{"id":7594,"date":"2019-07-01T21:36:17","date_gmt":"2019-07-01T21:36:17","guid":{"rendered":"https:\/\/www.aib.media\/?p=7594"},"modified":"2019-07-02T17:22:17","modified_gmt":"2019-07-02T17:22:17","slug":"7594","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.aib.media\/?p=7594","title":{"rendered":"Burkina : Un chef traditionnel invite \u00e0\u00a0\u00abd\u00e9construire\u00bb les accusations de sorcellerie contre les femmes"},"content":{"rendered":"<p><strong>Burkina-Soci\u00e9t\u00e9-Sorcellerie <\/strong><\/p>\n<p><strong>Burkina : Un chef traditionnel invite \u00e0\u00a0\u00abd\u00e9construire\u00bb les accusations de sorcellerie contre les femmes<\/strong><\/p>\n<p><strong>Ouagadougou, 1er juillet 2019 (AIB)-Le Naaba Boalga de Dawelgu\u00e9 (Sapon\u00e9) a invit\u00e9 ses pairs, \u00e0 s\u2019impliquer dans\u00a0 la \u00abd\u00e9construction des all\u00e9gations de sorcellerie\u00bb, dans un contexte marqu\u00e9 par la recrudescence des violences contre des femmes accus\u00e9es de cette pratique.<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00ab<\/strong>Si les chefs traditionnels prennent le parti de d\u00e9construire certaines valeurs ancestrales qui ne sont plus dignes d\u2019\u00eatre transmises aux g\u00e9n\u00e9rations montantes, la probabilit\u00e9 qu\u2019ils soient \u00e9cout\u00e9s est consid\u00e9rable\u00bb, a \u00e9crit le Naaba Boalga de Dawelgu\u00e9, dans une d\u00e9claration parvenue lundi \u00e0 l\u2019AIB.<\/p>\n<p>Naaba Boalga qui fait cas de la sorcellerie, a ajout\u00e9 que la contribution des chefs traditionnels est tr\u00e8s importante parce qu\u2019ils occupent un r\u00f4le central dans les us et coutumes des populations.<\/p>\n<p>Plusieurs femmes accus\u00e9es de sorcellerie ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9cemment violent\u00e9es, pr\u00e9cis\u00e9ment dans la r\u00e9gion du Centre-est, obligeant le gouverneur Antoine Ou\u00e9draogo a adress\u00e9 un avertissement \u00e0 des pr\u00e9tendus gu\u00e9risseurs, \u00e0 l\u2019origine des accusations.<\/p>\n<p>Le Naaba Boalga, \u00e0 l\u2019Etat civil Issaka Sourwema a rappel\u00e9 que personne ne peut violer la r\u00e9sidence d\u2019un chef traditionnel pour s\u2019en prendre \u00e0 une personne qui y a trouv\u00e9 refuge peu importe le le d\u00e9lit ou le crime qu\u2019elle aurait commis.<\/p>\n<p>L\u2019ex Directeur g\u00e9n\u00e9rale des Editions Sidwaya (presse publique) a aussi not\u00e9 que l\u2019Empereur des Moss\u00e9 (ethnie majoritaire) le \u00a0Moogho Naaba Baongho a demand\u00e9 aux chefs traditionnels de s\u2019abstenir de se saisir des probl\u00e8mes de sorcellerie ou de s\u2019impliquer dans les accusations y relatives.<\/p>\n<p>Naaba Boalga a mentionn\u00e9 que les accusations de sorcellerie sont plus \u00e9lev\u00e9es dans les r\u00e9gions moss\u00e9 que dans d\u2019autres localit\u00e9s du Burkina Faso.<\/p>\n<p><strong>Agence d\u2019information du Burkina<\/strong><\/p>\n<p><strong>rz-mw\/ata\/ak<\/strong><\/p>\n<p><strong>D\u00e9construction des all\u00e9gations de sorcellerie contre les femmes<\/strong><\/p>\n<p>POUR UN ROLE ACCRU DE LA CHEFFERIE TRADITIONNELLE ET COUTUMIERE<\/p>\n<p>Dans le cadre du <em>\u00ab\u00a0Projet Delwend\u00e9,\u00a0pour l\u2019autonomisation et de r\u00e9habilitation des victimes de l\u2019exclusion sociale\u00a0\u00bb<\/em> initi\u00e9 en 2013 par le gouvernement et qu\u2019accompagnent l\u2019UNESCO et la Commission nationale pour l\u2019UNESCO\/Burkina Faso, les femmes exclues de leur communaut\u00e9 &#8211; pour all\u00e9gation de <em>\u00ab sorcellerie\u00a0\u00bb<\/em> &#8211; et recueillies au Centre Delwend\u00e9 \u00e0 Sakoula (ex Tanghin) et \u00e0 la Cour de solidarit\u00e9 de Paspanga (environ 500 victimes) sont au centre des pr\u00e9occupations.<\/p>\n<p>Parmi les axes d\u2019intervention, on compte celui du plaidoyer dont la quatri\u00e8me session a lieu aujourd\u2019hui \u00e0 Sakoula. Le public cible est constitu\u00e9 des hautes autorit\u00e9s gouvernementales, religieuses et coutumi\u00e8res et des repr\u00e9sentants des organisations internationales.