{"id":18227,"date":"2020-08-10T17:35:18","date_gmt":"2020-08-10T17:35:18","guid":{"rendered":"https:\/\/www.aib.media\/?p=18227"},"modified":"2020-08-10T17:35:18","modified_gmt":"2020-08-10T17:35:18","slug":"prise-en-compte-de-la-religion-traditionnelle-dans-lonafar","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.aib.media\/?p=18227","title":{"rendered":"PRISE EN COMPTE DE LA RELIGION TRADITIONNELLE DANS L\u2019ONAFAR"},"content":{"rendered":"<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>PRISE EN COMPTE DE LA RELIGION TRADITIONNELLE DANS L\u2019ONAFAR<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>Chapeau bas au gouvernement mais\u2026<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le Conseil des ministres du 06 ao\u00fbt 2020 a, parmi les points figurant \u00e0 son ordre du jour, d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 sur le projet de modification du d\u00e9cret n\u00b02015-985\/PRES\/TRANS\/PM\/MATD\/MEF du 17 ao\u00fbt 2015 portant cr\u00e9ation, composition, attributions et fonctionnement de l\u2019Observatoire national des faits religieux (ONAFAR). Ainsi, <em>\u00ab\u00a0La modification de ce d\u00e9cret vise la prise en compte de la religion traditionnelle, la r\u00e9vision du mandat des membres du bureau de l\u2019ONAFAR et de ses membres repr\u00e9sentants ainsi que la prise en compte des points focaux r\u00e9gionaux\u00a0\u00bb<\/em>.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Cette d\u00e9cision du gouvernement est, \u00e0 n\u2019en pas douter, un pas de g\u00e9ant dans la gestion des religions, dans la promotion de la coh\u00e9sion sociale et dans la construction de l\u2019Etat-nation burkinab\u00e8. L\u2019Association pour la tol\u00e9rance religieuse et le dialogue interreligieux (ATR\/DI) appr\u00e9cie \u00e0 sa juste valeur l\u2019adoption de ce d\u00e9cret qui s\u2019inscrit en droite ligne dans ses objectifs\u00a0qui sont, entre autres :<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ul>\n<li>d\u2019amener la population \u00e0 se soucier du danger que constitue l`intol\u00e9rance en g\u00e9n\u00e9ral et l\u2019intol\u00e9rance religieuse en particulier ;<\/li>\n<li>de sensibiliser les citoyens afin qu\u2019ils s`impliquent dans la promotion de la tol\u00e9rance religieuse et du dialogue interreligieux \u00e0 tous les niveaux de la soci\u00e9t\u00e9 ;<\/li>\n<li>de promouvoir la coexistence pacifique entre les confessions religieuses, les races, les groupes ethniques et les personnes des deux sexes.<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Notre association, alors qu\u2019elle n\u2019avait pas encore obtenu son r\u00e9c\u00e9piss\u00e9 de d\u00e9claration d\u2019existence, avait publi\u00e9 \u00e0 cet effet, sous la plume de M. Issaka Sourw\u00e8ma, Naaba Boalga chef traditionnel du village de Dawelgu\u00e9 dans la commune de Sapon\u00e9, une tribune intitul\u00e9e \u00ab\u00a0<em>Pratiques religieuses et coutumes au Burkina\u00a0: 14 raisons de d\u00e9diaboliser les religions traditionnelles et d\u2019en faire des religions tout court\u00a0\u00bb<\/em>\u00a0\u00a0 dans le quotidien <em>L\u2019Observateur Paalga<\/em> du 09\/07\/2018.\u00a0 Nous y d\u00e9plorions, la non-prise en compte de la religion traditionnelle au sein de l\u2019ONAFAR en ces termes\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Le dialogue interreligieux se r\u00e9sume au dialogue islamo-chr\u00e9tien : ce qui revient \u00e0 dire que le statut des religions traditionnelles africaines n\u2019est pas reconnu par les Islamo-chr\u00e9tiens. Pire, il ne l\u2019est pas non plus par l\u2019Etat. Le fait que ces religions africaines ne sont pas repr\u00e9sent\u00e9es au sein de l\u2019Observatoire national des faits religieux (ONAFAR) confirme \u00e9loquemment cela\u00a0\u00bb<\/em>. Nous concluions la tribune en appelant au <em>\u00ab\u00a0n\u00e9cessaire dialogue du christianisme et de l\u2019islam avec les religions traditionnelles\u00a0\u00bb<\/em> et en affirmant qu\u2019<em>\u00ab\u00a0il urge donc que cela soit corrig\u00e9 et par les islamo-chr\u00e9tiens et par l\u2019Etat burkinab\u00e8 sans \u0153ill\u00e8res, sans pr\u00e9notions, sans pr\u00e9jug\u00e9s, sans \u00e9tiquettes, sans condamnation et sans diabolisation.