{"id":16092,"date":"2020-06-03T17:58:22","date_gmt":"2020-06-03T17:58:22","guid":{"rendered":"https:\/\/www.aib.media\/?p=16092"},"modified":"2020-06-06T19:25:08","modified_gmt":"2020-06-06T19:25:08","slug":"burkina-la-pitoyable-fin-dune-mere-seropositive-recit","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.aib.media\/?p=16092","title":{"rendered":"Burkina\u00a0: La pitoyable fin d\u2019une m\u00e8re s\u00e9ropositive (R\u00e9cit)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Burkina-Soci\u00e9t\u00e9-VIHSIDA-Lutte<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>Burkina\u00a0: La pitoyable fin d\u2019une m\u00e8re s\u00e9ropositive (R\u00e9cit)<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>Ouagadougou, 03 juin 2020 (AIB)-Mon \u00e2me est en peine\u2026 Le 21 avril 2020, mon homonyme Mariam a rendu l\u2019\u00e2me \u00e0 Bobo-Dioulasso. Apr\u00e8s plus de dix ans dans la prostitution, le VIH-SIDA et surtout la mis\u00e8re avaient fini par avoir raison d\u2019elle. Qu\u2019adviendra-t-il de sa fille de cinq ans, confi\u00e9e \u00e0 une de ses coll\u00e8gues de trottoir ? D\u00e9couvrez mon r\u00e9cit\u2026<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center\"><strong><em><u>Un t\u00e9moignage de Mariam OUEDRAOGO (Journaliste)<\/u><\/em><\/strong><\/p>\n<p>On pense souvent \u00e0 tort, que nous les journalistes sommes insensibles aux \u00e9v\u00e8nements malheureux que nous relayions au quotidien. Cela n\u2019est pas vrai ni pour moi ni pour l\u2019\u00e9crasante majorit\u00e9 de mes cons\u0153urs et confr\u00e8res.<\/p>\n<p>Ma rencontre avec Mariam, le 5 mars 2019 \u00e0 Bobo-Dioulasso, dans le cadre d\u2019une enqu\u00eate sur les enfants n\u00e9s de la prostitution, <a href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/blog\/2019\/12\/30\/enfants-nes-de-la-prostitution-ces-nourrissons-qui-trainent-sur-les-trottoirs\/\">paru dans Sidwaya\u00a0 du 30 d\u00e9cembre 2019, en est une parfaite illustration.<\/a><\/p>\n<p>La quarantaine bien sonn\u00e9e, mon homonyme est au bout du rouleau, apr\u00e8s plus de \u00a0dix ans dans le m\u00e9tier de la prostitution et le VIH dans le sang.<\/p>\n<p>Tr\u00e8s affaiblie, abandonn\u00e9e par tous, la s\u00e9ropositive s\u2019est renferm\u00e9e avec sa fille dans une maisonnette, \u00e0 l\u2019arri\u00e8re-cour d\u2019un cabaret, \u00e0 Tounouma, un quartier de Bobo-Dioulasso.<\/p>\n<p>La piaule qu\u2019elle louait \u00e0 7500 FCFA le mois, lui servait aussi de lieu de \u2018\u2019travail\u2019\u2019.<\/p>\n<p>Cette cour r\u00e9cemment transform\u00e9e en cabaret n\u2019\u00e9tait autre que l\u2019ancien \u00abBonheur de Tounouma\u00bb, un site qui abritait des chambres de passe.<\/p>\n<p>Pour prot\u00e9ger sa petite et mettre ses clients \u00e0 l\u2019aise, Mariam avait d\u00e9cid\u00e9 de confier la garde de sa prog\u00e9niture \u00e0 une femme \u00e0 Ouagadougou, contre une r\u00e9mun\u00e9ration mensuelle de 30 000 FCFA.<\/p>\n<p>Sa fillette lui a \u00e9t\u00e9 \u00abexp\u00e9di\u00e9e\u00bb \u00e0 bord d\u2019une compagnie de transport, quelques jours plut\u00f4t \u00e0 cause des impay\u00e9s.<\/p>\n<p>A Tounouma, la dame est aussi en sursis<\/p>\n<p>\u00abJe ne peux plus sortir, car je suis tr\u00e8s malade. J\u2019ai plus de 12 mois d\u2019arri\u00e9r\u00e9s de loyer (7 500FCFA le mois) et le bailleur menace de m\u2019expulser. La situation est tellement difficile que si je pr\u00e9pare aujourd\u2019hui, il faut souvent attendre cinq jours pour manger \u00e0 nouveau\u00bb, m\u2019explique mon homo.<\/p>\n<p>Mariam cache maladroitement son corps tr\u00e8s affaiblit et couvert de gros boutons noirs, qu\u2019elle tente de couvrir avec un pull- over qui ne la quitte presque jamais.<\/p>\n<p>Elle me pr\u00e9sente par la suite, les photos de son \u2018\u2019avant-avant\u2019\u2019.<\/p>\n<p>Cette belle femme si coquette, aux tenues soign\u00e9es et aux coiffures impeccables, n\u2019a rien \u00e0 voir avec mon homonyme, une loque humaine, avec pour seuls objets de valeur, des ustensiles enti\u00e8rement noircis par l\u2019usage du charbon.