{"id":2309,"date":"2019-01-03T14:46:48","date_gmt":"2019-01-03T14:46:48","guid":{"rendered":"http:\/\/www.aib.media\/?p=2309"},"modified":"2019-01-04T12:45:50","modified_gmt":"2019-01-04T12:45:50","slug":"2309","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.aib.media\/?p=2309","title":{"rendered":"Agriculture: Pourquoi\u00a0 les r\u00e9sultats des recherches se perdent souvent entre les laboratoires et les champs ?, s&rsquo;interroge Dr Fayama"},"content":{"rendered":"<p><strong>Agriculture: Pourquoi\u00a0 les r\u00e9sultats des recherches se perdent souvent entre les laboratoires et les champs ?, s&rsquo;interroge Dr Fayama<\/strong><\/p>\n<p><strong>Ouagadougou, 03 janv. 2019(AIB)-<\/strong> <strong>Le transfert des technologies depuis la station de recherche agronomique \u00a0au milieu paysan connait souvent des dysfonctionnements. Dans l\u2019article qui suit le Dr Tiony\u00e9l\u00e9 FAYAMA \u00e9lude la question avant de proposer des pistes de solutions.<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>Analyser le dysfonctionnement de la liaison recherche-vulgarisation-utilisateurs dans le processus d\u2019adoption des innovations agricoles<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <u>R\u00e9sum\u00e9 <\/u>:<\/strong><\/p>\n<p>Sur un plan paradigmatique, certaines recherches agronomiques restent bas\u00e9es sur des approches agro\u00ad-techniques fondamentalement orient\u00e9es vers des mod\u00e8les d\u2019agriculture plus intensifs. Avec des objectifs de recherche orient\u00e9s r\u00e9solument vers r\u00e9ponses techniques, les agronomes \u00e0 travers leurs technologies am\u00e9liorent la productivit\u00e9 agricole. Ces recherches sont d\u2019abord exp\u00e9riment\u00e9es en station de recherche avant leur transfert en milieu paysan.<\/p>\n<p>Cet article tente de comprendre la rupture des interactions f\u00e9condes favorisant le transfert des technologies de la station de recherche au milieu paysan. Cette \u00e9tude se veut une contribution autour des questions essentielles sur les contraintes d\u2019adoption des innovations agricoles bas\u00e9es sur les approches par l\u2019entremise des trois maillons de la chaine de transfert des technologies pour une adoption r\u00e9ussie vers les utilisateurs.<\/p>\n<p><em>Mots cl\u00e9s\u00a0: approches paysannes, top dowm\/ Botton up, transfert de technologies, <\/em><\/p>\n<p><strong><u>Introduction<\/u><\/strong><\/p>\n<p>Les approches telles qu\u2019observ\u00e9es dans le cadre de transfert des technologies r\u00e9pondent un peu \u00e0 un mod\u00e8le d\u00e9pass\u00e9 qui consiste \u00e0 transf\u00e9rer la technologie de fa\u00e7on isol\u00e9e sans aucun cordon avec le milieu d\u2019origine. Ce type d&rsquo;approche pr\u00e9suppose une vision lin\u00e9aire de la recherche aux paysans, via les appareils d&rsquo;encadrement pour l\u2019adoption. C\u2019est ainsi que naissent des interactions entre les acteurs pour la valorisation des r\u00e9sultats. Mais, force est de constater que malgr\u00e9 les efforts consentis, cette valorisation des technologies g\u00e9n\u00e9r\u00e9es par la recherche demeure toujours une pr\u00e9occupation dans la mesure o\u00f9 jusque-l\u00e0, l&rsquo;on ne sent pas un impact significatif de l&rsquo;utilisation de ces r\u00e9sultats et cela tributaire \u00e0 quelques part au dysfonctionnement de la liaison recherche-vulgarisation-utilisateurs. Alors, quelles peuvent \u00eatre les raisons d\u2019un tel dysfonctionnement\u00a0?<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sultats et discussion<\/strong><\/p>\n<p><a name=\"_Toc507075733\"><\/a><strong>Dysfonctionnement de la relation recherche-vulgarisation<\/strong><\/p>\n<p>La vulgarisation repr\u00e9sente pour la recherche, d\u2019une part, un maillon essentiel de transfert des comp\u00e9tences pour valoriser les r\u00e9sultats de leurs innovations, et d\u2019autre part, une source de feed-back des informations qui permettent aux chercheurs d\u2019adapter les technologies aux diff\u00e9rents al\u00e9as terrains afin de r\u00e9pondre efficacement aux attentes des utilisateurs (producteurs).