{"id":173981,"date":"2026-11-07T14:57:23","date_gmt":"2026-11-07T14:57:23","guid":{"rendered":"https:\/\/www.aib.media\/?p=173981"},"modified":"2026-11-07T14:57:23","modified_gmt":"2026-11-07T14:57:23","slug":"medias-le-journaliste-roland-ki-obtient-son-master-recherche-en-science-politique-aliste-ravec-16-20","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.aib.media\/?p=173981","title":{"rendered":"M\u00e9dias : Le journaliste Roland Ki obtient son master recherche en science politique aliste Ravec 16\/20"},"content":{"rendered":"<p><strong>M\u00e9dias : Le journaliste Roland Ki obtient son master recherche en science politique aliste Ravec 16\/20<\/strong><\/p>\n<p>Ouagadougou, 6 nov. 2026 (AIB)-Le journaliste Roland Ki a \u00e9t\u00e9 d\u00e9clar\u00e9 admis, avec la note de 16 sur 20, au dipl\u00f4me de master recherche en science politique de l\u2019Universit\u00e9 Thomas-Sankara, \u00e0 l\u2019issue de la soutenance publique, ce vendredi, de son m\u00e9moire intitul\u00e9 \u00ab La pratique du dialogue social au Burkina Faso \u00bb. Dirig\u00e9 par le Pr L\u00e9on Sampana, professeur de science politique, intervenu en ligne, le travail a \u00e9t\u00e9 \u00e9valu\u00e9 par un jury pr\u00e9sid\u00e9 par le Pr Vincent Zakan\u00e9, avec le Dr Soura Sibiri comme rapporteur.<\/p>\n<p>Au-del\u00e0 du succ\u00e8s acad\u00e9mique, ce sont la pertinence du sujet, son ancrage dans l\u2019actualit\u00e9 nationale et la finesse de son analyse qui ont retenu l\u2019attention.<\/p>\n<p>Le jeune chercheur ne s\u2019est pas content\u00e9 de d\u00e9crire les institutions : il a interrog\u00e9 leur fonctionnement r\u00e9el, leur capacit\u00e9 \u00e0 produire des r\u00e8gles communes et les raisons profondes pour lesquelles, malgr\u00e9 un arsenal juridique et institutionnel relativement dense, le dialogue social burkinab\u00e8 peine \u00e0 pr\u00e9venir durablement les conflits collectifs.<\/p>\n<p>Dans son expos\u00e9, Roland Ki a d\u2019abord rappel\u00e9 l\u2019ampleur du dispositif existant, souvent pr\u00e9sent\u00e9 comme un mod\u00e8le. Le Burkina Faso a ratifi\u00e9 les conventions fondamentales de l\u2019Organisation internationale du Travail (OIT).<\/p>\n<p>Il dispose d\u2019un Code du travail, de libert\u00e9s syndicales garanties par la Constitution et d\u2019une quinzaine d\u2019instances bipartites et tripartites.<\/p>\n<p>Cette architecture avait \u00e9t\u00e9 couronn\u00e9e en 2017 par la cr\u00e9ation du Haut Conseil du dialogue social (HCDS), pens\u00e9 comme le lieu par excellence de la concertation entre l\u2019\u00c9tat, le patronat et les organisations syndicales. Sur le papier, tout y est.<\/p>\n<p>Dans les faits, observe Roland Ki, le HCDS a \u00e9t\u00e9 dissous le 24 mars 2023, et les rencontres annuelles entre le Gouvernement et les syndicats ont \u00e9t\u00e9 interrompues de juillet 2021 \u00e0 f\u00e9vrier 2025, en raison de l\u2019urgence s\u00e9curitaire.<\/p>\n<p>Comment comprendre qu\u2019un pays aussi dot\u00e9 en instances soit aussi r\u00e9guli\u00e8rement confront\u00e9 \u00e0 des tensions sociales ? C\u2019est \u00e0 cette question que le m\u00e9moire tente de r\u00e9pondre.<\/p>\n<p>Pour y parvenir, l\u2019imp\u00e9trant s\u2019est appuy\u00e9 sur la th\u00e9orie de la r\u00e9gulation sociale de Jean-Daniel Reynaud, un choix qui lui a permis de d\u00e9passer la simple lecture juridique pour s\u2019int\u00e9resser \u00e0 la fabrique r\u00e9elle des r\u00e8gles.<\/p>\n<p>Il a adopt\u00e9 une approche exclusivement qualitative, fond\u00e9e sur l\u2019exploitation de documents et de la litt\u00e9rature, ainsi que sur des entretiens semi-directifs men\u00e9s aupr\u00e8s de repr\u00e9sentants de l\u2019administration du travail, des syndicats, du patronat et du secteur informel.