<\/p>\n<p>Quand Mariam avait encore un peu d\u2019\u00e9nergie, elle offrait la passe \u00e0 500FCFA juste pour s\u2019alimenter, me relate sa camarade B.B.<\/p>\n<p>Lorsque mon homo s\u2019est totalement affal\u00e9, B.B qui avait abandonn\u00e9 le trottoir pour se consacrer \u00e0 sa buvette, a d\u00fb revoir ses plans.<\/p>\n<p>\u00abEntre- temps, j\u2019avais arr\u00eat\u00e9. Mais j\u2019ai d\u00fb reprendre pour m\u2019occuper de ma camarade Mariam qui est tr\u00e8s malade et qui est toute seule, sans famille\u00bb, confie cette m\u00e8re de deux gar\u00e7onnets, ayant \u00e9galement la charge d\u2019un troisi\u00e8me enfant abandonn\u00e9 par une \u2018\u2019coll\u00e8gue\u2019\u2019.<\/p>\n<p>B.B a m\u00eame initi\u00e9 une collecte de fonds aupr\u00e8s des professionnelles du sexe pour aider Mariam \u00e0 rentrer chez elle pour les soins.<\/p>\n<p>Mais cette derni\u00e8re a d\u00e9clin\u00e9 l\u2019offre car elle n\u2019\u00e9tait pas en bons termes avec sa famille depuis belle lurette.<\/p>\n<p>Finalement, la mort est venue au secours de mon homo, le mardi 21 avril 2020, \u00e0 13h22mn, dans les locaux de l\u2018association \u00ab<em>Espoir et Vie\u00bb<\/em> \u00e0 Bobo-Dioulasso, en abr\u00e9geant ses souffrances.<\/p>\n<p>Il reste maintenant \u00e0 la vie et \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 de donner un espoir \u00e0 sa fille. Sa nouvelle tutrice F.K, une travailleuse de sexe s\u00e9ropositive, a pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 l\u2019a confier \u00e0 une autre professionnelle \u00e0 Tounouma, afin de vaquer librement \u00e0 ses occupations.<\/p>\n<p style=\"text-align: center\"><span style=\"color: #ff0000\"><strong>Le pi\u00e8ge de la prostitution<\/strong><\/span><\/p>\n<p>Rien ou presque rien ne pr\u00e9destinait Mariam \u00e0 une si triste fin.<\/p>\n<p>Cette orpheline de p\u00e8re, originaire d\u2019un pays voisin, avait pu combler la pesante absence de son paternel, dans un mariage scell\u00e9 religieusement et civilement.<\/p>\n<p>Seulement, le mariage vola en \u00e9clats et Mariam s\u2019en alla, sans ses deux enfants (un fils et une fille).\u00a0 Elle est cependant rest\u00e9e muette sur les raisons de ce premier \u00e9chec et de son diff\u00e9rend avec sa famille.<\/p>\n<p>La d\u00e9ception semble avoir jet\u00e9 la jeune femme dans le labyrinthe de la prostitution. C\u2019est pourtant dans ce m\u00e9tier qu\u2019elle se mettra \u00e0 nouveau en couple avec l\u2019un de ses r\u00e9guliers clients.<\/p>\n<p>Le duo filait le parfait amour jusqu\u2019au jour o\u00f9 Mariam se rendit dans la capitale chez des parents pour accoucher.<\/p>\n<p>A son retour, son \u2018\u2019\u00e9poux\u2019\u2019 avait am\u00e9nag\u00e9 avec une nouvelle conqu\u00eate et Mariam ne faisait plus partie de son agenda matrimonial.<\/p>\n<p>Se sentant d\u00e9laiss\u00e9e, la nouvelle maman sollicite en vain aupr\u00e8s du p\u00e8re de sa fille, des frais de transport pour rejoindre ses parents.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s le refus de ce dernier, elle a fait des petits m\u00e9tiers pour survivre.<\/p>\n<p>D\u2019aide-vendeuse de marchandises \u00e0 lessiveuse, elle s\u2019est retrouv\u00e9e pleinement dans la \u00abd\u00e9bauche\u00bb.<\/p>\n<p>C\u2019est ainsi qu\u2019avec son nourrisson de huit mois, elle d\u00e9barque \u00e0 Bobo-Dioulasso dans la capitale \u00e9conomique burkinab\u00e8.<\/p>\n<p>Mariam d\u00e9cide alors de vivre des \u2018\u2019fruits\u2019\u2019 de son corps jusqu\u2019\u00e0 contracter le mal du si\u00e8cle.<\/p>\n<p style=\"text-align: center\"><span style=\"color: #ff0000\"><strong>La journaliste et les services sociaux<\/strong><\/span><\/p>\n<p>En ce 5 mars 2020, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 touch\u00e9e par l\u2019histoire de cette femme que je venais de rencontrer.