\u00a0\u00bb<\/em> Aujourd\u2019hui, c\u2019est chose faite de la part de l\u2019Etat.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Toutefois, cet acte salutaire ne pourra r\u00e9ellement atteindre l\u2019objectif de promotion de la coh\u00e9sion sociale que si certaines conditions sont remplies avec la contribution de tous les acteurs (Etat, pratiquants de la religion, leaders chr\u00e9tiens et musulmans\u2026). Il s\u2019agit\u00a0de\u00a0:<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ul>\n<li>la n\u00e9cessaire sensibilisation, par l\u2019Etat, des leaders des fa\u00eeti\u00e8res chr\u00e9tienne (catholique et \u00e9vang\u00e9lique) et musulmane que sont la Conf\u00e9rence \u00e9piscopale Burkina-Niger (CEBN), la F\u00e9d\u00e9ration des associations islamiques du Burkina (FAIB) et la F\u00e9d\u00e9ration des \u00e9glises et missions \u00e9vang\u00e9liques (FEME) afin que cette int\u00e9gration de la religion traditionnelle au sein de l\u2019ONAFAR soit bien comprise et que des consignes soient donn\u00e9es \u00e0 leurs repr\u00e9sentants au sein de l\u2019Observatoire pour bannir toute sorte de stigmatisation, de discrimination, de st\u00e9r\u00e9otype et de pr\u00e9jug\u00e9\u00a0;<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ul>\n<li>l\u2019apport attendu des lettr\u00e9s pratiquant la religion traditionnelle dans des activit\u00e9s permettant une meilleure connaissance de cette religion par l\u2019opinion publique car celle-ci est fortement influenc\u00e9e par des responsables chr\u00e9tiens et musulmans qui assimilent cette religion \u00e0 celle du prince des t\u00e9n\u00e8bres\u00a0;<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ul>\n<li>la diff\u00e9renciation nette entre chefs coutumiers (correspondant aux leaders religieux traditionnels ou chefs de terre) et chefs traditionnels (\u00e9quivalant aux chefs politiques traditionnels) de sorte qu\u2019il n\u2019y ait pas d\u2019usurpation de titre et\/ou de fonction de la part des seconds au d\u00e9triment des premiers\u00a0; ce qui, par cons\u00e9quent, doit amener le gouvernement et les fa\u00eeti\u00e8res religieuses existantes \u00e0 tenir compte de cette r\u00e9alit\u00e9 dans la d\u00e9signation des membres de l\u2019ONAFAR, l\u2019\u00e9lection des membres de son bureau et le choix de ses points focaux. Un chef traditionnel pourrait repr\u00e9senter la chefferie coutumi\u00e8re, mais \u00e0 condition que ce soit avec l\u2019accord des premiers int\u00e9ress\u00e9s. Ce cas de figure est d\u2019autant plus envisageable que la plupart des chefs coutumiers dans nombre de r\u00e9gions du pays n\u2019ont malheureusement pas re\u00e7u d\u2019instruction dans l\u2019acception <em>\u00ab\u00a0moderne\u00a0\u00bb<\/em> du terme\u00a0; or, la participation pleine et enti\u00e8re aux activit\u00e9s implique des pr\u00e9requis en termes de lecture, d\u2019\u00e9criture et d\u2019expression en fran\u00e7ais\u00a0;<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ul>\n<li>la prise en compte des principales aires socio-ethniques dans la d\u00e9signation des membres de l\u2019ONAFAR en relation avec le nombre de membres accord\u00e9 aux fid\u00e8les de la religion traditionnelle. Ainsi, le nombre de ces repr\u00e9sentants que nous supposons quatre (04), \u00e0 l\u2019instar de ceux du christianisme ou de l\u2019islam, permettrait, en \u00e9tant plus inclusif au plan religieux, de l\u2019\u00eatre en m\u00eame temps sur le plan socio-ethnique\u00a0; un double gain \u00e0 travers une seule action\u00a0;<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ul>\n<li>l\u2019urgence de la tenue d\u2019une rencontre (r\u00e9union, atelier, s\u00e9minaire ou autre) avec un \u00e9chantillon repr\u00e9sentatif au plan socio-ethnique des chefs coutumiers pour expliquer les tenants et les aboutissants de cette d\u00e9cision et les encourager \u00e0 