<\/p>\n<p>Cette d\u00e9marche lui a permis de confronter les textes aux pratiques, les discours officiels aux exp\u00e9riences v\u00e9cues par les acteurs, et de montrer que le probl\u00e8me du dialogue social burkinab\u00e8 n\u2019est pas d\u2019abord un probl\u00e8me de textes.<\/p>\n<p>Le premier enseignement majeur de l\u2019\u00e9tude est en effet la pr\u00e9\u00e9minence de la r\u00e9gulation exerc\u00e9e par l\u2019\u00c9tat. Dans les m\u00e9canismes de dialogue, l\u2019\u00c9tat conserve une influence d\u00e9terminante sur la cr\u00e9ation et la suppression des instances, la programmation des rencontres, la d\u00e9finition des sujets de discussion et le suivi des engagements pris.<\/p>\n<p>Il est \u00e0 la fois juge et partie, organisateur et acteur. Le dialogue existe, les r\u00e9unions se tiennent, mais la coproduction des r\u00e8gles, c\u2019est-\u00e0-dire la fabrication conjointe de normes par les partenaires sociaux, reste largement inachev\u00e9e.<\/p>\n<p>Le second enseignement tient au contexte s\u00e9curitaire, qui a profond\u00e9ment transform\u00e9 la nature des relations professionnelles. Dans un pays en guerre contre le terrorisme, l\u2019urgence s\u00e9curitaire tend \u00e0 rendre certaines revendications sociales, pourtant l\u00e9gitimes, inopportunes aux yeux des acteurs eux-m\u00eames. Selon les observations du chercheur, les organisations syndicales ont parfois privil\u00e9gi\u00e9 une posture de proposition et d\u2019accompagnement plut\u00f4t que de confrontation, notamment \u00e0 travers leur participation \u00e0 l\u2019effort de guerre et au Fonds de soutien patriotique (FSP). Le dialogue social n\u2019est donc pas mort : il a mut\u00e9. Il est pass\u00e9 de la n\u00e9gociation \u00e0 l\u2019information, puis \u00e0 la contribution, sans pour autant dispara\u00eetre.<\/p>\n<p>Cette mutation ne doit cependant pas masquer la persistance de revendications anciennes qui, en raison de l\u2019urgence s\u00e9curitaire, ne sont plus jug\u00e9es prioritaires.<\/p>\n<p>L\u2019analyse des cahiers de dol\u00e9ances de l\u2019Unit\u00e9 d\u2019action syndicale (UAS) entre 2010 et 2019 montre que quatorze des quinze revendications embl\u00e9matiques formul\u00e9es en 2010 ont \u00e9t\u00e9 reconduites jusqu\u2019en 2014.<\/p>\n<p>Certains acquis majeurs ont n\u00e9anmoins \u00e9t\u00e9 obtenus, parfois au terme d\u2019une longue attente. \u00c0 titre d\u2019illustration, la retenue des cotisations syndicales \u00e0 la source, r\u00e9clam\u00e9e depuis 2010, a obtenu ses textes d\u2019application en 2023-2024. En revanche, les \u00e9lections professionnelles, revendiqu\u00e9es depuis la m\u00eame p\u00e9riode, n\u2019avaient pas encore \u00e9t\u00e9 organis\u00e9es au moment de la recherche.<\/p>\n<p>Dans la seconde partie de son m\u00e9moire, Roland Ki met en \u00e9vidence l\u2019absence de rencontre effective entre les diff\u00e9rentes formes de r\u00e9gulation. Les syndicats conditionnent souvent de nouveaux engagements \u00e0 l\u2019ex\u00e9cution des pr\u00e9c\u00e9dents, tandis que l\u2019\u00c9tat privil\u00e9gie la conclusion de nouveaux accords.<\/p>\n<p>Le chercheur reconna\u00eet toutefois que certains accords ont \u00e9t\u00e9 appliqu\u00e9s, notamment la r\u00e9gularisation d\u2019anciens travailleurs de garderie, l\u2019apurement de dossiers d\u2019avancement, la mise en place de bourses du travail et les avanc\u00e9es relatives \u00e0 l\u2019assurance maladie universelle.<\/p>\n<p>Il estime cependant que ces mesures rel\u00e8vent davantage de d\u00e9cisions que l\u2019\u00c9tat pouvait prendre seul que de v\u00e9ritables r\u00e8gles \u00e9labor\u00e9es conjointement.