{"id":137439,"date":"2026-01-12T12:08:47","date_gmt":"2026-01-12T12:08:47","guid":{"rendered":"https:\/\/www.aib.media\/?p=137439"},"modified":"2026-01-12T12:08:47","modified_gmt":"2026-01-12T12:08:47","slug":"ganzourgou-a-nabmayaoghin-le-mil-se","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.aib.media\/?p=137439","title":{"rendered":"Ganzourgou : \u00c0 Nabmayaoghin, le mil se"},"content":{"rendered":"<p><strong>Ganzourgou : \u00c0 Nabmayaoghin, le mil s bat encore \u00e0 la force des bras (Reportage)<\/strong><\/p>\n<p><strong>Par Mo\u00efse SAMANDOULGOU<\/strong><\/p>\n<p><strong>Zorgho, 12 janv. 2026(AIB)-\u00c0 l\u2019aube, quand Zorgho dort encore, les tam-tams parlent d\u00e9j\u00e0. Ils appellent \u00e0 Nabmayaoghin, quartier p\u00e9riph\u00e9rique o\u00f9 le battage traditionnel du mil continue de rassembler familles, voisins et g\u00e9n\u00e9rations, loin du vacarme des machines.<\/strong><\/p>\n<p>Samedi 10 janvier 2026, il est 5 h 30 \u00e0 Zorgho dans la province du Ganzourgou. Le son port\u00e9 par le vent ne renvoie ni \u00e0 une veill\u00e9e fun\u00e8bre ni \u00e0 une danse rituelle connue.<\/p>\n<p>En suivant la cadence, on quitte la ville. Trois kilom\u00e8tres plus loin, sur le plateau granitique appel\u00e9 Tagla, le jour se l\u00e8ve sur une sc\u00e8ne devenue rare : des hommes align\u00e9s, b\u00e2tons lev\u00e9s, frappent \u00e0 l\u2019unisson des \u00e9talages d\u2019\u00e9pis de petit mil. Les grains jaillissent, la poussi\u00e8re s\u2019\u00e9l\u00e8ve, les corps transpirent.<\/p>\n<p>Derri\u00e8re les batteurs, les gangando, loums\u00e9 et benda (instruments traditionnels de musique) donnent le tempo. Chaque faux pas est corrig\u00e9. Ici, le battage est un travail collectif r\u00e9gl\u00e9 comme une partition.<br \/>\nCe jour-l\u00e0, le mil de deux producteurs, Raogo Jean Claude Ou\u00e9draogo et Pierre Ou\u00e9draogo, est \u00e0 l\u2019honneur.<\/p>\n<p>Pr\u00e9sident de l\u2019association Boud-yam de Zorgho et initiateur de l\u2019\u00e9v\u00e9nement, Raogo Jean Claude Ou\u00e9draogo r\u00e9sume l\u2019esprit du rendez-vous :<\/p>\n<p>\u00ab Apr\u00e8s les r\u00e9coltes, on se retrouve. On travaille ensemble. On mange ensemble. \u00bb<br \/>\nCar \u00e0 Nabmayaoghin, le battage du mil d\u00e9passe le domaine de l\u2019agriculture. C\u2019est un lien social vivant. Plus la r\u00e9colte est abondante, plus la mobilisation est large.<\/p>\n<p>Les jeunes battent et vannent, les anciens balaient les grains, les femmes apportent les repas et ach\u00e8vent le tri \u00e0 la bassine, tandis que les griots soutiennent l\u2019effort par le chant et le rythme.<\/p>\n<p>Pourtant, cette pratique recule. \u00ab Les tracteurs ont chang\u00e9 les habitudes. Ils font gagner du temps, mais ils \u00e9loignent les familles \u00bb, regrette M. Ou\u00e9draogo. Ceux qui n\u2019ont pas les moyens d\u2019y recourir se retrouvent isol\u00e9s.<\/p>\n<p>C\u2019est pour contrer cette tendance qu\u2019une initiative de relance est engag\u00e9e depuis cinq ans. De novembre \u00e0 f\u00e9vrier, les battages sont programm\u00e9s \u00e0 Nabmayaoghin, avec la participation r\u00e9guli\u00e8re des quartiers voisins de Dab\u00e8ga, Boumtenga, Zo\u00e9troumsi et Zinko.<\/p>\n<p>Sur l\u2019aire, le travail ne s\u2019arr\u00eate qu\u2019aux pauses. Le dolo et la kola circulent. Les repas se prennent par groupes. Apr\u00e8s le battage, les jeunes lancent en l\u2019air le m\u00e9lange grains-r\u00e9sidus, laissant le vent op\u00e9rer le tri. Peu \u00e0 peu, les sacs se remplissent. Pour la seule journ\u00e9e, neuf gros sacs de mil sont obtenus. Les sourires sont francs. La saison a \u00e9t\u00e9 cl\u00e9mente.<\/p>\n<p>Une fois les grains convoy\u00e9s \u00e0 la maison, le rite se poursuit. Le soir, le t\u00f4 est pr\u00e9par\u00e9 avec la sauce d\u2019haricots. Le repas est partag\u00e9. Chaque famille re\u00e7oit symboliquement une part du mil. \u00ab Ici, on ne mange pas seul \u00bb, insiste M. Ou\u00e9draogo.<\/p>\n<p>Au clair de lune, les chants prennent le relais et les jeunes filles dansent le kigba.<br \/>\nPour Sotissi Ou\u00e9draogo, fils du village, ce retour aux traditions est salutaire. Il appelle la jeunesse \u00e0 pr\u00e9server cet h\u00e9ritage, soutenu, selon lui, par une vision nationale favorable \u00e0 la valorisation des coutumes.<\/p>\n<p>M\u00eame message chez le chef traditionnel de Zo\u00e9troumsi : \u00ab C\u2019est ce que nous avons trouv\u00e9 ici. Nous ne l\u2019abandonnerons pas. Les machines ne remplacent pas le lien humain. \u00bb<\/p>\n<p>Pr\u00e9sente \u00e0 l\u2019\u00e9v\u00e9nement, la directrice provinciale de la culture du Ganzourgou, Mme Si\u00e9 Boro, salue une pratique qui renforce la coh\u00e9sion sociale et assure la transmission du patrimoine culturel immat\u00e9riel.<\/p>\n<p>\u00c0 Nabmayaoghin, on s\u2019efforce toujours \u00e0 battre le mil \u00e0 la force des bras. Non par rejet de la modernit\u00e9, mais pour pr\u00e9server l\u2019essentiel : le lien entre les hommes.<\/p>\n<p style=\"text-align: center\"><strong>Agence d\u2019information du Burkina<\/strong><br \/>\n<strong>MS\/ata<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ganzourgou : \u00c0 Nabmayaoghin, le mil s bat encore \u00e0 la force des bras (Reportage) Par Mo\u00efse SAMANDOULGOU Zorgho, 12 janv. 2026(AIB)-\u00c0 l\u2019aube, quand Zorgho dort encore, les tam-tams parlent d\u00e9j\u00e0. Ils appellent \u00e0 Nabmayaoghin, quartier p\u00e9riph\u00e9rique o\u00f9 le battage traditionnel du mil continue de rassembler familles, voisins et g\u00e9n\u00e9rations, loin du vacarme des machines. 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