<\/p>\n<p>Bien s\u00fbr, des t\u00e9moignages solides comme celui de son premier \u00e9poux ou de ceux de sa famille ou encore de ses proches, sont n\u00e9cessaires pour \u00e9clairer toutes les zones d\u2019ombre, notamment les \u00e9videntes erreurs de Mariam. Leurs contacts m\u2019ont \u00e9t\u00e9 refus\u00e9.<\/p>\n<p>Mais \u00e0 l\u2019instant T, ce n\u2019\u00e9tait pas ma pr\u00e9occupation.\u00a0 J\u2019avais sous les yeux, une grande s\u0153ur voire une m\u00e8re qui avait perdu toute sa dignit\u00e9 et je me devais de faire quelque chose pour la restaurer un tant soit peu.<\/p>\n<p>J\u2019ai d\u2019abord contact\u00e9 le directeur r\u00e9gional en charge de l\u2019Action sociale de l\u2019Ouest, Moussa Ouattara qui m\u2019a demand\u00e9 de voir avec le service social le plus proche.<\/p>\n<figure id=\"attachment_16095\" aria-describedby=\"caption-attachment-16095\" style=\"width: 2560px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"16095\" data-permalink=\"https:\/\/www.aib.media\/?attachment_id=16095\" data-orig-file=\"https:\/\/www.aib.media\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/R.ZOERINGRE2-scaled.jpg\" data-orig-size=\"2560,1707\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;4&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;NIKON D7200&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;1551961398&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;18&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;3200&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0.016666666666667&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;1&quot;}\" data-image-title=\"R.ZOERINGRE2\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"&lt;p&gt;Le chef du Service Enfance Auguste Ouattara recevant Mariam et sa fille, le 06 mars 2019.&lt;\/p&gt;\n\" data-large-file=\"https:\/\/www.aib.media\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/R.ZOERINGRE2-1024x683.jpg\" class=\"size-full wp-image-16095\" src=\"https:\/\/www.aib.media\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/R.ZOERINGRE2-scaled.jpg\" alt=\"\" width=\"2560\" height=\"1707\" srcset=\"https:\/\/www.aib.media\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/R.ZOERINGRE2-scaled.jpg 2560w, https:\/\/www.aib.media\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/R.ZOERINGRE2-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.aib.media\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/R.ZOERINGRE2-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/www.aib.media\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/R.ZOERINGRE2-768x512.jpg 768w, https:\/\/www.aib.media\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/R.ZOERINGRE2-1536x1024.jpg 1536w, https:\/\/www.aib.media\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/R.ZOERINGRE2-2048x1365.jpg 2048w, https:\/\/www.aib.media\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/R.ZOERINGRE2-696x464.jpg 696w, https:\/\/www.aib.media\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/R.ZOERINGRE2-1068x712.jpg 1068w, https:\/\/www.aib.media\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/R.ZOERINGRE2-1920x1280.jpg 1920w, https:\/\/www.aib.media\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/R.ZOERINGRE2-630x420.jpg 630w, https:\/\/www.aib.media\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/R.ZOERINGRE2-1320x880.jpg 1320w\" sizes=\"auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-16095\" class=\"wp-caption-text\">Le chef du Service Enfance Auguste Ouattara recevant Mariam et sa fille, le 06 mars 2019.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Avec le photographe Remi Zoeringr\u00e9 et le conducteur Firmin Kabor\u00e9, nous avons accompagn\u00e9 Mariam, sa fille et sa copine B.B chez le chef de service Enfance de Bobo-Dioulasso, Auguste Ouattara, pr\u00e9alablement alert\u00e9 du cas.