<\/p>\n<p>C\u2019est l\u2019occasion de rappeler le r\u00f4le de chefferie traditionnelle et coutumi\u00e8re dans ce combien noble m\u00eame si ce r\u00f4le doit \u00eatre plus accru. Lors de la journ\u00e9e internationale des droits des femmes c\u00e9l\u00e9br\u00e9e le 08 mars 2010, les autorit\u00e9s sup\u00e9rieures de la chefferie traditionnelle et coutumi\u00e8re du Burkina Faso s\u2019\u00e9taient officiellement engag\u00e9es dans la lutte contre les violences faites aux femmes. Elles avaient fait diffuser des messages appelant les chefs traditionnels et coutumiers des cantons, des groupements de villages, des villages et des quartiers relevant de leurs aires culturelles respectives \u00e0 faire la promotion de la lutte contre ces violences et \u00e0 en \u00eatre des mod\u00e8les.<\/p>\n<p>Dans ce sens, Sa Majest\u00e9 le Moogho Naaba Baongho, empereur des Moss\u00e9, avait rendu publique une d\u00e9claration \u00e9crite en moor\u00e9 qui a \u00e9t\u00e9 comment\u00e9e sur les stations de radio et dans nombre de localit\u00e9s au Centre, Centre-Ouest, Centre-Sud et Plateau central. Parmi les pr\u00e9occupations soulev\u00e9es dans ce message, figuraient les all\u00e9gations de sorcellerie port\u00e9es contre des personnes et particuli\u00e8rement contre les femmes. En plus de ce message, il avait invit\u00e9 les chefs traditionnels relevant directement ou indirectement de lui de s\u2019abstenir de se saisir des probl\u00e8mes de sorcellerie ou de s\u2019impliquer dans les accusations y relatives.<\/p>\n<p>Cette position de Sa Majest\u00e9 le Moogho Naaba Baongho peut sembler molle pour qui (Moaga ou non) ne conna\u00eet pas ou ne conna\u00eet pas assez la soci\u00e9t\u00e9. En effet, m\u00eame si elle comporte, \u00e0 bien des \u00e9gards des ventres mous (conf\u00e8re la conqu\u00eate coloniale), l\u2019organisation sociopolitique pyramidale (ou centralis\u00e9e) traditionnelle de cette communaut\u00e9 est un outil qui permet de partager tr\u00e8s rapidement des informations du sommet de la pyramide jusqu\u2019au moindre hameau en passant par les \u00e9chelons interm\u00e9diaires que sont les cantons, les groupements de villages et les villages et quartiers. Il ressort qu\u2019il en a \u00e9t\u00e9 de m\u00eame \u00e0 Boussouma, au Gulmu, au Liptako, au Yatenga, et \u00e0 Zoungrantenga.<\/p>\n<p>Dans les soci\u00e9t\u00e9s segmentaires du Sud-Ouest et de l\u2019Ouest du Burkina Faso, l\u2019aura des chefs de canton comme ceux de Banfora (\u00e0 l\u2019\u00e9poque), Bobo-Dioulasso, D\u00e9dougou, Di\u00e9bougou, Gaoua, P\u00f4 et Tougan pour ne citer que ceux-l\u00e0 a permis de porter le message tr\u00e8s loin. Certes, la sorcellerie n\u2019y a pas la m\u00eame ampleur que dans les r\u00e9gions moss\u00e9 mais la moindre de ses manifestations m\u00e9rite d\u2019\u00eatre combattue. De plus, il faut noter que dans ces r\u00e9gions vivent aussi des Moss\u00e9 qui ont apport\u00e9 avec eux leurs repr\u00e9sentations du monde, leurs tentatives d\u2019explication du monde et probablement leurs soci\u00e9t\u00e9s secr\u00e8tes.<\/p>\n<p>Les propos de Mme Laure Zongo\/Hien en 2017, alors qu\u2019elle \u00e9tait ministre en charge de la femme, sont suffisamment \u00e9loquents\u00a0: \u00ab\u00a0<em>dans le Burkina Faso actuel de 2017 le ph\u00e9nom\u00e8ne de l\u2019exclusion sociale des personnes accus\u00e9es de sorcellerie prend de plus en plus d\u2019ampleur, avec des zones de pr\u00e9dilection telles les r\u00e9gions du Nord, de la Boucle du Mouhoun, du Plateau central, de l\u2019Est, du Centre, et du Centre-Sud \u00bb<\/em>.<\/p>\n<p>La contribution des chefs traditionnels est d\u2019autant plus \u00e0 propos qu\u2019ils occupent une place importante dans le syst\u00e8me de repr\u00e9sentations du monde des populations\u00a0; ce qui fait d\u2019eux des personnes respect\u00e9es et \u00e9cout\u00e9es pour peu qu\u2019ils aient des comportements qui font d\u2019eux des mod\u00e8les au sein de la soci\u00e9t\u00e9. L\u2019autre \u00e9l\u00e9ment qui fait de l\u2019implication des chefs traditionnels et coutumiers une n\u00e9cessit\u00e9, c\u2019est le fait que dans le processus de production du syst\u00e8me de valeurs r\u00e9gissant la collectivit\u00e9 leur voix est pr\u00e9dominante car ils sont, d\u2019embl\u00e9e, cens\u00e9s r\u00e9fl\u00e9chir, parler et agir pour le bien de la communaut\u00e9.