{"id":67377,"date":"2023-09-20T12:52:15","date_gmt":"2023-09-20T12:52:15","guid":{"rendered":"https:\/\/www.aib.media\/?p=67377"},"modified":"2023-09-20T12:52:15","modified_gmt":"2023-09-20T12:52:15","slug":"les-leke-chaussures-du-pauvre-devenues-symbole-de-la-culture-ivoirienne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.aib.media\/?p=67377","title":{"rendered":"Les \u00ab\u00a0l\u00eak\u00ea\u00a0\u00bb, chaussures du pauvre devenues symbole de la culture ivoirienne"},"content":{"rendered":"<p><strong>Les \u00ab\u00a0l\u00eak\u00ea\u00a0\u00bb, chaussures du pauvre devenues symbole de la culture ivoirienne <\/strong><\/p>\n<p><strong>ABIDJAN, 19 sept 2023- A Abidjan, la saison des pluies prend fin mais on ne range jamais ses \u00ab\u00a0l\u00eak\u00ea\u00a0\u00bb, ces chaussures ouvertes en plastique, r\u00e9sistantes \u00e0 l&rsquo;eau et \u00e0 bas prix, sont devenues un symbole de l&rsquo;identit\u00e9 culturelle ivoirienne.<\/strong><\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Tout le monde a port\u00e9 des +l\u00eak\u00ea+\u00a0\u00bb, lance Rokia Daniogo, commer\u00e7ante de 33 ans, assise au coin d&rsquo;une rue dans l&rsquo;immense march\u00e9 du quartier de Treichville, o\u00f9 sont accol\u00e9es des centaines d&rsquo;\u00e9tals surcharg\u00e9s de marchandises et objets divers.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Tous les enfants portent (les) l\u00eak\u00ea, m\u00eame les b\u00e9b\u00e9s\u00a0\u00bb, ajoute-t-elle. \u00ab\u00a0Ils s&rsquo;en vont jouer au ballon avec \u00e7a, ils s&rsquo;en vont \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole avec \u00e7a\u00a0\u00bb, explique cette m\u00e8re de quatre enfants qui en portent \u00ab\u00a0tous\u00a0\u00bb, depuis qu&rsquo;ils savent marcher. Et \u00ab\u00a0ils aiment bien\u00a0\u00bb, insiste-t-elle.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0On portait \u00e7a d\u00e9j\u00e0 tout petits\u00a0\u00bb, confirme Patrick Nguessan, d\u00e9ambulant entre les stands, m\u00eame s&rsquo;il les trouve \u00ab\u00a0inconfortables\u00a0\u00bb aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n<p>A quelques m\u00e8tres de Rokia Daniogo, Ousmane Kaba en vend et porte une paire blanche \u00ab\u00a0chaque jour\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0Je me sens \u00e0 l&rsquo;aise dedans\u00a0\u00bb, dit-il, et \u00ab\u00a0\u00e7a se vend bien\u00a0\u00bb, surtout aux jeunes \u00ab\u00a0de 18 \u00e0 35 ans\u00a0\u00bb comme lui, \u00ab\u00a0et pendant la saison pluvieuse\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>De mai \u00e0 septembre, de violents orages font parfois tomber des pluies torrentielles, rendant certaines rues impraticables.<\/p>\n<p><strong>\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 &#8211; Identit\u00e9 ivoirienne &#8211;<\/strong><\/p>\n<p>Les \u00ab\u00a0l\u00eak\u00ea\u00a0\u00bb &#8211; chaussures de conception fran\u00e7aise n\u00e9es apr\u00e8s la Seconde Guerre mondiale dont une partie est fabriqu\u00e9e en C\u00f4te d&rsquo;Ivoire et l&rsquo;autre import\u00e9e &#8211; sont vendues sur les march\u00e9s ivoiriens \u00ab\u00a0depuis 30 ou 40 ans\u00a0\u00bb, avant l&rsquo;arriv\u00e9e des tongs dans le pays, selon Mounir Ben, commer\u00e7ant.<\/p>\n<p>Mais le succ\u00e8s mondial des tongs n&rsquo;a pas r\u00e9ussi \u00e0 d\u00e9tr\u00f4ner les \u00ab\u00a0l\u00eak\u00ea\u00a0\u00bb, devenus un symbole de l&rsquo;identit\u00e9 du pays.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Au S\u00e9n\u00e9gal, au Mali, il y en a, mais en C\u00f4te d&rsquo;Ivoire \u00e7a marche fort\u00a0\u00bb, confirme un commer\u00e7ant s\u00e9n\u00e9galais, Samba Basse.<\/p>\n<p>La critique de mode ivoirienne Emmanuelle Ke\u00efta trouve \u00e9galement l&rsquo;origine des \u00ab\u00a0l\u00eak\u00ea\u00a0\u00bb dans les ann\u00e9es 1980, aux pieds de ceux qui \u00ab\u00a0disposaient de peu de moyens\u00a0\u00bb financiers.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Les gens qui faisaient du zouglou (genre musical urbain, dont les premiers chanteurs d\u00e9non\u00e7aient la pr\u00e9carit\u00e9 de la vie estudiantine) avaient des +l\u00eak\u00ea+ aux pieds, et le zouglou reste l&rsquo;identit\u00e9 musicale la plus connue\u00a0\u00bb du pays, dit-elle.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Pour moi c&rsquo;est un accessoire de mode incontournable pour le +grouilleur+, pour le gars qui se bat, qui travaille beaucoup\u00a0\u00bb, mais qui est pauvre, explique la styliste.