<\/p>\n<p>Gr\u00e2ce \u00e0 leur promptitude, d\u00e8s le 10 mars 2019, Mariam a \u00e9t\u00e9 prise en charge par les services comp\u00e9tents de la direction r\u00e9gionale, aussi bien sur le plan m\u00e9dical qu\u2019alimentaire.<\/p>\n<p>Il \u00e9tait m\u00eame question de placer sa fille dans une famille d\u2019accueil.<\/p>\n<p>Sur mon conseil et vu son \u00e9tat, Mariam a accept\u00e9 le principe d\u2019abandonner ce m\u00e9tier, surtout qu\u2019elle n\u2019avait m\u00eame plus la force de s\u2019y adonner.<\/p>\n<p>Depuis lors, nous avons gard\u00e9 le contact. Elle m\u2019appelait chaque fois qu\u2019elle faisait face \u00e0 des difficult\u00e9s particuli\u00e8res.<\/p>\n<p>N\u2019ayant aucune attache sur place et dans l\u2019incapacit\u00e9 de s\u2019adonner \u00e0 son d\u00e9gradant et risquant m\u00e9tier, elle \u00e9tait permanemment en d\u00e9tresse.<\/p>\n<p>En d\u00e9but d\u2019ann\u00e9e 2020, Mariam m\u2019informait que depuis quelque temps, elle ne recevait plus de vivres, \u00e0 cause d\u2019une rupture de stock \u00e0 l\u2019Action sociale.<\/p>\n<p>\u00abApr\u00e8s les vivres de l\u2019Action sociale, je me d\u00e9brouillais pour la nourrir. Ce n\u2019\u00e9tait pas facile, car \u00e7a n\u2019allait toujours pas chez elle\u00bb, m\u2019a confi\u00e9 plus tard, le 4 mai 2020, F. K, une autre de ses \u2018\u2019coll\u00e8gues\u2019\u2019 s\u00e9ropositive, l\u2019ayant rejointe plus tard dans sa cabane.<\/p>\n<p>Par la suite, je l\u2019ai orient\u00e9e vers des structures \u00e9tatiques (Secr\u00e9tariat permanent du Conseil national de lutte contre le SIDA et les IST : SP\/CNLS), confessionnelles et associatives.<\/p>\n<p>En fin f\u00e9vrier 2020, elle a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d\u2019une prise en charge m\u00e9dicale au centre ambulatoire de\u00a0\u00a0 l\u2019association \u00abEspoir et Vie\u00bb de Bobo-Dioulasso. \u00a0Dieu merci, sa fille a m\u00eame \u00e9t\u00e9 test\u00e9e n\u00e9gative.<\/p>\n<p>Ayant remarqu\u00e9 par la suite que la patiente n\u2019\u00e9tait pas observante dans la prise des produits, des \u00e9l\u00e9ments de l\u2019association l\u2019assistaient \u00e0 domicile.<\/p>\n<p>\u00abEntre- temps, elle a rechut\u00e9. Nous avons repris son traitement qui semblait lourd\u00bb, pr\u00e9cisera le pr\u00e9sident de cette association, Arouna\u00a0 Barro, au t\u00e9l\u00e9phone le lundi 4 mai 2020.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s la reprise de son traitement, Mariam \u00e9tait tr\u00e8s joviale au t\u00e9l\u00e9phone et me rassurait de l\u2019am\u00e9lioration de son \u00e9tat de sant\u00e9.<\/p>\n<p>Mais mon soulagement allait \u00eatre de courte dur\u00e9e.<\/p>\n<p>Le 17 avril 2020, j\u2019ai constat\u00e9 un appel manqu\u00e9 de mon homo. Connaissant les raisons de ces multiples appels, notamment le manque de vivres, j\u2019ai tent\u00e9 \u00e0 nouveau de la mettre en contact avec d\u2019autres structures.<\/p>\n<p>C\u2019est l\u2019association \u00abVie Positive\u00bb \u00e0 Ouagadougou qui a bien voulu nous recevoir, en nous donnant rendez-vous, le jeudi 30 avril 2020.<\/p>\n<p>En pr\u00e9lude \u00e0 cette rencontre avec le responsable de l\u2019association, j&rsquo;ai joint en vain les deux num\u00e9ros de mon homo jusqu&rsquo;au 27 avril 2020.<\/p>\n<p>Le jour de la rencontre, pendant que j\u2019attendais le pr\u00e9sident de l\u2019association \u00abVie positive\u00bb, Hamidou Kabor\u00e9, j\u2019ai encore tent\u00e9 de joindre Mariam, sans succ\u00e8s.<\/p>\n<p>Inqui\u00e8te, j\u2019ai joint le responsable de l\u2019association \u00ab Espoir et Vie \u00bb de Bobo, Arouna Barro.<\/p>\n<p>\u00abNous l\u2019avons perdue. Elle est d\u00e9c\u00e9d\u00e9e le 21 avril dans nos locaux\u00bb.<\/p>\n<p>La phrase de M. Barro m\u2019a glac\u00e9e le sang. En fait, je me battais pour quelqu\u2019un qui n\u2019\u00e9tait plus de ce monde depuis neuf jours.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s avoir rassembl\u00e9 mes esprits, j\u2019informai Hamidou Kabor\u00e9 que ma visite \u00e9tait devenue sans objet.