<\/p>\n<p>De m\u00eame, s\u2019ils prennent le parti de d\u00e9construire certaines valeurs ancestrales qui ne sont plus dignes d\u2019\u00eatre transmises aux g\u00e9n\u00e9rations montantes, la probabilit\u00e9 qu\u2019ils soient \u00e9cout\u00e9s est consid\u00e9rable. Il y a donc un r\u00e9el rapport de forces qui est en leur faveur et qu\u2019ils peuvent utiliser dans un sens ou dans un autre. Le proverbe selon lequel <em>\u00ab\u00a0Personne n\u2019osera dire que la m\u00e8re du chef traditionnel est une sorci\u00e8re\u00a0\u00bb<\/em> illustre \u00e0 l\u2019envie deux choses\u00a0: d\u2019une part que plus fort vous serez, moins vous serez susceptible d\u2019\u00eatre accus\u00e9 de sorcellerie\u00a0; d\u2019autre part que le chef traditionnel peut emp\u00eacher que quelqu\u2019un soit accus\u00e9 de sorcellerie ou que m\u00eame s\u2019il venait \u00e0 en \u00eatre accus\u00e9 qu\u2019il ne soit pas chass\u00e9 de localit\u00e9 dans laquelle il r\u00e9side. En outre, la r\u00e9sidence du chef traditionnel ou coutumier jouit d\u2019une immunit\u00e9. Quiconque y p\u00e9n\u00e8tre b\u00e9n\u00e9ficie de protection jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019il en ressorte, peu importe le d\u00e9lit ou le crime qu\u2019il a commis. Et aucun habitant n\u2019osera y entrer pour se saisir du pr\u00e9sum\u00e9 coupable.<\/p>\n<p>Il ne s\u2019agit pas donc d\u2019affirmer ou d\u2019infirmer l\u2019existence de la sorcellerie mais de dire aux chefs traditionnels de dissuader les populations d\u2019exercer la violence (quel qu\u2019en soit le type) sur les personnes accus\u00e9es et d\u2019\u00e9viter de se m\u00ealer des d\u00e9bats y relatifs.<\/p>\n<p><strong>Issaka SOURWEMA<\/strong><\/p>\n<p><strong>Naaba Boalga<\/strong><\/p>\n<p><strong>Chef traditionnel du village de Dawelgu\u00e9\/Sapon\u00e9<\/strong><\/p>\n<p><strong>Photo d&rsquo;archives pour illustration<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Burkina-Soci\u00e9t\u00e9-Sorcellerie Burkina : Un chef traditionnel invite \u00e0\u00a0\u00abd\u00e9construire\u00bb les accusations de sorcellerie contre les femmes Ouagadougou, 1er juillet 2019 (AIB)-Le Naaba Boalga de Dawelgu\u00e9 (Sapon\u00e9) a invit\u00e9 ses pairs, \u00e0 s\u2019impliquer dans\u00a0 la \u00abd\u00e9construction des all\u00e9gations de sorcellerie\u00bb, dans un contexte marqu\u00e9 par la recrudescence des violences contre des femmes accus\u00e9es de cette pratique. \u00abSi [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":7,"featured_media":7595,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"advanced_seo_description":"","jetpack_seo_html_title":"","jetpack_seo_noindex":false,"jetpack_seo_schema_type":"","footnotes":"","jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[42,173,93,102,203,40],"tags":[179,496,497,216],"class_list":["post-7594","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-centre","category-depeches","category-flashinfos","category-kadiogo","category-la-une-aib","category-regions","tag-burkina","tag-chefferie","tag-opinion","tag-societe"],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/www.aib.media\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/Naaba-Sourweima1.gif","jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/savbHe-7594","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.aib.media\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/7594","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.aib.media\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.aib.media\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.aib.media\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/7"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.aib.media\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=7594"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.aib.media\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/7594\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.aib.media\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/7595"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.aib.media\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=7594"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.aib.media\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=7594"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.aib.media\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=7594"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}