{"id":146971,"date":"2026-04-17T13:00:36","date_gmt":"2026-04-17T13:00:36","guid":{"rendered":"https:\/\/www.aib.media\/?p=146971"},"modified":"2026-04-17T13:00:36","modified_gmt":"2026-04-17T13:00:36","slug":"ziniare-la-police-yaka-va-a-la-rencontre-de-ses-voisins","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.aib.media\/?p=146971","title":{"rendered":"Ziniar\u00e9 : La police YAKA va \u00e0 la rencontre de ses voisins"},"content":{"rendered":"<p><strong>Ziniar\u00e9 : La police YAKA va \u00e0 la rencontre de ses voisins<\/strong><\/p>\n<p><strong>Ziniar\u00e9, (AIB)-Sous une chaleur accablante, les \u00e9l\u00e9ments de la police YAKA ont sillonn\u00e9, le 10 avril 2026, les quartiers populaires de Ziniar\u00e9 pour aller \u00e0 la rencontre des populations. Objectif : instaurer une relation de confiance et promouvoir une approche de s\u00e9curit\u00e9 fond\u00e9e sur la proximit\u00e9 et la collaboration citoyenne.<\/strong><\/p>\n<p>\u00c0 14 heures pr\u00e9cises, ce vendredi 10 avril 2026, Ziniar\u00e9 \u00e9touffe. Le thermom\u00e8tre flirte avec les 40 degr\u00e9s. L\u2019air est lourd, poisseux, charg\u00e9 de poussi\u00e8re ocre que le vent d\u2019avril soul\u00e8ve sans r\u00e9pit. Le bitume luit sous un soleil implacable.<\/p>\n<p>Nous grimpons \u00e0 moto avec un confr\u00e8re. Direction : les quartiers populaires de la ville, dans le sillage des pionniers d\u2019un nouveau visage de la s\u00e9curit\u00e9 urbaine au Burkina Faso : la police YAKA.<\/p>\n<p>\u00c0 peine sortis de la Direction r\u00e9gionale de la police de l\u2019Oubri, o\u00f9 la c\u00e9r\u00e9monie officielle de lancement vient de s\u2019achever quelques heures plus t\u00f4t, les \u00e9l\u00e9ments de cette unit\u00e9 de proximit\u00e9 se regroupent. B\u00e9rets kaki bien ajust\u00e9s, malgr\u00e9 la sueur qui perle sur les fronts, les policiers re\u00e7oivent les derni\u00e8res consignes. Les moteurs vrombissent. En bin\u00f4mes, ils enfourchent leurs grosses cylindr\u00e9es. Nous aussi.<\/p>\n<p>Sur la RN3, route de Kaya, le ballet est d\u00e9sordonn\u00e9. Klaxons stridents, motos charg\u00e9es \u00e0 ras bord, pi\u00e9tons en boubous multicolores, ronds-points abord\u00e9s sans m\u00e9nagement. Sous les manguiers, des groupes d\u2019hommes refont le monde autour d\u2019un th\u00e9 br\u00fblant, indiff\u00e9rents \u00e0 la chaleur accablante.<\/p>\n<p>Premier arr\u00eat : le rond-point de l\u2019Escale. La colonne s\u2019immobilise devant le hangar d\u2019Adama Tiendr\u00e9b\u00e9ogo, vendeur de motos. L\u2019accueil est timide. Les regards sont m\u00e9fiants. Trois bin\u00f4mes de policiers, des journalistes, des motos align\u00e9es : le dispositif impressionne. La tension est palpable.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s les salutations d\u2019usage, chacun se pr\u00e9sente. Le sergent de police Franck Ou\u00e9draogo prend la parole d\u2019une voix pos\u00e9e : \u00ab Est-ce que vous connaissez la police YAKA ? \u00bb<br \/>\nLes t\u00eates se secouent. Non. Personne ne conna\u00eet.<br \/>\nAlors, les mots se d\u00e9lient. YAKA, expliquent les policiers, signifie \u00ab voisin \u00bb ou \u00ab voisinage \u00bb en moor\u00e9. Une police qui vit avec la population, qui \u00e9coute avant de r\u00e9primer, qui pr\u00e9vient avant d\u2019intervenir. Une police de proximit\u00e9, moins distante, moins intimidante. Les explications sont reprises patiemment. Peu \u00e0 peu, les visages se d\u00e9crispent.<\/p>\n<p>La colonne reprend la route, cap sur Guiloungou, secteur 4 de Ziniar\u00e9. Quelques coups d\u2019acc\u00e9l\u00e9rateur plus tard, nous atteignons le march\u00e9 de Sanyar\u00e9.<\/p>\n<p>Ici, des vendeuses de dolo interpellent les passants : \u00ab Ram\u00f4ga ! Ram\u00f4ga ! \u00bb. L\u2019odeur \u00e2cre du carburant se m\u00eale \u00e0 celle des beignets plong\u00e9s dans l\u2019huile bouillante. La poussi\u00e8re colle \u00e0 la peau. Sous l\u2019assaut du soleil, les b\u00e9rets glissent l\u00e9g\u00e8rement.