<\/p>\n<p>Jointe au t\u00e9l\u00e9phone le lundi 4 mai dernier, l\u2019une des conseill\u00e8res de Espoir et Vie, Gis\u00e8le Bazi\u00e9,\u00a0\u00a0 a confi\u00e9 que le samedi 18 avril, elle s\u2019est rendue chez la patiente apr\u00e8s son coup de fil, faisant cas de la d\u00e9gradation de sa sant\u00e9.<\/p>\n<p>\u00abJe suis all\u00e9e lui rendre visite. Elle \u00e9tait alit\u00e9e et nous avons beaucoup \u00e9chang\u00e9. Dans la matin\u00e9e du mardi 21 avril, elle m\u2019a encore appel\u00e9. Arriv\u00e9e chez elle, elle ne pouvait plus marcher. C\u2019est avec l\u2019aide d\u2019un taxi, que nous l\u2019avons emmen\u00e9e \u00e0 notre centre sous les pleurs de sa fille. \u00a0Elle a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 des premiers soins en attendant l\u2019arriv\u00e9e du m\u00e9decin \u00e0 14h00. Malheureusement, elle a succomb\u00e9 avant l\u2019arriv\u00e9e de celui-ci\u00bb, a-t-elle dit tristement.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s les constats d\u2019usage, sa d\u00e9pouille a \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9e \u00e0 la morgue de l\u2019h\u00f4pital Sanou-Sourou de Bobo-Dioulasso.<\/p>\n<p style=\"text-align: center\"><span style=\"color: #ff0000\">Mon crie de c\u0153ur\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Mariam a \u00e9t\u00e9 inhum\u00e9e le lendemain aux environs de 11h00 au cimeti\u00e8re \u00abroute de D\u00e9dougou\u00bb, gr\u00e2ce \u00e0 son ex -logeur, des jeunes\u00a0\u00a0\u00a0 du quartier et avec le soutien des membres de l\u2019association Espoir et vie.<\/p>\n<p>C\u2019est ainsi que Mariam, m\u00e8re s\u00e9ropositive, prise dans les tourments de la vie, s\u2019en est all\u00e9e, laissant sa fille de cinq ans aux mains d\u2019une autre professionnelle.<\/p>\n<figure id=\"attachment_16097\" aria-describedby=\"caption-attachment-16097\" style=\"width: 427px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"16097\" data-permalink=\"https:\/\/www.aib.media\/?attachment_id=16097\" data-orig-file=\"https:\/\/www.aib.media\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/R.-ZOERINGRE3.jpg\" data-orig-size=\"427,640\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;6.3&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;NIKON D7200&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;?????????&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;1551966876&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;56&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;800&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0.00625&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;1&quot;}\" data-image-title=\"R. ZOERINGRE3\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"&lt;p&gt;En attendant un \u00e9ventuel retour chez ses grands-parents, l&amp;rsquo;orpheline tra\u00eene encore \u00e0 Tounouma. &lt;\/p&gt;\n\" data-large-file=\"https:\/\/www.aib.media\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/R.-ZOERINGRE3.jpg\" class=\"size-full wp-image-16097\" src=\"https:\/\/www.aib.media\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/R.-ZOERINGRE3.jpg\" alt=\"\" width=\"427\" height=\"640\" srcset=\"https:\/\/www.aib.media\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/R.-ZOERINGRE3.jpg 427w, https:\/\/www.aib.media\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/R.-ZOERINGRE3-200x300.jpg 200w, https:\/\/www.aib.media\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/R.-ZOERINGRE3-280x420.jpg 280w\" sizes=\"auto, (max-width: 427px) 100vw, 427px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-16097\" class=\"wp-caption-text\">En attendant un \u00e9ventuel retour chez ses grands-parents, l&rsquo;orpheline tra\u00eene encore \u00e0 Tounouma.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Que deviendra cette orpheline qui ne conna\u00eet pas son p\u00e8re ? Aurait-elle la chance de grandir comme les enfants de son \u00e2ge ?