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}