[(Zerbo, 2017\u00a0; Sankara\u00a0; 2018\u00a0; Fayama, 2018).<\/p>\n<p>Des enqu\u00eates-terrain men\u00e9es dans la r\u00e9gion des Hauts Bassins sur les relations entre chercheurs et agents de la vulgarisation montrent que 62% des agents de vulgarisation sur le terrain ne sont pas satisfaits de la relation de collaboration entre la recherche et la vulgarisation. Selon Zerbo(2017), les agents sont pris pour de simples ex\u00e9cutants de protocoles \u00e0 l\u2019\u00e9laboration desquels ils ne sont pas associ\u00e9s. En revanche, les chercheurs affichent leur satisfaction pour la m\u00eame enqu\u00eate.<\/p>\n<p>Cette \u00e9tude illustre donc une situation d\u2019insuffisance et \/ ou de manque de collaboration entre ces acteurs interminist\u00e9riels. Les explications \u00e0 une telle situation pourrait \u00eatre donn\u00e9es par\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>l&rsquo;extr\u00eame cloisonnement entre les deux structures (recherche et vulgarisation) du fait de leur situation de tutelle d\u00e9pendante (minist\u00e8res diff\u00e9rents)\u00a0;<\/li>\n<li>l\u2019insuffisance et\u00a0\/ou absence de cadres de concertation entre vulgarisateurs et chercheurs\u00a0: bien vrai que des cadres ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9s, mais peinent pour son fonctionnement faute de moyens financiers. Par exemple, les ateliers r\u00e9gionaux de d\u00e9veloppement de l\u2019expertise agricole (ARDEA) institu\u00e9s par le Syst\u00e8me National de Vulgarisation et d&rsquo;appui Conseil Agricoles (SNVACA) tardent \u00e0 voir le jour et Ateliers Mensuels de Revues des technologies oubli\u00e9s\u00a0;<\/li>\n<li>la d\u00e9pendance chronique vis-\u00e0-vis des financements ext\u00e9rieurs\u00a0;<\/li>\n<li>une absence de suivi-\u00e9valuation syst\u00e9matique et rigoureux des technologies propos\u00e9e\u00a0;<\/li>\n<li>le manque d\u2019une r\u00e9elle coordination des activit\u00e9s de vulgarisation entre les institutions de recherches et les services de la vulgarisation\u00a0:;<\/li>\n<li>le manque de professionnalisme des acteurs d\u00fb \u00e0 l&rsquo;insuffisance de formation et d&rsquo;encadrement sp\u00e9cialis\u00e9 de proximit\u00e9\u00a0;<\/li>\n<li>l\u2019\u00e9go\u00efsme dans le partage des connaissances chez certains chercheurs\u00a0;<\/li>\n<li>les interventions directes des chercheurs sur le terrain sans l\u2019implication des agents vulgarisateurs\u00a0;<\/li>\n<li>le complexe chez certains chercheurs\u00a0<a name=\"_Toc507075734\"><\/a><\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"2312\" data-permalink=\"https:\/\/www.aib.media\/?attachment_id=2312\" data-orig-file=\"https:\/\/www.aib.media\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/fayama3.png\" data-orig-size=\"448,338\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"fayama3\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-large-file=\"https:\/\/www.aib.media\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/fayama3.png\" class=\"alignnone size-medium wp-image-2312\" src=\"http:\/\/www.aib.media\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/fayama3-300x226.png\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"226\" srcset=\"https:\/\/www.aib.media\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/fayama3-300x226.png 300w, https:\/\/www.aib.media\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/fayama3-80x60.png 80w, https:\/\/www.aib.media\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/fayama3.png 448w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/strong><\/p>\n<p><strong>Dysfonctionnement de la relation recherche-utilisateurs via vulgarisation<\/strong><\/p>\n<p>Plusieurs raisons peuvent expliquer le dysfonctionnement dans la relation recherche-utilisateurs. En effet\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>Les orientations de la recherche ne tiennent pas suffisamment compte des besoins des utilisateurs. Par exemple, les savoir-faire et technologies produits par la recherche m\u00eame quand ils sont pertinents ne sont gu\u00e8re appliqu\u00e9s par