<\/p>\n<p>En conclusion, Roland Ki soutient que les difficult\u00e9s du dialogue social burkinab\u00e8 ne r\u00e9sultent pas principalement d\u2019un manque de textes ou d\u2019institutions, mais d\u2019un d\u00e9ficit de coproduction des r\u00e8gles entre les partenaires sociaux. Pour sortir de l\u2019impasse, il recommande d\u2019approfondir les recherches sur les m\u00e9canismes de r\u00e9gulation au sein des entreprises et des services publics, ainsi que sur les formes d\u2019organisation et de production normative dans le secteur informel. Ce vaste pan de l\u2019\u00e9conomie, faute d\u2019\u00eatre int\u00e9gr\u00e9 aux instances officielles, invente ses propres r\u00e8gles par la m\u00e9diation coutumi\u00e8re et religieuse. Un travail rigoureux, courageux et utile, qui \u00e9claire le d\u00e9bat public et ouvre des pistes concr\u00e8tes pour refonder un dialogue social plus inclusif, plus \u00e9quilibr\u00e9 et plus cr\u00e9dible.<\/p>\n<p>intervenu en ligne, le travail a \u00e9t\u00e9 \u00e9valu\u00e9 par un jury pr\u00e9sid\u00e9 par le Pr Vincent Zakan\u00e9, avec le Dr Soura Sibiri comme rapporteur.<\/p>\n<p>Au-del\u00e0 du succ\u00e8s acad\u00e9mique, ce sont la pertinence du sujet, son ancrage dans l\u2019actualit\u00e9 nationale et la finesse de son analyse qui ont retenu l\u2019attention. Le jeune chercheur ne s\u2019est pas content\u00e9 de d\u00e9crire les institutions : il a interrog\u00e9 leur fonctionnement r\u00e9el, leur capacit\u00e9 \u00e0 produire des r\u00e8gles communes et les raisons profondes pour lesquelles, malgr\u00e9 un arsenal juridique et institutionnel relativement dense, le dialogue social burkinab\u00e8 peine \u00e0 pr\u00e9venir durablement les conflits collectifs.<\/p>\n<p>Dans son expos\u00e9, le candidat a d\u2019abord rappel\u00e9 l\u2019ampleur du dispositif existant, souvent pr\u00e9sent\u00e9 comme un mod\u00e8le. Le Burkina Faso a ratifi\u00e9 les conventions fondamentales de l\u2019Organisation internationale du Travail (OIT). Il dispose d\u2019un Code du travail, de libert\u00e9s syndicales garanties par la Constitution et d\u2019une quinzaine d\u2019instances bipartites et tripartites. Cette architecture avait \u00e9t\u00e9 couronn\u00e9e en 2017 par la cr\u00e9ation du Haut Conseil du dialogue social (HCDS), pens\u00e9 comme le lieu par excellence de la concertation entre l\u2019\u00c9tat, le patronat et les organisations syndicales. Sur le papier, tout y est. Dans les faits, observe Roland Ki, le HCDS a \u00e9t\u00e9 dissous le 24 mars 2023, et les rencontres annuelles entre le Gouvernement et les syndicats ont \u00e9t\u00e9 interrompues de juillet 2021 \u00e0 f\u00e9vrier 2025, en raison de l\u2019urgence s\u00e9curitaire. Comment comprendre qu\u2019un pays aussi dot\u00e9 en instances soit aussi r\u00e9guli\u00e8rement confront\u00e9 \u00e0 des tensions sociales ? C\u2019est \u00e0 cette question que le m\u00e9moire tente de r\u00e9pondre.<\/p>\n<p>Pour y parvenir, l\u2019imp\u00e9trant s\u2019est appuy\u00e9 sur la th\u00e9orie de la r\u00e9gulation sociale de Jean-Daniel Reynaud, un choix qui lui a permis de d\u00e9passer la simple lecture juridique pour s\u2019int\u00e9resser \u00e0 la fabrique r\u00e9elle des r\u00e8gles. Il a adopt\u00e9 une approche exclusivement qualitative, fond\u00e9e sur l\u2019exploitation de documents et de la litt\u00e9rature, ainsi que sur des entretiens semi-directifs men\u00e9s aupr\u00e8s de repr\u00e9sentants de l\u2019administration du travail, des syndicats, du patronat et du secteur informel. Cette d\u00e9marche lui a permis de confronter les textes aux pratiques, les discours officiels aux exp\u00e9riences v\u00e9cues par les acteurs, et de montrer que le probl\u00e8me du dialogue social burkinab\u00e8 n\u2019est pas d\u2019abord un probl\u00e8me de textes.