s\u2019organiser pour faire porter leurs pr\u00e9occupations par une personne morale de rang associatif\u00a0;<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ul>\n<li>la conduite d\u2019une \u00e9tude \u00e0 l\u2019\u00e9chelle nationale pour une meilleure connaissance de cette religion\u00a0;<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ul>\n<li>l\u2019accompagnement des pratiquants de cette religion dans la cr\u00e9ation d\u2019une fa\u00eeti\u00e8re (\u00e0 l\u2019image du CEBN, de la FAIB et de la FEME) dans les limites de ce que permettent les textes dans l\u2019Etat la\u00efc qui est le n\u00f4tre. Cela nous semble pertinent car la religion traditionnelle est d\u2019abord un fait <em>\u00ab\u00a0individuel\u00a0\u00bb <\/em>(m\u00eame dans les soci\u00e9t\u00e9s \u00e0 organisation sociopolitique pyramidale), donc sans leader au sens islamo-chr\u00e9tien du mot. Pour preuve, le chef coutumier est l\u2019interface strictement fonctionnelle mais pas hi\u00e9rarchique entre Dieu et les vivants par l\u2019entremise des anc\u00eatres.<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Il faut donc esp\u00e9rer que cette d\u00e9cision est le d\u00e9but d\u2019une dynamique qui int\u00e9grera syst\u00e9matiquement les responsables de la religion traditionnelle dans les institutions \u00e9tatiques (au sens large) existantes (ou \u00e0 cr\u00e9er) o\u00f9 ce syst\u00e8me de croyances est concern\u00e9. Nos dirigeants auront alors fait preuve de reconnaissance vis-\u00e0-vis de nos ascendants et leur auront ainsi rendu hommage. Ils auront, du m\u00eame coup, continu\u00e9 \u00e0 poser des actes promouvant et consolidant les bases de la construction de l\u2019Etat-nation, dont la post\u00e9rit\u00e9 leur saura gr\u00e9. En tout cas, l\u2019ATR\/DI est dispos\u00e9e \u00e0 les y accompagner.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Fait \u00e0 Ouagadougou le 09 ao\u00fbt 2020<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Pour le Bureau national, le 2<sup>e<\/sup> Vice-pr\u00e9sident<\/strong><\/p>\n<p><strong>Wurot\u00e8da Ibrahima SANOU<\/strong><\/p>\n<p><strong>www.sanou31@hotmail.fr<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; PRISE EN COMPTE DE LA RELIGION TRADITIONNELLE DANS L\u2019ONAFAR \u00a0 Chapeau bas au gouvernement mais\u2026 &nbsp; Le Conseil des ministres du 06 ao\u00fbt 2020 a, parmi les points figurant \u00e0 son ordre du jour, d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 sur le projet de modification du d\u00e9cret n\u00b02015-985\/PRES\/TRANS\/PM\/MATD\/MEF du 17 ao\u00fbt 2015 portant cr\u00e9ation, composition, attributions et fonctionnement de [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"advanced_seo_description":"","jetpack_seo_html_title":"","jetpack_seo_noindex":false,"jetpack_seo_schema_type":"","footnotes":"","jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[91],"tags":[],"class_list":["post-18227","post","type-post","status-publish","format-standard","category-communiques"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/pavbHe-4JZ","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.aib.media\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/18227","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.aib.media\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.aib.media\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.aib.media\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.aib.media\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=18227"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.aib.media\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/18227\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.aib.media\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=18227"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.aib.media\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=18227"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.aib.media\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=18227"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}