les agriculteurs, ce qui sugg\u00e8re que la transmission se fait mal. Les chercheurs ne vont pas forc\u00e9ment vers les utilisateurs pour conna\u00eetre leurs de besoins afin de mettre au point les innovations ou technologies qui r\u00e9pondent \u00e0 leurs aspirations. Le plus souvent, les innovations sont mise au point et les utilisateurs sont mis devant le fait accompli. Cette fa\u00e7on de proc\u00e9der devient comme si l\u2019on imposait aux utilisateurs leurs choix. Aujourd\u2019hui, beaucoup de semences am\u00e9lior\u00e9es cr\u00e9\u00e9es par les chercheurs ne r\u00e9pondent pas aux aspirations de beaucoup de producteurs malgr\u00e9 leur potentiel de rendement. Par exemple dans une localit\u00e9 du nord (grand Samba) les producteurs ont refus\u00e9 l\u2019adoption d\u2019une vari\u00e9t\u00e9 de sorgho, le sariaso 14 tout simplement cette vari\u00e9t\u00e9 ne r\u00e9pondait \u00e0 leur habitude alimentaire \u00e0 cause de ses caract\u00e9ristiques organoleptiques. Les conclusions des travaux de ZERBO (2017) montrent que 35% des producteurs interrog\u00e9s disent ne pas entretenir de bonnes relations avec les chercheurs. La raison principale est que leurs besoins prioritaires ne sont pas pris en compte par les chercheurs et de plus ils sont d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s au rang de consommateurs d\u2019innovation au lieu qu\u2019ils soient impliqu\u00e9s \u00e0 toutes les \u00e9tapes du processus d\u2019\u00e9laboration des projets de recherche. Cette fa\u00e7on de faire peut avoir un impact n\u00e9gatif sur l\u2019int\u00e9r\u00eat qu\u2019accordent les producteurs aux produits de la recherche et par cons\u00e9quent refroidir la bonne relation entre recherche et producteurs qui sont des utilisateurs\u00a0;<\/li>\n<li>plusieurs jugements de valeur de la part de certains chercheurs sont port\u00e9s n\u00e9gativement sur les utilisateurs\u00a0;<\/li>\n<li>L\u2019ensemble de ces facteurs peuvent concourir \u00e0 ce que la relation recherche-utilisateurs se fragilise\u00a0;<\/li>\n<li>les producteurs sont le plus souvent utilis\u00e9s comme des cobayes. On utilise les producteurs pour mettre en place des tests dont les r\u00e9sultats ne sont pas souvent concluant. Pourtant un producteur dans de telles circonstances s\u2019attend \u00e0 des r\u00e9sultats pour r\u00e9pondre \u00e0 des objectifs qu\u2019il a fix\u00e9s d\u2019atteindre. &#8211;La non satisfaction de ces objectifs est consid\u00e9r\u00e9e pour lui comme une sorte de trahison de la part du chercheur qui veut l\u2019utiliser \u00e0 son profit. Cette trahison \u00e0 un prix car le r\u00e9sultat c\u2019est contribuer \u00e0 d\u00e9t\u00e9riorer la relation qui existent entre la recherche et les utilisateurs\u00a0;<\/li>\n<li>il n&rsquo;y a pas de collaboration syst\u00e9matique entre chercheurs vulgarisateurs et agriculteurs. La mauvaise collaboration entre la recherche et les agents de vulgarisation peuvent \u00e9galement expliquer le dysfonctionnement de la relation recherche-utilisateurs. Les agents de vulgarisation sont les premiers collaborateurs des utilisateurs des innovations et technologies puis que ce sont eux qui sont charg\u00e9s de leur diffusion. Cette mauvaise collaboration entre les deux premiers acteurs va empi\u00e9ter sur la seconde qui est celle de la recherche-utilisateurs\u00a0;<\/li>\n<li>le non acc\u00e8s des utilisateurs aux structures de recherche peut constituer un blocage au fonctionnement de la relation recherche-utilisateurs\u00a0;<\/li>\n<li>la m\u00e9connaissance des structures de recherche par les utilisateurs peut aussi \u00eatre un frein \u00e0 la relation recherche-utilisateurs.