<\/p>\n<p>Que faire pour qu\u2019elle \u00e9vite les rouages de la prostitution vue qu\u2019elle est d\u00e9j\u00e0 dans son antichambre\u00a0?<\/p>\n<p>Autant de questions auxquelles toute une soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9sinvolte et de plus en plus indiff\u00e9rente aux drames humains, doit r\u00e9pondre.<\/p>\n<p>Selon K.F, la famille de la disparue attend la r\u00e9ouverture des fronti\u00e8res pour lui envoyer l\u2019argent, afin qu\u2019elle lui ram\u00e8ne leur petite-fille.<\/p>\n<p>L\u2019histoire de mon homonyme doit \u00e9galement interpeller les hommes et les femmes sur la n\u00e9cessit\u00e9 de resserrer les liens familiaux, afin d\u2019\u00e9viter que leurs filles ne se retrouvent sur les trottoirs.<\/p>\n<p>A mes s\u0153urs, je leur dirai que nous ne devons pas c\u00e9der \u00e0 la facilit\u00e9 car la prostitution est un m\u00e9tier qui avilit t\u00f4t ou tard ses adeptes.<\/p>\n<p>C\u2019est \u00e9galement l\u2019occasion pour exhorter les autorit\u00e9s \u00e0 ne pas rel\u00e9guer la lutte contre le VIH-SIDA et autres infections sexuellement transmissibles, aux seconds plans.<\/p>\n<p>En d\u2019autres termes, la COVID-19, aujourd\u2019hui \u00e0 la une, ne doit pas occulter les\u00a0\u00a0 autres maladies qui font actuellement des ravages dans la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Agence d\u2019information du Burkina<\/strong><\/p>\n<p><strong>Un r\u00e9cit de Mariam OUEDRAOGO<\/strong><\/p>\n<p><strong><a href=\"mailto:mesmira14@gmail.com\">mesmira14@gmail.com<\/a><\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Burkina-Soci\u00e9t\u00e9-VIHSIDA-Lutte \u00a0 Burkina\u00a0: La pitoyable fin d\u2019une m\u00e8re s\u00e9ropositive (R\u00e9cit) \u00a0 Ouagadougou, 03 juin 2020 (AIB)-Mon \u00e2me est en peine\u2026 Le 21 avril 2020, mon homonyme Mariam a rendu l\u2019\u00e2me \u00e0 Bobo-Dioulasso. Apr\u00e8s plus de dix ans dans la prostitution, le VIH-SIDA et surtout la mis\u00e8re avaient fini par avoir raison d\u2019elle. Qu\u2019adviendra-t-il de sa [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":6,"featured_media":16093,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"advanced_seo_description":"","jetpack_seo_html_title":"","jetpack_seo_noindex":false,"jetpack_seo_schema_type":"","footnotes":"","jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[173,37,93,62,203,83],"tags":[],"class_list":["post-16092","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-depeches","category-economie","category-flashinfos","category-grands-evenements","category-la-une-aib","category-medias"],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/www.aib.media\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/R.-ZOERINGRE-AIB-scaled.jpg","jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/pavbHe-4by","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.aib.media\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/16092","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.aib.media\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.aib.media\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.aib.media\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/6"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.aib.media\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=16092"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.aib.media\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/16092\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.aib.media\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/16093"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.aib.media\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=16092"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.aib.media\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=16092"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.aib.media\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=16092"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}