<\/p>\n<p>Comme les apprentis des \u00ab\u00a0gbaka\u00a0\u00bb, les minibus qui desservent Abidjan et ses alentours.<\/p>\n<p>Ces jeunes hommes form\u00e9s par les chauffeurs passent les trajets accroch\u00e9s aux portes arri\u00e8res des v\u00e9hicules, dont ils descendent r\u00e9guli\u00e8rement pour courir apr\u00e8s des clients \u00e0 chaque arr\u00eat, \u00ab\u00a0l\u00eak\u00ea\u00a0\u00bb aux pieds.<\/p>\n<p><strong>\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0&#8211; \u00ab\u00a0L\u00eak\u00ea\u00a0\u00bb de luxe &#8211;<\/strong><\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Les l\u00eak\u00ea, \u00e7a facilite tout\u00a0\u00bb, elles \u00ab\u00a0sont l\u00e9g\u00e8res\u00a0\u00bb assure Seydou Sow, qui les utilise sur son lieu de travail, un magasin dans lequel il transporte des charges lourdes.<\/p>\n<p>Leur prix est le premier facteur de succ\u00e8s: elles co\u00fbtent en moyenne 1.000 francs CFA, soit 1,50 euro.<\/p>\n<p>Les mod\u00e8les sont vari\u00e9s: chaussures unies, transparentes, \u00e0 motifs, aux couleurs nationales (orange, blanc et vert), affichant des noms de footballeurs comme le Fran\u00e7ais Basile Boli ou l&rsquo;Argentin Lionel Messi. Et toutes les classes sociales en portent.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Quand tu es pauvre, on se dit que tu n&rsquo;as que \u00e7a\u00a0\u00bb, mais \u00ab\u00a0quant tu es riche, \u00e7a te fait passer pour un mec cool, humble\u00a0\u00bb, explique Emmanuelle Ke\u00efta.<\/p>\n<p>Les \u00ab\u00a0l\u00eak\u00ea\u00a0\u00bb les plus ch\u00e8res que vend Mounir Ben co\u00fbtent 2.000 francs (3 euros). Ce sont les \u00ab\u00a0benguistes\u00a0\u00bb, nom moqueur dont les Ivoiriens affublent les Africains expatri\u00e9s en Europe, cens\u00e9s avoir de l&rsquo;argent. Leur semelle est plus \u00e9paisse, adapt\u00e9e \u00e0 la courbe des pieds, \u00ab\u00a0plus r\u00e9sistante\u00a0\u00bb, et \u00ab\u00a0ne glisse pas\u00a0\u00bb selon lui.<\/p>\n<p>Mais des marques de luxe sont all\u00e9es bien plus loin: Gucci en propose une paire \u00e0 400 euros, quand la version compens\u00e9e de Prada co\u00fbte 500 euros.<\/p>\n<p><strong>AFP<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les \u00ab\u00a0l\u00eak\u00ea\u00a0\u00bb, chaussures du pauvre devenues symbole de la culture ivoirienne ABIDJAN, 19 sept 2023- A Abidjan, la saison des pluies prend fin mais on ne range jamais ses \u00ab\u00a0l\u00eak\u00ea\u00a0\u00bb, ces chaussures ouvertes en plastique, r\u00e9sistantes \u00e0 l&rsquo;eau et \u00e0 bas prix, sont devenues un symbole de l&rsquo;identit\u00e9 culturelle ivoirienne. \u00ab\u00a0Tout le monde a port\u00e9 [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":6,"featured_media":67385,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"advanced_seo_description":"","jetpack_seo_html_title":"","jetpack_seo_noindex":false,"jetpack_seo_schema_type":"","footnotes":"","jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[55,173,37,93,203,83,41],"tags":[],"class_list":["post-67377","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-afrique","category-depeches","category-economie","category-flashinfos","category-la-une-aib","category-medias","category-monde"],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/www.aib.media\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/Leke1.jpg","jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/pavbHe-hwJ","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.aib.media\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/67377","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.aib.media\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.aib.media\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.aib.media\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/6"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.aib.media\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=67377"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.aib.media\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/67377\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.aib.media\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/67385"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.aib.media\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=67377"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.aib.media\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=67377"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.aib.media\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=67377"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}