<\/li>\n<\/ul>\n<p><a name=\"_Toc507075735\"><\/a><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>Dysfonctionnement de relation vulgarisation-utilisateurs<\/strong><\/p>\n<p>Le dysfonctionnement de la relation vulgarisation-utilisateurs pourrait \u00eatre la r\u00e9sultante ou l\u2019apanage de bon nombre de constats\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>les orientations de la vulgarisation ne tiennent pas suffisamment compte des besoins des paysans. Le plus souvent les innovations et technologies propos\u00e9es par la vulgarisation ne r\u00e9pondent pas aux besoins des utilisateurs. La vulgarisation d\u00e9cide \u00e0 la place des utilisateurs des innovations et ou des technologies qu\u2019ils doivent utilis\u00e9es sans demander leurs avis. Cela ressemble \u00e0 une imposition, une chose qui ne facilite pas la relation entre vulgarisateurs et utilisateurs.\u00a0;<\/li>\n<li>l\u2019absence ou l\u2019insuffisance des services d&rsquo;appui-conseil pourraient expliquer le dysfonctionnement de la relation vulgarisation-utilisateurs. Le personnel et les ressources financi\u00e8res \u00e9tant\u00a0 faibles pour permettre une couverture optimale de l&rsquo;ensemble des pays, le ratio d\u2019encadrement de 1 agent pour 1480 m\u00e9nages agricoles (Hauts Bassins) selon l\u2019enqu\u00eate de ZERBO en 2017, illustre bien cette insuffisance. De\u00a0 nombreux producteurs sont ainsi laiss\u00e9s de c\u00f4t\u00e9 sans possibilit\u00e9 d&rsquo;acc\u00e9der aux services de vulgarisation\u00a0;<\/li>\n<li>les m\u00e9thodes d\u2019approches de certains agents sur le terrain\u00a0;<\/li>\n<li>Dans beaucoup de cas, le capital humain des services de vulgarisation n\u2019est pas performant;<\/li>\n<li>la diversit\u00e9 des approches d&rsquo;intervention des diff\u00e9rentes structures de vulgarisation (Etat, ONG, OPA, SOFITEX, projet, etc) est aussi une des raisons du dysfonctionnement : par manque de strat\u00e9gie nationale de vulgarisation, les multiples intervenants d\u00e9veloppent chacun l&rsquo;approche qui lui para\u00eet la plus adapt\u00e9e dans le m\u00eame milieu de producteurs s\u00a0;<\/li>\n<li>la contractualisation des services agricoles pr\u00e9conis\u00e9s par la SNVACA creuse d\u2019avantage le foss\u00e9 relationnel entre les deux acteurs puisqu\u2019il semble contraignant d\u2019engagements \u00e0 l\u2019atteinte des r\u00e9sultats\u00a0;<\/li>\n<li>l\u2019intensit\u00e9 des rapports entre vulgarisateurs et utilisateurs peut expliquer le dysfonctionnement de leur relation : en effet, la vulgarisation n\u2019entretient en g\u00e9n\u00e9ral des rapports suivis qu\u2019avec un nombre relativement de grosses exploitations progressistes (paysans mod\u00e8les). En revanche, elle a peu de contact avec la masse de petits exploitants en situation difficile et qui constituent la masse la plus importante. Selon les statistiques g\u00e9n\u00e9r\u00e9es par Sankara(2018), il\u00a0 ressort que 55% des producteurs montre que les actions des agents \u00e0 leur endroit ne sont pas perceptibles, \u00e0 part la distribution des intrants subventionn\u00e9s par l\u2019Etat\u00a0;<\/li>\n<li>la qualit\u00e9 des rapports entre vulgarisateurs et utilisateurs peut \u00e9galement impacter n\u00e9gativement leur relation: par exemple, la masse des petits exploitants gardent en g\u00e9n\u00e9ral une image peu attrayante de la vulgarisation. Ceci est souvent li\u00e9 au sentiment que l\u2019activit\u00e9 de vulgarisation et de d\u00e9veloppement n\u2019est accessible qu\u2019aux grands producteurs\u00a0;<\/li>\n<li>l\u2019insuffisance de cadre de concertation entre les agents de vulgarisation et les producteurs pourrait \u00e9galement expliquer le dysfonctionnement de la relation vulgarisation-utilisateurs. Certes que la journ\u00e9e nationale du paysan institu\u00e9e permet de regrouper les diff\u00e9rents acteurs, la mission d\u00e9volue \u00e0 cet cadre ne r\u00e9pond pas aux attentes des acteurs puis qu\u2019il est beaucoup plus politique que technique.