<\/p>\n<p>Devant une gargote, les policiers s\u2019arr\u00eatent. \u00c0 leur vue, certains clients tentent de s\u2019\u00e9clipser discr\u00e8tement. Un r\u00e9flexe ancien.<\/p>\n<p>Le sergent de police C\u00e9cile Ou\u00e9draogo les interpelle d\u2019une voix rassurante :<br \/>\n\u00ab Venez, on veut juste \u00e9changer. \u00bb<br \/>\nIls reviennent, s\u2019installent sur les bancs en bois. Les policiers se fondent parmi eux. Les discussions s\u2019animent. On parle s\u00e9curit\u00e9, collaboration, pr\u00e9vention, s\u00e9curit\u00e9 routi\u00e8re. Les minutes passent. Les regards changent. Les sourires apparaissent.<\/p>\n<p>\u00c0 la fin, les promesses fusent :<br \/>\n\u00ab Vous \u00eates nos fils, nous allons vous accompagner. \u00bb<br \/>\nMais un avertissement demeure :<br \/>\n\u00ab Il faut bien prot\u00e9ger les d\u00e9nonciateurs. \u00bb<\/p>\n<p>Derni\u00e8re \u00e9tape de la ronde : le grin de th\u00e9 de Davy Komsimbo, \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du secteur 4.<br \/>\nL\u2019homme est d\u2019abord r\u00e9serv\u00e9, bras crois\u00e9s, regard prudent. Puis les explications font leur \u0153uvre. La peur se dissipe. Il prend la parole, sans d\u00e9tour :<\/p>\n<p>\u00ab Avant, d\u00e8s qu\u2019on voyait un policier, on fuyait. Maintenant, avec la police YAKA, \u00e7a va nous rapprocher. On n\u2019aura plus peur de donner des informations. S\u2019il se passe quelque chose, on viendra signaler. \u00bb<\/p>\n<p>La sortie touche \u00e0 sa fin. La fatigue se lit sur les visages, mais aussi une certaine fiert\u00e9. Alain Yam\u00e9ogo, journaliste \u00e0 la radio Venegr\u00e9, qui a suivi la tourn\u00e9e, livre son analyse :<br \/>\n\u00ab C\u2019est un concept nouveau. Cette sortie a rapproch\u00e9 les policiers des populations, et les populations des policiers. C\u2019est exactement l\u2019esprit de la police YAKA : le policier, mon voisin. Dans le contexte actuel, seule la collaboration peut nous aider \u00e0 lutter contre le terrorisme et le grand banditisme. \u00bb<\/p>\n<p>Chef de mission, l\u2019adjudant de police Issouf Zango \u00e9tanche sa soif avec deux sachets d\u2019eau. La chaleur reste \u00e9crasante, mais le visage est satisfait.<\/p>\n<p>\u00ab Pour cette premi\u00e8re sortie, nous sommes tr\u00e8s contents. Le message passe bien, les gens appr\u00e9cient \u00bb, confie-t-il.<\/p>\n<p>Interrog\u00e9 sur la tenue, plus sobre, presque civile, il sourit :<br \/>\n\u00ab C\u2019est justement pour cela que nous avons chang\u00e9. Une tenue moins agressive. On sait que les gens ont peur de l\u2019uniforme. Mais progressivement, cela va se r\u00e9gler. \u00bb<\/p>\n<p>En toile de fond, la vision est claire. Pour la Direction r\u00e9gionale de la police de l\u2019Oubri, la police YAKA repose sur une coproduction de la s\u00e9curit\u00e9 : une police ancr\u00e9e dans les quartiers, attentive aux pr\u00e9occupations r\u00e9elles des habitants, capable de pr\u00e9venir les risques avant qu\u2019ils ne deviennent des menaces.<\/p>\n<p>Quand nous red\u00e9marrons, la poussi\u00e8re retombe lentement. Au pied du mur du grin de Davy, les discussions continuent. Cette fois, on parle de s\u00e9curit\u00e9, sans crainte.<br \/>\n\u00c0 Ziniar\u00e9, sous la chaleur accablante d\u2019avril, la police YAKA vient peut-\u00eatre de r\u00e9ussir son premier pari : redevenir un voisin.<\/p>\n<p style=\"text-align: right\">\n<strong>Agence d\u2019information du Burkina<\/strong><br \/>\n<strong>LC\/ata<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ziniar\u00e9 : La police YAKA va \u00e0 la rencontre de ses voisins Ziniar\u00e9, (AIB)-Sous une chaleur accablante, les \u00e9l\u00e9ments de la police YAKA ont sillonn\u00e9, le 10 avril 2026, les quartiers populaires de Ziniar\u00e9 pour aller \u00e0 la rencontre des populations. 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