<\/p>\n<p>Le premier enseignement majeur de l\u2019\u00e9tude est en effet la pr\u00e9\u00e9minence de la r\u00e9gulation exerc\u00e9e par l\u2019\u00c9tat. Dans les m\u00e9canismes de dialogue, l\u2019\u00c9tat conserve une influence d\u00e9terminante sur la cr\u00e9ation et la suppression des instances, la programmation des rencontres, la d\u00e9finition des sujets de discussion et le suivi des engagements pris. Il est \u00e0 la fois juge et partie, organisateur et acteur. Le dialogue existe, les r\u00e9unions se tiennent, mais la coproduction des r\u00e8gles, c\u2019est-\u00e0-dire la fabrication conjointe de normes par les partenaires sociaux, reste largement inachev\u00e9e.<\/p>\n<p>Le second enseignement tient au contexte s\u00e9curitaire, qui a profond\u00e9ment transform\u00e9 la nature des relations professionnelles. Dans un pays en guerre contre le terrorisme, l\u2019urgence s\u00e9curitaire tend \u00e0 rendre certaines revendications sociales, pourtant l\u00e9gitimes, inopportunes aux yeux des acteurs eux-m\u00eames. Selon les observations du chercheur, les organisations syndicales ont parfois privil\u00e9gi\u00e9 une posture de proposition et d\u2019accompagnement plut\u00f4t que de confrontation, notamment \u00e0 travers leur participation \u00e0 l\u2019effort de guerre et au Fonds de soutien patriotique (FSP). Le dialogue social n\u2019est donc pas mort : il a mut\u00e9. Il est pass\u00e9 de la n\u00e9gociation \u00e0 l\u2019information, puis \u00e0 la contribution, sans pour autant dispara\u00eetre.<\/p>\n<p>Cette mutation ne doit cependant pas masquer la persistance de revendications anciennes qui, en raison de l\u2019urgence s\u00e9curitaire, ne sont plus jug\u00e9es prioritaires.<\/p>\n<p>L\u2019analyse des cahiers de dol\u00e9ances de l\u2019Unit\u00e9 d\u2019action syndicale (UAS) entre 2010 et 2019 montre que quatorze des quinze revendications embl\u00e9matiques formul\u00e9es en 2010 ont \u00e9t\u00e9 reconduites jusqu\u2019en 2014.<\/p>\n<p>Certains acquis majeurs ont n\u00e9anmoins \u00e9t\u00e9 obtenus, parfois au terme d\u2019une longue attente. \u00c0 titre d\u2019illustration, la retenue des cotisations syndicales \u00e0 la source, r\u00e9clam\u00e9e depuis 2010, a obtenu ses textes d\u2019application en 2023-2024.<\/p>\n<p>En revanche, les \u00e9lections professionnelles, revendiqu\u00e9es depuis la m\u00eame p\u00e9riode, n\u2019avaient pas encore \u00e9t\u00e9 organis\u00e9es au moment de la recherche.<\/p>\n<p>Dans la seconde partie de son m\u00e9moire, Roland Ki met en \u00e9vidence l\u2019absence de rencontre effective entre les diff\u00e9rentes formes de r\u00e9gulation. Les syndicats conditionnent souvent de nouveaux engagements \u00e0 l\u2019ex\u00e9cution des pr\u00e9c\u00e9dents, tandis que l\u2019\u00c9tat privil\u00e9gie la conclusion de nouveaux accords.<\/p>\n<p>Le chercheur reconna\u00eet toutefois que certains accords ont \u00e9t\u00e9 appliqu\u00e9s, notamment la r\u00e9gularisation d\u2019anciens travailleurs de garderie, l\u2019apurement de dossiers d\u2019avancement, la mise en place de bourses du travail et les avanc\u00e9es relatives \u00e0 l\u2019assurance maladie universelle.<\/p>\n<p>Il estime cependant que ces mesures rel\u00e8vent davantage de d\u00e9cisions que l\u2019\u00c9tat pouvait prendre seul que de v\u00e9ritables r\u00e8gles \u00e9labor\u00e9es conjointement.<\/p>\n<p>En conclusion, Roland Ki soutient que les difficult\u00e9s du dialogue social burkinab\u00e8 ne r\u00e9sultent pas principalement d\u2019un manque de textes ou d\u2019institutions, mais d\u2019un d\u00e9ficit de coproduction des r\u00e8gles entre les partenaires sociaux.<\/p>\n<p>Pour sortir de l\u2019impasse, il recommande d\u2019approfondir les recherches sur les m\u00e9canismes de r\u00e9gulation au sein des entreprises et des services publics, ainsi que sur les formes d\u2019organisation et de<\/p>\n<p>normative dans le secteur informel. 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