<\/li>\n<\/ul>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"2313\" data-permalink=\"https:\/\/www.aib.media\/?attachment_id=2313\" data-orig-file=\"https:\/\/www.aib.media\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/fayama2.png\" data-orig-size=\"443,338\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"fayama2\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-large-file=\"https:\/\/www.aib.media\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/fayama2.png\" class=\"alignnone size-medium wp-image-2313\" src=\"http:\/\/www.aib.media\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/fayama2-300x229.png\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"229\" srcset=\"https:\/\/www.aib.media\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/fayama2-300x229.png 300w, https:\/\/www.aib.media\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/fayama2-80x60.png 80w, https:\/\/www.aib.media\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/fayama2.png 443w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/p>\n<p><a name=\"_Toc507075736\"><\/a><strong>Conclusions et proposition d\u2019axes de synergie d\u2019action entre recherche-vulgarisation-utilisateurs<\/strong><\/p>\n<p>La promotion des innovations techniques de la recherche doit n\u00e9cessiter une mise en place d\u2019un partenariat bien formalis\u00e9 \u00e0 travers l\u2019\u00e9tablissement\u00a0 de protocoles\u00a0 qui d\u00e9finiront\u00a0 les r\u00f4les,\u00a0 les responsabilit\u00e9s et la contribution de chaque partenaire.\u00a0 Ainsi, \u00e0 titre indicatif, les r\u00f4les et les responsabilit\u00e9s de chaque acteur seront les suivants :<\/p>\n<ul>\n<li>les Organisations Paysannes (OP) sont porteuses de la valorisation de technologies et de recherche-accompagnement. A ce titre, elles seront les premiers responsables de leur mise en \u0153uvre, en assurant l\u2019identification des groupes cibles, en fournissant tout le cadre requis pour le transfert ou le test de technologies et en participant aux diagnostics et aux \u00e9valuations ;<\/li>\n<li>les Minist\u00e8res techniques \u00e0 travers leurs services charg\u00e9s de la vulgarisation auront un r\u00f4le d\u2019appui et de facilitation. Ils interviendront \u00e9galement dans le renforcement des capacit\u00e9s;<\/li>\n<li>la recherche apportera son appui aux OP dans la valorisation des technologies et la recherche-accompagnement \u00e0 travers le renforcement des capacit\u00e9s, la r\u00e9alisation des diff\u00e9rents diagnostics, les tests et les \u00e9tudes d\u2019impact\u00a0;<\/li>\n<li>les autres structures de vulgarisation non \u00e9tatique (ONG et projets de d\u00e9veloppement) sont des structures facilitatrices. Ils cr\u00e9eront pour les producteurs les conditions requises pour le transfert des technologies et les tests d\u2019adaptation. Ils joueront \u00e9galement un r\u00f4le dans le renforcement des capacit\u00e9s strat\u00e9giques et organisationnelles des OP.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Par ailleurs, il serait int\u00e9ressant de dynamiser les cadres de concertation d\u00e9j\u00e0 existant ou m\u00eame cr\u00e9er des nouveaux cadres par r\u00e9gion et au niveau national, regroupant tous les partenaires impliqu\u00e9s\u00a0 avec pour objectifs de:<\/p>\n<ul>\n<li>faciliter la circulation de l\u2019information\u00a0;<\/li>\n<li>assurer la planification concert\u00e9e\u00a0;<\/li>\n<li>assurer une \u00e9valuation participative des innovations introduites.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Pour la coh\u00e9rence et l\u2019efficacit\u00e9 des interventions dans la diffusion des innovations en milieu paysan, les actions suivantes sont indispensables :<\/p>\n<ul>\n<li>la production\/l\u2019actualisation et la diffusion de documents techniques sur les innovations accessibles aux utilisateurs (documents traduits dans les langues nationales pour une large utilisation)\u00a0;<\/li>\n<li>la mise en place d\u2019un comit\u00e9 interminist\u00e9riel de suivi\/\u00e9valuation de la mise en \u0153uvre des protocoles de partenariat\u00a0;<\/li>\n<li>une meilleure implication des producteurs au processus de recherche \u00e0 travers un processus dynamique et participatif de diffusion des innovations ;<\/li>\n<li>le renforcement des liens Recherche-Vulgarisation\u00a0;<\/li>\n<li>le travail \u00e0 la diminution du ratio de couverture territoriale agent\/population\u00a0;<\/li>\n<li>le financement des activit\u00e9s de recherche et de vulgarisation\u00a0;<\/li>\n<li>le d\u00e9veloppement d\u2019une approche dynamique interactive et compl\u00e9mentaire du syst\u00e8me recherche-vulgarisation o\u00f9 toutes les trois composantes prennent la m\u00eame importance.<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>Dr Tiony\u00e9l\u00e9 FAYAMA<\/strong><\/p>\n<p><strong>Sociologue, Institut de l\u2019Environnement et de Recherches Agricoles(INERA), Programme Gestion des Ressources Naturelles et Syt\u00e8me de production (GRN\/SP)<\/strong><\/p>\n<p><strong>Laboratoire de recherche Genre et Developpement, Universit\u00e9 Ouaga 1, Pr Joseph Ki-Zerbo, <\/strong><\/p>\n<p><strong>tionyeleyahoo.fr\u00a0\u00a0 <\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>R\u00e9f\u00e9rences bibliographiques<\/strong><\/p>\n<p>FAYAMA T. 2018. <em>Innovations agricoles, entre politiques publiques et logiques d\u2019adoption face aux innovations agricoles c\u00e9r\u00e9ali\u00e8res dans la commune de Banfora<\/em>, Th\u00e8se de doctorat Unique de sociologie, ED\/LESHCO, Universit\u00e9 Ouaga 1 Pr Joseph Ki-Zerbo, 347 P<\/p>\n<p>FAYAMA T. et SANKARA E. 2016, <em>rapport de formation des 13 points focaux PNVACA et de trois SRAPA du Burkina,<\/em> document de travail, 27 p<\/p>\n<p>SANAKA D. 2017. <em>Analyse du syst\u00e8me de vulgarisation \u00e0 l\u2019Ouest du Burkina Faso<\/em>, Rapport de stage, INERA, 61 p<\/p>\n<p>ZERBO D. 2017<em>. Analyse du PNVACA dans le dispositif d\u2019appui conseil dans les Hauts Bassins<\/em>, m\u00e9moire de fin cycle des conseillers d\u2019agriculture, CAP\/Matourkou, 73 ^p<\/p>\n<p>FAYAMA T. <em>support de cours de genre et vulgarisation agricole,<\/em> cycle des conseillers d\u2019agriculture, CAP\/MATOURKOU, 2017-2018<\/p>\n<p>FAYAMA T<em>. support de cours de vulgarisation et valorisation des r\u00e9sultats de recherche<\/em>, cycle des ing\u00e9nieurs en vulgarisation, CAP\/MATOURKOU, 2017-2018<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Agriculture: Pourquoi\u00a0 les r\u00e9sultats des recherches se perdent souvent entre les laboratoires et les champs ?, s&rsquo;interroge Dr Fayama Ouagadougou, 03 janv. 2019(AIB)- Le transfert des technologies depuis la station de recherche agronomique \u00a0au milieu paysan connait souvent des dysfonctionnements. Dans l\u2019article qui suit le Dr Tiony\u00e9l\u00e9 FAYAMA \u00e9lude la question avant de proposer des [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":2311,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"advanced_seo_description":"","jetpack_seo_html_title":"","jetpack_seo_noindex":false,"jetpack_seo_schema_type":"","footnotes":"","jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[91,173,93,203],"tags":[284],"class_list":["post-2309","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-communiques","category-depeches","category-flashinfos","category-la-une-aib","tag-burkina-agriculture"],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/www.aib.media\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/fayama1.jpg","jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/savbHe-2309","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.aib.media\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2309","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.aib.media\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.aib.media\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.aib.media\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.aib.media\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2309"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.aib.media\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2309\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.aib.media\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/2311"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.aib.media\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2309"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.aib.media\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2309"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.aib.media\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2309"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}